Saturday, May 20, 2017
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Category: All

20
May 2017
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  Fête nationale du Timor oriental
Location:
UNLOCATED
UNLOCATED
UNLOCATED
UNLOCATED
Description:
Indépendance vis-à-vis de l'Indonésie en 2002

[Cannes] Festival de Cannes 2017
Location:
Palais des Festivals et des Congrès de Cannes
1, Avenue Laugier
06403 Cannes Cedex
M° Gare SNCF Cannes
France
Phone : +33 4 93 39 01 01
Fax : +33 4 93 99 37 34
Internet Site : www.palaisdesfestivals.com
Description:
du 17 au 28 mai 2017

[Cannes] Festival de Cannes 2017

[Cannes] Festival de Cannes 2017

Elle Zen
Location:
Studio Cyclone
16/18, Rue Vulpian
75013 Paris
M° Glacière
France
Phone : +33 (0)1 45 35 75 75
Mail : cyclone@cyclonelestudio.fr
Internet Site : www.cyclonelestudio.com
Description:
La marque Elle (Lagardère Active) se déploie une fois encore dans l'événementiel avec la création de « Elle Zen », une manifestation dédiée à l'épanouissement personnel (détox, bien-être, forme, relaxation, cuisine healthy, etc.), au Cyclone dans le 13ème arrondissement de Paris. En partenariat avec la marque de beauté Weleda, l'événement se déroulera les 19 et 20 mai prochains. La manifestation s'accompagnera d'un hors-série inédit qui paraîtra le 5 mai et de contenus dédiés dans le magazine Elle et ses déclinaisons digitales.

Fête nationale du Cameroun
Location:
UNLOCATED
UNLOCATED
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UNLOCATED
Description:
date du référendum sur la fin du système fédéral

Exposition "Rancillac, Rétrospective"
Location:
Espace Oscar Niemeyer
Siège national du Parti Communiste Français
2, place du Colonel Fabien
6, avenue Mathurin Moreau
75019 Paris
M° Colonel Fabien
France
Phone : +33 (0)1 40 40 12 12
Internet Site : www.pcf.fr
Description:
Exposition "Rancillac, Rétrospective"
Affiche de l'exposition

Du 21 février au 7 juin 2017
Lundi au vendredi 11h à 18h30
Samedi et dimanche 13h à 18h
Fermé les jours fériés

Entrée libre

Le Musée de La Poste propose l'exposition Rancillac Rétrospective du 21 février au 7 juin 2017 à l'espace Niemeyer.

Commissaire de l'exposition : Josette Rasle
Scénographe : Jean-Claude Salliou

Bernard Rancillac est l'un des grands noms de la peinture contemporaine. Il est l'inventeur d'une « nouvelle figuration » attentive aux réalités de la vie quotidienne et aux images dont les médias sont friands pour les faire accepter.

Peintre rebelle, il est aussi celui qui a décidé de rendre compte à sa manière de l'actualité de notre monde, histoire de déranger notre confort tiédasse et la bienséance du petit monde feutré de l'art.

La rétrospective de Bernard Rancillac proposée à l'Espace Niemeyer par le Musée de La Poste, actuellement fermé pour rénovation, réunit sur plus de 1300 m2 une centaine de pièces : peintures, objets, affiches, installations, collages... s'étalant de 1961 à 2015. Elle permet une approche complète et représentative du parcours de l'artiste né en 1931 et grande figure de la Figuration Narrative.

Dans le climat politique international des années 60, extrêmement tendu, il entame une réflexion sans concession sur la société de consommation, la culture populaire et l'actualité la plus brûlante.

Il partage alors sa vision de l'art et du monde avec un groupe de jeunes peintres en rupture avec l'abstraction, de nationalités diverses, aux aspirations pas toujours communes mais aux inspirations similaires. En 1964, avec le peintre haïtien Hervé Télémaque et le soutien du critique d'art Gérald Gassiot-Talabot, il organise au Musée d'art moderne de la ville de Paris, l'exposition Mythologies quotidiennes. Réunissant trente-quatre artistes, elle marque les esprits par l'utilisation qu'ils font de l'image à la fois banale et toute puissante. La Figuration narrative est née.

Profondément concerné par son époque, Bernard Rancillac puise dans un répertoire d'images très variées (cinéma, photographie, publicité, bande dessinée, roman-photo...) pour aborder les sujets qui lui tiennent le plus à cœur. Il les traduit par de grands aplats acryliques vivement colorés et d'inventions formelles d'une grande force plastique.

Exigeante, cohérente et subversive, son œuvre accessible au plus grand nombre, composée de séries sur lesquelles il a opéré et opère parfois encore de nombreuses variations (Mickey, musiciens de jazz, stars de cinéma...), témoigne selon Bernard Ceysson « de la volonté délibérée du peintre de miner la réalité, après avoir miné l'histoire de l'art ». Bien que l'effet plastique prévale sur toute autre préoccupation et que son combat premier soit avant tout la peinture, Bernard Rancillac utilise son pinceau comme un coup de poing non pour défendre une quelconque idéologie mais pour forcer le regard de celui qui ne veut pas voir.

Exposition "Rancillac, Rétrospective"
Jeune égorgée, 1998
Acrylique sur toile, 165 x 250 cm, coll. de l'artiste, Paris Bernard Rancillac © Adagp, Paris, 2017

Exposition "Rancillac, Rétrospective"
Notre Sainte Mère La Vache n°2, 1972
Bernard Rancillac © Adagp, Paris, 2017 Acrylique sur toile, 116 x 89 cm, Musée des beaux-arts, Dole

Exposition "Rancillac, Rétrospective"
Section rythmique de Miles Davis, 1974
Bernard Rancillac © Adagp, Paris, 2017 Acrylique sur toile, 162 x 162 cm, coll. privée

Exposition "Rancillac, Rétrospective"
Belfast, 1977
Bernard Rancillac © Adagp, Paris, 2017 Acrylique sur toile, 146 x 114 cm, coll. Martine et Michel Brossard, Paris

Exposition "Rancillac, Rétrospective"
Le Muezin, 2013,
Acrylique sur toile, 130 cm x 197 cm, coll. de l'artiste, Paris Bernard Rancillac © Adagp, Paris, 2017

Exposition "Rancillac, Rétrospective"
Les Afghanes, 2004, Bernard Rancillac © Adagp, Paris, 2017
Acrylique sur toile, 130 cm x 195 cm, coll. de l'artiste, Paris

Exposition "Rancillac, Rétrospective"
Où es-tu, que fais-tu ?, 1965
Bernard Rancillac © Adagp, Paris, 2017 Huile sur toile, 178 x 195 cm, Centre Pompidou, MNAM-CCI

Exposition "Rancillac, Rétrospective"
Enfer-Paradis, 2007,
Bernard Rancillac © Adagp, Paris, 2017 Acrylique sur toile, 230 x 500 cm

Exposition "Rancillac, Rétrospective"
Gilda (Cinémonde n°56), 1989
Bernard Rancillac © Adagp, Paris, 2017 Acrylique sur toile, 195 x 130 cm, coll. privée

Exposition "Rancillac, Rétrospective"
Sakeo, (camp de réfugiés Khmers), 1996
Bernard Rancillac © Adagp, Paris, 2017 Acrylique sur toile,200x200 cm, coll. La Croix-Rouge monégasque - Don de l'artiste

Exposition "Peindre la banlieue de Corot à Vlaminck"
Location:
Musée Français de la Carte à Jouer
16, rue Auguste Gervais
92130 Issy-les-Moulineaux
M° Mairie d'Issy
France
Phone : +33 (0)1 41 23 83 60
Fax : +33 (0)1 41 23 83 66
Mail : musee@ville-issy.fr
Internet Site : www.museecarteajouer.com
Description:
Du 17 mai au 13 août 2017
- Mercredi, jeudi et vendredi : de 11h à 17h
- Samedi et dimanche : de 14h à 18h
- Juillet : du mercredi au dimanche de 13h à 18h
- Fermé les jours fériés et au mois d'août

Exposition de chefs-d'oeuvre impressionnistes en co-production avec l'Atelier Grognard à Rueil-Malmaison.

Cette exposition présente une sélection d'œuvres rassemblées autour du thème de la banlieue et de son évolution, vues à travers le regard de peintres du milieu du XIXe au milieu du XXe siècle.

Elle a été préparée en liaison avec le Centre d'Arts « L'Atelier Grognard » de Rueil-Malmaison qui l'a présentée du 9 décembre 2016 au 10 avril 2017. Différents prêts obtenus auprès d'institutions françaises (Musée d'Orsay, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, Musée des Beaux-Arts d'Orléans, Musée des Beaux-Arts de Reims entre autres) permettent d'offrir à la curiosité du visiteur des tableaux réalisés par des artistes au renom aussi grand que Camille Corot, Charles Daubigny, Camille Pissarro, Berthe Morisot, Maurice Denis, Maurice Utrillo, Raoul Dufy notamment.

L'exposition explore les sites franciliens qu'ont fréquentés ces artistes à un moment où s'imposent la peinture de plein air et la recherche de nouveaux motifs. D'abord tirés de la nature et de la vie rustique, ceux-ci sont, au fur et à mesure que se développent les moyens de transport et le chemin de fer en particulier, empruntés à deux univers alors en plein essor : l'industrie et les loisirs.

Les mutations sans précédent qui marquent profondément le siècle, donnent à la périphérie de Paris de multiples visages, à l'exemple de la Seine, trait d'union entre tous ces territoires consacrés à la fois aux pratiques ludiques traditionnelles et à un trafic fluvial métamorphosé par les conjonctures économiques successives.

Pendant qu'ils représentent ce passage d'un paysage champêtre à un paysage de plus en plus domestiqué, les peintres de la nature deviennent des peintres de la modernité. Les alentours de la capitale se muent peu à peu en un univers propice aux recherches picturales sur le paysage et constituent pour nombre d'entre eux une étape importante dans leur parcours artistique.

C'est cette diversité thématique et esthétique offerte par la banlieue au cours d'un siècle, de 1850 à 1950, de l'Ecole de Barbizon à l'École de Paris, que l'exposition souhaite restituer, en rappelant non seulement l'industrialisation, mais aussi ses contrepoints : la survivance du monde agricole, l'émergence d'une civilisation des loisirs, l'expansion urbaine à travers la multiplication des zones d'habitat.

Ainsi à travers les pièces sélectionnées et les choix muséographiques, l'exposition montre des œuvres dont les auteurs se sont plu à peindre la banlieue comme un coin de paradis, que ce soit en représentant des paysages arcadiens, ou en évoquant des lieux de détente et de loisirs ouverts aux « pratiques récréatives ». Elle attire aussi l'attention sur le fait que la banlieue a été un acteur économique, où l'industrialisation qui se développe, côtoie longtemps un secteur agricole très vivace. Elle souligne enfin que le développement de la banlieue prend de plus en plus la forme d'une expansion urbaine stricto sensu, au terme de laquelle la banlieue aujourd'hui, est surtout perçue comme de longs rubans urbanisés où alternent grands ensembles d'habitat social et logements pavillonnaires.

La découverte de l'exposition s'accompagnera d'un dispositif de médiation innovant : le LiFi. Grâce à ce support, des informations variées permettent une découverte plus détaillée, via des tablettes connectées, une sélection des œuvres présentées.

Autour de l'opération, une importante programmation sera mise en place, comprenant notamment des conférences, des visites commentées et des ateliers - ludiques pour les enfants et pour tous, autour de la photographie ou de la peinture de paysage.

Vernissage de l'exposition "Peindre la banlieue de Corot à Vlaminck"
Hervier de Romande, « Paul Féval en barque sur la Marne », 1890

Vernissage de l'exposition "Peindre la banlieue de Corot à Vlaminck"
Maximilien Luce, « La Seine à Issy-les-Moulineaux », 1920 © Musée Français de la Carte à Jouer et Galerie d'Histoire de la Ville, Issy-les-Moulineaux

Vernissage de l'exposition "Peindre la banlieue de Corot à Vlaminck"
Louis Toffoli, « Quai à Ivry », 1951 © Musée du Domaine départemental, Sceaux

08:00  
09:00  
10:00  
11:00 [11:00-20:30] Vernissage de Chiharu Shiota "Destination"
Location:
Galerie Daniel Templon
30, rue Beaubourg
75003 Paris
M° Rambuteau, Hôtel de Ville, Les Halles
France
Phone : +33 (0)1 42 72 14 10
Fax : +33 (0)1 42 77 45 36
Mail : info@danieltemplon.com
Internet Site : www.danieltemplon.com
Description:
Vernissage de Chiharu Shiota "Destination"
Endless Line (triptych), 2017, 140 x 80 cm (each), Photo: Sunhi Mang

du 20 mai au 22 juillet

Après son intervention très remarquée au Bon Marché Rive Gauche à Paris au début de l'année, l'artiste japonaise Chiharu Shiota revient dans les deux espaces de la Galerie Daniel Templon avec une installation in situ spectaculaire et une nouvelle série de sculptures inédites.
Elle explique : « Je travaille avec des bateaux depuis mon exposition au Pavillon du Japon à la Biennale de Venise (2015) ; j'avais envie de créer, ici, un énorme bateau hors norme qui résume les thèmes abordés dans mes travaux les plus récents. Les bateaux transportent les gens et le temps. Ils sont pointés vers une direction, sans aucun autre choix que d'avancer. Même si nous ne savons pas où nous allons, nous ne pouvons nous arrêter. La vie est un voyage incertain et merveilleux, et les bateaux symbolisent nos rêves et nos espoirs. »

Flottant dans un océan tissé de fils rouges, l'immense bateau de 5 mètres dont l'armature de la coque ressemble à un squelette humain, est associé à un plus petit bateau de 3,5 mètres resté au sol. A cet environnement répond un diptyque de grandes peintures tissées, les Skins, renvoyant à des visions tout aussi poétiques et ambiguës du corps, de sa surface, de ses réseaux de connexion. Une série de sculptures de fils rouge emprisonnant des objets - robe, arme, - complète un ensemble évocateur des questionnements métaphysiques de l'homme, de ses difficultés à comprendre le monde et des relations complexes entre les êtres.

« Au commencement de l'humanité, la mort était directement connectée à la vie humaine, considérée comme sa destination. Cela offrait des réponses à nos interrogations quant au sens de la vie. Les hommes étaient plus sensibles aux processus créatifs et aux différentes étapes de leur parcours. Aujourd'hui, nous construisons et créons en masse, y compris des choses dont nous n'avons pas besoin, et cela sans avoir un objectif clair, et à une vitesse vertigineuse... »


Née à Osaka au Japon en 1972, Chiharu Shiota vit et travaille à Berlin depuis 1997. Elle s'est fait connaître pour ses vastes environnements tissés en fils de laine. Protéiforme et extrême, sa pratique artistique explore les notions de corps, de temporalité, de mouvement, de mémoire et de rêve. Ses installations in situ sont souvent le théâtre de performances conçues par l'artiste et engagent l'implication mentale et corporelle du spectateur.

Ces dernières années l'artiste a largement exposé à l'international, notamment à la Biennale d'art contemporain de Kiev (2012), au Museum of Art de Kochi (Japon) et au Manege, Moscou (2013), à la Freer & Sackler Gallery, Smithsonian, Washington DC (2014), à la Biennale de Venise et au K21 Kunstsammlung NRW, Düsseldorf (2014), au Scad Museum of Art, Savannah (USA) et au New Museum de Jakarta en 2017. La Kunsthalle Rostock lui dédie une exposition personnelle depuis le 5 mai 2017.
En France, on a déjà pu voir son travail à La maison rouge (2011), à la Sucrière à Lyon (2012), au Carré St. Anne à Montpellier (2013), à la Vieille Charité à Marseille (2014), à l'espace culturel Louis Vuitton (2015) et au Bon Marché Rive Gauche (2017). A l'occasion des 500 ans du Havre, Chiharu Shiota présentera du 27 mai au 8 octobre 2017 Accumulation of power, une grande installation in situ dans la fameuse Église St. Joseph du Havre - architecte Auguste Perret.

Vernissage de Chiharu Shiota "Destination"
Chiharu Shiota, Silent Explosion I (détail), 2017
Ficelle sur toile - 280 × 200 cm
Courtesy Galerie Daniel Templon Paris et Bruxelles. © Chiharu Shiota, Photo : Sunhi Mang

Vernissage de Chiharu Shiota "Destination"
Chiharu Shiota, Chiharu Shiota, 2011
Courtesy Galerie Daniel Templon Paris et Bruxelles. © Chiharu Shiota. Photo : Sunhi Mang

Vernissage de Chiharu Shiota "Destination"
Chiharu Shiota, Chiharu Shiota, State of Being (Children's Dress), 2017
Cadre en métal, fil et robe d'enfant - 80 × 45 × 45 cm
Courtesy Galerie Daniel Templon Paris et Bruxelles. © Chiharu Shiota. Photo : Sunhi Mang

[11:00-20:00] Vernissage de l'exposition "hyberDUBUFFET"
Location:
Galerie Nathalie Obadia (Bourg Tibourg)
18, rue du Bourg Tibourg
75004 Paris
M° Hôtel de Ville, Saint-Paul
France
Phone : +33 (0)1 53 01 99 76
Mail : info@galerie-obadia.com
Internet Site : www.galerie-obadia.com
Description:
Jean Dubuffet et Fabrice Hyber
hyberDUBUFFET

20 mai - 13 juillet 2017
Vernissage le 20 mai à partir de 11h

Ouverture exceptionnelle le dimanche 21 mai dans le cadre de Paris Gallery Weekend

La Galerie Nathalie Obadia est très heureuse d'accueillir l'exposition "hyberDUBUFFET" réalisée en étroite collaboration avec la Fondation Dubuffet. Simultanément dans les deux galeries parisiennes, cette exposition donne carte blanche à Fabrice Hyber qui en assure le commissariat.

Suite à une réflexion commune avec Sophie Webel, directrice de la Fondation Dubuffet et de discussions croisées avec Françoise Guichon, conservateur au Centre Pompidou, l'artiste propose un dialogue entre l'œuvre de Jean Dubuffet et la sienne.

Grâce à de nombreux prêts accordés par la Fondation Dubuffet, ainsi qu'à l'aimable implication de collectionneurs privés, l'exposition hyberDUBUFFET présente une variété significative d'œuvres majeures mais également plus intimes issues de diverses périodes de leurs carrières respectives.


J'ai soutenu cette proposition d'une exposition hyberDUBUFFET auprès des membres de la Fondation par rejet des confrontations de plus en plus fréquemment proposées dans les musées ou les galeries entre les œuvres de deux artistes. Dans certains cas la confrontation a un sens - le plus souvent historique (nous avons nous-mêmes accepté de jouer le jeu pour une exposition Chaissac/Dubuffet lors de la parution de leur correspondance) mais bien souvent cela se résume à un accrochage - parfois très réussi il est vrai - dont les rapprochements formels sont la base.

Ce projet hyberDUBUFFET est tout autre, car les rapprochements n'ont rien de formel (ou très peu) mais sont basés sur une intuition de Fabrice Hyber que son mode de « penser l'art » a des équivalences avec celui de Dubuffet. Nous lui avons laissé carte blanche pour le choix des œuvres, intervenant très peu dans ce choix si ce n'est pour préciser la place de celles-ci dans le développement des travaux de Dubuffet.

Il est d'autre part crucial pour une fondation comme la nôtre, plus de trente ans après le décès de l'artiste, de s'ouvrir à une nouvelle génération. Si celle des jeunes chercheurs ou conservateurs a déjà trouvé le chemin de la rue de Sèvres, inviter un artiste à regarder les œuvres de Dubuffet a toujours fait partie de nos projets.

A défaut d'une exposition dans nos murs, en cours de rénovation, la magie a opéré en sens contraire, car c'est l'artiste qui invite finalement Dubuffet !

Et pour celui qui pourfendait « l'asphyxiante culture », comment ne pas se réjouir de ce dialogue entamé par Fabrice Hyber, esprit tout aussi libre animé par une pensée anti-conventionnelle.

Sophie Webel
Directrice de la Fondation Dubuffet


«... RENONCE A TON IDÉE D'UNE RÉALITÉ À LAQUELLE IL T'EST IMPOSÉ DE DÉFÉRER LA RÉALITÉ SERA CELLE QU'IL TE PLAIRA D'ÉDIFIER RIEN NE PEUT EXISTER HORS DE CE QU'IL TE PLAIT DE PENSER TA PENSÉE A POUVOIR DE DONNER EXISTENCE ET RÉALITÉ LIBÈRE TOI DE TOUTES LES NOTIONS APPRISES QUI PRÉTENDAIENT T'EN EMPÊCHER...»

(Jean Dubuffet, « Oriflammes » 1984 - extrait)


« Les surprises de la matière

hyberDUBUFFET est une intuition née dans l'esprit de Françoise Guichon (créatrice du CIRVA, Conservateur du Design au Centre Georges Pompidou). En discutant avec hyber qui avait l'habitude qu'on l'associe à Gaston Chaissac (vendéens tous les deux) - l'analogie devenait peu à peu polymorphe.
L'exposition hyberDUBUFFET présentée dans les deux galeries de Nathalie Obadia du 18 mai au 13 Juillet 2017, donne à voir les dialogues féconds qui unissent l'œuvre de ces deux artistes.

Hyber comme Dubuffet s'attachent à l'invention d'un espace de création et d'innovation permanente (Robert Filliou et son concept de création permanente est une autre référence pour hyber).
Tous deux ont une activité compulsive : le brainstorming chez hyber et l'enchevêtrement des formes chez DUBUFFET.
En développant leurs œuvres, ils créent des systèmes multipliant les allées et venues entre la matière et l'image qui se nourrissent l'une de l'autre.
Ils produisent intensément et abondamment. Face au vertige provoqué par leur œuvre, qui explore une diversité de média et de pratiques, ils mettent très rapidement au point une encyclopédie raisonnée (pour hyber) et un catalogue raisonné (pour DUBUFFET) de leurs travaux. La mise en ordre de leurs univers artistiques succède à leur désir terrien et pragmatique de tout comprendre, de la maîtrise de la production à la diffusion de leur œuvre.

Les échanges fréquents et les visites à la Fondation DUBUFFET ont trouvé un écho favorable et enthousiaste pour cette démarche et permis ce projet. L'idée est née alors chez Nathalie Obadia de proposer ses deux galeries parisiennes pour permettre à hyber de retrouver, à travers un accrochage, les points de friction entre les deux œuvres, qui peuvent devenir des fictions !

Hyber dessine des attitudes et des projets puis fabrique les éléments qui les rendent possibles. Il essaye d'aller au-delà des arts par le biais de la recherche et de l'entreprise qu'il a d'ailleurs mises en scène depuis le début des années 1990, en inventant des systèmes permettant de nouveaux espaces de création.

DUBUFFET a rejeté l'ordre établi des arts dits « culturels » en élaborant une œuvre en marge des conventions, stimulé en cela par ses recherches sur l'Art Brut. Convoquant les forces d'un art célébrant l'homme du commun, Dubuffet traite la ville comme une aire de jeu.

Cette exposition est pour hyber le lieu de recherche et de rencontre de son œuvre avec celle de DUBUFFET. Hyber nous montre les moments où il dépasse les bornes en retrouvant chez DUBUFFET des intonations extrêmes, éliminant toute ressemblance avec les formes artistiques connues. La matière ou le langage sont chez les deux artistes en constante osmose. Les deux étages/niveaux de leurs actions sont en permanence mis en scène.

L'image est réelle chez les deux : «Le virtuel fait partie du réel» (hyber).

Hyber organise l'accrochage de ses œuvres et celles de DUBUFFET à partir de dialogues suggérant de possibles ouvertures ou spéculations qui sont le propre de leurs méthodes. Ces juxtapositions, parfois surprenantes, résultent du désir de retrouver les étapes de recherches, le processus de création où des intuitions suscitent des formes qui appellent d'autres intuitions... L'œuvre s'enrichit de l'œuvre.
L'exposition devient un jardin d'expérience à la recherche d'un équilibre toujours remis en question par la matière et ses surprises.

Par des rapprochements formels et fonctionnels, hyber met en place une lecture de l'œuvre de DUBUFFET, en jouant le scénario ou l'atelier. Il nous fait déborder des limites habituelles de l'art comme l'a fait DUBUFFET en son temps. Il cherche à montrer les implications de DUBUFFET dans les fonctionnements de nos contemporains.»

Vernissage de l'exposition "hyberDUBUFFET" - Jean Dubuffet
Jean Dubuffet dans son atelier de New York, USA, 1951-1952
© Archives Fondation Dubuffet, Paris (Photo: Kay Bell)

Vernissage de l'exposition "hyberDUBUFFET" - Fabrice Hyber
Fabrice Hyber au travail
L'Artère
Monterrey, Mexique, 2003
(Photographie: Marc Domage)

[11:00-20:00] Vernissage de l'exposition "hyberDUBUFFET"
Location:
Galerie Nathalie Obadia
3, rue du Cloître Saint-Merri
75004 Paris
M° Hôtel de Ville, Rambuteau
France
Phone : +33 (0)1 42 74 67 68
Fax : +33 (0)1 42 74 68 66
Mail : info@galerie-obadia.com
Internet Site : www.galerie-obadia.com
Description:
Jean Dubuffet et Fabrice Hyber
hyberDUBUFFET

20 mai - 13 juillet 2017
Vernissage le 20 mai à partir de 11h

Ouverture exceptionnelle le dimanche 21 mai dans le cadre de Paris Gallery Weekend

La Galerie Nathalie Obadia est très heureuse d'accueillir l'exposition "hyberDUBUFFET" réalisée en étroite collaboration avec la Fondation Dubuffet. Simultanément dans les deux galeries parisiennes, cette exposition donne carte blanche à Fabrice Hyber qui en assure le commissariat.

Suite à une réflexion commune avec Sophie Webel, directrice de la Fondation Dubuffet et de discussions croisées avec Françoise Guichon, conservateur au Centre Pompidou, l'artiste propose un dialogue entre l'œuvre de Jean Dubuffet et la sienne.

Grâce à de nombreux prêts accordés par la Fondation Dubuffet, ainsi qu'à l'aimable implication de collectionneurs privés, l'exposition hyberDUBUFFET présente une variété significative d'œuvres majeures mais également plus intimes issues de diverses périodes de leurs carrières respectives.


J'ai soutenu cette proposition d'une exposition hyberDUBUFFET auprès des membres de la Fondation par rejet des confrontations de plus en plus fréquemment proposées dans les musées ou les galeries entre les œuvres de deux artistes. Dans certains cas la confrontation a un sens - le plus souvent historique (nous avons nous-mêmes accepté de jouer le jeu pour une exposition Chaissac/Dubuffet lors de la parution de leur correspondance) mais bien souvent cela se résume à un accrochage - parfois très réussi il est vrai - dont les rapprochements formels sont la base.

Ce projet hyberDUBUFFET est tout autre, car les rapprochements n'ont rien de formel (ou très peu) mais sont basés sur une intuition de Fabrice Hyber que son mode de « penser l'art » a des équivalences avec celui de Dubuffet. Nous lui avons laissé carte blanche pour le choix des œuvres, intervenant très peu dans ce choix si ce n'est pour préciser la place de celles-ci dans le développement des travaux de Dubuffet.

Il est d'autre part crucial pour une fondation comme la nôtre, plus de trente ans après le décès de l'artiste, de s'ouvrir à une nouvelle génération. Si celle des jeunes chercheurs ou conservateurs a déjà trouvé le chemin de la rue de Sèvres, inviter un artiste à regarder les œuvres de Dubuffet a toujours fait partie de nos projets.

A défaut d'une exposition dans nos murs, en cours de rénovation, la magie a opéré en sens contraire, car c'est l'artiste qui invite finalement Dubuffet !

Et pour celui qui pourfendait « l'asphyxiante culture », comment ne pas se réjouir de ce dialogue entamé par Fabrice Hyber, esprit tout aussi libre animé par une pensée anti-conventionnelle.

Sophie Webel
Directrice de la Fondation Dubuffet


«... RENONCE A TON IDÉE D'UNE RÉALITÉ À LAQUELLE IL T'EST IMPOSÉ DE DÉFÉRER LA RÉALITÉ SERA CELLE QU'IL TE PLAIRA D'ÉDIFIER RIEN NE PEUT EXISTER HORS DE CE QU'IL TE PLAIT DE PENSER TA PENSÉE A POUVOIR DE DONNER EXISTENCE ET RÉALITÉ LIBÈRE TOI DE TOUTES LES NOTIONS APPRISES QUI PRÉTENDAIENT T'EN EMPÊCHER...»

(Jean Dubuffet, « Oriflammes » 1984 - extrait)


« Les surprises de la matière

hyberDUBUFFET est une intuition née dans l'esprit de Françoise Guichon (créatrice du CIRVA, Conservateur du Design au Centre Georges Pompidou). En discutant avec hyber qui avait l'habitude qu'on l'associe à Gaston Chaissac (vendéens tous les deux) - l'analogie devenait peu à peu polymorphe.
L'exposition hyberDUBUFFET présentée dans les deux galeries de Nathalie Obadia du 18 mai au 13 Juillet 2017, donne à voir les dialogues féconds qui unissent l'œuvre de ces deux artistes.

Hyber comme Dubuffet s'attachent à l'invention d'un espace de création et d'innovation permanente (Robert Filliou et son concept de création permanente est une autre référence pour hyber).
Tous deux ont une activité compulsive : le brainstorming chez hyber et l'enchevêtrement des formes chez DUBUFFET.
En développant leurs œuvres, ils créent des systèmes multipliant les allées et venues entre la matière et l'image qui se nourrissent l'une de l'autre.
Ils produisent intensément et abondamment. Face au vertige provoqué par leur œuvre, qui explore une diversité de média et de pratiques, ils mettent très rapidement au point une encyclopédie raisonnée (pour hyber) et un catalogue raisonné (pour DUBUFFET) de leurs travaux. La mise en ordre de leurs univers artistiques succède à leur désir terrien et pragmatique de tout comprendre, de la maîtrise de la production à la diffusion de leur œuvre.

Les échanges fréquents et les visites à la Fondation DUBUFFET ont trouvé un écho favorable et enthousiaste pour cette démarche et permis ce projet. L'idée est née alors chez Nathalie Obadia de proposer ses deux galeries parisiennes pour permettre à hyber de retrouver, à travers un accrochage, les points de friction entre les deux œuvres, qui peuvent devenir des fictions !

Hyber dessine des attitudes et des projets puis fabrique les éléments qui les rendent possibles. Il essaye d'aller au-delà des arts par le biais de la recherche et de l'entreprise qu'il a d'ailleurs mises en scène depuis le début des années 1990, en inventant des systèmes permettant de nouveaux espaces de création.

DUBUFFET a rejeté l'ordre établi des arts dits « culturels » en élaborant une œuvre en marge des conventions, stimulé en cela par ses recherches sur l'Art Brut. Convoquant les forces d'un art célébrant l'homme du commun, Dubuffet traite la ville comme une aire de jeu.

Cette exposition est pour hyber le lieu de recherche et de rencontre de son œuvre avec celle de DUBUFFET. Hyber nous montre les moments où il dépasse les bornes en retrouvant chez DUBUFFET des intonations extrêmes, éliminant toute ressemblance avec les formes artistiques connues. La matière ou le langage sont chez les deux artistes en constante osmose. Les deux étages/niveaux de leurs actions sont en permanence mis en scène.

L'image est réelle chez les deux : «Le virtuel fait partie du réel» (hyber).

Hyber organise l'accrochage de ses œuvres et celles de DUBUFFET à partir de dialogues suggérant de possibles ouvertures ou spéculations qui sont le propre de leurs méthodes. Ces juxtapositions, parfois surprenantes, résultent du désir de retrouver les étapes de recherches, le processus de création où des intuitions suscitent des formes qui appellent d'autres intuitions... L'œuvre s'enrichit de l'œuvre.
L'exposition devient un jardin d'expérience à la recherche d'un équilibre toujours remis en question par la matière et ses surprises.

Par des rapprochements formels et fonctionnels, hyber met en place une lecture de l'œuvre de DUBUFFET, en jouant le scénario ou l'atelier. Il nous fait déborder des limites habituelles de l'art comme l'a fait DUBUFFET en son temps. Il cherche à montrer les implications de DUBUFFET dans les fonctionnements de nos contemporains.»

Vernissage de l'exposition "hyberDUBUFFET" - Jean Dubuffet
Jean Dubuffet dans son atelier de New York, USA, 1951-1952
© Archives Fondation Dubuffet, Paris (Photo: Kay Bell)

Vernissage de l'exposition "hyberDUBUFFET" - Fabrice Hyber
Fabrice Hyber au travail
L'Artère
Monterrey, Mexique, 2003
(Photographie: Marc Domage)


[12:00-20:30] Vernissage de Céline Cléron "L'horizon des événements"
Location:
Galerie Claudine Papillon
13, rue Chapon
Code immeuble : 8719
75003 Paris
M° Arts et Métiers, Rambuteau
France
Phone : +33 (0)1 40 29 07 20
Fax : +33 (0)1 40 29 07 90
Mail : contact@galeriepapillonparis.com
Internet Site : www.claudinepapillon.com
Description:
Vernissage de Céline Cléron "L'horizon des événements"




[14:00-20:00] Vernissage de Thierry Agnone "Lasciate ogni speranza, voi ch'entrate"
Location:
Galerie Patricia Dorfmann
61, rue de la Verrerie
75004 Paris
M° Hôtel de Ville, Saint-Paul
France
Phone : +33 (0)1 42 77 55 41
Fax : +33 (0)1 42 77 72 74
Mail : galerie@patriciadorfmann.com
Internet Site : www.patriciadorfmann.com
Description:
Exposition du 20 mai au 17 juin 2017
Vernissage le samedi 20 mai de 14h à 20h

La Galerie Patricia Dorfmann est heureuse de présenter une exposition personnelle de Thierry Agnone.
Une collaboration initiée en 1998.

Thierry Agnone, magicien de peinture démultipliée
par Joël Savary

Tout d'abord, en pleine surface, une prolifération de touchés, une archéologie de combat et de corps-à-corps, un abandon rageur qui étale son objectif : saturation et occupation du terrain, tout le terrain, tout l'espace, tout le volume.
Tombeau pour cinq cent mille peintures pour reprendre le titre du chef d'œuvre de Pierre Guyotat, et brouillage désespérant ?
Prenons (Sans titre 7) ce qui semble un encombrement grotesque, sur le côté gauche, comme de mauvais animaux déformés de Disney, un empilement d'hippopotames indéfinis, une soupe originelle truffée de pupilles de chats disséminées sur toute la hauteur du tableau, un reliquaire à masques de carnaval en oreilles de félin, mais pour seul facile os à ronger : un minuscule dos de femme, fesses en poires. Comme un navigateur penché sur la carte, demeurons à regarder de près ce corps qui s'insère dans une fissure en réserve claire, nette et contrastée. Quelle subtilité que ce céladon aux côtés translucides, à l'ombre palpitante au creux des reins, au lustre de jeunesse d'une chevelure drue sur fond de nuée d'infini gazeux, et que dire de ce tracé peint au poil, du postérieur ajusté à l'oreille du chat d'en dessous.
Une virtuose maîtrise de l'art de la miniature, comme la « Lettre Volée », éclate hors des caches de l'évidence. Et toutes baignées de ce brio, les figures multiples du malheur et de la tentation d'artificiels paradis, sont enfouies dans des parties sombres jamais complètement obscurcies. Leurs déformations accentuent leur insaisissabilité, leur furtif ballet : faces de chimères, yeux de Vaudou et mantilles de marionnette, enserrés au-dessous des larmes de nèbe plâtreuse. Une des clefs du langage pictural de Thierry Agnone se trouve dans le masque bicolore à la mèche qui surplombe la tête de femme : une maîtrise (digne de l'ère numérique) des renversements ombre/lumière, conversion plein/vide, arrêt de vie/arrêt de mort. Ce contraste schizogène tient au fil du rasoir du mode « bipolaire » de lecture où le blanc clair rend le sombre illisible en le cachant, et vice-versa. Promesse de voyages dans l'immensité de l'infiniment petit.
Et puis, il faut se résoudre à quitter les délices anamorphiques et baroques, ici ou là, pour aller et venir face à la toile, reculer et revenir. Dans ce chemin parsemé de stations, le regard trouve de nouveaux points de vue, des lignes de force de composition apparaissent, comme d'autres qu'on croyait avoir saisies disparaissent. La toile à chacune d'entre elles, se reconstitue, se recompose telle une entrée de personnage dans « La Recherche... » qui entraîne les fils innombrables et mêlés des images mouvantes du souvenir. À chaque station, différente, ce qui est gagné signifiant, efface ce qui retourne à l'illisible informe. La règle d'or qui agit cette toile, vous la trouverez dans chacune des autres toiles, si proches des splendides machines de la grande peinture vénitienne, pimentée dans ses surfaces de l'ironie Picabia.

Joël Savary,
Chargé de mission au ministère des Affaires étrangères et du développement international / Fonctions précédentes : attaché culturel, conseiller pour les arts plastiques en DRAC, chargé de cours histoire/esthétique photographie Université de Bordeaux III, galeriste, ingénieur diplômé en agriculture.

1 Dante, Inferno, Canto III - La Divine comédie


Depuis vingt cinq ans mon travail plastique consiste principalement à la pratique du dessin (rotring 01, feutres, crayons de couleurs) et à la sculpture (résine polyester, assemblage de matières plastiques, gravures sur carton, escarpins en papier). ll y a deux ans j'ai décidé de mettre mon travail en abîme et de prendre de nouveaux risques en m'attelant à la tache monstrueuse et magnifique de transcrire mon univers en peinture. Il a fallu d'abord que je définisse mes schémas techniques, support, formats, technique de peinture. Après une période de six mois environ ou je pataugeais dans mon atelier en essayant de mettre en place une colonne vertébrale qui fasse sens et ou je tentais d'éliminer les scories propres à la pratique, je me dégageais peu a peu des éléments perturbateurs liés à mes habitudes, comme un vocabulaire à inventer. Je décidais de produire une série d'une quinzaine de toiles de grands formats (140 cm x 190 cm), ainsi qu'une série de grands dessins.
Une évidence s'imposa alors sous forme littéraire. L'Enfer de Dante serait mon fil conducteur, non pour illustrer le livre ou pour m'en servir d'inspiration frontale. Je sentais cela plus comme une allégorie qui porterait mon travail et qui serait mon fil d'Ariane, mon garde-fou et mon moteur.
"Lasciate ogni speranza, voi ch'entrate", "vous qui entrez, lâchez toute espérance". Ce prologue à l'Enfer de Dante me parait tout à fait approprié à celui qui veut entrer en peinture. J'en ai fait mon miel pour la série que je souhaite présenter chez Patricia Dorfmann et qui j'espère saura retenir votre attention tant par sa volonté formelle de montrer l'insondable que d'explorer les possibles de mon univers.
Thierry Agnone

Vernissage de Thierry Agnone "Lasciate ogni speranza, voi ch'entrate"
Thierry Agnone, Sans titre 6, 2015-2016 - Acrylique sur toile - 160 x 240 cm





[15:00-20:00] Vernissage de Karishma D'Souza "Ancestors"
Location:
Galerie Xippas
108, rue Vieille du Temple
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart, Filles du Calvaire, Saint-Paul
France
Phone : +33 (0)1 40 27 05 55
Fax : +33 (0)1 40 27 07 16
Mail : paris@xippas.com
Internet Site : www.xippas.com
Description:
20 mai - 29 juillet 2017

Dans son livre La chair des mots, Jacques Rancière examine la relation intime qui lie la poétique à la politique et défend une hypothèse selon laquelle la poésie, même dans sa forme lyrique, voire subjective, s'articule inconsciemment ou volontairement autour des idées politiques, les résume en formes visuelles et métaphoriques et les intègre harmonieusement dans l'imaginaire collectif. Sa position fait d'autant plus écho à l'œuvre de Karishma D'Souza, que celle-ci cherche dans sa pratique artistique à croiser consciemment ces deux dimensions, afin de souligner leur caractère co-dépendant. En effet, la poésie des formes lyriques, simples, presque naïves, que crée Karishma D'Souza, est saturée de références renvoyant à des réalités politiques concrètes et souvent violentes. Cependant, Karishma D'Souza ne se contente pas de mobiliser la force poétique pour aborder la politique ; elle cherche également à sublimer les formes contingentes provenant du contexte politique, afin de remonter aux origines universelles et ressusciter les discours nobles, mais quasi oubliés des ancêtres.
D'origine indienne, Karishma D'Souza s'inspire de l'environnement dans lequel elle a grandi. Dans sa deuxième exposition personnelle à la galerie Xippas à Paris, les images pastorales des tableaux de Karishma D'Souza transportent le spectateur à Bombay ou au pied de l'Himalaya, en lui permettant de contempler des paysages harmonieux et paisibles. Rien ne semble déranger la quiétude de ces scènes ; cependant, l'harmonie qui leur est propre n'est qu'une apparence.

La situation politique en Inde à laquelle les peintures de Karishma D'Souza font implicitement référence est loin d'être simple : le développement économique et industriel a creusé l'écart entre les classes et a même aggravé la stratification sociale, préconfigurée et installée depuis des siècles par le système polémique des castes. Cette organisation archaïque des comportements sociaux est considérée par l'artiste comme un atavisme ; ainsi, l'une de ses références est le discours d'Ambedkar, intitulé Annihilation of Caste. Depuis les années 1930, moment où le project of Unseeing est mis en œuvre, on évite de parler de "castes" ou des "intouchables" dans les discours officiels et à partir de 2004, la propagande nationale glorifie l'idée d'India Shining. On ne parle que d'une évolution positive, de l'augmentation des richesses et du développement des industries, en omettant de parler de la situation sociale violente où les castes régissent toujours les rapports humains.

Parmi les œuvres les plus anciennes de Karishma, certaines ont été réalisées dans des tonalités sombres, afin de contredire l'idée de brillance cristallisée dans le slogan d'India Shining. La critique de ce phénomène devient encore plus subtile dans ses peintures récentes, où la luminosité douce et paisible, comme si elles étaient éclairées de l'intérieur, cherche à parodier l'effet même que supposait la métaphore.

La dimension politique n'est toutefois pas la seule à être mise en œuvre dans les peintures de Karishma D'Souza. Certes, l'artiste cherche à montrer les contradictions propres au double discours politique, mais son objectif principal est autre. L'aspect politique du réel contemporain n'est révélé que pour être sublimé dans la transformation poétique du monde. Pour parvenir à cette sublimation, l'artiste a puisé son inspiration dans la poésie soufie et dans les textes littéraires occidentaux, permettant ainsi un retour aux racines, à la pureté originelle des choses, à l'innocence du regard ; en d'autres termes, à l'universel. Cette dimension devient même plus évidente si l'on considère la technique adoptée par l'artiste. Ce sont des peintures à mi-chemin entre la vision religieuse, voire mystique, et poétique, que Karishma D'Souza crée, tout en traduisant des éléments archétypiques en métaphores visuelles contemporaines. S'inspirant des miniatures du Rajasthan, réalisées avec un pinceau très fin, l'artiste les réinterprète et les agrandit sans perdre les liens avec leur technique de réalisation initiale, aussi méticuleuse que détaillée. À l'instar de la pratique iconographique des icônes, qui n'autorisait à représenter Dieu que sous une forme bidimensionnelle et imposait l'utilisation codée et référencée des couleurs, Karishma D'Souza construit son propre vocabulaire connoté et paradoxal, qui demeure toujours polarisé entre vision politique et vision poétique. Le premier sens renvoie à des réalités violentes tandis que le second s'y oppose, cherchant à entreprendre un acte de sublimation. Ainsi, la couleur or renvoie à la fois à l'idée de vanité et à celle de richesse intérieure ; le bleu à l'agitation politique rebelle et à la paix. L'artiste cherche également à toucher au divin, ou si l'on traduit cela en termes métaphysiques, à la source de toute chose, à l'origine ultime. La luminosité propre à ses tableaux ne doit pas se comprendre uniquement comme une apparence du paradis, parodié à travers la référence implicite à l'India Shining, elle incarne aussi l'idée d'harmonie véritable, de quiétude recherchée et enfin retrouvée. Les espaces éclairés, lumineux, quasiment privés d'ombre, fonctionnent comme des réservoirs imaginaires où l'essence des choses peut être reconnue, car elle devient enfin visible : la vérité des formes ainsi que les formes véritables ne se dévoilent qu'à travers la lumière brillante de la révélation. C'est cette expérience mystique née de la contemplation des icônes, que l'artiste cherche à reproduire en créant, elle aussi, de nouvelles icônes contemporaines.

L'idée de paradis retrouvé est plus manifeste encore lorsque l'on considère les inspirations littéraires qui guident Karishma dans sa pratique artistique. On y retrouve des liens multiples avec les textes de Kabir (poète soufi du XVe siècle), au côté de références bibliques (Ézéchiel), poétiques (Emily Dickinson, Robert Frost, T.S. Eliott) ou encore philosophiques (par exemple, Spinoza). Ces auteurs qui ont vécu dans des temps et contextes différents, se sont tous lancés à la recherche de Dieu. En termes plus séculaires, ils ont tous cherché l'harmonie ultime, le paradis à la fois personnel et commun. Chez Kabir, il prend la forme de Premnagar, la Cité d'Amour ; chez T.S. Eliott, il se résume dans une métaphore, celle d'un jardin de roses qui réapparaît avec obsession dans ses écrits ; chez E. Dickinson, c'est l'union avec le Dieu ; chez Spinoza, c'est l'Amour.

Malgré les différences - de temps, d'espace ou d'origine - ce à quoi les hommes aspirent le plus reste intact dans le contenu, même si la forme change. De cette idée vient le titre de l'exposition : les ancêtres sont la source de tout ; ce sont toutes ces origines, multiples mais unifiées, que l'on partage comme on partage la mémoire collective, car cette dernière est tissée de visions, de symboles, de métaphores universelles. Pour Karishma D'Souza l'héritage ancestral, c'est la nature qui nous entoure et nous relie à nos origines. Les ancêtres sont "démocratiques" : leur connaissance n'est prédéfinie ni par l'appartenance aux classes ou aux castes, ni par le niveau d'éducation, comme le passé qui nous conditionne, ils appartiennent à tous.

Vernissage de Karishma D'Souza "Ancestors"
Karishma D'Souza, Chai Stop: Sand Castles, 2016
Huile sur toile - 46 × 61,5 cm.
Courtesy de l'artiste et de la galerie Xippas, Paris

[15:00-21:00] Vernissage de Marion Baruch "Le parti pris des nuages"
Location:
Galerie Anne-Sarah Bénichou
45, rue Chapon
75003 Paris
M° Arts et Métiers, Rambuteau
France
Phone : +33 (0)1 44 93 91 48
Mail : galerie@annesarahbenichou.com
Internet Site : www.annesarahbenichou.com
Description:
20 Mai - 13 Juillet 2017

Marion Baruch est née en 1929 en Roumanie, elle vit et travaille aujourd'hui en Italie. Dans les années 1990, l'artiste expose avec le célèbre galeriste Milanais Inga-Pin. A cette époque, Marion Baruch signe ses œuvres sous le label « Name Diffusion », menant des actions artistiques sous la forme d'un collectif non incarné. Renouvelant sans cesse sa pratique, elle intervient désormais exclusivement sur des chutes de tissus dans lesquelles sont découpés des éléments de vêtements. Rebuts de la société industrielle et urbaine, ces restes lui sont remis par sacs entiers venant des usines de textiles de haute-couture et prêt-à-porter de la ceinture Milanaise.

« Qu'elles se nomment Peintures, Sculptures, ou Portraits, les œuvres de Marion Baruch sont toujours semblablement constituées de lambeaux de tissus épinglés au mur. (...)Leur tombé, ce qui s'apparenterait parfois à un drapé, les formes qu'elles présentent, ne tiennent qu'à l'effet conjugué du hasard et de la pesanteur sur la souplesse du tissu : rien là de prévu, de préparé . (...) Les œuvres offrent une structure dessinée qui affiche une géométrie molle à mi-chemin entre déconstruction du tableau, esquisse de bas-relief et sculpture processuelle. ». Christian Bernard.

Pour sa première exposition personnelle à la galerie Anne-Sarah Bénichou, « Le parti pris des nuages » en hommage à Ponge, Marion Baruch renoue avec cette poésie du réel et du quotidien caractéristique de son œuvre.

Vernissage de Marion Baruch "Le parti pris des nuages"
Marion Baruch, "Yellow", 2016, tissu, 240 x 151 cm
© Alexander Hana

[15:00-19:00] Vernissage de l'exposition "Suspension"
Location:
Galerie Virginie Louvet
48, rue Chapon
75003 Paris
M° Arts et Métiers, Rambuteau
France
Phone : +33 (0)1 42 71 97 48
Mobile : +33 (0)6 32 90 10 20
Mail : contact@virginielouvet.com
Internet Site : www.virginielouvet.com
Description:
Suspension/ Giulia Manset et Yuochiro Moriyama

20 mai -8 juillet 2017

Vernissage de l'exposition "Suspension"






[16:00-20:00] Vernissage d'Alain Clément "Papiers"
Location:
Galerie Catherine Putman
40, rue Quincampoix
75004 Paris
M° Rambuteau, Les Halles, Châtelet
France
Phone : +33 (0)1 45 55 23 06
Fax : +33 (0)1 47 05 61 43
Mail : contact@catherineputman.com
Internet Site : www.catherineputman.com
Description:
20 mai - 30 juillet 2017

Cette exposition, qui s'inscrit dans une collaboration entre l'artiste et la galerie remontant à plus de vingt ans, rassemble une trentaine d'œuvres, pièces uniques et estampes, florilège du travail sur papier de l'artiste au cours des quinze dernières années.

Alain Clément, peintre, sculpteur et graveur a cette particularité propre aux artistes de la galerie d'avoir une appétence forte pour les œuvres sur papier. Dans son processus créatif, il travaille simultanément grandes peintures, gouaches et sculptures de petits formats : « Cette simultanéité m'est nécessaire pour faire dialoguer les différents médiums et les fondre dans un projet commun. » 1Des petits reliefs muraux en acier peint, de 2004-2005, accrochés dans l'espace de la galerie viendront mettre en évidence cette interaction.
Les papiers d'Alain Clément sont souvent un point de jonction entre peinture et dessin. Qualifié d'abstrait, l'artiste entretient avant tout un rapport physique et sensuel à la peinture, où la couleur tient une place essentielle. L'utilisation du fusain, plus ou moins visible, rend perceptible le geste du dessin, qu'il soit architecturé ou fait de courbes et d'entrelacs.

L'exposition commence, chronologiquement, par des gouaches de la période dite « Toscane », réalisées en 2003 au retour d'un séjour en Italie au printemps 2002. Alain Clément installe dans sa peinture, sur toile comme sur papier, une dimension sculpturale, déjà présente dans son travail, qui se complexifie. Les couleurs évoluent, empreintes du souvenir des tonalités et lumières italiennes.

Ensuite sont présentées des gouaches de 2004, dont la surface du papier, entièrement recouverte, offrent des compositions géométriques où des couleurs plus sombres, s'agencent en un subtil équilibre avec des rectangles blancs. Puis un geste plus sensuel revient, les formes s'arrondissent, les arabesques se dessinent au fusain ou à la gouache, jusqu'à devenir des silhouettes dansantes dans une série de petits formats, monochromes ou bichromes, réalisés en 2015.

La seconde partie de l'exposition fait la part belle à ce qui fait la complicité et la singularité de la relation entre Alain Clément et la galerie : l'estampe. Cette collaboration a débutée en 1989 par une coédition avec Marie-Hélène Montenay, alors que Catherine Putman était principalement éditrice. Plusieurs séries de gravures ont vu le jour depuis plus de vingt ans et font partie de l'histoire de la galerie.


Alain Clément est né à Neuilly-sur-Seine en 1941. Il vit et travaille à Nîmes, Paris et Berlin. A partir de 1970 il enseigne à l'école des Beaux-arts de Montpellier, qu'il quitte ensuite pour celle de Nîmes dont il prend la direction en 1985.
L'artiste développe depuis près de quarante ans une œuvre abstraite située entre l'expression et une recherche de la composition. Ses peintures, sculptures et gravures réunissent plaisir optique, sensibilité et force de construction. Le Musée d'art moderne de Céret vient de lui consacrer une exposition personnelle (11 février - 14 mai 2017) après l'Arsenal-Musée de Soissons (30 avril - 30 août 2016).

1 Extrait de l'entretien d'Alain Clément et Nathalie Gallissot, catalogue de l'exposition Alain Clément, 11 février - 14 mai 2017, Musée d'Art Moderne de Céret.

Vernissage d'Alain Clément "Papiers"
Alain Clément, Sans titre (16D3A), 2016
Gouache et fusain sur papier craft - 65 × 50 cm

Vernissage d'Alain Clément "Papiers"
Alain Clément, Sans titre (03J6A), 2006
Gouache et fusain sur papier - 107 × 78 cm

Vernissage d'Alain Clément "Papiers"
Alain Clément, Sans titre (08JA1A), 2008
Gouache et fusain sur papier - 65 × 50 cm

Vernissage d'Alain Clément "Papiers"
Alain Clément, Sans titre (07M41A), 2007
Crayon et aquarelle sur papier - 57 × 45 cm

Vernissage d'Alain Clément "Papiers"
Alain Clément, Sans titre(04F7A), 2004
Gouache sur papier - 50 × 65 cm

[16:00-22:00] Vernissage d'Isabelle Ferreira "Revenir là où tout est résolu"
Location:
Galerie Maubert
20, rue Saint-Gilles
75003 Paris
M° Chemin Vert, Saint-Paul, Bastille
France
Phone : +33 (0)1 44 78 01 79
Mail : galeriemaubert@galeriemaubert.com
Internet Site : www.galeriemaubert.com
Description:
20 mai / août 2017
Vernissage samedi 20 mai de 16h à 22h

première exposition personnelle de l'artiste Isabelle Ferreira, à la Galerie Maubert :
"Revenir là où tout est résolu"

Avec le soutien du Centre National des Arts Plastiques (aide à la première exposition). Commissaire Marie Cantos

Isabelle Ferreira vit et travaille à Paris. Son travail est actuellement exposé au Château d'Oiron, jusqu'au 4 juin 2017, dans le cadre de l'exposition "Architexture(s) de paysage" (commissaire M. Cantos et M. Robalo) et au CAPA d'Aubervilliers dans l'exposition Faire Chantier (commissaire J. Fontaine et I. Lévénez) jusqu'au 28 mai 2017, vernissage jeudi 4 mai.


L'exposition d'Isabelle Ferreira aurait pu s'intituler "Revenir là où tout est paysage". On y aurait entendu bruire des territoires habités, forcément habités - ce « tout est paysage » de l'architecte belge Lucien Kroll (1927)[1]. Elle reviendra plutôt, avec poésie, « là où tout est résolu », parce que rien ne l'est jamais qu'un instant, jamais complètement, considérant que l'on vit de paysage - cet « impensé » de la « raison » occidentale[2].

Impensable que le paysage relève de l'« impensé » quand la notion naît, en Europe, au xve siècle, et en peinture ? Peut-être bien. Mais quelle que soit la langue, il dessine une portion de « pays » ; demeure circonscrit par la raison qui échoue à en concevoir la globalité et ne peut qu'en affirmer le cadre et les spécificités - le fameux point de vue.

Précisément : au cœur de cette première exposition personnelle de l'artiste à la Galerie Maubert, un nouveau déploiement des Éléments de perspective qu'elle développe depuis 2015. À travers eux, elle se réfère à un moment-clef de l'histoire de la peinture (ainsi que du paysage moderne) dont les ouvrages Nouvelle méthode pour assister l'invention dans le dessin de compositions originales de paysages[3] d'Alexander Cozens (1717-1786) et Eléments de perspective pratique à l'usage des artistes... de Pierre-Henri de Valenciennes (1750-1819)[4] sont emblématiques.

Au-delà du cadre, du point de fuite et du découpage par plans qui organisent déjà la rigoureuse géométrie des décors et / ou des scènes peintes[5], ces deux manuels proposent, à une époque où le genre du paysage acquiert son autonomie, des méthodes mécaniques et normatives de composition basées, notamment, sur la définition de formes isolées et standardisées qui, par leur combinaison précise, produiraient de l'idéal, du pittoresque, du caractéristique.

On se souvient alors que l'artiste travaille, depuis le milieu des années 2000, avec un vocabulaire de formes également standardisées. La brique plâtrière d'abord. Son orange soufré, son format « proche de celui d'une feuille de papier », son « volume paradoxalement plat » s'épaississant potentiellement et progressivement par empilement(s)[6]. Isabelle Ferreira l'utilise telle quelle ou en recouvre une face de couleur à l'acrylique ; elle en tapisse le sol, en redresse certaines, les architecture de tasseaux en bois brut, eux aussi manufacturés, eux aussi sujets aux déplacements et changements d'orientation, au gré des monstrations.

D'autres récurrences viennent ensuite augmenter le répertoire de l'artiste ; et parmi elles, des « unités picturales »[7] - cubes ou pavés, colorés, minimaux et modulaires - constituant en elles-mêmes des sculptures et / ou servant de socles à d'autres sculptures de bois - des morceaux de nature incroyables, noueux et torturés, taillés et polis par le temps ou les intempéries, sur lesquels Isabelle Ferreira intervient parfois (les parant de papiers agrafés colorés ou bien d'agrafes dorées et argentées à la bombe), parfois pas. La combinaison de ces différents éléments permettant de créer des peintures en trois dimensions où les déplacements des regardeurs et regardeuses dans l'espace témoignent de la recherche du point de fuite qui leur sera refusé - ou tout du moins différé - au profit de multiples points de vue.

Le titre Revenir là où tout est résolu suggère qu'il s'agit de rebattre incessamment les cartes. Isabelle Ferreira y présente donc une nouvelle (grille de) lecture de ses Éléments de perspective : un ensemble de structures en bois, s'apparentant à des bibliothèques suspendues ou, de manière plus générale, du mobilier de stockage dans lequel se trouveraient rangés, présentés, installés, etc., les constituants de son vocabulaire.

Ces structures fonctionnent comme les « unités picturales » qui s'y insèrent (ainsi que la collection de bois de l'artiste ou les quelques tubes de cuivre croisés dans des installations antérieures) ; ce sont, à la fois : des displays au sein desquels s'opère le jouissif jeu de combinatoire entre socles colorés, bois trouvés et autres matériaux ; des modules susceptibles de voir leur nombre croître (ou diminuer) et leur agencement dans l'espace repensé ; et, enfin, de vastes peintures dans l'espace, des Furniture Paintings, aurait-on envie de tenter[8], des grilles comme celles de la peinture moderniste, creusant pourtant le plan du tableau de leurs cases et compartiments.

On pourrait lire ces structures - quoique modulaires - comme un repli, par opposition aux multiples déploiements possibles de ses Éléments de perspective ; c'est loin d'être le cas : un bois et / ou un socle peint peuvent s'en extraire et (re)gagner l'espace d'exposition. Les cases vides, d'une part, rappellent que certain-e-s modules et sculptures sont utilisé-e-s ; d'autre part, appellent l'enrichissement de ce vocabulaire déjà dense et complexe. Il y a, en outre, dans le meuble - si je puis qualifier ainsi ces structures - la mobilité qui anime l'artiste : celle des objets qu'elle déplace, briques, socles colorés, sculptures agrafées, etc. ; celle des personnages traversant des paysages dans ses premières vidéos[9] ; celle des regardeurs et regardeuses, on l'a dit, éprouvant ses tableaux ou ses installations, rejouant presque la chorégraphie de l'artiste à l'œuvre dans l'atelier ; celle du corps d'Isabelle Ferreira, en effet, enfin : s'attelant aux surfaces des plaques de contreplaqués des Wall Boxes (depuis 2012) puis des Substractions (depuis 2013), des plaques, là encore, manufacturées, industrielles, peintes à l'acrylique, frappées de manière répétée avec un marteau arrache-clou.

Si les Wall Boxes, hauts-reliefs coffrés de plusieurs plaques, ménagent d'étonnantes percées pareilles à des entrées de grottes et autres espaces à traverser (littéralement), les Substractions, bas-reliefs sculptés dans une seule plaque cette fois-ci, se jouent dans une violence mesurée et sourde : aux griffures, arrachements et béances se sont substitués des retraits de matière qui tiennent à la fois de la touche du peintre et de la « lacune » dans la couche picturale. Un pas de deux avec la matière. Pour l'artiste, quelque chose d'un savoir-faire à l'envers, fatiguant gentiment le bois. Un martyr (dans tous les sens du terme) tout en retenue.

On l'aura saisi, Isabelle Ferreira réinvestit le champ de la peinture de genre avec les gestes et les outils du sculpteur (de la sculptrice) qui sont aussi ceux de l'ouvrier (de l'ouvrière) qui façonne, qui agit dans et sur son environnement : on peint, on prélève, on déplace, on martèle, on arrache, on agrafe. Ses œuvres disent la main, disent les sens. Elles sont évocation et incarnation (au sens plein) bien plus qu'observation et (re)présentation. Quelque chose de cette coprésence qu'évoque François Jullien (1951) dans Vivre de paysage ou L'impensé de la Raison[10].

Dans l'exposition, d'ailleurs, une occurrence de la série des Pétales (2016-2017) : des morceaux de papiers peints à l'acrylique, déchirés, puis laissés libres dans leur cadre de telle sorte que les mouvements physiques inhérents à leur vie - transport, accrochage, décrochage, etc. - en construisent et déconstruisent la composition. Bien sûr, l'artiste aura, au préalable, choisi le format, les papiers déchirés, leur nombre, leurs couleurs, les répartitions de masses visuelles, etc. Bien sûr. Mais chaque exposition réorganise les aplats et pans colorés. Et, ce faisant, enjoint à Isabelle Ferreira de rejouer la partition qui s'y est temporairement écrite. Remuer le cadre et faire apparaître un autre paysage, s'arrêter là, un temps. Un équilibre précaire où hasard et nécessité se laissent mutuellement la place. Revenir, donc, là où tout est résolu.

Marie Cantos


[1] Lucien Kroll, Tout est paysage, nouvelle édition augmentée, Sens & Tonka, coll. « Sciences sociales », Paris, 2012. Il faudrait en réalité mentionner également la compagne de l'architecte, Simone Kroll, coloriste, jardinière, penseuse, que la couverture de l'ouvrage ne crédite pas mais dont on connaît le rôle majeur, y compris pour ce livre-ci.

[2] François Jullien, Vivre de paysage ou L'impensé de la Raison, Gallimard, coll. « Bibliothèque des Idées », Paris, 2014. Dans cet ouvrage, le philosophe, helléniste et sinologue, François Jullien (1951) propose une appréhension du paysage comme susceptible de « nous absorber dans le jeu incessant de ses corrélations, activer notre vitalité par ses mises en tension diverses ; comme aussi réveiller notre sentiment d'exister par ce qui s'y singularise. » (p. 9).

[3] Alexander Cozens, Nouvelle méthode pour assister l'invention dans le dessin de compositions originales de paysages (1785), Éditions Allia, Paris, 2005.

[4] Pierre-Henri de Valenciennes, Eléments de perspective pratique à l'usage des artistes, suivis de Réflexions et conseils à un élève sur la peinture et particulièrement sur le genre du paysage (1799), Hachette Livre BNF, coll. « Arts », Paris, 2013.

[5] J'inclurais ici, paradoxalement parce qu'on ne vit pas encore de paysage, la perspective dite atmosphérique dans cette approche raisonnée mais impensée : le dégradé coloré demeurant, en effet, de l'ordre de la gradation, du mesurable, du quantifiable, du reproductible.

[6] Isabelle Ferreira.

[7] Selon l'expression de Julie Crenn.

[8] À la suite des célèbres Furniture Sculptures de l'artiste suisse John Armleder (1948).

[9] Je pense notamment à Tableau de 8 minutes (2003).

[10] François Jullien, Vivre de paysage ou L'impensé de la Raison, op. cit.

Vernissage d'Isabelle Ferreira "Revenir là où tout est résolu"

Vernissage d'Isabelle Ferreira "Revenir là où tout est résolu"

[16:00-20:30] Vernissage de Thomas Broomé "A Table for One"
Location:
Bendana-Pinel Art Contemporain
4, rue du Perche
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart, Rambuteau, Saint-Paul
France
Phone : +33 (0)1 42 74 22 97
Fax : +33 (0)1 42 74 25 29
Mail : galerie@bendana-pinel.com
Internet Site : www.bendana-pinel.com
Description:
Vernissage de Thomas Broomé "A Table for One"

[16:00-21:00] Vernissage de l'exposition "Pan Yuliang : un voyage vers le silence"
Location:
Villa Vassilieff
Villa Marie Vassilieff
21, avenue du Maine
Chemin de Montparnasse
75015 Paris
France
Phone : +33 (0)1 43 25 88 32
Internet Site : www.villavassilieff.net
Description:
Exposition jusqu'au samedi 24 juin 2017.

Avec Hu Yun, Huang Jing Yuan, Pan Yuliang, Marc Vaux, Wang Zhibo, Mia Yu

Commissariat : Nikita Yingqian Cai

L'environnement social au sein duquel s'est développée la carrière naissante de Pan Yuliang en tant qu'artiste moderne et enseignante durant la période de la République de Chine, entre en écho avec les mouvements socio-politiques plus larges de cette époque : de la fin de la Première Guerre Mondiale jusqu'à l'invasion japonaise de 1937 ; depuis la construction culturelle de la « nouvelle femme » et le mouvement de la nouvelle culture, jusqu'à la révolution et la réforme lancées par le parti nationaliste et les premiers communistes et la montée du nationalisme moderne en Chine. Alors que nombre de ses pairs masculins, formés au contact d'une culture occidentale, prônaient en public leurs idées sociales, politiques et culturelles et gagnèrent leur place dans l'histoire dominante, les réflexions de Pan Yuliang sur les tournants majeurs de sa vie et de son inspiration artistique restent introuvables. Son voyage silencieux s'est prolongé après son retour à Paris en 1937 et elle n'a laissé aucun commentaire écrit quant au concept de son exposition Quatre artistes chinoises contemporaines qui ouvrit en 1977 au Musée Cernuschi à Paris. Pour cette exposition, au lieu de sélectionner uniquement ses œuvres, Pan Yuliang élargit l'invitation à trois autres femmes artistes travaillant autour de formes artistiques traditionnelles et faisant toutes partie de la diaspora chinoise.

Inspirée par Pan Yuliang et par sa décision d'ouvrir l'exposition de 1977 à d'autres artistes, j'ai invité les artistes Hu Yun, Huang Jing Yuan, Wang Zhibo et l'historienne de l'art Mia Yu à former un groupe de recherche fonctionnant comme un organisme subjectif collectif. Abandonnant l'idée de représenter Pan Yuliang en revendiquant de nouveaux territoires d'autorité ou l'illusion de réparer la manière dont les médias de masse l'ont dépeinte, nous déplaçons nos propres subjectivités dans la constellation de la vie passée de Pan Yuliang, dans son incarnation à notre époque ainsi que dans l'espace de la Villa Vassilieff. La recherche et l'exposition forment un orchestre polyphonique ne faisant pas seulement écho à la trajectoire unique de Pan Yuliang entre la Chine traditionnelle et moderne, mais situant également la biographie que nous avons composée et son œuvre artistique au sein de motifs, de détours et du cosmos contemporains.

Nikita Yingqian Cai

Vernissage de l'exposition "Pan Yuliang : un voyage vers le silence"
Mia Yu, An Atlas of Archive, 2017. Courtesy Mia Yu

[16:00-20:00] Vernissage de l'exposition collective "Based on a true story"
Location:
Galerie Derouillon
38, rue Notre Dame de Nazareth
75003 Paris
M° Temple, République, Arts et Métiers, Strasbourg - Saint-Denis
France
Mobile : +33 (0)6 13 67 33 71
Mail : benjamin@galeriederouillon.com
Internet Site : www.galeriederouillon.com
Description:
20 mai - 20 juillet

C'est à partir de l'expression "Based on a true story", qui fait écho tant à la culture pop et hollywoodienne qu'au souvenir du ready-made, que la Galerie Derouillon a souhaité structurer son summer show. Au cœur du propos et de l'espace, et à l'aune des alternative facts et de la post-vérité, les œuvres choisies proposent au visiteur un joyeux vagabondage entre des blocs disjoints de notre jeunesse.

Les peintures, sculptures et installations organisent des îlots de nostalgie et de mémoire, arrachant au secret d'un temps évanoui les traces évidentes du jeu, du fétiche et du totem, ce que Michel Leiris aurait qualifié de Métaphysique de l'enfance. Ainsi, Simone Zaccagnini nous installe-t-il à la table d'un matin de nos premières années, comme éveillés d'une terreur apprivoisée qui nous dévisage, avec humour, du haut du grand masque d'Amandine Guruceaga.

Fidèle à une certaine tradition californienne de l'art, l'exposition invite à une expérience sensorielle, presque sensuelle, projetant le regardeur dans un sentiment de rapetissement, comme s'il avait goûté au mauvais côté du champignon d'Alice au pays des Merveilles. Les objets qui l'entourent sont en effet tous disproportionnés, agrandis ; même la Fender Telecaster, guitare icône du rock, nous toise de ses deux mètres cinquante de hauteur (Sadie Laska). Et l'imposante peinture de Claude Viallat vient affirmer et décupler la teinte psychédélique de l'ensemble. Aussi nous en remettons-nous à une dérive colorée au travers des façades d'immeubles, souvenirs d'enfants de Przemek Pyszczek, prolongée dans les meubles singuliers d'Elvire Bonduelle.

Chaque œuvre est une porte dérobée qui s'ouvrira, en chacun de nous, vers un souvenir irréductible. Nils Guadagnin nous entraîne de l'autre côté du miroir. Un miroir brisé par la pédale d'une grosse caisse, suspendant le sens de cette exposition sur une ligne de crête : d'un côté, l'art dessine un territoire véritablement magique où le temps peut être parcouru dans les deux sens de son axe ; de l'autre, l'art décrit le grand renversement du théâtre des apparences, discipline vitale au regard de l'époque où nous claudiquons à grand renfort de béquilles (Annabelle Arlie), tâchant de nous tenir debout.

Based on a true story réunit huit artistes (quatre femmes et quatre hommes) : Annabelle Arlie (représentée à la galerie), Elvire Bonduelle, Amandine Guruceaga, Nils Guadagnin (représenté à la galerie), Sadie Laska, Przemek Pyszczek, Claude Viallat, Simone Zaccagnini.

Vernissage de l'exposition collective "Based on a true story"
Sadie Laska, Sadie Laska Untilted 4, 2016
Acrylique et bombe sur PVC et aluminium - 205 × 77 cm
Courtesy Galerie Ceysson & Bénétière

[16:30-18:30] Dégustation de bissap
Location:
Musée Dapper
35, rue Paul Valéry
75116 Paris
M° Victor Hugo, Kléber, Charles de Gaulle - Etoile
France
Phone : +33 (0)1 45 00 91 75
Mail : dapper@dapper.com.fr
Internet Site : www.dapper.com.fr
Description:
Dégustation de Bissap
Une boisson aussi délicieuse que vertueuse

dans le cadre de la Nuit européenne des musées

En partenariat avec l'entreprise Biss' & Love
Biss' & Love, start-up française éthique et décalée, vous fera (re)découvrir le bissap, une boisson rouge à base de fleurs d'hibiscus que l'on consomme, chaude ou froide, dans de nombreux pays africains.







[17:00] Signature de Herbie Yamaguchi
Location:
Maison de la Culture du Japon à Paris
MCJP
101 bis, quai Branly
75015 Paris
M° Bir-Hakeim, RER C Champ de Mars - Tour Eiffel
France
Phone : +33 (0)1 44 37 95 00
Fax : +33 (0)1 44 37 95 15
Internet Site : www.mcjp.asso.fr
Description:
Rencontre avec Herbie Yamaguchi et signature du livre au Japan Store Isetan Mitsukoshi

dans le cadre de l'exposition "You can click away of whatever you want. That's PUNK !"

Signature de Herbie Yamaguchi

[17:00-22:00] Vernissage de Hopare "Human"
Location:
La Cartonnerie
12, rue Deguerry
159, rue Saint-Maur
75011 Paris
M° Goncourt, Parmentier
France
Phone : +33 (0)8 74 54 71 82
Fax : +33 (0)1 43 55 06 79
Mail : info@lacartonnerieparis.com
Internet Site : www.lacartonnerieparis.com
Description:
La Galerie 42b a l'immense plaisir de vous présenter l'exposition personnelle de l'artiste HOPARE.

Vernissage sur deux jours exceptionnels :
- le samedi 20 mai de 17h à 22h
- le dimanche 21 mai de 12h à 19h
En présence de l'artiste

DU 24 MAI AU 13 JUILLET 2017
à la Galerie 42b (1 rue Notre Dame de Nazareth - 75003 Paris)


L'exposition "HUMAN"

Que reste-t-il d'un regard croisé, d'une rencontre fugace, d'un moment partagé ? Une image, une couleur, une émotion. Une attitude, un sourire, une voix. Inévitablement, un visage.

Depuis un an et demi, Hopare parcourt le globe. Du Maroc à la Colombie, de la Corée à l'Afrique, en passant par l'Islande, le Portugal, l'Estonie, l'Espagne ou la Norvège. Des voyages faits d'échanges et de rendez-vous improvisés que la vie offre à ceux qui savent s'ouvrir aux autres.
Hopare est de ceux-là. De ceux qui découvrent un pays à travers ses habitants. De ceux qui lisent dans le regard d'un homme, d'une femme, d'un enfant, son histoire et celle des siens.
Une photo volée, un croquis rapide ou un simple coup d'œil, et Hopare capture bien plus qu'un visage. Il saisit le témoignage d'une vie lointaine, partagée l'espace d'un instant.
De retour dans son atelier parisien, l'artiste se souvient. Et il raconte, par touches de couleurs vives lacérées de lignes noires, ceux qui ont croisé son chemin.
Ce carnet de voyage, cet album de famille, Hopare nous invite ici à en parcourir les pages. À rencontrer celles et ceux qui, un jour, ont partagé avec lui un peu de sa vie nomade.

"Un portrait, c'est une empreinte directe du vécu sur le temps" disait René Huygue. Ainsi, les portraits d'Hopare sont autant de fenêtres ouvertes sur le monde. Autant de récits, de liens tissés entre les hommes. Des morceaux de vie qui s'assemblent, s'imbriquent et révèlent une rencontre, parfois furtive, toujours mémorable, à la fois étrangère et familière, vécue avec sincérité.

Nicolas Gzeley


L'artiste HOPARE

Né en 1989, Hopare est un artiste complet qui mêle abstraction et figuration dans une dynamique faisant resurgir les souvenirs du futurisme Italien du début du XXe siècle. La modernité, la vitesse, le mouvement, l'homme nouveau, ses rapports avec la ville, une énergie vitale tout simplement, semblent animer les œuvres de ce jeune graffeur de talent. Les lanières de couleurs s'entrelacent pour faire surgir les formes et les visages de leurs supports. Hopare voyage et avance avec sa « roue » caractéristique et il nous permet de le suivre sur cette route empreinte de poésie et de magie, dans son univers coloré et organique qui tranche avec la grisaille quotidienne des rues où il prend place.

Ses portraits sont particulièrement touchants grâce à cette technique particulière de fins « rubans de soie » délimités par des « fils de nylon » noir avec un maximum de détails. Les couleurs sont vaporeuses et aériennes, elles se soumettent au mouvement de la ligne, ligne et structure si importantes dans le graffiti. C'est aussi cette linéarité souple qui donne ce cachet particulier au travail d'Hopare, une sensibilité à l'autre qui permet de s'identifier au modèle atemporel représenté.

Ses portraits réalisés sur toile permettent de sentir encore un peu plus la précision et le caractère tactile de la ligne, nous rentrons dans un dialogue beaucoup plus intime à l'intérieur de la galerie. La transparence des tons et leur fraîcheur ajoutent une émotion et une résonance à la structure qui nous invite à voyager vers un ailleurs lointain, fragile et féérique.

Catherine Martin-Fauconnier (Docteur en histoire de l'art et maître de conférence à l'isfec Aquitaine)

Vernissage de Hopare "Human"

[17:00-22:00] Vernissages "André Hambourg, ombre et lumière" & "Terres d'inspiration"
Location:
Deauville
Deauville
14800 Deauville
M° Gare SNCF Trouville - Deauville
France
Internet Site : www.mairie-deauville.fr
Description:
Vernissage des deux expositions et un rendez-vous exceptionnel sur la Terrasse du Point de Vue

La Nuit des Musées invite à une nouvelle façon de découvrir la culture et le patrimoine proposant des rendez-vous hors du commun et inattendus. Dans ce cadre, Deauville ouvrira exceptionnellement la terrasse du Point de Vue au public. Sur ce toit terrasse, assistez à une lecture musicale au coucher du soleil, allongés dans un transat, face à la mer. Au programme : poésie & musique arabo-andalouse. Une soirée atypique et enchanteresse qu'André Hambourg n'aurait pas boudée.

Vernissage de l'exposition à 17h.
Deux créneaux sur la terrasse du Point de Vue : de 20h à 20h45 ou de 21h15 à 22h.








[18:00-21:00] Vernissage de C215 "La Mauvaise Réputation"
Location:
Galerie OpenSpace
116, boulevard Richard Lenoir
75011 Paris
M° Oberkampf, Parmentier
France
Phone : +33 (0)9 80 66 63 94
Mail : contact@openspace-paris.fr
Internet Site : www.openspace-paris.fr
Description:
VERNISSAGE SAMEDI 20 mai 2017 de 18h00 à 21h00
Exposition du 20 mai au 1er juillet 2017

La Galerie Openspace a le plaisir d'annoncer La Mauvaise réputation : une exposition à la thématique forte et unique aussi bien dans le cv d'expositions de C215 qu'au sein de la programmation de la galerie. C'est un projet que nous menons conjointement avec l'artiste pochoiriste depuis plus d'un an et dont nous sommes extrêmement fiers.

C215 défend l'idée d'un art libre. Libre d'être purement esthétique et léger, comme libre de dénoncer. La mauvaise réputation, c'est la sienne car les braves gens n'aiment pas la liberté des autres. Mais la mauvaise réputation est aussi un paradigme... et un prétexte à présenter une galerie de portraits aussi étonnant que détonnants.
L'exposition présente une cinquantaine de portraits d'hommes politiques français et internationaux, de personnages de l'Histoire moderne et contemporaine, des médias, de la culture, etc. Comme pour son exposition Douce France, les œuvres de La Mauvaise réputation sont à appréhender dans le rapport entre le motif figuré et le support choisi. Un axe qui permet de comprendre l'œuvre, sans induire pour autant une lecture unique.

La Mauvaise réputation est à l'image de notre époque, marquée par l'incertitude politique et par des questionnements multiples. Cette exposition est là pour nous faire réfléchir, sur notre société, ses symboles, ses icônes, et rétrospectivement, sur nous-mêmes.

Vernissage de C215 "La Mauvaise Réputation"

[18:00-20:00] Vernissage de James Hd Brown "Oval"
Location:
Galerie Karsten Greve
5, rue Debelleyme
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart, Filles du Calvaire
France
Phone : +33 (0)1 42 77 19 37
Fax : +33 (0)1 42 77 05 58
Mail : galerieparis@karstengreve.fr
Internet Site : www.galerie-karsten-greve.com
Description:
20 mai - 30 juillet 2017

La Galerie Karsten Greve présente Oval, la nouvelle exposition de James HD Brown, qui présente les peintures de la série My Other House. L'exposition dévoile également l'ensemble de vases en porcelaine crées par l'artiste à la Manufacture Nationale de Sèvres dans le Grand Four à Bois, en 2007. Les peintures et les vases sont ici montrés pour la première fois en Europe.

Vernissage de James Hd Brown "Oval"
James Hd Brown, Orb Things I, 2013
Huile sur toile - 135 × 164 cm
© James HD Brown Courtesy Galerie Karsten Greve Cologne, Paris, St Moritz Photography : Philippe Servent

Après les Planet Paintings, inspirés de l'œuvre The Planets (1914-1916) du compositeur Gustav Holst, James Brown a consacré son travail, à partir de 2012, à la série My Other House, dont les œuvres présentées dans l'exposition constituent une partie intégrante.

L'« Autre Maison » à laquelle le titre du projet se réfère n'existe pas dans la réalité, néanmoins elle est omniprésente. Il s'agit d'un espace où l'on peut créer ses propres règles, un endroit métaphysique où le temps est suspendu et les objets peuvent se transformer et devenir autre chose. C'est un lieu d'extrême concentration créatrice, un refuge où l'esprit peut se poser.

Nombreux sont les noms qui ont été utilisés pour décrire l'artiste James Brown : explorateur, chaman, scientifique et même sourcier. Son approche de l'art est à la fois scientifique et spirituelle : s'il s'engage méthodiquement dans l'étude de chaque technique - Brown est peintre, céramiste et graveur - ses œuvres témoignent en même temps d'un désir d'atteindre l'essence profonde de l'existence.

Vernissage de James Hd Brown "Oval"
James Hd Brown, Orb Things IV, 2013
Huile sur toile - 135 × 164 cm
© James HD Brown Courtesy Galerie Karsten Greve Cologne, Paris, St Moritz Photography : Philippe Servent

Si la série Planet Paintings était une recherche sur l'univers et le néant, un néant qui n'est d'ailleurs jamais tel quel mais toujours habité par des molécules en mouvement, le nouveau groupe d'œuvres présenté à l'occasion de cette exposition nous amène dans un espace qui est en même temps extérieur et intérieur à l'artiste. James Brown nous invite à regarder à travers les fenêtres de sa maison secrète pour voir la perfection de l'espace : la forme ovale, référence au Classique, permet au regard de se concentrer et d'aller en profondeur au-delà de la surface du tableau. L'âme du spectateur se reflète alors dans la nuit ténébreuse offerte à son regard.

Loin des surfaces sablées couvertes d'une trame de points et surprises par la présence des planètes délicatement colorées, qui constituaient la série de Planet Paintings, les compositions de la série Ovals et les Orb Things qui en sont la contrepartie, se caractérisent par leur surface lisse et nette, dominée par une palette assombrie, illuminée parfois par des éclats de molécules qui déstabilisent la perception visuelle de l'observateur. La forme ovale, comme le dit l'artiste, est surprenante car elle peut donner une impression de déséquilibre et nous ramener vers un espace en expansion où les points cardinaux n'ont plus raison d'être. Les ciels sur lesquels ces fenêtres ovales s'ouvrent sont mystérieux car ils cachent dans le noir qui semble vide, un espace animé de formes et de vie.

Vernissage de James Hd Brown "Oval"
Who Occupies this House III, 2016
Huile sur toile de lin - 150 × 240 cm
© James Hd Brown Courtesy Galerie Karsten Greve, Köln, Paris, St Moritz

[18:00-21:00] Vernissage de Michael Krebber "Cartouche paintings"
Location:
Galerie Chantal Crousel
10, rue Charlot
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart, Filles du Calvaire
France
Phone : +33 (0)1 42 77 38 87
Fax : +33 (0)1 42 77 59 00
Mail : galerie@crousel.com
Internet Site : www.crousel.com
Description:
20 mai - 8 juillet 2017
Vernissage samedi 20 mai de 18h à 21h

CHOICES | Paris Gallery Weekend
L'exposition de Michael Krebber sera ouverte dimanche 21 mai de 11h à 19h.

Vernissage de Michael Krebber "Cartouche paintings"

[18:00-21:00] Vernissage de Michaële-Andréa Schatt "Masques et mascarades"
Location:
Galerie Isabelle Gounod
13, rue Chapon
75003 Paris
M° Arts et Métiers, Rambuteau
France
Phone : +33 (0)1 48 04 04 80
Fax : +33 (0)1 48 04 04 80
Mail : info@galerie-gounod.fr
Internet Site : www.galerie-gounod.com
Description:
20 mai - 17 juin 2017

L'origine en partage (1)
La galerie Isabelle Gounod présente la dernière installation de Michaële-Andréa Schatt, constituée d'un ensemble de céramiques noires et blanches et dont les cimiers, coiffes, oiseaux et fragments de corps qui la composent investissent tout l'espace de la galerie. La présence des oiseaux évoque à la fois l'envol métaphysique cher aux chamanes de toutes cultures et les oiseaux-souvenirs présents dans la volière de la mémoire dont nous parle Platon dans le Théétète. Le masque quant à lui demeure ici ambivalent : image de fête ou de pénitence, il se substitue au visage et autorise son porteur à un nouveau jeu de rôle. Il protège et révèle. Il rend lisible et il cache.

« Depuis le romantisme, le bouffon, le saltimbanque et le clown ont été les images hyperboliques et volontairement déformantes que les artistes se sont plu à donner d'eux même et de la condition même de l'art. »
Jean Starobinski (2)

Michaële-Andréa Schatt suggère également par le choix de ce matériau fragile la précarité humaine face à une situation de crise, de déplacement, d'exil. Le masque identifie, précise une identité ethnologique et culturelle. Le noir et blanc de l'émail s'impose en renforçant le contraste entre ordre et désordre mais aussi en hybridant les différentes sources d'inspiration. Il recouvre et masque. Il souligne le trouble qu'induit tout mouvement carnavalesque et nous ramène à l'origine des premiers déguisements qui consistaient à se noircir le visage et le corps. «Couvrir de noir et masquer de blanc.» (3)
A l'instar des Caprices de Goya, qui mettent en scène la société espagnole de l'époque par le déploiement de visions fantastiques et grotesques, les oiseaux et la figure du pénitent et de son capirote blanc (4) sont ici omniprésentes, nous rappelant qu'à l'époque des «fake news», du mensonge, des parodies de justice et des procès de bouffonnerie, les chimères et le réel s'interpénètrent sans heurt dans une mascarade burlesque et silencieuse.

1 Entre deux, l'origine en partage, Daniel Sibony, éditions Seuil, 1991.
2 Portrait de l'artiste en saltimbanque, Jean Starobinski, éditions Gallimard, 2004.
3 Françoise Viatte, in catalogue de l'exposition "Masques, mascarades, mascarons", Musée du Louvre, 2014.
4 Un capirote est un chapeau pointu en forme de cône utilisé en Espagne par les pénitents, notamment durant les processions de la Semaine Sainte.

Vernissage de Michaële-Andréa Schatt "Masques et mascarades"
Michaële-Andréa Schatt, Masques et mascarades, 2017

[18:00-21:00] Vernissage de l'exposition "Hypokeimenon"
Location:
Galerie Dohyang Lee
73/75, rue Quincampoix
75003 Paris
M° Les Halles, Rambuteau, Etienne-Marcel
France
Phone : +33 (0)1 42 77 05 97
Fax : +33 (0)1 42 76 94 47
Mail : info@galeriedohyanglee.com
Internet Site : www.galeriedohyanglee.com
Description:
20 mai - 8 juillet 2017
Vernissage Samedi 20 mai 18:00 - 21:00

avec Kihoon Jeong, Violaine Lochu, Joongho Yum, Raphaël Tiberghien, Jin Ham

Performance de Violaine Lochu le 03 Juin 2017 à 18h

"Hypokeimenon" signifie "substance" en grec ancien.

La substance est, dans le sens classique, ce qui constitue un objet. Autrefois, elle comprenait la masse et le volume mais les scientifiques de mécanique quantique ont découvert que ces notions ne constituent pas les attributs d'un objet en lui-même, mais que celui-ci se transforme selon des paramètres et circonstances externes. Les mots substance et objet sont proches. Cependant la substance est une notion qui se rapproche de l'être alors que l'objet se rapproche du savoir.

Kihoon Jeong (né en 1980), vit et travaille à Séoul, Corée du Sud. Jeong comprend et réinterprète des codes sociaux qui dominent dans l'espace publique, certes pas dans la perspective actuelle, mais dans une nouvelle. Ses travaux sur vidéos dévoilent de manière poétique les histoires de temps et de travail, mais affrontent de manière subtile la structure sociale compétitive qui impose célérité et efficacité.
Dans 9 to 5, l'artiste s'est assigné les mêmes heures de travail que celles des ouvriers. Il réalise des variations d'objets ordinaires simplement par des actions répétitives de 9h à 18h, chaque jour. Les outils de construction agissent en plein régime pendant les heures de travail pour détruire et dissoudre, déconstruire ou pulvériser ces objets ordinaires.

Violaine Lochu (née en 1987) vit et travaille à Montreuil. Diplômée de l'ENSA Paris Cergy, son travail est une exploration de la voix et du langage. Elle croise ses propres recherches vocales avec une relecture libre des différentes traditions écrites ou orales, des réflexions théoriques, et un matériau sonore recueilli lors des nombreuses rencontres auxquelles sa pratique donne lieu. A chacune de ses interventions, elle explore toutes les possibilités esthétiques de sa voix pour tenter de l'emmener vers un au-delà du dicible.
E - Espace, réalisée lors d'une résidence au Centre d'Art Contemporain la Synagogue de Delme est extrait du vaste projet "L'Abécédaire Vocal" dont chaque lettre renvoie à une dimension spécifique de la voix et/ou du langage. Dans cette vidéo, Violaine Lochu répète de manière obsédante une ritournelle dont le timbre varie en fonction des espaces traversés.
Joongho Yum (né en 1965 en Corée du Sud), est diplômé de l'Université Chung-Ang à Séoul et de l'Université Paris VIII. Il travaille entre Séoul et Paris. Yum représente l'endroit marginal au lieu de la façade étincelante et de la structure à la fine pointe de la métropole. Dans les coins non-reconnus de la ville, il utilise sa vive observation pour examiner de manière microscopique nos vies pour des choses banales. Cependant, il ne sympathise pas avec les objets dans ses images, et prend plutôt une attitude indifférente.

Yum réalise un travail sur les différences d'interprétations et de considérations entre Orient et Occident sur un même objet. Pour cela, il se sert d'une pierre, dans Pierre du Monstre. Selon la philosophie orientale, telle que la comprend Yum, la pierre contient un esprit, une âme, alors qu'en Occident elle ne reste qu'un objet.

Raphaël Tiberghien (né en 1988) est diplômé de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris en 2013 où il reçoit le prix de l'installation multimédia pour sa participation à l'exposition des félicités de l'école. Il explore les lisières entre le langage et les formes plastiques, en utilisant notamment la sculpture, l'édition et l'installation sonore. Il cherche à inscrire ses interventions dans une mobilité entre les disciplines afin de dégager de nouvelles cohérences.
Selon Agnès Werly, dans La Poussière, les bribes de mots ricochent et s'amalgament, des rimes se créent dans le choc des tronçons de paroles. Dans ce balbutiement apparent, le poème prend corps et les mots se chargent de matière, ils deviennent denses, physiques. Les mots et les sons, devenus matériels, sont sculptés dans la couche du disque vinyle et permettent d'entrer à l'intérieur du langage, de creuser la surface des mots et du sens.

Jin Ham (né en 1978), est un artiste sud coréen vivant et travaillant à Séoul. Il a développé une pratique artistique particulière tout en présentant ses œuvres à l'international. Il travaille sur le petit et le trivial et fait des micro sculptures qui paraissent parfois abstraites et parfois figuratives, mais elles ont principalement leurs propres histoires. Ces micro sculptures sont faites de manière intuitive, voire avec une dimension ludique. Pour les sculptures intitulées Untitled, elles sont réalisées en argile. Lorsqu'il utilise l'argile noire, tout en minimisant la couleur, la perception du spectateur se concentre sur les formes complexes qui s'accumulent dans la composition. Ressemblant à de petits morceaux de poussière ou de points et de lignes, le microcosme constitué émerge dans la psyché du spectateur.

Vernissage de l'exposition "Hypokeimenon"

[18:00-21:00] Vernissage de l'exposition "Le monde et le reste"
Location:
Galerie Bernard Ceysson
anciennement Galerie B.C. Beaubourg
23, rue du Renard
75004 Paris
M° Hôtel de Ville, Rambuteau
France
Phone : +33 (0)1 44 59 27 27
Mobile : +33 (0)6 08 07 02 79
Mail : galerie@ceysson.com
Internet Site : www.bernardceysson.com
Description:
20 MAI - 24 JUIN 2017
vernissage le samedi 20 mai 2017, cocktail 18 - 21h

commissaire de l'exposition : Bernard Collet

avec Amina Benbouchta, Mohamed El Baz, Mounir Fatmi

Trois artistes, Amina Benbouchta, Mohamed El Baz, Mounir Fatmi auxquels la galerie Ceysson & Bénétière est heureuse d'ouvrir son espace rue du Renard à Paris en mai 2017. Certes, ils vivent et travaillent entre la France et le Maroc, mais ils exposent en Europe et partout dans le monde, il serait donc bien réducteur de les considérer comme des artistes marocains. L'art contemporain au Maroc est en effervescence, de nombreux artistes de talent y montrent leur travail et s'invitent aux premières places de la scène internationale. Leurs aînés avaient opéré une rupture dans les années de la post indépendance, renouant avec une forme de culture ancestrale au travers de matériaux traditionnels et de signes identitaires, une nouvelle génération d'artistes a dépassé cela. « J'ai toujours pensé, écrit Mounir Fatmi, qu'il y a le monde et qu'il y a le reste, et moi, en tant qu'Afro-arabo-marocano-mediterrano-musulman-tiers-mondiste, je fais partie du reste. Donc c'est à moi de comprendre le monde, puisque le monde n'a pas le temps de comprendre le reste. » C'est peut-être cela qui relie leur travail, depuis cet endroit géographique originel et au delà de la dualité de leur culture, ce désir de regarder le monde pour le comprendre.

Amina Benbouchta qui explore au travers de ses installations, de ses peintures ou de ses photographies l'ambiguïté de la condition des femmes dans une société où elle est vénérée et sacralisée mais aussi infériorisée et menacée, elle évoque cet écart ou cet écartèlement, c'est selon, entre les normes de vie contemporaine et celles de la tradition, en marquant dans son travail l'opposition entre la beauté des formes, des couleurs et des matières et d'autres éléments récurrents désignant l'enfermement, l'oppression, la soumission. Plongée comme Alice au cœur d'une réalité/fiction qu'elle tente de comprendre, elle explore par le sensible la violence mais aussi la douceur de notre époque complexe, elle trace de façon poétique un chemin dont l'universalité est l'aspiration à la liberté.

Bricoler l'incurable, c'est par ce titre générique emprunté à Cioran « Être moderne c'est bricoler dans l'incurable » que, depuis 1993, Mohamed El Baz déploie une œuvre qui se construit de production en production, de fragment en fragment. Il s'agit pour lui de produire un travail qui ne sera utile que s'il répare quelque chose dans son propre rapport intime au monde, en restant en phase avec la complexité sociale ou politique de son temps, que s'il attenue le mal-être contemporain, sorte de fatalité sans solution mais qu'il convient de contrer par le « faire », l'activité artistique étant un acte anti-nihiliste, qui sert à affirmer que l'on aime la vie, qu'on y est très attaché.

mounir fatmi, oui, nous l'écrirons ici comme il l'écrit lui-même, sans capitales aux noms propres, lui qui aime cette sorte de distance avec l'identité et le déterminisme de l'origine, « le prochain drapeau sera transparent ou ne sera pas, dit-il, et s'il faut continuer ce combat, s'il y a encore une raison pour se battre, c'est pour comprendre, oui revendiquer le droit de comprendre, parce qu'il y a tellement de questions sans réponse et parce qu'on a troqué notre envie de comprendre le monde contre l'idée d'être informé tout simplement ». Une œuvre multiple et protéiforme, où il s'agit de questionner l'autre et l'autre en soi, de résoudre précisément ce dualisme culturel en le confrontant à la vitalité et au flux du monde.

Bernard Collet, 2017

Vernissage de l'exposition "Le monde et le reste"

[18:00-20:00] Vernissage de l'exposition "Lucio Fontana, Crosses"
Location:
Galerie Karsten Greve
5, rue Debelleyme
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart, Filles du Calvaire
France
Phone : +33 (0)1 42 77 19 37
Fax : +33 (0)1 42 77 05 58
Mail : galerieparis@karstengreve.fr
Internet Site : www.galerie-karsten-greve.com
Description:
20 mai - 30 juillet 2017

La céramique apparaît dans l'œuvre de Lucio Fontana (1899-1968) dès les années 1930 au moment de ses séjours à Albisola à la manufacture Mazzotti, mais c'est au début de l'aventure spatialiste dans les années d'après-guerre que Fontana commence à réaliser un ensemble conséquent de céramiques à sujet religieux qui l'occuperont pendant plus de dix ans, jusqu'à la fin des années 1950, c'est-à-dire de manière exactement contemporaine au développement du spatialisme et des Concetti spaziali (Concepts spatiaux) et Ambienti spaziali (Environnements spatiaux) qui ont pendant longtemps contribué à faire sa reconnaissance et éclipsé ses céramiques religieuses.

L'intérêt que Fontana porte à cette question du sacré est celui d'un regard laïque, et cela, depuis ses années de jeunesse lorsqu'il se forme dans l'atelier de son père à Rosario de Santa Fe (Argentine) en sculptant des monuments funéraires, Christs et Vierges à l'enfant. Fontana ne s'est donc jamais défini comme un artiste croyant et la liberté formelle qu'il s'autorise dans le traitement des motifs (Crucifixion, Assomption, Déposition, Vierge à l'enfant, Chemin de croix) en atteste. Le travail de la terre et donc de la céramique lui permet d'exprimer, par une forme très esquissée, une grande ductilité dans un mouvement continu (un continuum spatial) et une énergie gestuelle révélant ainsi sa spontanéité et sa rapidité d'exécution à travers une grande virtuosité plastique. Le critique d'art et ami Guido Ballo (1914-2010) se souvient que, lorsqu'il modelait, « ses mains créaient une musicalité aérienne et il restait silencieux comme s'il était en transe ».

Tous ces sujets, qu'ils soient sans distinction religieux ou profanes, sont donc un moyen de réfléchir autrement à une nouvelle inventivité formelle qui embrasse le geste, la matière, l'espace, la couleur et la lumière. Fontana cherche dans toutes les directions. Il est curieux, inventif, produit beaucoup et se saisit de tous les moyens qui s'offrent à lui : ceux du passé, qu'il n'hésite pas à réactualiser et à faire coïncider avec ceux de son temps montrant qu'il n'est pas l'homme d'une seule esthétique ; ce dont témoignent plusieurs photographies prises à la fin des années 50 dans le sous-sol de son atelier du Corso Monforte à Milan montrant Fontana posant parmi ses céramiques et divers Concetti spaziali.

Sa déclaration : « Je suis sculpteur et non céramiste » (« Io sono un scultore e non un ceramista »), qui ouvre son texte Ma céramique (La mia ceramica), publié en 1939 dans la revue Tempo, a le mérite d'être claire. C'est en sculpteur et non en céramiste qu'il aborde cette technique et c'est probablement grâce à cet état d'esprit, émancipé des contraintes liées à cette matière, qu'il crée des œuvres dont la liberté formelle va renouveler le langage de ce matériau traditionnellement employé pour les arts décoratifs.

Parlant de la céramique, Fontana a souligné à plusieurs occasions qu'il n'avait pas tant été intéressé par la technique que par les potentialités ductiles du matériau, tout à la fois souple et dense, une attraction de la matière renforcée par les possibilités chromatiques qu'offrent l'émail et les cuissons, ce qui semblait le passionner. Au regard de ces œuvres dans lesquelles le sujet religieux disparaît, Fontana aboutit à la représentation d'une forme continue qui semble se faire et se défaire dans le même temps. Ces sculptures tout en rythme et en mouvement, à mi-chemin entre une esthétique abstraite et figurative, révèlent un traitement chromatique qui devient à la fois un élément symbolique mais aussi structurel.

Valérie Da Costa


Valérie Da Costa est historienne de l'art et critique d'art. Elle est maître de conférences habilitée à diriger des recherches en histoire de l'art contemporain à l'Université de Strasbourg. Elle est spécialiste de l'art italien de la seconde moitié du XXe siècle et l'auteure de nombreux textes sur Lucio Fontana, Fausto Melotti, Pino Pascali, Fabio Mauri, Piero Gilardi, Marisa Merz. Elle a fait récemment paraître : Écrits de Lucio Fontana (Les Presses du Réel, 2013) et Pino Pascali : retour à la Méditerranée (Les Presses du Réel, 2015).

Vernissage de l'exposition "Lucio Fontana, Crosses"
Lucio Fontana, Deposizione della Croce

[18:30-21:00] Vernissage de Max Papeschi "The Leader is Present"
Location:
Point Ephémère
centre de dynamiques artistiques
200, quai de Valmy
75010 Paris
M° Jaurès, Louis Blanc
France
Phone : +33 (0)1 40 34 02 48
Fax : +33 (0)1 40 34 02 58
Mail : info@pointephemere.org
Internet Site : www.pointephemere.org
Description:
du 20 mai au 2 juin

Vernissage de Max Papeschi "The Leader is Present"









[19:00] Nuit européenne des musées
Location:
UNLOCATED
UNLOCATED
UNLOCATED
UNLOCATED
Description:
http://nuitdesmusees.culturecommunication.gouv.fr

Nuit européenne des musées










[20:30] Performance de Diogo Pimentão
Location:
Le Cyclop
de Jean Tinguely
Le bois des pauvres
dans le chemin, face au 66 rue Louis Pasteur
91490 Milly-la-Forêt
France
Phone : +33 (0)1 64 98 95 18
Fax : +33 (0)1 64 98 95 72
Mail : association@lecyclop.com
Internet Site : www.lecyclop.com
Description:
à l'occasion de La Nuit européenne des musées

Des mouvements de corps, des images misent en fagots pour ne pas dire phagocytées... Vous en saurez plus pendant cette Nuit européenne des musées.

(Accès libre)

Une navette gratuite est à votre disposition depuis Paris,
sur réservation avant le vendredi 19 mai, dans la limite des places disponibles.

Rendez-vous samedi 20 mai à 19H15 au :
3 Place Denfert Rochereau
75015 Paris
(Face à la sortie de la station de RER)

Réserver et nous contacter :
association@lecyclop.com
+33(0)1 64 98 95 18

Performance de Diogo Pimentão

12:00
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