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1er mai – 15 aoĂ»t 2009 Commissariat : Marina Ferretti Bocquillon Le groupe impressionniste se disloque progressivement au cours des annĂ©es 1880 et ses membres travaillent dĂ©sormais isolĂ©s les uns des autres. L'apparente spontanĂ©itĂ© qui avait caractĂ©risĂ© leurs travaux laisse place Ă un travail beaucoup plus mĂ©ditĂ© et complexe. Après des annĂ©es difficiles, la carrière de Claude Monet prend un cours favorable quand il s'installe en 1883 Ă Giverny. C'est alors qu'il commence Ă connaĂ®tre un succès rĂ©el, et qu'il est reconnu comme un des peintres majeurs de son Ă©poque. Pour lui, une nouvelle vie commence et elle s'accompagne d'un renouvellement profond de son travail. Après avoir Ă©tĂ© l'initiateur de l'impressionnisme, la rĂ©volution picturale la plus significative du XIXe, Monet devient un des plus grands peintres français du XXe siècle et le jardin de Giverny est au coeur de cette Ă©volution. En inventant un motif qu'il peindra par la suite, l'artiste inverse en effet la dĂ©marche traditionnelle du peintre paysagiste. L'exposition s'organisera en trois sections, elle comportera une trentaine d'oeuvres peintes, des photographies et documents d'archives. Entièrement consacrĂ©e au jardin de Giverny, elle mettra en Ă©vidence cette phase essentielle du parcours artistique de Claude Monet. Des oeuvres remarquables seront prĂ©sentĂ©es, dont certaines jamais exposĂ©es. Cette exposition bĂ©nĂ©ficie de prĂŞts exceptionnels du musĂ©e d'Orsay et du musĂ©e Marmottan Monet. 1. L'invention d'un paysage (1883‐1904) Ă€ Giverny pour la première fois, Claude Monet, qui a toujours aimĂ© et peint la nature et les jardins, a l'occasion d'en dessiner lui‐mĂŞme les contours. Dans le Clos normand original, il organise des parterres d'une profusion florale inouĂŻe. Il crĂ©e ensuite de toutes pièces un fascinant jardin d'eau oĂą la nature et son reflet se mĂŞlent inextricablement. L'Ă©laboration en est lente et laborieuse : elle nĂ©cessite des acquisitions de terrains et des dĂ©marches administratives contraignantes. Ces transformations durent près de vingt ans ‐ de 1883 Ă 1904 ‐ et l'artiste modifiera encore les contours de l'Ă©tang en 1910. Au cours de cette pĂ©riode, Monet peint ses premières sĂ©ries, les Peupliers, les Meules, les CathĂ©drales, les MatinĂ©es sur la Seine, aux environs de sa maison. Il voyage aussi pour trouver de nouveaux motifs : notamment Ă Bordighera, en Norvège, en Hollande ou Ă Londres. Mais, Ă l'exception d'un petit nombre d'oeuvres peintes entre 1887 et 1897, il n'explore pas encore les possibilitĂ©s picturales du jardin. Son Ă©laboration sera donc Ă©voquĂ©e, Ă©tape par Ă©tape, par des photographies, des lettres et des documents d'archives mis en scène. 2. Monet peintre du XXe siècle (1899‐1926) Tout change au tournant du siècle. En 1899, Monet commence Ă peindre le jardin de Giverny qui devient rapidement son motif de prĂ©dilection. Les formats, ronds, carrĂ©s, allongĂ©s, sont de plus en plus variĂ©s et de plus en plus grands. Les compositions, souvent dĂ©focalisĂ©es, sont moins lisibles. Progressivement, Monet invente un nouveau langage pictural ; il travaille dĂ©sormais avec lenteur et difficultĂ© comme en tĂ©moigne sa correspondance. De moins en moins objectives, ces toiles sont achevĂ©es ou entièrement rĂ©alisĂ©es Ă l'atelier. Au dĂ©but des annĂ©es 1910, l'artiste se consacre aux Grandes DĂ©corations peintes dont l'aboutissement sera l'ensemble de l'Orangerie. Les peintres de l'abstraction amĂ©ricaine des annĂ©es 1950 se sont justement proclamĂ©s ses hĂ©ritiers, mais Monet n'a jamais rompu avec le sujet. L'immersion dans la nature, la proximitĂ© du jardin lui sont nĂ©cessaires et lui inspirent un lyrisme puissant, absent de ses premières oeuvres impressionnistes. Ă€ Giverny, Monet cesse d'ĂŞtre le peintre de la vie moderne et devient le chantre d'une nature foisonnante. 3. L'Ă©laboration d'une image (1905‐1926) Monet, qui avait inventĂ© l'impressionnisme en peignant la Grenouillère cĂ´te Ă cĂ´te avec Renoir, a rarement permis aux autres peintres de reprĂ©senter le jardin de Giverny qui est restĂ© quasi exclusivement « son » motif. Les photographies de Monet dans son jardin sont en outre très nombreuses et furent largement diffusĂ©es. C'est en 1905 que Louis Vauxcelles publie les premières photographies du jardin oĂą l'artiste pose en gentleman‐farmer, une figure qui s'efface rapidement au profit de celle du patriarche de Giverny qui s'imposera Ă la postĂ©ritĂ©. Les dernières photographies de Monet dans son jardin sont prises par Nickolas Muray vers 1926. Le regard de l'artiste y est cachĂ© par des lunettes et elles Ă©voquent irrĂ©sistiblement la figure d'Homère, le poète aveugle. Une trentaine de photographies tĂ©moigneront de la mise en place de la nouvelle image de l'artiste. Biographie Claude MONET (Paris, 1840 – Giverny, 1926) NĂ© Ă Paris en 1840, Claude Monet passe son adolescence au Havre oĂą il fait la connaissance d'Eugène Boudin et de Johan Barthold Jongkind qui lui enseignent la peinture de plein air. En 1859, il s'inscrit Ă l'AcadĂ©mie Suisse Ă Paris oĂą il rencontre Camille Pissarro, puis de 1862 Ă 1864, poursuit sa formation dans l'atelier de Charles Gleyre et se lie avec Auguste Renoir, Alfred Sisley, FrĂ©dĂ©ric Bazille. De 1872 Ă 1878, il s'Ă©tablit Ă Argenteuil. En 1874, Monet, Paul CĂ©zanne, Armand Guillaumin, Berthe Morisot, Renoir, Pissarro, Sisley et Edgar Degas organisent l'exposition inaugurale du mouvement impressionniste dans l'ancien studio du photographe Felix Nadar. Monet expose Impression, soleil levant (Paris, musĂ©e Marmottan Monet) et suscite l'ironie du critique Louis Leroy qui intitule son article « L'Exposition des impressionnistes ». En 1877, il commence la sĂ©rie de la Gare Saint‐Lazare. L'Ă©tĂ© 1878, il loue une maison Ă VĂ©theuil avec son Ă©pouse Camille, ses deux fils, Jean et Michel, et la famille HoschedĂ©. En 1881, après la mort de son Ă©pouse, Monet s'installe Ă Poissy avec Alice HoschedĂ©. Il explore sans relâche les diffĂ©rentes lumières du jour sur ce petit bras de la Seine. En avril 1883 Claude Monet s'installe avec Alice HoschedĂ© dans le village de Giverny et y rĂ©side jusqu'Ă sa mort en 1926. Monet loue, puis achète en 1890 la maison du Pressoir entourĂ©e d'un parc de plus d'un hectare. Pendant les premières annĂ©es, il continue de voyager en Normandie, en Bretagne, sur la CĂ´te d'Azur ou dans la Creuse. Il reçoit frĂ©quemment la visite de ses amis tels Renoir, Pissarro, CĂ©zanne, Georges Clemenceau, Octave Mirbeau…. Le rĂ´le de Monet dans l'instauration de Giverny comme village d'artistes est fondamental mĂŞme si la colonie s'est constituĂ©e indĂ©pendamment de lui. Sa fameuse sĂ©rie de Meules de 1891 attire immĂ©diatement l'attention de la communautĂ© des artistes, et de nombreux visiteurs choisissent le mĂŞme sujet, en hommage au maĂ®tre français. Ă€ Argenteuil et Ă VĂ©theuil, Monet avait rĂ©alisĂ© des vues de jardins cultivĂ©s par ses soins, mais Ă Giverny, cette entreprise prend une toute autre dimension. Il transforme le verger, appelĂ© Clos normand, en jardin enclos de fleurs, puis en 1893, il achète une parcelle situĂ©e de l'autre cĂ´tĂ© de la voie ferrĂ©e pour crĂ©er un jardin d'eau auquel il adjoint un pont japonais en 1895. En 1901, il fait l'acquisition d'un nouveau terrain pour Ă©largir son bassin. De 1916 Ă 1926, Monet se consacre aux Grandes DĂ©corations des NymphĂ©as pour l'Orangerie des Tuileries Ă Paris. Monet s'Ă©teint le 5 dĂ©cembre 1926 Ă Giverny. Le 17 mai 1927, les Grandes DĂ©corations sont inaugurĂ©es Ă l'Orangerie. Catalogue Le Jardin de Monet Ă Giverny : l'invention d'un paysage Ouvrage sous la direction de Marina Ferretti Bocquillon Contributions de Françoise Heilbrun et Gabrielle van Zuylen 24 x 29 cm 144 pages 100 illustrations couleur Ă©dition française et anglaise coĂ©ditĂ©e avec 5 Continents parution : avril 2009 Le Jardin de Monet Ă Giverny : l'invention d'un paysage Cet ouvrage raconte l'Ă©laboration d'un jardin unique au monde et tĂ©moigne de son rĂ´le essentiel dans l'Ă©volution de l'art de Monet. Il est publiĂ© Ă l'occasion de l'exposition « Le Jardin de Monet Ă Giverny : l'invention d'un paysage » qui sera prĂ©sentĂ©e au musĂ©e des impressionnismes, Giverny du 1er mai au 15 aoĂ»t 2009. Il rassemble trois textes d'Ă©minents spĂ©cialistes, Marina Ferretti Bocquillon, Françoise Heilbrun et Gabrielle van Zuylen, ainsi qu'une chronologie dĂ©taillĂ©e Ă©tablie par Vanessa Lecomte. Toutes les oeuvres prĂ©sentĂ©es sont reproduites en pleine page couleur et sont complĂ©tĂ©es par une large sĂ©lection de documents et d'archives. http://agenda.germainpire.info/img/2009/20090501_Le_Jardin_de_Monet.pdf |

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Sainte-Chapelle du château de Vincennes Du 13 mai au 30 août 2009 : de 10 h à 18 h Ouvert tous les jours, sauf le 21 juin 2009 (Fête de la musique) Droits d'entrée durant la période de l'exposition Gratuit pour les moins de 18 ans Billet exposition à la Sainte-Chapelle Plein tarif : 8 € Pas de tarif groupe et professionnel Tarif réduit : 5 € Billet jumelé exposition à la Sainte-Chapelle et donjon Plein tarif : 12 € Tarif groupes et professionnels adultes (à partir de 20 personnes) : 9 € par personne Tarif réduit : 7 € Billet donjon Plein tarif : 8 € Tarif groupes et professionnels adultes (à partir de 20 personnes) : 6 € par personne Tarif groupe scolaires (entre 20 et 35 personnes) : 30 € par groupe Tarif réduit : 5 € Visite-ateliers tout public Proposées les jeudis 14, 21 et 28 mai ; 4, 18 et 25 juin ; 2 et 9 juillet 2009. Visite de l'exposition de 13 h 30 à 14 h 15 puis atelier de 14 h 15 à 16 h 15. L'atelier, assuré par une personne spécialiste de la peinture d'icônes, portera sur une initiation à cette technique sur feuille ou carton avec des pigments naturels. Tarif adultes : 11,50 € Tarif moins de 18 ans : 7,50 € A l'occasion de la réouverture de la Sainte-Chapelle du château de Vincennes, après deux années de restauration, le Centre des monuments nationaux présente en coproduction avec la Galerie Nationale des Beaux-Arts de Bulgarie une exposition exceptionnelle consacrée aux icônes bulgares. Celle-ci rassemble des chefs-d'œuvre de l'art orthodoxe balkanique du IVe au XIXe siècles, dont 80 icônes issues des musées nationaux bulgares et principalement du département d'art médiéval de la Galerie Nationale des Beaux-Arts de Bulgarie. Son directeur, Boris Danaïlov assure le commissariat de l'exposition. Des musées bulgares prêtent pour la première fois à une institution étrangère, qui plus est un joyau de l'Occident catholique, 80 chefs d'œuvre de l'art orthodoxe! Les icônes sont accueillies dans le somptueux écrin de la Sainte-Chapelle du château de Vincennes, restaurée pendant trois ans après les dégâts de la tempête de 1999. Le château lui-même, dernier témoignage en France de la monarchie médiévale, doté du plus haut donjon d'Europe, a subi une cure de jouvence pendant dix ans et a rouvert ses portes en 2007. La Sainte-Chapelle du château de Vincennes est fondée en 1379 sous Charles V et inaugurée en 1552 par Henri II. Son style unifié, simple et élancé, reproduit à l'identique, mais dans de moindres dimensions, la Sainte-Chapelle de Paris. Elle est construite selon le plan traditionnel des chapelles castrales [relatif à un château]: vaisseau unique, chœur formé d'une travée droite et d'une abside à cinq pans, deux oratoires (l'un pour le roi, l'autre pour la reine). ![]() Sainte-Chapelle du château de Vincennes (c) Patrick Cadet / Centre des monuments nationaux, Paris Dès le porche franchit, le visiteur se glisse dans un cabanon boisé, qui accueille comme dans une galerie les icônes, ainsi protégées de la lumière. Si certaines pièces ont souffert, l'ensemble est relativement bien conservé, compte tenu de leur ancienneté. L'exposition, chronologique, permet au visiteur d'observer l'évolution de l'art des icônes. Elles apparaissent au VIIe siècle dans le premier royaume bulgare (XIIe-XIIe siècle). L'image emblématique de cette période est celle de Saint Théodore, réalisée en céramique. Saint Théodore. Xe siècle. Céramique. Provenance: monastère de Patleyna, Preslav (c) B. Tchernev / Musée Historique, Preslav En 1018, l'Empire romain d'Orient envahit le royaume bulgare qui subit alors l'influence de l'art byzantin. Telle l'importation du cercle orthodoxe qui correspond au grand schisme d'Orient (1054). ![]() Le Conseil des Archanges. Vers 1430. Détrempe sur bois. Provenance: église des Saints-Archanges du monastère de Batchkovo. Collection du monastère de Batchkovo (c) Lulin Ognianov / Galerie Nationale des Beaux-Arts de Bulgarie, Sofia La fin de l'occupation byzantine se traduit par une production d'icônes variées et l'apparition de grands formats. Les proportions des corps s'allongent, les couleurs sont chaudes, les dessins sont précis (cf. icônes du Conseil des Archanges et de Saint Dimitrios). ![]() Saint Démétrios à cheval. 1617? Détrempe sur bois. Provenance: Véliko Tarnovo (c) L. Ognianov / Galerie Nationale des Beaux-Arts de Bulgarie, Sofia La production artistique diminue un temps avec l'occupation ottomane de la fin du XIVe - début du XVe siècle. Si les centres d'art byzantin (Constantinople, Tessaloniky, Mistra) s'éteignent, des écoles artistiques régionales (Kostur, Ohrid) et des scriptoria de monastères (Rila, Batchkovo, Patleyna), se développent. En atteste la production des icônes de Saint Georges à cheval de Boyana (périphérie de Sofia) et l'évangile de Kremikovo. ![]() Saint Georges à cheval. Fin du XVe siècle. Détrempe sur bois. Provenance: Boyana (c) L. Ognianov / Galerie Nationale des Beaux-Arts de Bulgarie, Sofia Au sortir de ce premier cabanon en bois, le visiteur est guidé vers la lumière du fond de la chapelle. Forte symbolique mystique qui sert de transition historique. A partir du XVIIIe siècle, l'icône joue un rôle fondamental dans la reconquête de l'identité nationale. Objet devenu politique, elle représente des personnalités patriotiques comme les saints frères Cyrille et Méthode. L'icône bulgare était jusque-là sacrée. Elle n'utilisait pas la perspective et ne tentait pas de reproduire la réalité. ![]() Saint Stéphane. 1790. Détrempe sur bois (c) B. Tchernev / Galerie Nationale des Beaux-Arts de Bulgarie, Sofia Son art évolue de manière radicale au XVIIIe siècle - et ce pour la dernière fois avant son extinction. L'icône devient plus figurative - au point de donner l'impression que les visages des saints aient été photographiés tant leur teint paraît réel -, les artistes recourent à la perspective, aux effets de profondeur et s'entichent d'ornements baroques pittoresques. Apparaissent également des sujets profanes, des éléments urbains, des paysages et des portraits personnels. ![]() Evangéliaire liturgique. 1552, reliure: seconde moitié du XVIIe siècle. Papier, bronze, émaux, pierre (ou verre coloré). Provenance: monastère de Batchkovo. Collection muséale du monastère de Batchkovo (c) B. Tchernev / Galerie Nationale des Beaux-Arts de Bulagarie, Sofia Outre les icônes sont exposés de précieux manuscrits et quelques statues et reliquaires pour témoigner de l'influence du christianisme en Bulgarie dès le IIIe siècle. Une musique monastique douce, solennelle mais délicatement enjouée, accompagne à merveille cette somptueuse exposition. Le catalogue de l'exposition « Les Trésors des icônes bulgares » est publié aux Editions du patrimoine. Communiqué de presse : http://agenda.germainpire.info/img/2009/20090512_Icones_bulgares.pdf ![]() |
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du 5 mars au 13 juin du lundi au samedi, de 14h à 19h30 et sur rendez-vous Du 5 mars au 30 mai 2009, la galerie VivoEquidem présente une exposition de peintures de l'artiste d'origine allemande Sylvester Engbrox. ![]() Engbrox, Katrin with Handbag, 2008, huile sur toile, 180 x 140 "ENGBROX, Hyperceptions" dévoilera une vingtaine de nouvelles toiles montrées lors d'accrochages successifs. Il s'agit de la deuxième manifestation consacrée à cet artiste après un premier événement organisé il y a tout juste un an à la galerie. Figurative et ancrée dans notre monde actuel, la peinture de Sylvester Engbrox met en scène des personnages, souvent dénudés, évoluant dans des atmosphères étranges. De ces figures et décors inspirés par des images de notre quotidien (presse grand public, internet) ou des références plus personnelles (Andy Warhol, le cinéma de David Lynch), résultent une réalité réinventée par l'artiste. Il n'y a en effet aucun jugement ou constat dans les représentations d'Engbrox, et c'est de là que réside la force de sa peinture, parfaitement en phase avec cette ère numérique où les réalités sont multiples et polymorphes. Natif de Kleve en Allemagne, Sylvester Engbrox s'installe en France au milieu des années 80. Photographe à ses débuts, il expérimente la peinture dans les années 90, puis dirige un temps un label indépendant de musique, avant de revenir pleinement à la peinture il y a trois ans. Nourri de toutes ces expériences, Sylvester Engbrox propose un art inclassable qui est à découvrir à la galerie VivoEquidem, le temps d'une exposition événement qui fera escale à Glasgow Art Fair en avril. ENGBROX, Hyperceptions Ceux qui ont eu l'occasion de voir la première exposition de Sylvester Engbrox en 2008 ont assurément pu assister à la genèse d'un artiste hors du commun. Certes, quelques-unes des toiles avaient plus de dix ans, mais elles n'avaient jamais été montrées et la promiscuité de ces premières oeuvres avec celles de 2005, 2006 et 2007 (entre-temps, l'artiste avait cessé de peindre) constituait la « soupe originelle » d'un monde en formation dont nous avions alors sous les yeux tous les éléments primordiaux. Aujourd'hui, l'univers de Sylvester Engbrox est en pleine expansion et dans la vingtaine de nouvelles toiles que nous exposerons trois mois durant, en plusieurs fois, entre le 4 mars et le 30 mai prochain à la galerie VivoEquidem (avec une étape à la Glasgow Art Fair, fin avril), nous verrons comment l'acte créateur d'Engbrox s'est déplacé d'une über-réalité à une über-perception. Avec Jean-Luc Chalumeau, qui a rédigé la préface du catalogue de 2008, nous étions arrivés à la conclusion que Sylvester Engbrox n'appartenait en fait à aucune école, mais qu'il émanait directement de la complexité du monde contemporain, bombardé d'images, essentiellement numériques. Cette über-réalité (sur/hyper-réalité) se caractérisait par l'absence de jugement et de constat dans les représentations d'Engbrox, et ce, malgré un réalisme intentionnel certain. Tous ses personnages évoluaient dans des environnements étranges, parfois hostiles (série des Air Disaster), inquiétants (Pool 1 et 2, Moni) souvent dénudés, mais sans que l'on puisse jamais attribuer à l'image (c'est-à -dire venant d'elle exclusivement) une sensation précise d'angoisse, d'attente ou d'érotisme, bien que les femmes de Sylvester soient physiquement attractives. Evidemment, le fait que Sylvester Engbrox soit de la génération qui a grandi à Düsseldorf dans les années soixante-dix et quatre-vingt et qu'il ait reçu une très solide formation de photographe à Arles ne sont pas sans significations. Pour lui, le monde visible de sa jeunesse, des reliquats de la Nouvelle Objectivité aux fulgurances de Gerhard Richter en passant par les images diffusées à grande échelle des actions de la RAF, a constitué un « fond » nourricier évident. Là -dessus s'est ajouté tout Andy Warhol, le cinéma de David Lynch, la photographie des Becher et la musique de Kraftwerk. Enfin, le « Sud » comme il le dit (en fait la France, où il habite, et la Grèce, où il va souvent), par opposition au « Nord » allemand qui se méfie de tout acte de séduction, a achevé la formation de ce regard particulier qui est le sien. Ainsi, Sylvester Engbrox, en raison de sa culture d'origine et de sa formation de photographe, s'est toujours intéressé à une certaine projection de la réalité qu'il a mis aussitôt en doute puisque cette réalité mentait, trompait, cherchait à manipuler et se voulait surtout définitive. Lui qui, depuis des années, a compilé et classé méthodiquement des dizaines de milliers d'images tirées de la presse grand public, des magazines de télévision ou d'Internet, a assez vite su que le monde dans son domaine sensible, s'il existe bel et bien, n'est pas aussi vrai qu'on le dit ou qu'on cherche à nous le faire croire. En fin de compte, il a constaté puis accepté que le monde est la totalité des faits et non des choses. L'ère numérique qu'Engbrox a quasiment vu naître et qu'il a accompagné au plus près a confirmé cet état de fait. En effet, la « chose numérique » – c'est même son essence – n'oublie rien, ne jette rien, elle accumule sans cesse toutes les réalités les unes après les autres, et toutes sont vraies, successivement. Aujourd'hui, grâce à la technologie, nous pouvons les retrouver presque instantanément, sous leur forme exacte telles qu'elles nous furent proposées initialement. Devant cette multitude, nous sommes alors obligés d'admettre qu'il n'existe pas de vérité « originelle », une doxa de la réalité. Le regard d'artiste de Sylvester Engbrox est peut-être l'un des premiers à s'être adapté à ce nouvel horizon. Sylvester Engbrox est né en 1964 à Kleve en Allemagne. Il est admis à l'école des Arts décoratifs qu'il quitte en 1986 pour venir s'installer à Paris. En 1991, il est diplômé de l'Ecole nationale supérieure de photographie à Arles. Correspondant pour deux magazines allemands le Select et The Manipulator. Revient à la peinture dans les années quatre-vingt dix. Chargé de la photothèque au cabinet de photographies anciennes du musée Rodin, il crée parallèlement jusqu'en 2004 un label de musique indépendant «Home Laboratoire Moderne» qui édite des CD de compilations d'artistes pop. Depuis 2005 il reprend son activité de peintre. En 2008, est organisée sa première exposition à la galerie VivoEquidem. Relais (Extrait d'un entretien avec Max Torregrossa en octobre 2008) "J'ai toujours considéré mon rôle dans la fabrication d'images comme celui d'un relais. Ce principe repose sur deux notions : réception et émission. Pour pouvoir émettre, si on ne se contente pas de s'émettre uniquement soi-même, il faut d'abord avoir une bonne capacité à recevoir. Et pour recevoir, il faut, dans un premier temps, mettre en arrière-plan sa propre personne. Un artiste peut complètement brouiller cette réception de signaux par ses pensées, ses ambitions, etc. Mon processus de travail est basé sur l'accumulation d'images. Je range ces images physiquement, mais aussi mentalement. Les images qui m'intéressent le plus sont celles qui traversent le filtre de rangement de mon cerveau pour atterrir dans l'inconscient. Avant de peindre ces images, je dois aller pêcher ces images dans mon inconscient, un processus qui nécessite une certaine disponibilité pour recevoir. Quand Andy Warhol dit « I want to be a machine », j'entends par là qu'il voudrait entrer dans une sorte d'état de méditation qui lui permette de s'oublier lui-même et mieux voir ce sur quoi il travaille. C'est ensuite que je donne à l'image le statut d'émetteur en la peignant. L'implication de ma personne dans ce processus de travail reste donc limitée. Elle se résume à la consommation d'images, à la réception d'une image inconsciente latente et à la décision de la peindre ou non. On peut dire que je mène une recherche sur les images intérieures qui sont le symptôme d'un bombardement massif par des images extérieures. Si je cherche une généralisation de mon propos, je sais pertinemment que je suis limité malgré tout par une réalité que je ne peux pas contourner : je ne peux que partir de moi-même comme sujet d'étude. C'est à partir de mon propre prisme, de mon inconscient individuel, que je peux ensuite tendre vers une image collective." ![]() Engbrox, Man in an Armchair, 2007, huile sur toile, 140 x 110 cm Engbrox parle de la peinture et de la photographie : http://www.vivoequidem.net/artiste/engbrox/sylvester/videos/peinture/photographie/269-29,18.html Jean-Luc Chalumeau présente l'exposition de 2008 : http://www.vivoequidem.net/artiste/engbrox/sylvester/videos/presentation/jean/luc/chalumeau/269-22,18.html http://agenda.germainpire.info/img/2009/20090303_Sylvester_Engbrox.pdf |


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