Wednesday, November 8, 2017
Public Access


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Category: All

08
November 2017
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  Exposition de Claire Morgan "Perpetually at the Centre"
Location:
Galerie Karsten Greve
5, rue Debelleyme
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart, Filles du Calvaire
France
Phone : +33 (0)1 42 77 19 37
Fax : +33 (0)1 42 77 05 58
Mail : galerieparis@karstengreve.fr
Internet Site : www.galerie-karsten-greve.com
Description:
14 octobre - 23 décembre 2017

Être un naufragé, c'est être un point au milieu d'un cercle, perpétuellement. [...] Quand vous élevez le regard, vous vous demandez parfois [...] s'il n'y aurait pas quelqu'un d'exactement comme vous qui élève lui aussi le regard, lui aussi coincé dans cette géométrie, lui aussi en train de lutter contre la peur, la rage, la folie, la désespérance et l'apathie.
L'histoire de Pi, Yann Martel

La Galerie Karsten Greve a le plaisir de présenter Perpetually at the Centre, nouvelle exposition de Claire Morgan. Plasticienne d'origine irlandaise, elle est parmi les plus recherchés et talentueux artistes de la scène internationale. Cette exposition dévoile au public les œuvres récentes de l'artiste, spécialement réalisées pour cet espace. Nourrie de préoccupations écologiques et étiques, l'exposition est constituée de quatre nouvelles installations monumentales, où domine la dynamique des corps d'animaux taxidermisés qui semblent être contenus dans des environnements étrangers, mais aussi par de récentes sculptures sous-verre où l'écriture s'ajoute au dramatisme des compositions. Un corpus de délicats dessins permet de découvrir le minutieux travail de conception de l'artiste, en contraste avec le geste ardent et instinctif de la surprenante série de toiles grand format.

Le travail de Claire Morgan explore l'ambivalence de l'être humain dans son rapport avec la nature qui l'entoure. La réflexion autour de la présence de l'homme dans le monde, qui a comme conséquence la progressive destruction de l'environnement naturel, est objectivée par l'artiste dans ses installations, où les animaux taxidermisés semblent s'adapter à un monde de gaspillage consumériste qui tente de les engloutir. Dans la suspension temporelle qui caractérise ces sculptures aériennes, où les corps sont figés dans un mouvement perpétuel, le conflit se joue entre la vie et la mort, entre l'organique et l'artificiel.

Le projet de cette exposition est né de la contemplation du pouvoir de la nature, ainsi que de l'exploration du soi, de l'égo et de la condition mortelle de l'être humain. L'immensité de la mer, des forêts et de la nuit qui se manifestent comme un abîme, ont été l'objet d'une méditation profonde jusqu'à en devenir métaphore de l'existence entière, révélant à l'homme sa vulnérabilité. Cette réflexion n'est pas sans considérer la crise humanitaire en cours en Méditerranée, où la mer peut basculer d'espoir de vie à tombeau pour des milliers de migrants, ou la récente tragédie de la Grenfell Tower où les habitants ont vu leurs appartements se transformer en vision cauchemardesque. Les extrêmes changements climatiques, signaux d'alarme de futures crises humanitaires, font aussi partie des préoccupations qui inspirent l'artiste.

Les animaux naturalisés sont aussi symbole des batailles intimes de l'artiste, ils sont témoins de la prise de conscience de ses propres passions. Le besoin de chacun d'exister est pour Claire Morgan fortement lié à la passion et à la violence, à travers lesquelles s'expriment les nécessités humaines. La lutte fait partie du paysage intérieur de l'homme : qu'elle soit physique ou psychologique, elle engendre des cas de conscience. Ces questionnements guident aussi l'organisation de l'exposition, qui se déroule en suivant des couples d'idées spécifiques: le soi et la violence, le passage du temps et la transcendance, la peur du noir et de se noyer, le feu et la mort.

Le principe même de la taxidermie, que Claire Morgan exécute de sa propre main, repose sur une contradiction, ayant pour objectif de donner une apparence vivante à ce qui est mort. Cette ambivalence est propre à toute son œuvre : dans les dessins comme dans les peintures, des résidus du processus de taxidermie sont utilisés comme matériaux graphiques. Des éléments comme les os ou le sang, ainsi que des corps entiers d'animaux, sont intégrés dans les œuvres et leur donnent alors un caractère symbolique et rituel.

Dans le travail de l'artiste la nature est stupéfiante, parfaite dans son immobilité. L'ambiguë présence vitale de ces animaux taxidermisés contraste avec les fragiles formes géométriques créées par cette « vertueuse assemblagiste » à l'aide de fils de nylon auxquels sont suspendus graines de pissenlit ou fragments de plastique. Le monde de Claire Morgan est un univers où la nature, menacée par la présence envahissante et cynique de l'être humain, résiste dans toute sa beauté. Elle s'incarne dans la perfection d'un scénario géométrique et minimaliste, mais aussi dans la fragilité de structures si légères qu'elles pourraient disparaître par le simple souffle du vent.


Claire Morgan est née en 1980 à Belfast (Irlande) et habite et travaille à Gateshead, Newcastle upon Tyne (Angleterre). Très vite, ses œuvres sont exposées à travers toute l'Europe et son travail a fait l'objet de nombreuses commissions publiques et privées. En 2010, après avoir exposé au Palais de Tokyo, Claire Morgan a inauguré sa première exposition personnelle française à la Galerie Karsten Greve. À cette occasion elle a présenté pour la première fois ses « dessins au sang », œuvres sur papier témoignant du processus de taxidermie. Depuis, son travail a été présenté aussi bien en Europe qu'aux Etats Unis, où elle a participé à des nombreuses expositions collectives. Les installations et les dessins de l'artiste ont intégré des prestigieuses collections internationales publiques et privées, parmi lesquelles figurent le Museum of Old and New Art (MONA) en Australie, la Fondation ALTANA en Allemagne et la Collection Guerlain en France. En 2017 le FRIST Center for Visual Arts à Nashville a organisé sa première exposition personnelle aux États-Unis. La fondation Francès à Senlis, en collaboration avec la Galerie Karsten Greve, dédie à Claire Morgan une exposition personnelle visible jusqu'au 23 décembre 2017.

Vernissage de Claire Morgan "Perpetually at the Centre"
Claire Morgan, Tine To Die, 2017, waxwing (taxidermy), dandelion seeds, nylon, in vitrine, 88 x 51,6 x 51,6 cm

Vernissage de Claire Morgan "Perpetually at the Centre"
To an End, 2017, Pencil and watercolour on paper, 41 x 31 cm

Vernissage de Claire Morgan "Perpetually at the Centre"
Lo (detail), 2017, Tawny owl (taxidermy), polythène, nylon, in vitrine, 98,5 x 71,6 x 71,5 cm

Vernissage de Claire Morgan "Perpetually at the Centre"
Pedestal
2011
Aigrettes de pissenlit, aigrette (taxidermie), nylon, plomb, acrylique
270 x 60 x 60 cm
CM/S 11

Vernissage de Claire Morgan "Perpetually at the Centre"

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"
Location:
Maison Chloé
28, rue de la Baume
5, avenue Percier
75008 Paris
M° Miromesnil
France
Phone : +33 (0)1 44 94 33 33
Internet Site : www.chloe.com/fr/labaume/index
Description:
du 4 juillet au 6 septembre 2017, puis du 18 octobre au 18 novembre
Horaires : 11h30 - 18h30
Visite gratuite sur réservation préalable sur www.chloe.com/bourdin

Chloé dévoile un nouvel espace culturel : la Maison Chloé. Situé à quelques pas de son siège parisien, cet immeuble haussmannien accueillera tout au long de l'année les expressions de différentes féminités, avec un programme d'expositions et d'événements mettant à l'honneur 65 ans de créations et d'histoires, de la fondatrice de la maison, Gaby Aghion, aux filles Chloé d'aujourd'hui. Ces expressions artistiques donneront vie à cette féminité unique célébrée par Chloé et refléteront la mission qui a toujours été celle de la maison : donner aux femmes la liberté d'oser être elles-mêmes.

« Chloé a toujours cru en une féminité naturelle. A la fois chic et désinvolte, une attitude qui place Chloé à l'intersection du savoir-faire de la couture parisienne et du savoir-être de la jeunesse - qui fait de Chloé une marque unique », précise Geoffroy de la Bourdonnaye, Président de Chloé.

A l'occasion de l'inauguration de la Maison Chloé, le 2 juillet 2017, Judith Clark, commissaire d'exposition et scénographe de renom, a créé un parcours singulier. Grâce à une circulation originale conduisant de l'entrée rue de La Baume aux showrooms, ou des salons VIP au patrimoine situé au cinquième étage ; mais aussi au gré d'une sélection riche d'objets, vêtements et photographies retraçant sept décennies de mode, les visiteurs pourront s'immerger dans l'univers de la fille Chloé.

Pour sa première exposition temporaire, la Maison Chloé met à l'honneur Guy Bourdin. Un lien particulier les unit. Le photographe français a en effet créé le plus grand nombre d'éditoriaux de mode mettant en lumière les créations Chloé. Par un jeu de mise en scène habile, Judith Clark oppose deux types de féminité, soulignant le contraste entre les images explosives et controversées de l'un des principaux photographes de mode et les vêtements au chic bohème représentés dans ces mêmes images. Avec ces photographies et ces pièces d'archives inédites, l'exposition offrira un nouveau regard sur l'œuvre de Guy Bourdin.

« J'adore l'idée que dans une salle les gens découvrent des pièces extraites des archives », dit Judith Clark, « puis que ces objets 'débordent' dans la salle à côté et conduisent le visiteur vers une galerie emplie de magnifiques tirages. La robe Chloé se faufile dans l'histoire mais aussi à travers le bâtiment, qui lui-même donne l'impression d'être habité par le regard unique de Guy Bourdin. »

L'exposition trouve son point de départ dans une salle baptisée « Chloé Girls - The Anthology A-Z », une installation permanente conçue à partir des créations iconiques de la maison. L'histoire commence en 1952, lorsque Gaby Aghion fonde une maison dédiée au prêt-à-porter de luxe et invente une attitude qui allie joie de vivre, audace, liberté et élégance.
Cette installation interactive pensée par Judith Clark, associe de manière ludique des objets de la fondatrice aux créations des directeurs artistiques qui ont œuvré chez Chloé : une photo de Gaby sautant au milieu des dunes du désert égyptien est placée non loin du fameux « maillot de bain ananas » signé Stella McCartney. Ailleurs, un motif peint sur les murs de la cuisine de Gaby vient trouver sa place près d'un croquis noir et blanc de Karl Lagerfeld.

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"
01. Guy Bourdin, Paris Vogue 1975, Chloé Autumn-Winter 1975 collection

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"
02. Guy Bourdin, Paris Vogue 1973, Chloé Spring-Summer 1973 collection

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"
Guy Bourdin, Vogue Paris 1979 - Chloé collection printemps-été 1979 ©The Guy Bourdin Estate, 2017 / Courtesy A + C

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"
Guy Bourdin, Vogue Paris 1971, Chloé collection automne-hiver 1971 ©The Guy Bourdin Estate, 2017 / Courtesy A + C

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"
Guy Bourdin, Vogue Paris 1970, Chloé collection printemps-été 1970 ©The Guy Bourdin Estate, 2017 / Courtesy A + C

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"
Guy Bourdin, Vogue Paris 1956, Chloé collection printemps-été 1956 ©The Guy Bourdin Estate, 2017 / Courtesy A + C

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14:00 [14:00-21:30] Vernissage de la foire Paris Photo 2017
Location:
Grand Palais
Galeries Nationales du Grand Palais
avenue Winston Churchill
3, avenue du Général Eisenhower
75008 Paris
M° Champs-Elysées - Clemenceau
France
Internet Site : www.grandpalais.fr
Description:
du 9 au 12 novembre 2017
12h-20h jeudi-samedi / 19h dimanche

Paris Photo, la plus grande foire internationale dédiée au médium photographique, présentera sa 21e édition au Grand Palais du 9 au 12 novembre 2017.

190 galeries et éditeurs répartis sur trois secteurs présentent un panorama complet de l'histoire de la photographie, d'œuvres historiques à la création contemporaine, d'éditions rares et limitées aux avant-premières des livres d'artistes.

Rendez-vous incontournable pour les collectionneurs et les amateurs d'art et de photographie, un programme public ambitieux complètera cette offre avec des expositions, des prix, des cycles de conférences, des films et des séances de signatures.

SUIVEZ PARIS PHOTO ON-LINE :
www.parisphoto.com
#parisphotofair @ParisPhotoFair

Vernissage de la foire Paris Photo 2017



[16:00] Maison Labiche x Paddington
Location:
Colette
213, rue Saint-Honoré
75001 Paris
M° Tuileries, Pyramides
France
Phone : +33 (0)1 55 35 33 90
Fax : +33 (0)1 55 35 33 99
Mail : contact@colette.fr
Internet Site : www.colette.fr
Description:
À l'occasion de la sortie de Paddington 2 au cinéma, Maison Labiche propose une collection pour petits et grands inspirée du voyage du petit ours. Lancement ludique et gourmand le 8 novembre à partir de 16h, au water-bar.

Maison Labiche x Paddington

[16:00-18:00] Signature de Giovanna Battaglia pour "GIO_graphy"
Location:
Colette
213, rue Saint-Honoré
75001 Paris
M° Tuileries, Pyramides
France
Phone : +33 (0)1 55 35 33 90
Fax : +33 (0)1 55 35 33 99
Mail : contact@colette.fr
Internet Site : www.colette.fr
Description:
La célèbre styliste Giovanna Battaglia sera chez colette le 8 novembre de 16h à 18h pour signer son livre Gio_Graphy publié par Rizzoli.

Signature de Giovanna Battaglia pour "GIO_graphy"





[18:00-21:00] Vernissage de Pauline Boudry et Renate Lorenz "Silent"
Location:
Galerie Marcelle Alix
4, rue Jouye-Rouve
75020 Paris
M° Pyrénées, Belleville
France
Phone : +33 (0)9 50 04 16 80
Mail : demain@marcellealix.com
Internet Site : www.marcellealix.com
Description:
8/11/2017 - 27/01/2018
Vernissage mercredi 8 novembre, 18h-21h

Le programme d'une galerie peut s'appréhender de façon plus lente et organique que celui d'un musée. On peut ainsi prendre la mesure de ce qui est encore très présent - comme l'exposition Spiaggiamento de Marie Cool Fabio Balducci, de ce qui est en train de prendre forme, telle que l'installation Silent de Pauline Boudry / Renate Lorenz et de ce qui habite nos esprits depuis un moment : la question du "prendre soin de", pour laquelle une forme reste à trouver. Nous profitons de ce moment de dialogue autour du travail de Pauline Boudry / Renate Lorenz pour réfléchir avec vous à ces quelques mots : lenteur, désir, continuité, anachronisme, vulnérabilité.


CB : Le silence actif ne s'efface jamais. Il n'est pas moins redoutable que la parole et met en garde. Grâce à ce « grand » silence nous dit l'écrivain Maurice Maeterlinck, dans son ouvrage Le trésor des humbles (1896), « plus rien n'obéit », « plus rien ne s'oublie », « tout devient grave », « tout est sans défense ». Après le silence sans faille de Marie Cool Fabio Balducci, nous présentons l'installation Silent de Pauline Boudry / Renate Lorenz. Je ne peux m'empêcher de rapprocher leur expérience respective du silence et de le voir comme un phénomène violent, un acte de résistance qui prend appui sur le rapport que nous entretenons aux images et aux représentations déjà intégrées par l'histoire. L'exposition Spiaggiamento de Marie Cool Fabio Balducci était aussi efficace que les deux doigts qui scellent les lèvres du visage merveilleusement voilé et ambigu de la peinture Le Silence réalisée par Odilon Redon vers 1910-1911. Dans les propositions de Cool Balducci, celles de Boudry / Lorenz et de Redon, la relecture de l'histoire passe par des corps qui se donnent le droit de se définir eux-mêmes. Lorsque la musicienne Aérea Negrot performe pour le duo, on ne peut que se sentir proche de ce corps qui bascule si nettement dans la vie réelle et ses hiérarchies sociales. Son silence est aussi le nôtre. Il est une question critique posée à nos certitudes : le silence peut-il rendre compte visuellement du processus d'effacement des histoires minoritaires ? C'est pour cela que le duo filme l'espace autour du cadre de la performance, celui qui contient toutes les voix possibles, y compris celles des refugiés qui choisirent Oranienplatz à Berlin, comme base de résistance, entre 2012 et 2014.

IA : Tu as raison de commenter ce silence qui apparaît en effet des plus radicaux face au bruit de fond constituant l'environnement sonore contemporain. Le film de Boudry / Lorenz fait référence aux œuvres silencieuses de John Cage, que Jonathan D. Katz a interprétées comme une stratégie de résistance queer à la culture du placard de la société états-unienne de l'après-guerre. Dans un article de 1999, Katz montre comment l'apparition du silence dans le travail de Cage est concomitante des débuts de sa relation avec Merce Cunningham et de sa volonté de rompre avec l'expressivité virile et parfois homophobe des peintres de l'expressionnisme abstrait. Katz commente: « Le silence était une déclaration faite au moyen de l'absence de déclaration. Il constituait un appel à l'auditeur·rice en faveur d'une nouvelle relation à l'autorité et au formes autoritaires dans la musique et (...) certainement dans d'autres domaines aussi. »*
C'est donc à un travail d'historiographie de l'art que Boudry / Lorenz s'adonnent à travers leurs installations. L'hommage à John Cage, comme celui à Pauline Oliveros dans d'autres films**, défait le lien entre musique minimale et art du même nom. L'aspect contestataire et politiquement radical du minimalisme musical est mis en avant, plutôt que ses caractéristiques formelles. Il s'agit finalement ici de ne pas laisser le minimalisme à son interprétation blanche, masculine et hétérosexuelle, de créer d'autres lignées.
Silent est une forme de contestation freak de l'ordre établi - pour reprendre le terme employé par Renate dans son livre Queer art*** - portée par une performeuse qui refuse de se conformer à toute attente en terme de genre, de nationalité ou de style musical. La profondeur de la voix de Silent provient comme tu le dis, de ce qu'elle porte beaucoup d'autres voix qui ne sont pas exprimées. Celles qui viennent de l'âge contemporain, comme celles de l'histoire.

CB : Silent comme Telepathic Improvisation, I Want, Opaque, Toxic, Contagious et d'autres œuvres plus anciennes ont une clarté et des fondations épistémologiques impressionnantes. Boudry et Lorenz sont en effet des historiennes de l'art non conformistes puisqu'elles refusent la linéarité et la fixité des formes. Ce qui les éloigne certainement davantage encore de la méthode historique la plus utilisée, c'est que pour elles, le silence est loin d'être suspect. Il constitue en lui-même la méthode la moins illusoire pour éviter d'être piégé par le passé ou pour ainsi dire coincé dans l'histoire, là où la normalité est d'une violence inouïe. J'apprécie que tout ce que produisent ces artistes soit clairement nommé, de leurs installations très environnementales à leur site web, en passant par leurs publications étonnement régulières qui sont de véritables outils pour comprendre cette écriture du temps, de la répétition et du changement. Le silence contre l'effacement systématique des points de vue minoritaires, le silence pour construire un cadre propice à la compréhension, le silence encore pour négocier avec le non-savoir. Le non-savoir serait à l'opposé de ce que le discours contient de rassurant, il est ici une structure sentimentale, la part d'affects que les artistes rejouent sans cesse, afin de mettre en crise le couple traditionnel formé par le "visible-lisible".

IA : Dans un des premiers livres des artistes, Temporal Drag, l'historien de l'art Mathias Danbolt reprend une expression qui m'accompagne toujours depuis : il dit « pratiquer un toucher de l'histoire »**** . Insister sur le toucher plutôt que sur le visuel, c'est considérer l'histoire comme l'endroit où évoluent « des ami·e·s du passé » et entretenir un rapport affectif à elle, un engagement autant intellectuel que physique. C'est reconnaître que notre intérêt de chercheur·e, d'artiste, d'intellectuel·le pour un sujet historique n'est jamais neutre, qu'il nous "remue" toujours. Pour notre duo, John Cage, Jack Smith, José Muñoz, Annie Jones, les femmes dites "hystériques" de la Salpêtrière, Pauline Oliveros, Derek Jarman, Hannah Cullwick, Magnus Hirschfeld, Jean Genet, sont autant d'allié·e·s d'une histoire de la fin du 19ème siècle jusqu'à aujourd'hui. Cette lignée constituée par leur travail n'entend pas faire autorité, mais s'adresser à ceux·celles qui ne se reconnaissent pas dans une écriture dominante de l'histoire de l'art. Les tableaux/rideaux de cheveux montrés au rez-de-chaussée de la galerie dans un espace théâtralisé procède à une inversion des valeurs de l'art, redoublée par l'inversion des espaces, par laquelle l'espace blanc de la galerie devient l'espace noir de la scène et le sous-sol se transforme parallèlement en cocon immaculé. En introduisant les cheveux dans l'espace visuel du tableau, elles commentent avec humour l'aspect tactile, corporel, voire "uncanny" de la peinture. La rencontre entre le tableau et le postiche crée une composition freak, un assemblage qui n'est pas sans rappeler les personnages de leurs films (comme la Salomé de Salomania qui regroupe en une même figure les histoires de Alla Nazimova, Wu Tsang, Yvonne Rainer, Oscar Wide ou Aida Walker), tandis que la matérialité du cheveu nous fait prendre conscience de notre corps sexué de spectateur·rice dans l'exposition. Non loin, un podium éclairé tourne en silence : une rencontre entre John Cage et Felix Gonzalez-Torres qui attend à l'infini d'être occupé par un go-go dancer fantôme.

* "Silence made a statement through the absence of statement. It constituted an appeal to the listener for a new relationship to authority and authoritative forms in music and-this is very much the point-surely in other arenas, too." http://www.queerculturalcenter.org/Pages/KatzPages/KatzWorse.html
** To Valerie Solanas and Marilyn Monroe in recognition of their desperation, 2013 et Telepathic Improvisation, 2017
*** Ed. Transcript, Bielefeld, 2012. Traduction en français à paraître en 2018 aux éditions B42.
**** « Anachronismes dérangeants : un sentiment historique avec N.O. Body », in Pauline Boudry / Renate Lorenz, Temporal Drag, ed. Hatje Cantz, 2011 (expression reprise de Carolyn Dinshaw) et ici : https://www.boudry-lorenz.de/static/files/Anachronismes%20derangeants.f4f8b2091ffa.pdf

Pauline Boudry / Renate Lorenz vivent à Berlin.
Leur solo à Participant, New-York (cur. Lia Gangitano), a constitué leur première exposition personnelle aux Etats-Unis en 2017. Le film Silent a été présenté à la Nuit Blanche en octobre (cur. Charlotte Laubard) et au Centre d'Art de Genève dans le cadre de la Biennale de l'image en mouvement l'hiver dernier. Leur exposition personnelle Everybody talks about the weather... We don't, est en cours au Musée d'art contemporain de Houston jusqu'au 7 janvier (cur. Dean Daderko). Elles présentent en ce moment une installation dans l'exposition collective Trigger: Gender as a Tool and a Weapon au New Museum à New York (jusqu'au 21 janvier 2018).
Elles bénéficieront d'une exposition personnelle au Centre Culturel Suisse à Paris en janvier 2018.
Elles sont aussi représentées par la formidable galerie Ellen de Bruijne Projects à Amsterdam.

Vernissage de Pauline Boudry et Renate Lorenz "Silent"

[18:30-21:00] Salon d'Automne de la Société des Beaux-arts de Boulogne Billancourt
Location:
Espace Landowski
Musée Paul-Landowski - Musée des années 30
28, avenue André-Morizet
92100 Boulogne-Billancourt
M° Marcel Sembat, Boulogne - Jean Jaurès
France
Phone : +33 (0)1 55 18 53 00
Mail : alexia.dana@mairie-boulogne-billancourt
Internet Site : www.boulognebillancourt.com
Description:
La société des Beaux-Arts de Boulogne-Billancourt propose cette année une expo avec, en invités d'honneur, Taijun Zheng et Chésade.

Exposition du 3 au 22 novembre 2017
Vernissage mercredi 8 novembre 2017 à 18h30

[18:30-20:30] Vernissage de Linus Bill + Adrien Horni "Heredity Paintings"
Location:
Galerie Allen
59, rue de Dunkerque
75009 Paris
M° Barbès - Rochechouart, Gare du Nord, Poissonnière
France
Phone : +33 (0)1 45 26 92 33
Mail : galerieallen@galerieallen.com
Internet Site : www.galerieallen.com
Description:
9 novembre 2017 - 23 décembre 2017
Vernissage Mercredi 8 novembre 2017 18h30 - 20h30

À travers leurs dernières productions, le duo d'artistes suisses Linus Bill + Adrien Horni persévère dans son goût avoué pour la reproduction. À l'occasion de leur seconde exposition personnelle à la Galerie Allen, ils présenteront une nouvelle série en avant-première de l'exposition majeure qui leur sera consacrée au Kunsthaus Pasquart en Suisse en 2018. Approfondissant plus avant la notion de copie, cette nouvelle série intitulée Heredity Paintings nous renvoie à l'art abstrait américain du 20ème siècle tout en continuant à remettre en question la hiérarchie et la valeur données aux images, motifs et vocabulaires à travers leur répétition.

Heredity Paintings comporte des motifs récurrents qui s'engendrent les uns les autres, chaque peinture trouvant son origine dans l'œuvre précédente. Pour ces nouveaux travaux, les deux artistes s'autorisent à ouvrir puis réduire le protocole qui intervient dans la création d'images. Pour la toute première fois, on remarque sur la toile des coups de pinceau issus de la peinture gestuelle, placés sur le même plan que les résultats précis des procédés de reproduction mécanique dont ils avaient fait leurs techniques de prédilection; sérigraphie et pochoirs en quadrichromie, ruban de masquage et rouleau encreur.

Des pans d'images se retrouvent répétés tout au long de l'exposition d'Heredity Paintings. Ce qui distingue ces tableaux de la précédente série, c'est qu'ils ne trouvent pas leur source dans un document antérieur comme leur pré-catalogue à tirage limité. Chaque peinture contient à elle seule tout ce qu'il lui faut pour être lue. Ce nouveau protocole de création a commencé par le choix d'une « œuvre mère » - une peinture sur toile fournissant un matériau de départ volontairement limité. Après avoir photographié cette œuvre, les deux artistes ont tiré un grand nombre de variations et de développements possibles de cette « matrice », à l'aide d'outils numériques, en se renvoyant l'un l'autre le fichier par e-mail. En partant des procédés de manipulation numérique les plus simples, ils explorent aussi les nouvelles fonctionnalités offertes par des logiciels de traitement d'image, notamment les algorithmes d'analyse de contenu de Photoshop, permettant d'obtenir des images qui n'auraient jamais vu le jour sans ces technologies. Tirant parti de l'efficacité de ces outils pour générer de nouvelles « peintures », les deux artistes reproduisent à la main cette esthétique si spécifique du numérique en la traduisant sous forme de peinture sur toile, introduisant une substantielle dose d'altérité au sein d'un médium qui nous paraît, en tant que public, si familier.

En établissant leur vocabulaire propre, les deux artistes déploient les images comme des mots. Chaque œuvre réordonne ces mots comme pour proposer des variations sur les mêmes phrases (les peintures), chaque ensemble de phrases formant un paragraphe (une exposition). Face aux effets de rotation et de distorsion, à l'alternance du négatif et du positif, dans une démarche d'inversion du langage, on perçoit cette nouvelle série d'œuvres comme une succession d'affirmations, de plus en en plus génératives, à mesure que la progéniture s'émancipe des origines.


Linus Bill + Adrien Horni sont nés en Suisse en 1982. Leur exposition au Kunsthaus Pasquart de Bienne, en Suisse, fera suite à leurs expositions personnelles au CAC Passerelle de Brest; chez Ellen de Bruijne, Amsterdam; chez Nathalie Karg, New York; à Printed Matter, New York; à l'Istituto Svizzero, Milan, et au Swiss Institute, New York, entre autres. Ils ont participé à des expositions collectives chez Florence Loewy, Paris; à la V1 Gallery, Copenhague; au Realismus Club, Berlin; au Kunsthalle Bern; au Helmhaus, Zurich; et au Kunsthaus Langenthal. Ils ont remporté le prix Culturel de la ville de Bienne en 2015, la Redhouse Residency, New York en 2014, le Swiss Art Award 2013 et le Prix Anderfuhren en 2012. Leurs œuvres sont présentes dans plusieurs collections publiques en Suisse, en France et dans les Pays-Bas. Ils ont, à ce jour, publié 9 monographies.

Vernissage de Linus Bill + Adrien Horni "Heredity Paintings"
Linus Bill + Adrien Horni
Heredity 038, 2017
acrylic and silkscreen on canvas
190 x 140 cm






[19:00-22:00] Lancement de la revue musicale Delta T
Location:
Librairie La Manoeuvre
58, rue de la Roquette
75011 Paris
M° Saint-Sabin, Bastille, Voltaire
France
Phone : +33 (0)1 47 00 79 70
Fax : +33 (0)1 47 00 75 55
Mail : info@lamanoeuvre.com
Internet Site : www.lamanoeuvre.com
Description:
La librairie est heureuse de participer au lancement du numéro 5 de la revue musicale DELTA T !!
Au programme, des lectures de Pascal BOUAZIZ du groupe Mendelson, Juliette DRAGON, Ludovic MORILLON, Dominic SONIC, de la musique industrielle/blackgaze et pleins de fumigènes, des punks, de la bière et de la musique, de la musique, et des surprises !

Lancement de la revue musicale Delta T

[19:00] Soirée pour l'inauguration du Louvre Abou Dhabi
Location:
Musée du Louvre
Place du Carrousel
75058 Paris Cedex 01
M° Palais Royal - Musée du Louvre
France
Phone : +33 (0)1 40 20 50 50
Fax : +33 (0)1 40 20 54 52
Internet Site : www.louvre.fr
Description:
Soirée pour l'inauguration du Louvre Abou Dhabi

[19:00] Vernissage de l'exposition "Le mystère Clouzot"
Location:
La Cinémathèque Française
Musée du Cinéma
51, rue de Bercy
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France
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Description:
DU 8 NOVEMBRE 2017 AU 29 JUILLET 2018

Imaginée à partir des collections de la Cinémathèque française, l'exposition Le mystère Clouzot, organisée dans la Galerie des donateurs du Musée, revient sur l'itinéraire de ce « chercheur d'absolu », réalisateur des Diaboliques, du Salaire de la peur, du Mystère Picasso... Elle met en évidence un Clouzot souvent inattendu grâce à un parcours composé de maquettes de décors, storyboards, costumes, affiches, photos de tournages ainsi que des photos d'art méconnues, prises par Clouzot lui-même. Une rétrospective des films de ce grand nom du cinéma français classique accompagne l'événement.

HENRI-GEORGES CLOUZOT OU LA PLACE DU MORT

« Vous êtes des esthètes du crime ! » Ce coup de chapeau, par lequel l'inspecteur Wens saluait les trois Durand de L'Assassin habite au 21, pourrait s'adresser à Clouzot lui-même : tout en reprenant les prétextes et procédés du genre criminel, il élude l'énigme du coupable à démasquer au terme d'une progression dramatique linéaire, pour lui substituer un jeu de miroirs autrement pervers. Dès son premier film - et les marionnettes sans visage qu'y fabrique Larquey -, le cinéaste installe le règne du mal non comme celui d'une « vérité » à découvrir mais d'une présence diffuse, impersonnelle, protéiforme, qui se dérobe dès qu'on croit la saisir. Cela passe d'abord par la confusion des repères narratifs, qui empêche le spectateur de s'identifier à une délégation rassurante de lui-même, et le laisse partagé entre des « doubles » aux contours indécis : Wens et Mila Malou, enquêteur bicéphale qui n'accède au cœur de l'énigme qu'au prix de menues duplicités.

DESCENTE AUX ENFERS

Ce dédoublement s'amplifiera dans Le Corbeau, où l'on sait encore moins à quel saint - ou démon - se vouer, entre le médecin au passé trouble et le psychiatre toxicomane ; et si la figure de l'inspecteur revient dans Quai des Orfèvres, puis dans Les Diaboliques, ce n'est que tard dans le récit, telle la réincarnation très humble et très ordinaire d'un deus ex machina qui serait impuissant à enrayer le cours des choses... Autour de cette loi absente, une culpabilité innombrable se déploie, qui est celle des cauchemars où le danger se cache derrière le familier ; aucun film de Clouzot ne résume mieux cette logique onirique que L'Assassin..., avec ses rues irréelles, peuplées de meurtriers indiscernables, avec son inquiétude d'autant plus révélatrice du climat de l'Occupation qu'elle s'exprime sous des dehors innocents. Aucun cinéaste n'aura plus lucidement vu venir le temps des assassins, dans toute l'acception collective du terme : un temps où chaque Français moyen peut s'avérer un salaud, où les catégories humanistes de la IIIe République sont gommées par l'omniprésence du soupçon : à l'anonymat multiple de Monsieur Durand fait écho, dans Le Corbeau, celui des lettres qui s'abattent sur Saint-Robin, et dont peu importe de démasquer l'auteur puisque tous ont été capables de les écrire. Et même si les Jenny et Maurice de Quai des Orfèvres ne sont pas directement responsables de la mort de Brignon, même si la Christina des Diaboliques ne l'est pas davantage - et pour cause - de celle de son mari, il suffit qu'ils aient porté le crime dans leur cœur pour n'être pas tout à fait innocentés. À la lettre, c'est à une descente aux enfers qu'invite Clouzot, selon autant de cercles qui renvoient indéfiniment à un nouveau vice, qui renvoient surtout le spectateur à sa mauvaise conscience. D'autant qu'au-delà des données lisibles du récit, le réalisateur ménage un espace vide, un no man's land où le public se retrouve complice du mal par le seul fait d'y assister : c'est ce que traduisent les effets de caméra subjective dans les deux premiers films ; et, plus étrangement, ce prologue du Corbeau où il semble que ce soit la mort même qui emprunte nos yeux pour errer dans le cimetière, ouvrir la grille, toiser l'église qui domine la ville. L'idée sera reprise au cours de l'enterrement, lorsque le cinéaste nous impose le point de vue du défunt pour observer les paroissiens, juste avant qu'une nouvelle lettre ne s'échappe de la couronne mortuaire... Et c'est encore la mort qui apportera au film sa conclusion (?), sous le voile d'une vengeance qui s'éloigne en silence. Ce glissement vers un statut d'apprenti sorcier, qui compromettrait toutes les instances de la représentation, se renforce tout au long de l'œuvre - depuis un scénario de science-fiction (Le Monde tremblera de Richard Pottier) jusqu'à cette photo de classe des Diaboliques où se dessinent les traits du directeur disparu : il faut que le temps se dérègle ou s'arrête pour qu'on voie enfin cette place du mort d'où l'image est regardée.

LE DIABLE EST DANS LES DÉTAILS...

Aussi bien, Clouzot privilégie l'angle fragmentaire et le détail, dont la collection maniaque ne vise qu'à reconstituer un crime qui n'a pas eu lieu, à exorciser un péché d'origine incertaine : sa crudité minutieuse n'a d'égal que le défaut d'incarnation de ses créatures. On a l'impression que son regard est trop coupable (trop conscient) pour laisser ses personnages assumer librement leur culpabilité ; la monstrueuse excroissance de son moi créateur ramène ses films à l'autocontemplation, en circuit fermé, d'un cinéma en train de se refaire, tout en leur interdisant ce dépassement initiatique proposé par ses maîtres Hitchcock ou Lang. Dans Le Corbeau, cela peut prendre la forme d'un expressionnisme rhétorique, qui trouve une célèbre illustration dans la scène où Larquey fait se balancer la lampe en dissertant sur le bien et le mal, l'ombre et la lumière... À partir des années cinquante et de la médiatisation internationale du cinéaste, cela deviendra une manipulation de plus en plus virtuose : du Salaire de la peur aux Espions, des Diaboliques à L'Enfer, Clouzot s'adonne à une surenchère spectaculaire dans l'expérimentation de la fiction et de ses pouvoirs mystifiants - jusqu'à se retrouver pris au piège de cette omniscience à la Mabuse. C'est d'ailleurs l'époque où il filme d'autres artistes, cherchant à ressaisir le mouvement de la création, quand la sienne se paralyse dans la démesure. Peut-être son génie ne s'est-il jamais mieux épanoui que sous la contrainte. C'était le cas dès L'Assassin..., où le modèle de la comédie policière made in Hollywood laissait libre cours à son goût des jeux de rôles. C'est encore plus vrai dans Quai des Orfèvres, qui marque, après le scandale du Corbeau, un parti pris de neutralité et d'invisibilité : on y relève à peine quelques effets manifestes, comme l'enchaînement elliptique des scènes d'introduction, qui ne fait qu'ajouter à la fluidité du découpage. Surtout, c'est le seul de ses films où, sans condamner d'emblée ses personnages, Clouzot les accompagne au plus épais du quotidien, avec leurs difficultés et leurs contradictions ; quitte à les abandonner à leur devenir, à la fois plus criminels et plus humains. Peut-être fallait-il en revenir aux codes du genre pour que ce cinéaste misanthrope se réconcilie (le temps d'un chef-d'œuvre) avec ses semblables.

Noël Herpe

Vernissage de l'exposition "Le mystère Clouzot"

[19:30] Fête nationale d'Algérie
Location:
Pavillon Dauphine
Place du Maréchal de Lattre de Tassigny
75016 Paris
M° Porte Dauphine, RER C Avenue Foch
France
Phone : +33 (0)1 45 00 52 73
Fax : +33 (0)1 45 00 82 85
Mail : contact@pavillon-dauphine.com
Internet Site : www.pavillon-dauphine.com
Description:
Fête nationale d'Algérie







[20:00] Conférence Cycle Chateaubriand 1768-2018 "Les paradoxes de la liberté"
Location:
Maison de Chateaubriand
87, rue de Chateaubriand
Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups
92290 Châtenay-Malabry
M° RER B Robinson
France
Phone : +33 (0)1 55 52 13 00
Mail : reservations-chateaubriand@hauts-de-seine.fr
Internet Site : maison-de-chateaubriand.hauts-de-seine.net
Description:
À l'occasion du 250e anniversaire de la naissance de Chateaubriand, qui sera commémoré en 2018, la maison de Chateaubriand ouvre à l'automne 2017 un cycle de conférences sur Chateaubriand qui se poursuivra jusqu'au mois de juin 2018.

Le grand spécialiste de Chateaubriand, Jean-Claude Berchet, auteur d'une biographie de l'auteur des "Mémoires d'outre-tombe" publiée avec le concours du Département des Hauts-de-Seine, présentera au fil de huit conférences, c'est-à-dire en prenant le temps d'une évocation large, la vie et l'œuvre de Chateaubriand.

Mercredi 8 novembre 2017 à 19h : Les paradoxes de la liberté
Tous publics
Durée : 1h
Dans la bibliothèque

Gratuit mais sur réservation au 01 55 52 13 00 ou reservations-chateaubriand@hauts-de-seine.fr

[20:00-23:55] Remise du Prix de Flore 2017
Location:
Café de Flore
172, boulevard Saint-Germain
75006 Paris
M° Saint-Germain-des-Prés
France
Phone : +33 (0)1 45 48 55 26
Fax : +33 (0)1 45 44 33 39
Mail : info@cafe-de-flore.com
Internet Site : www.cafe-de-flore.com
Description:
Remise du Prix de Flore 2017

15:00
16:00
17:00
18:00
19:00
20:00
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22:00
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