Monday, August 27, 2018
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August 2018
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  Fête nationale de Moldavie
Location:
UNLOCATED
UNLOCATED
UNLOCATED
UNLOCATED
Description:
Anniversaire de l'Indépendance (1991)

Exposition "Picasso et la danse"
Location:
Opéra national de Paris
Palais Garnier / Opéra Garnier
place de l'Opéra
8, rue Scribe
75009 Paris
M° Opéra, RER A Auber
France
Internet Site : www.operadeparis.fr
Description:
Bibliothèque-musée de l'Opéra
Entrée à l'angle des rues Scribe et Auber
Courriel : bibliotheque-musee-opera@bnf.fr

Vernissage de l'exposition "Picasso et la danse"

Du 19 juin au 16 septembre 2018
Tous les jours 10h > 17h

Tarifs de visite
Plein tarif : 12 € - Tarif réduit : 8 €
Entrée gratuite pour les moins de 12 ans, personnes en situation de handicap et leur accompagnateur, demandeurs d'emploi.

Commissariat
Bérenger Hainaut, conservateur au département de la Musique, BnF
Inès Piovesan, chef du Service des éditions, Opéra national de Paris

Catalogue
Picasso et la danse
Sous la direction de Bérenger Hainaut et Inès Piovesan BnF Éditions
22 x 27 cm, 192 pages, 100 illustrations environ, 39 €

Vernissage de l'exposition "Picasso et la danse"
David Douglas Duncan
Pablo Picasso et Jacqueline Rogue dansant devant Les Baigneurs à la Garoupe
Juillet 1957
Photographie (reproduction)
Musée national Picasso-Paris DunDav120
© RMN-Grand Palais (Musée national Picasso-Paris) © Succession Picasso 2018

Vernissage de l'exposition "Picasso et la danse"
David Douglas Duncan
Pablo Picasso dansant devant Les Baigneurs à la Garoupe
Juillet 1957
Photographie (reproduction)
Musée national Picasso-Paris DunDav120
© RMN-Grand Palais (Musée national Picasso-Paris) © Succession Picasso 2018

Pablo Picasso (1881-1973) est certainement l'un des artistes les plus complets du xxe siècle : à la fois peintre, dessinateur, sculpteur, graveur, il n'a cessé d'approfondir toutes les techniques, explorant les champs et les modes d'expression les plus divers. À partir des années 1910, il découvre le monde du spectacle et travaille à la création de décors et costumes qui marqueront l'histoire du ballet. Parade (1917), Le Tricorne (1919), Pulcinella (1920), Mercure (1924) constituent autant de repères majeurs pour cet art. L'héritage de Picasso reste d'ailleurs vivace au sein du répertoire du Ballet de l'Opéra de Paris, témoignant de l'importance de la place qu'il occupe dans le paysage chorégraphique.
Mais il faut dépasser le cadre du ballet pour découvrir que l'intérêt de Picasso pour la danse s'est en réalité exprimé dès ses plus jeunes années. Des danseuses de cirque des années 1900 aux danses érotiques du dernier Picasso, en passant par les scènes de bacchanales des années 1940 à 1960, tout a semblé prétexte à représenter des corps en mouvement. La dynamique du mouvement dansé a ainsi traversé toute l'œuvre du maître, allant parfois jusqu'à alimenter son geste artistique.
L'exposition organisée par la Bibliothèque nationale de France et l'Opéra national de Paris explore les différentes facettes du rapport de Picasso à la danse, entre vie de troupe et recherches créatrices, entre beaux-arts et spectacle vivant.


I. La troupe des Ballets russes

En mars 1915, Jean Cocteau cherche à rencontrer Picasso. Le jeune écrivain, qui côtoie les Ballets russes depuis 1909, souhaite marquer les esprits et s'imposer en tant que créateur auprès de Serge Diaghilev, le directeur de la compagnie. Il imagine donc de rallier le chef de file du mouvement cubiste et de le convaincre de participer à un de ses projets scéniques : Parade. Au début de l'été, le compositeur Edgar Varèse accepte de présenter Cocteau à Picasso : cette première rencontre signe le début de la collaboration de l'artiste avec les Ballets russes.
De 1917 à 1925, Picasso partage régulièrement la vie de la troupe, à l'occasion de résidences de travail ou de tournées, en France et à l'étranger. Il incarne une forme de renouveau au sein des Ballets russes, aux côtés de Cocteau mais aussi de Léonide Massine, alors principal chorégraphe. Au fil de ces années de collaboration, Picasso noue de nombreuses amitiés, dont témoignent portraits et caricatures, ainsi qu'une abondante correspondance. Sa forte implication dans l'univers mondain du ballet s'explique aussi par sa rencontre avec Olga Khokhlova : danseuse pour Diaghilev depuis 1911, elle entame une liaison avec Picasso en 1917, avant de l'épouser le 12 juillet 1918. Jusqu'en 1924, elle sera omniprésente dans ses œuvres.
Dans ce contexte, le ballet devient une thématique à part entière : Picasso réalise de nombreuses études de mouvements dansés et multiplie les dessins de danseurs, de ballerines et de pas de deux.

Vernissage de l'exposition "Picasso et la danse"
Pablo Picasso, Danseuse ayant servi de frontispice pour le livre de Boris Kochno, Le Ballet, mars 1954 lithographie en couleur BnF, Estampes et photographie

Vernissage de l'exposition "Picasso et la danse"
Pablo Picasso (d'après), Deux danseurs (1925) reproduction issue de l'ouvrage Pablo Picasso, Grâce et mouvement Zürich, Louis Grosclaude, 1943 BnF, Réserve des livres rares © Succession Picasso 2018

Vernissage de l'exposition "Picasso et la danse"
Pablo Picasso, Trois danseuses, [1919-1920] Crayon graphite sur trois feuilles de papier raboutées Musée national Picasso-Paris Dation Pablo Picasso, 1979
© Sylvie Chan-Liat / RMN-Grand Palais (Musée national Picasso-Paris) © Succession Picasso 2018


II. Travailler pour le ballet

Picasso a contribué à dix productions de ballets, dont six pour les Ballets russes. Son implication se limite parfois à un simple rideau de scène, ou à des indications pour le faire réaliser : c'est le cas par exemple pour Le Train bleu (1924) ou Le Rendez-vous (1945). Entre 1917 et 1924, il s'investit toutefois très activement dans quatre productions majeures : Parade (1917), Le Tricorne (1919), Pulcinella (1920) et Mercure (1924), ballets pour lesquels il conçoit décors, costumes et rideaux de scène.
Ces réalisations coïncident avec une prise de distance vis-à-vis de la technique cubiste. Après une dizaine d'années de recherches systématiques, qui l'ont mené du proto-cubisme des Demoiselles d'Avignon (1907) au cubisme synthétique, il commence à explorer de nouvelles directions. Des dessins naturalistes font leur réapparition dès 1915. Dans Parade cohabitent éléments néo-classiques et éléments cubistes, que Picasso n'abandonne pas pour autant : il les distille au fil des productions, par petites touches, avant de leur substituer une première forme de surréalisme dans Mercure. Le ballet accompagne ainsi les mutations successives de l'artiste.
À partir des années 1970, certains de ces ballets ont été reconstitués par l'Opéra de Paris. Après Parade, recréé en 1979 à l'occasion d'un hommage à Erik Satie, ce sont Le Tricorne, Le Train bleu et Le Rendez-vous qui intègrent simultanément le répertoire de l'Opéra en 1992. En comptant aussi Icare, dans une nouvelle production créée au Palais Garnier en 1962, cinq des ballets de Picasso sont actuellement au répertoire de l'institution.

Parade, 1917

Vernissage de l'exposition "Picasso et la danse"
Pablo Picasso, Projet pour le rideau de scène du ballet Parade, [1916-1917] Crayon graphite et aquarelle sur papier Musée national Picasso-Paris Dation Pablo Picasso, 1979 © Succession Picasso 2018

Imaginé par Cocteau, l'argument de Parade est très simple : devant un chapiteau, les artistes tentent de convaincre le public d'entrer pour assister à leur spectacle en donnant un aperçu de leurs numéros (la « parade »). Cocteau veut puiser la « force de vie » présente dans le cirque pour « féconder » un art théâtral jugé moribond. Ce projet ne pouvait mieux convenir à Picasso : particulièrement sensible à l'univers des saltimbanques, il s'identifie à Arlequin, « double mélancolique » très présent dans son œuvre. Sollicité par Cocteau, il accepte de participer, aux côtés de Massine et du compositeur Erik Satie. Il réalise un décor cubiste, qui contraste avec le néo-classicisme de son rideau de scène. Par ailleurs, Picasso modifie le ballet de façon notable. Il introduit les personnages des managers, dont les costumes sont pensés comme des sculptures cubistes, ainsi qu'un numéro de « cheval-jupon », sur le modèle de celui qu'il a observé au cirque Medrano. Ses costumes contribuent largement au scandale de la création de Parade, qui finit néanmoins par s'imposer.

Le Tricorne, 1919

Vernissage de l'exposition "Picasso et la danse"
Pablo Picasso (d'après), Le Tricorne : maquette du décor définitif (1919) planche issue du portf. : Trente-deux reproductions de maquettes en couleurs d'après les originaux des costumes et décors par Picasso pour le ballet Le Tricorne Paris, P. Rosenberg © Succession Picasso 2018

Vernissage de l'exposition "Picasso et la danse"
Pablo Picasso (d'après), Projet de costume pour le ballet Le Tricorne : un voisin (1919) planche issue du portf. : Trente-deux reproductions de maquettes en couleurs d'après les originaux des costumes et décors par Picasso pour le ballet Le Tricorne Paris, P. Rosenberg © Succession Picasso 2018

Après la réussite de Parade, Diaghilev invite Picasso à participer à un second ballet, entièrement espagnol : El Sombrero de tres picos (Le Tricorne), adapté du roman picaresque de Pedro de Alarcón. Manuel de Falla compose la musique et Massine est de nouveau chargé de la chorégraphie, conseillé par Félix Fernandez, un danseur de flamenco. L'intrigue du ballet s'articule autour des personnages du meunier et de sa femme, convoitée par le gouverneur de la province. À la suite de nombreuses péripéties, le gouverneur est rossé, avant que la foule ne se lance dans une jota finale, danse traditionnelle espagnole. Picasso réalise des décors aux teintes douces, à la fois naturalistes et subtilement cubistes, sur lesquels ses costumes très colorés, d'inspiration populaire, se détachent vivement. Le Tricorne, qui lui rappelle ses racines andalouses, lui permet d'exprimer sa passion pour la corrida, qu'il fait infuser dans le ballet : il fait danser matador et picador au milieu des villageois, et représente sur le rideau de scène une arène, un jour de corrida.

Pulcinella, 1920

Vernissage de l'exposition "Picasso et la danse"
Pablo Picasso (d'après), Étude de décor pour le ballet Pulcinella [ca. 1920] Procédé Jacomet (gouache appliquée au pochoir sur impression phototypique) BnF, Bibliothèque-musée de l'Opéra © Succession Picasso 2018

En avril 1917, les Ballets russes sont en tournée en Italie : la troupe se produit à Rome, avant de gagner Naples. Alors que Picasso travaille sur Parade, Diaghilev et Massine rassemblent des matériaux pour un nouveau ballet, inspiré de la commedia dell'arte. Adaptant une pièce du théâtre napolitain du xviiie siècle, Massine écrit l'argument de Pulcinella quelques mois plus tard. Diaghilev, de son côté, après avoir collecté des manuscrits attribués à Jean-Baptiste Pergolèse (1710-1736), propose à Igor Stravinsky de s'en servir pour composer une nouvelle musique de ballet. Picasso rejoint le projet en décembre 1919 et réalise une première série d'esquisses évoquant l'esthétique du Second Empire. Après plusieurs refus de Diaghilev, il opte pour une scène de rue nocturne : Naples est représentée selon les principes cubistes, avec vue sur le Vésuve. Les costumes qu'il conçoit empruntent à la fois aux costumes du XVIIIe siècle et aux traditions populaires napolitaines, qu'il a découvertes en 1917. Pulcinella est créé par les Ballets russes à l'Opéra de Paris le 15 mai 1920.

Mercure, 1924

Vernissage de l'exposition "Picasso et la danse"
Scène de la confrontation entre Mercure (Léonide Massine)et Apollon (Boris Lissanevitch), Mercure [1927][Photographe non identifié], © BnF, Bibliothèque-musée de l'Opéra © Succession Picasso 2018

En 1924, Diaghilev et Cocteau montent Le Train bleu. Sollicité, Picasso accepte qu'un de ses tableaux soit reproduit pour servir de rideau de scène. Au même moment, le comte Étienne de Beaumont lance un projet concurrent. Pour ses « Soirées de Paris », il réunit une équipe composée de Satie, Massine et Picasso, auxquels il commande un ballet autour du dieu Mercure.
Picasso a carte blanche. S'éloignant du cubisme, il conçoit des « poses plastiques » d'allure surréaliste : les Trois Grâces apparaissent travesties ; certains personnages sont incarnés par des sculptures mobiles. L'artiste approfondit aussi une nouvelle technique, à base de lignes continues : ce style, dit « calligraphique » ou
« curvilinéaire », irriguera sa production dans les années suivantes.
Lors de la première de Mercure, le 15 juin 1924, un groupe de dadaïstes menés par André Breton et Louis Aragon déclenche une cabale visant Satie et Beaumont. Quelques jours plus tard, ils dressent toutefois dans la presse un portrait élogieux de Picasso : son dernier ballet majeur signe ainsi son entrée dans le surréalisme.

Icare, 1962

Vernissage de l'exposition "Picasso et la danse"
Attilio Labis dans le rôle-titre d'Icare Palais Garnier, Paris, 1962 BnF, Bibliothèque-musée de l'Opéra © Roger Pic/ BnF © Succession Picasso 2018

En 1962, Serge Lifar est invité par l'Opéra de Paris à remonter son ballet Icare. L'argument qu'il a conçu s'inspire de la mythologie grecque : grâce aux ailes fabriquées par son père Dédale, Icare s'élance dans les airs ; mais grisé par le vol, il s'approche trop près du soleil, la cire de ses ailes fond et il tombe dans la mer. Créé en 1935, le ballet est un manifeste où la danse s'écrit indépendamment de la musique : outre la chorégraphie, Lifar est responsable des « rythmes » qui l'accompagnent, orchestrés par Arthur Honegger.
Pour cette reprise, l'ancien danseur conçoit lui-même de nouveaux costumes et propose à son ami Picasso, rencontré grâce aux Ballets russes dans les années 1920, de réaliser décor et rideau de scène. Depuis 1924, Picasso n'a plus travaillé pour le ballet, à l'exception d'un rideau pour Le Rendez-vous (1945) de Roland Petit, qui reprend une toile existante. L'artiste accepte pourtant d'imaginer ce nouveau décor : il fournit à Lifar une esquisse rappelant une autre « chute d'Icare », celle de la fresque qu'il a peinte en 1958 pour le siège de l'Unesco.


III. Représenter la danse

Au-delà de l'univers du ballet, Picasso a représenté un grand nombre de scènes de danses. Dès la fin des années 1890, des danseuses de cabaret apparaissent dans ses œuvres. L'artiste fréquente alors beaucoup music-halls et cafés-concerts : les danseuses de french cancan mais aussi les bals populaires qu'il dépeint, sont autant de témoins de sa vie de bohème, en prise avec le monde de la nuit et de la fête. Ces premières thématiques laissent ensuite la place à d'autres sujets, prétextes à l'introduction de nouvelles danses : danses orientales, danses mythologiques, danses traditionnelles espagnoles comme le flamenco, la jota ou encore la sardane, liée à la
« ronde de la paix »...
Réalisé entre 1904 et 1972, l'œuvre gravé de Picasso accompagne l'évolution de son rapport au mouvement dansé et permet de proposer un aperçu de la présence continue de la danse dans sa production, à travers quatre thématiques majeures.

Au cirque - Forains et saltimbanques

Picasso a toujours été fasciné par le monde circassien. À Paris, dès 1904, il est un habitué du cirque Medrano. Cette fréquentation assidue se ressent dans sa création : en 1905, les saltimbanques deviennent omniprésents dans ses œuvres. Suivant les traces de Henri de Toulouse-Lautrec, Picasso dessine ses premières « danseuses à cheval » ou « écuyères à panneau », du nom de la selle plate sur laquelle ces baladines se produisent. Au fil des années, il convoquera souvent cette figure, que l'on retrouve notamment sur le rideau de Parade.

Les danses mythologiques

Vernissage de l'exposition "Picasso et la danse"
Pablo Picasso, Faunes et chèvres, 1959 linogravure en couleurs BnF, Estampes et photographie © Succession Picasso 2018

Vernissage de l'exposition "Picasso et la danse"
Pablo Picasso, Grand nu dansant, 1962 linogravure en couleurs, BnF, Estampes et photographie © Succession Picasso 2018

Vernissage de l'exposition "Picasso et la danse"
Pablo Picasso, Centaure dansant, fond noir, octobre 1948 lithographie BnF, Estampes et photographie © Succession Picasso 2018

Vernissage de l'exposition "Picasso et la danse"
Pablo Picasso Bacchanale avec une femme assise tenant un bébé, 1959 linogravure en couleurs BnF, Estampes et photographie © Succession Picasso 2018

La mythologie gréco-latine a profondément nourri l'œuvre de Picasso. Si le minotaure, alter ego de l'artiste, domine les années 1930, ce sont les bacchantes et l'ensemble du cortège dionysiaque qui s'imposent à partir des années 1940. Les bacchantes sont ces femmes enivrées qui pratiquent une danse rituelle en l'honneur de Dionysos-Bacchus, dieu du vin et du théâtre. Picasso s'inspire des bacchanales du classicisme français pour représenter ce nouveau type féminin. En août 1944, dans l'euphorie de la Libération de Paris, il reproduit Le Triomphe de Pan de Nicolas Poussin (1594-1665), qu'il réinterprète d'une manière cubiste : célébrant la joie de vivre retrouvée, cette peinture initie un nouveau départ dans son œuvre. À la faveur du retour à la paix et de séjours réguliers à Antibes, satyres, centaures, faunes et bacchantes s'affirment alors dans des compositions mêlant musique, danse et fête, dans lesquelles on voit parfois poindre l'influence du néo-classicisme de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867).

Danser la corrida

Dans la culture populaire espagnole, les affinités entre danse et tauromachie sont nombreuses : les paroles et les figures du flamenco font souvent référence à la corrida ; le paso doble évoque le tercio de muleta, combat final du matador contre le taureau. Réciproquement, un certain nombre de musiques de danse sont jouées tout au long de la corrida. Lorsque le matador choisit de poser lui-même les banderilles, il le fait au son d'une valse ou d'une jota issue du folklore espagnol, dansant et virevoltant devant le taureau pour provoquer sa charge. Puis, alors que l'orchestre interprète un paso doble, le matador exécute, avec une cape rouge, une série de passes parfois comparées à des mouvements de flamenco, avant l'estocade finale. Picasso a pleinement intégré le potentiel dansant de la corrida. Si les danseurs des Ballets russes incarnaient matador et picador dans Le Tricorne, ce sont ici les toréros qui se font danseurs. Les banderilleros sont suspendus dans des postures qui semblent chorégraphiées, tandis que chevaux et taureaux se figent au milieu de pas de deux brutaux.

Vernissage de l'exposition "Picasso et la danse"
Pablo Picasso
Tauromaquia : suerte de muleta
1957
Aquatine au sucre
BNF, Estampes et photographie

Le pouvoir érotique de la danse

Au cours des années 1960, la présence de l'érotisme dans les œuvres de Picasso s'intensifie considérablement. L'artiste revisite les sujets qui lui sont chers pour en proposer une nouvelle interprétation, fortement sexualisée. En particulier, il explicite beaucoup plus que par le passé le caractère sensuel voire luxurieux de la danse : bacchantes, circassiennes et danseuses orientales apparaissent nues, leurs attributs sexuels exacerbés. Plus encore, ses représentations mettent en scène avec insistance le pouvoir érotique de la danse. Les danseuses adoptent des poses lascives, attirant de façon magnétique le regard de spectateurs concupiscents, auxquels Picasso paraît une nouvelle fois s'identifier. Ces jeux de séduction fascinent diverses figures incarnant l'autorité ou le pouvoir, captives de ces visions érotiques, tel Hérode face à Salomé. Le public lui-même est renvoyé à sa posture de voyeur, à l'image de ce cavalier, échappé de l'univers de Rembrandt (1606-1669), qui surprend une bacchanale nocturne dans une composition de 1971.


IV. De la danse au geste dansé

Vernissage de l'exposition "Picasso et la danse"
Picasso Pablo (dit), Ruiz Picasso Pablo (1881-1973). Paris, musée national Picasso - Paris. MP819. © René Gabriel Ojéda / RMN-Grand Palais (Musée national Picasso-Paris) © Succession Picasso 2018

Amateur de bals populaires et de fêtes mondaines, Picasso a dansé toute sa vie. Sur certains clichés, on le voit, amusé, tenter un levé de jambe maladroit en pleine rue, ou ébaucher un pas de danse en compagnie de Jacqueline Roque, sa dernière égérie. Pour autant, cette affinité avec le mouvement dansé peut-elle avoir influencé sa pratique artistique ?
La série de photographies réalisée par Gjon Mili pour le magazine Life en août 1949 apporte quelques éléments de réponse. À l'aide d'un crayon lumineux, Mili invite Picasso à exécuter des dessins immatériels. Constitué d'une ligne ininterrompue de lumière, chaque motif est fixé sur la pellicule grâce à une durée d'exposition très longue. Parfois, une succession de flashs permet de capturer différents états de la gestuelle de l'artiste : son corps apparaît tourné dans plusieurs directions à la fois, à la façon d'un tableau cubiste.
Cette technique du trait continu, Picasso l'a expérimentée dès la fin des années 1900 : la pointe du crayon se pose sur le papier et ne le quitte qu'une fois le dessin achevé. Entre 1917 et 1924, l'artiste s'en sert de nouveau, aboutissant au « style curvilinéaire » de Mercure. Mais la proposition de Mili implique une nouveauté de taille : cette fois, le tracé s'épanouit dans un espace à trois dimensions. Mouvements amples des bras, extension maximale, le corps de Picasso semble se projeter dans une sphère pour déployer une imagerie en volume. Son geste devient, en quelque sorte et pour un bref instant, un geste de danseur, immortalisé par l'œuvre photographique, comme une esquisse de notation chorégraphique.

https://www.operadeparis.fr/visites/expositions/picasso-et-la-danse

08:00  
09:00  
10:00  
11:00  
12:00 [12:15] Commémoration du 74ème anniversaire de la Libération de Paris
Location:
Mairie du 19ème arrondissement
5-7, place Armand Carrel
75019 Paris
M° Laumière, Bolivar
France
Phone : +33 (0)1 44 52 29 19
Internet Site : mairie19.paris.fr
Description:
Lundi 27 août, les élus du 19e et les associations d'anciens combattants et victimes de guerres vous invitent à la commémoration de la Libération de Paris. Rendez-vous à 11h30 à l'arbre "Libération-Victoire", place de la bataille de Stalingrad et à 12h15 en Mairie.

13:00  
14:00  
15:00  
16:00  
17:00  
18:00 [18:00-21:00] Vernissage d'Armando Bogarin "Guahjoo"
Location:
Cité Internationale des Arts
18, rue de l'Hôtel de Ville
75180 Paris Cedex 04
M° Pont Marie, Saint-Paul
France
Phone : +33 (0)1 42 78 71 72
Fax : +33 (0)1 42 78 40 54
Mail : contact@citedesartsparis.fr
Internet Site : www.citedesartsparis.net
Description:
Cour extérieure de la Cité internationale des arts

Du 28 au 31 août 2018
Visible tous les jours
Vernissage le lundi 27 août 2018, à 18h

Armando Bogarin est un artiste sculpteur autodidacte paraguayen. Avec sa série de sculptures intitulée Guahjoo, en créant une mythologie autour de la protection des ressources naturelles, il alerte sur les différents abus que la nature subit.

Le Guahjoo, selon la mythologie Guarani, est un hurlement que les animaux émettent pour annoncer de mauvaises nouvelles. Ce hurlement est caractéristique de différents espèces animales, oiseaux ou terrestres. Il pourrait signifier la sécheresse qui affecte la récolte et même la mort d'une personne en ville, transformant le Guahjoo en une croyance forte de la nature.

Selon l'artiste, la nature est sur le point d'émettre un dernier Guahjoo, en gardant l'espoir de pouvoir trouver de nouvelles ressources. Ainsi, les matériaux qu'utilise Armando Bogarin sont des déchets de l'environnement. Il montre qu'il n'est plus nécessaire de déboiser ou de couper un arbre pour produire ; il est temps de rendre hommage aux nouvelles ressources naturelles et aux déchets pour rééquilibrer d'une façon ou d'une autre ce que l'on prend à la nature.

En tant que lauréat 2017 du Prix Matisse, organisé par l'Ambassade de France au Paraguay et l'Alliance française d'Asunción, Armando Bogarin (Paraguay) est en résidence à la Cité internationale des arts par le biais du programme de l'Institut français.

Vernissage d'Armando Bogarin "Guahjoo"

[18:15-20:00] Vernissage "Nous sommes Paris : les visages du logement social parisien"
Location:
Paris Rendez-Vous
29, rue de Rivoli
75004 Paris
M° Hôtel de Ville
France
Phone : +33 (0)1 42 76 43 43
Internet Site : boutique.paris.fr
Description:
Lundi 27 août, Anne Hidalgo, Maire de Paris, et son adjoint Ian Brossat, inaugureront l'exposition « Nous sommes Paris : les visages du logement social parisien », qui met à l'honneur les habitants du parc social sous la forme d'une série de portraits.

Plus de 450.000 Parisiennes et Parisiens vivent dans la capitale grâce au logement social, qui leur permet de bénéficier de loyers plus modérés que ceux du parc privé. Sans cela, ils ne pourraient pas résider à Paris.
Familles ou célibataires, fonctionnaire ou salariés du secteur privé, personnes en recherche d'emploi ou étudiants, ces habitants à faibles revenus ou de classes moyennes contribuent à faire de Paris une ville qui vit, à la fois diverse, généreuse, dynamique et créative.

Anne Hidalgo a voulu mettre en lumière ces locataires, en leur consacrant une exposition. Il y a un an, la Ville de Paris a lancé un appel auprès des bailleurs sociaux. Sylvain Lefeuvre, photographe, a réalisé le portrait des habitants volontaires.

Du 27 août au 15 septembre, 22 portraits seront exposés sur la façade de l'Hôtel de Ville, rue de Rivoli. Anne Hidalgo et son adjoint Ian Brossat inaugureront l'événement lundi, aux côtés des participants et des représentants des bailleurs sociaux.

Personnalités présentes :
- Anne Hidalgo, Maire de Paris,
- Ian Brossat, adjoint à la Maire de Paris en charge du logement, de l'habitat durable et de l'hébergement d'urgence
- Sylvain Lefeuvre, photographe

>> invitation

Vernissage "Nous sommes Paris : les visages du logement social parisien"

Vernissage "Nous sommes Paris : les visages du logement social parisien"


[19:00-21:00] Vernissage de l'exposition "Espaces / Objets / Images"
Location:
Studio57 Gallery
5, rue du Vertbois
75003 Paris
M° Temple, Arts et Métiers, République
France
Phone : +33 (0)1 40 33 96 34
Mail : office@studio57gallery.com
Internet Site : www.studio57gallery.com
Description:
ESPACE VERTBOIS
5, rue du Vertbois
75003 PARIS

Un projet de Martin Bereuter et Arno Gisinger
Artistes et designers invités: Hervé Abbadie, Gerhard Abel, Georg Bechter, Wolfgang Fiel, Klemens Grund, Gert Gschwendtner, Peter Kogler, Harry Metzler, Sara Pagani Periti et Jérémy Pajeanc

Exposition: 28 août - 13 septembre 2018
Vernissage: lundi 27 août 2018, 19h

Sur l'invitation d'Aubépine Dahan et de Jacques Moussafir, les deux artistes autrichiens, l'ébéniste designer Martin Bereuter et le photographe Arno Gisinger, s'associent afin d'investir les trois niveaux inférieurs d'un immeuble parisien entièrement réhabilité par l'architecte Jacques Moussafir. Cet ensemble architectural situé au 5, rue du Vertbois a aujourd'hui vocation à héberger à la fois des bureaux, des logements ainsi qu'un espace d'exposition. Les deux artistes s'emparent de ce lieu exceptionnel pour y créer une exposition transversale qui réunit photographie, architecture, design, art et artisanat contemporain.

Le point de départ de cette exposition est le lieu même qui accueille les artistes. D'un côté Martin Bereuter et Arno Gisinger exploitent les propriétés matérielles et le potentiel plastique de cet espace qui n'est ni white ni cube et proposent un dispositif d'exposition où l'architecture en devient partie intégrante. Dans le même temps, ils puisent dans la mémoire et dans l'historique du lieu. Suivant une démarche dialogique et collaborative - caractéristique du travail de l'un comme de l'autre - ils invitent d'autres artistes dédiés à se joindre au projet. À côté de leur propre production artistique, ils intègrent dans l'exposition des œuvres de Jérémy Pajeanc conçues avec des matériaux récupérés lors de la démolition de l'ancien bâtiment, des photographies de Hervé Abbadie retraçant l'esthétique et l'entre-temps du chantier, une installation in situ de mobilier spécifiquement élaborée pour la structure par Klemens Grund et Martin Bereuter ainsi qu'un projet de recherche mené par Arno Gisinger et Florian Schmitt, lié à l'histoire de l'endroit.

Des objets de design, uniques et multiples, des séries photographiques, des documents, des projections d'images et des installations in situ sont disposés de manière à ce que le visiteur soit invité à faire à la fois l'expérience des œuvres - objets et images - et des espaces où celles-ci s'inscrivent.

L'exposition sera inaugurée par Florian Ebner, directeur du cabinet de la photographie du Centre Pompidou.

Une rencontre avec les artistes aura lieu le jeudi 13 septembre à partir de 14h et sera suivie d'un finissage à 19h.

Vernissage de l'exposition "Espaces / Objets / Images"

[19:30-23:55] 17ème édition du Festival Silhouette 2018
Location:
Parc de la Butte du Chapeau Rouge
5, avenue Debidour
75019 Paris
M° Pré-Saint-Gervais, Danube, T3 Robert Debré
France
Internet Site : equipement.paris.fr/parc-de-la-butte-du-chapeau-rouge-1811
Description:
Le Parc de la Butte du Chapeau Rouge accueille l'édition 2018 du festival Silhouette, du 24 août au 1er septembre. Au programme : des projections en plein air de courts métrages, précédées d'un concert à l'heure de l'apéro.

Chaque année depuis maintenant 17 ans, l'association Silhouette invite le public parisien à passer les derniers jours de l'été sur les pelouses du parc de la Butte du Chapeau Rouge (sans doute le plus joli nom de parc de toute la planète !) pour assister à des concerts de groupes locaux, puis à des projections de courts-métrages. Le public est d'ailleurs invité à décerner un prix au film qu'il préfère.

Génial, non ? Rendez-vous donc dès 19h tous les soirs du 24 août au 1er septembre 2018 pour vivre un beau programme en perspective!

Soirée de lancement le Mardi 21 Août 2018 - 20h - Entrée Gratuite
Lieu : Le Hasard Ludique
Pour donner le coup d'envoi de cette 17e édition du Festival Silhouette, rendez-vous au Hasard Ludique pour un ciné quiz proposé par LES FUNNY GAMES.

Sélection internationale du 24 août au 1er septembre - 19h30 - Entrée Gratuite
Lieu : Parc de la Butte du Chapeau Rouge
LE VENT TOURNE de Laura Tuillier
RÉMY de Guillaume Lillo
TONNERRE SUR MER de Yotam Ben-David
LE CAVALIER SEUL de Thomas Petit
OS HUMORES ARTIFICIAIS de Gabriel Abrantes

Soirée Focus Pernambuco le Vendredi 31 Août 2018
Lieu : Parc de la Butte du Chapeau Rouge

Soirée de Clôture le Samedi 1er Septembre 2018
Lieu : Parc de la Butte du Chapeau Rouge


Programme des concerts en plein air tous les soirs dès 19h30
Lieu : Parc de la Butte du Chapeau Rouge

Vendredi 24 Août 2018 : MOSTER (Hip Hop)
Distillant un son au croisement de Led Zeppelin, The Prodigy et NTM, ces quatre musiciens inventent des sonorités uniques, témoignant de leurs vastes influences et de la diversité de leurs parcours respectifs.

Samedi 25 Août 2018 : BAFANG (afro-rock)
Bafang est un duo composé de deux frères franco-camerounais proposant un afro/rock dynamique au penchant makossa. Leur énergie, leur son puissant et maîtrisé et leurs rythmes afro transcendent les foules.

Dimanche 26 Août 2018 : NANS VINCENT (électro)
Puisant ses influences dans l'électro, le hip-hop et la chanson française qui l'a accompagné dans son enfance, Nans a donné plus de 200 concerts à travers la France.

Lundi 27 Août 2018 : EDGAR SEKLOKA (Hip Hop)
Avec sa voix sucrée, ce poète des temps modernes déclame des textes ciselés où résonne son engagement contre le racisme.

Mardi 28 Août 2018 : CHARLOTTE FEVER (Pop)
Duo de synth-pop caniculaire français formé à la fin de l'été 2017, leurs compositions se révèlent à leur image : espiègles et brûlantes. Les balafons s'emballent et la fièvre monte.

Mercredi 29 Août 2018 : SELKIES (Voix du monde)
Entre maloya jazz et groove atmosphérique épicé, Selkies est un trio vocal qui construit son univers en s'émancipant de tout style préétabli et en réinventant un langage musical sans frontière.

Jeudi 30 Août 2018 : COTTON BELLY'S (Blues Rock)
Venus d'horizons divers, les musiciens de Cotton Belly's dépoussièrent le blues. Au fil de leurs compositions, ils offrent une musique directe et généreuse où vibrent tradition et modernité.

Vendredi 31 Août 2018 : KARINE HUET ET EMILIA CHAMONE (Musique Brésilienne)
Passionnée d'accordéon, Karine Huet compose ce duo aux côtés de la percussionniste Emilia Chamone. Leurs rythmes syncopés vous emmènent à la découverte de l'incroyable métissage musical brésilien.

Samedi 1er Septembre 2018 : PERFECT IDIOTS (Rock)
Perfect Idiots, est un power trio rock'n'roll extravagant, à la sauce grunge, punk et blues. Ils exposent leur univers déjanté emprunté à la science fiction.
A noter que le festival se prolongera également en salles en journée le mercredi et les week-ends dans divers lieux du Nord-Est parisien (Le Hasard Ludique, La Péniche Cinéma et Holiday Inn Express Paris - Canal De La Villette) avec des séances Documentaire, Hybride, Clip, et Jeune Public...

Retrouvez la programmation complète sur le site :
http://www.association-silhouette.com\festival

17ème édition du Festival Silhouette 2018

19:00
20:00
21:00
22:00
23:00
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