Saturday, March 9, 2019
Public Access


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Category: All

09
March 2019
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  Exposition "Léonard de Vinci et la Renaissance italienne"
Location:
Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts
ENSBA
14, rue Bonaparte
13, quai Malaquais
75006 Paris
M° Saint-Germain-des-Prés
France
Phone : +33 (0)1 47 03 50 00
Fax : +33 (0)1 47 03 50 80
Mail : info@ensba.fr
Internet Site : www.ensba.fr
Description:
au Cabinet des dessins Jean Bonna

Léonard de Vinci et la Renaissance italienne
Dessins de la collection des Beaux-Arts de Paris

Du 25 janvier au 19 avril 2019
tous les jours sauf le lundi de 13h à 18h
Vernissage le jeudi 24 janvier à 18h

entrée libre

Commissariat : Emmanuelle Brugerolles

Les Beaux-Arts de Paris rendent hommage à Léonard de Vinci et ses contemporains, en exposant trente dessins de maîtres de la Renaissance italienne, témoignant des pratiques d'atelier de la fin du XVe siècle et du début du XVIe siècle.

À cette occasion, les Beaux-Arts de Paris présentent pour la première fois un ensemble de chefs-d'oeuvre in situ, dont quatre dessins de Léonard de Vinci reçus en don en 1883 et 1908, ainsi que des dessins de peintres prestigieux, contemporains du maître : Raphaël avec trois dessins exécutés avant son départ pour Rome, en particulier une étude pour une Madone à l'Enfant et des études de draperie et de profil d'homme, mais aussi Benozzo Gozzoli et Filippino Lippi dont les feuilles séduisent par leur technique à la pointe de métal sur papier coloré, très prisée à Florence à cette époque.

Commissariat : Emmanuelle Brugerolles

La mort de Léonard de Vinci va être commémorée en 2019 par de nombreuses expositions et manifestations en France et à l'étranger. L'École des Beaux-Arts qui accueillit La Joconde en janvier 1914 après son vol au musée du Louvre, l'exposa pendant deux jours dans le vestibule du Palais du quai Malaquais. Un siècle après cet épisode mémorable, Léonard de Vinci est de retour sur les cimaises du Cabinet Jean Bonna.
Traitant de sujets variés, ses œuvres donnent un aperçu précieux du talent graphique de l'artiste et des nombreux domaines qu'il explora durant une carrière qui le mena de Florence à Milan, puis à Venise, avant de s'achever en France auprès de François Ier.

Cette exposition est l'occasion de dévoiler des trésors italiens jamais exposés qui ont fait l'objet de recherches récentes faisant le point sur leur attribution. Les trente dessins exposés offrent ainsi au visiteur un parcours passionnant sur la pratique du dessin d'atelier à la Renaissance : copies d'après les maîtres, exercices d'après le modèle vivant, répertoires de modèles dessinés, études préparatoires pour des compositions peintes ou sculptées.

Riche de plus de 60 000 dessins, la collection des Beaux-Arts compte 25 000 dessins de maîtres et constitue le deuxième fonds le plus important en France après le musée du Louvre. Il couvre une période large allant de la Renaissance à nos jours et est doté de feuilles exceptionnelles où se côtoient Léonard de Vinci, Raphaël, Rubens, Poussin ou Boucher.

Vernissage de l'exposition "Léonard de Vinci et la Renaissance italienne"
Léonard de Vinci
(Vinci, 1452 - Amboise, 1519)
Études de balistique
Plume et encre brune.
H. 0.200 ; L. 0.280 m
Inv. n° EBA 423

Vernissage de l'exposition "Léonard de Vinci et la Renaissance italienne"
Raffaello Sanzio ou Raphaël
(Urbino, 1483 -Rome, 1520)
"Etude pour une draperie et tête d'homme"

Vernissage de l'exposition "Léonard de Vinci et la Renaissance italienne"
Filippino Lippi
(Prato, 1457 - Florence, 1504)
"Deux figures drapées"

Vernissage de l'exposition "Léonard de Vinci et la Renaissance italienne"
Léonard de Vinci
(Vinci, 1452 - Amboise, 1519)
"Tête de vieillard en trois quarts"

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14:00 [14:00-21:00] Vernissage de Florian Mermin "caresse de forêt (le soir où tu m'as quitté)"
Location:
Backslash Gallery
29, rue Notre Dame de Nazareth
75003 Paris
M° Temple, Arts et Métiers, République
France
Phone : +33 (0)9 81 39 60 01
Mobile : +33 (0)6 63 60 14 48
Mail : info@backslashgallery.com
Internet Site : www.backslashgallery.com
Description:
Du 9 mars au 11 avril 2019
Vernissage le samedi 9 mars de 14h à 21h

Dans l'univers créé par Florian Mermin, les pattes des araignées se terminent par des ongles pointus, les bancs sont hérissés d'épines et les troncs d'arbre couverts de poils. Bref, rien n'échappe à la transformation. Plats, paravent, patères, pots de fleurs et rideaux forment un décor à la fois intérieur et naturel, qui tient de l'aménagement aussi bien que du cinéma et l'on pense à bien des films en les découvrant; car s'ils y ont un usage potentiel, ces objets y jouent surtout un rôle, dans un registre familier, romantique ou horrifique, apparaissant tantôt sympathiques, tantôt inquiétants, attirants ou repoussants, souvent les deux à la fois. On ne s'étonne pas non plus qu'ils soient pour certains liés à des souvenirs personnels, d'enfance pourquoi pas, ou encore à des réminiscences littéraires, poétiques bien sûr.

L'ambivalence qu'ils manifestent tient pour beaucoup aux techniques et matériaux employés: le métal forgé et la terre cuite supposent en effet autant de maîtrise que d'imprévisible; ils résultent d'une volonté de forme et de l'acceptation des accidents; ils présentent des surfaces qui vont du brillant au terne, du lisse au rugueux, suggérant ainsi une large gamme de sensations. Il en va de même des paillassons - qui dira le caractère râpeux des pas de portes ? Est-ce là la douceur affichée du Home Sweet Home ? - et des fourrures, lesquelles, par ailleurs, nous précipitent dans un monde d'apparences et de faux semblants. Dans les premiers en effet, on voit une brosse mais qui n'en a pas la forme habituelle et qui rappelle soit l'herbe sèche quand ils sont marrons comme ici, soit quand ils sont verts, le rêve impossible d'un gazon résistant à l'abrasion. Les secondes, qu'elles soient naturelles ou synthétiques, restaurent, pour l'homme démuni face au froid mordant, un pelage protecteur tombé au cours de l'évolution. Ici, donc, les barrières d'espèces tombent, la nature et l'artifice s'entremêlent, tandis que les objets sont, plus encore que quotidiens, domestiques: certes parce qu'ils se trouvent dans les maisons, mais plus encore parce qu'en eux le sauvage a un jour été apprivoisé et qu'il se tient peut-être prêt à resurgir à tout moment. Par cette instabilité et cette circulation généralisée, le régime de notre rapport au monde se trouve en profondeur interrogé: est-il à notre disposition ce monde - comme l'homme semble depuis longtemps le croire - ou se prête-t-il, simplement et pour un temps seulement, à notre petit jeu ? Est-il à l'unisson de notre humeur ou est-ce plutôt lui qui se projette en nous et exprime, à travers nous, ses mouvements indicibles ?

À ces questionnements, le dispositif imaginé par Florian Mermin pour l'entrée de la galerie semble une bonne introduction: nous y foulons la terre, attentifs aux sensations que cela nous procure, la couleur, inhabituelle au sol d'un espace d'exposition, la souplesse et l'enfoncement, le son étouffé, l'odeur du terreau; nous croyons même y imprimer notre marque - bien vite recouverte et effacée toutefois - tandis qu'elle, la terre, s'accroche à nos semelles et progresse avec nous subrepticement, nous utilisant comme véhicule pour sa propre dissémination dans l'espace. Alors, qui sert qui dans cette histoire vieille comme le monde et nos destins ne sont-ils pas autrement plus liés que par un rapport de domination ? Voilà qui invite à la modestie et à la considération, voire à la solidarité.

Guitemie Maldonado


Né en 1991, Florian Mermin est diplômé de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts avec les félicitations du jury et de l'Otis College of Arts & Design de Los Angeles. Il a reçu plusieurs distinctions dont le prix Sculpture/Installation des Beaux-Arts de Paris en 2016 et le prix Kristal du Salon de Montrouge en 2017. Son travail a été montré dans de nombreuses institutions, notamment à la Fondation Vuitton, à la Cité Internationale des Arts et au Musée de la Chasse et de la Nature à Paris, à Mains d'Oeuvres à Saint-Ouen, mais également à l'étranger comme au Castello di Lajone près de Turin, à Londres, à Los Angeles et à Séoul, entre 2013 et 2017.

Vernissage de Florian Mermin "caresse de forêt (le soir où tu m'as quitté)"

[14:00-20:00] Vernissage de Philippe Apeloig "Des coupes et découpes"
Location:
Gilles Drouault galerie/multiples
Galerie de Multiples, GDM
17, rue Saint-Gilles
75003 Paris
M° Chemin Vert
France
Phone : +33 (0)1 48 87 21 77
Fax : +33 (0)1 48 87 21 77
Mail : contact@galeriedemultiples.com
Internet Site : www.galeriedemultiples.com
Description:
Vernissage de Philippe Apeloig "Des coupes et découpes"

Gilles Drouault
galerie/multiples
17, rue Saint-Gilles
75003
+33 (0)148872177
galeriedemultiples.com

Du 9 mars au 11 mai
Du mardi au samedi de 11h à 19h
Vernissage samedi 9 mars, de 14h à 20h

Des coupes

D'une part, il y a une série de cinquante aquarelles montrant une coupe isolée au centre d'une page, comme abandonnée. Aucun autre élément ou indice n'indique dans quel espace l'objet a été placé. Il semble flotter, être en lévitation. Le dessin schématique confère à ce pot rouge et orange un aspect de pictogramme, de silhouette.
À travers la géométrisation de ses formes, la coupe devient le terrain d'expérimentations visuelles aux couleurs saturées, qui mettent en avant la conceptualisation de l'objet plutôt que sa reproduction. Les couleurs sont denses, au point que certaines fibres du papier imbibé de pigments ont été arrachées par les multiples passages du pinceau. L'objet est vu de face dans son évasement profilé, de dessus en un cercle parfait, parfois par dessous ou via un détail si rapproché que la matière de l'objet est un dégradé qui envahit l'espace entier de la page. Le dessin de la coupe se détache sur le fond blanc du papier, dont la texture granuleuse invite au toucher. Autrement, il n'en reste que le contour, qui disparaît presque et se fond dans des aplats.

D'où vient cette coupe ? Que contient-elle ?
Le vide tient une place aussi importante que le plein. Énigmatique et modeste, lumineuse ou plongée dans l'obscurité, le dessin de la coupe, répété, fait naître un rythme poétique, qui révèle une potentielle histoire personnelle. Celle d'un objet offert par quelqu'un qui aurait disparu, laissant cette seule trace dans l'existence de celui qui l'observe et la dessine, soucieux d'en conserver un souvenir intact. Cette série d'aquarelles offre au spectateur un ensemble de variations subtiles et multidirectionnelles d'un objet personnifié, chargé d'une réflexion sur l'essence de la présence et de l'absence.

Découpes

D'autre part, il y a une série d'aquarelles monochromes où émergent des lignes, des motifs, parfois des lettres. Tous sont issus d'incisions comme taillées au scalpel dans des aplats bleus aux subtiles nuances : indigo, de Prusse, céruléum, de Phtalo. Ces fentes laissent entrevoir le blanc du papier, et dessinent des lettres en négatif : c'est la réserve qui devient lumière.
À l'inverse de l'image traditionnelle de l'aquarelle, les couleurs ici sont denses, intenses, saturées, car fruit de multiples passages sur le papier.

Ces fines ouvertures se retrouvent aussi dans des formes plus organiques, noires et fragmentaires, qui s'agrègent comme des tessons rassemblés sur la feuille. Leur fragile agglomération, entre tension et magnétisme, donne à percevoir les continuités de lettres embryonnaires : ni typographiques, ni calligraphiques, elles sont des commencements. Apparaît alors de ces variations de noir de fumée, d'ivoire ou de gris de Payne, un abécédaire éclaté.

Philippe Apeloig

Vernissage de Philippe Apeloig "Des coupes et découpes"
« Découpe noire 4 », 2018
Silderburg paper 110g/m²
420 x 297 mm

Vernissage de Philippe Apeloig "Des coupes et découpes"
« Coupe 25 », 2018
Silderburg paper 110g/m²
297 x 420 mm

Vernissage de Philippe Apeloig "Des coupes et découpes"
« Découpe bleue 28 », 2018
Silderburg paper 110g/m²
210 x 297 mm

Vernissage de Philippe Apeloig "Des coupes et découpes"
« Coupes», 2018
Papier silderburg 110g/m²
297 x 420 mm


[15:00-20:00] Dédicace du livre de Serge Louis "Stencilists Pochoiristes"
Location:
Le Lavo//matik
arts urbains
20, boulevard du Général Jean Simon
75013 Paris
M° Tram 3a Avenue de France, Bibliothèque François Mitterrand
France
Phone : +33 (0)1 45 83 69 92
Mail : benoit.maitre@wanadoo.fr
Description:
Rendez-vous samedi 9 mars au Lavo avec Serge Louis, auteur de ce très beau livre qui donne la parole aux pochoiristes, ainsi qu'avec Stew, Docteur Bergman, Nice Art, RAF Urban et votre serviteur Ben Spizz

Serge Louis (Brigadier Plipp) est un chroniqueur passionné et engagé de la vie urbaine, avec un intérêt prononcé pour les graffiti réalisés au pochoir monochrome et pour les musiques électroniques plutôt sombres. L'auteur a déjà consacré plusieurs livres et blogues à ces formats artistiques, en concevant toujours ses publications autour d'entretiens avec les artistes concernés. Son objectif principal est de faciliter un dialogue positif entre les artistes alternatifs ou émergents et le public.

A propos des pochoirs, Serge Louis a publié Pochoirs et Pochoiristes à Bruxelles avec Vanessa Sutour en 2010 (Editions Maedia, Collection du Brigadier Plipp).

Le livre regroupe les entrevues de dix-sept artistes qui utilisent la technique du pochoir comme moyen d'expression. Le pochoir appartenant au monde des graffiti, leurs œuvres peuvent être autant illégales en rue que commerciales en galerie. Tant le choix de la surface, mur ou toile, que celui du message, révolté ou ludique, varie en effet selon chaque pochoiriste en fonction de sa trajectoire personnelle et de son ambition artistique.

Afin de mettre en évidence cette diversité et de mieux comprendre les tenants et aboutissants du pochoirisme, discipline du street art encore mal documentée, l'échantillonnage des pochoiristes interviewés comprend des artistes européens et américains auxquels les mêmes treize questions ont été posées. Chaque entrevue a été menée en face-à-face, parfois à l'intérieur dans l'atelier de l'artiste concerné et parfois à l'extérieur au cours d'une expédition urbaine.

Liste des artistes : Ben Spizz (FR), Billikid (US), Crisp (AU), Dave Lowell (US), Dipo (FR), Docteur Bergman (FR), ENX (US), Jaune (BE), Jinks Kunst (FR), Logan Hicks (US), Nice Art (FR), Niz (US), Praxis (US), Raf Urban (FR), Spencer (BE), Stew (FR) et Tripel (US).

En donnant ainsi la parole à ces pochoiristes, souvent discrets voire clandestins, de nombreux thèmes associés à la pratique et à l'expansion de l'art urbain sont abordés. Chaque discussion passe ainsi en revue des questions aussi diverses que la perception du pochoir et du graffiti par le public, l'importance des réseaux sociaux dans la diffusion de l'art urbain ou encore la nécessité d'une maîtrise technique avérée lors des étapes successives de l'exécution d'une œuvre réalisée au pochoir. Plus de 270 photographies viennent enrichir les textes afin d'ajouter l'image au mot.

Au fil de ces interviews (édités en français et en anglais) et de ces illustrations, le lecteur prend alors progressivement connaissance et conscience d'un genre alternatif du graffiti dont l'intention première est de venir mettre de la vie, de la poésie et de la pensée dans la réalité de notre quotidien.

Quelques éléments techniques :
Nombre de pages : 444
Dimensions : Couverture en 23 x 21 cm (format à l'italienne)
Nombre d'illustrations : 273
Date de parution : Février 2019
Tirage : 1.000 exemplaires

Dédicace du livre de Serge Louis "Stencilists Pochoiristes"

[15:00-18:00] Dédicace par Olivier Ledroit du catalogue de l'exposition "Edo"
Location:
Galerie Barbier & Mathon
10, rue Choron
75009 Paris
M° Notre-Dame-de-Lorette, Saint-Georges, Cadet
France
Mobile : +33 (0)6 80 06 29 95
Mail : info@barbiermathon.com
Internet Site : www.barbiermathon.com
Description:
Olivier Ledroit viendra dédicacer le catalogue Edo (ce titre uniquement) le samedi 9 mars de 15h à 18h. Inscriptions auprès de louise@bdartiste.com


Dans le cadre de l'exposition d'Olivier Ledroit "EDO"

Vernissage d'Olivier Ledroit "EDO"

Du 11 janvier au 16 février
Prolongation jusqu'au samedi 9 mars inclus
Vernissage jeudi 10 janvier à partir de 19h en présence de l'artiste

À cette occasion, la galerie publiera un catalogue d'exposition en édition limitée à 200 exemplaires numérotés et signés.

Vernissage d'Olivier Ledroit "EDO"



[16:00-21:00] Vernissage de Delphine Kreuter "Libre et son contraire"
Location:
Galerie Alain Gutharc
7, rue Saint-Claude
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart
France
Phone : +33 (0)1 47 00 32 10
Fax : +33 (0)1 40 21 72 74
Mail : gutharc@free.fr
Internet Site : www.alaingutharc.com
Description:
Vernissage samedi 9 mars 2019
Exposition du 9 mars au 20 avril 2019

Vernissage de Delphine Kreuter "Libre et son contraire"
Le cheval de Florence, à huit pattes. Valmondois 2018 © Delphine Kreuter

D'un cheval de bois à huit pattes à un mouton orné d'une corne de licorne aux couleurs arc-en-ciel, d'une statuette de danseuse décapitée à des silhouettes fantomatiques captées dans des théâtres urbains en (dé)construction, de mots inscrits sur des vêtements et des murs à des regards suspendus à la possibilité d'une apparition, les images de Delphine Kreuter s'entrechoquent, comme dans un labyrinthe secret et joyeux. L'éclectisme des situations et des personnes situées répond à la plasticité du regard de l'artiste happée par les brouillages du temps autant que par l'électricité de l'air. Ses images portent la trace de son étonnement et de sa fascination pour ce qui résiste à toute possibilité d'expliquer logiquement le monde.

Regarder le monde, c'est d'abord réunir ses reliques, recomposer ses ruines, y compris lorsque celles-ci s'incarnent dans une petite cassette audio brisée retrouvée dans la vallée du Panshir, ou dans un manège abandonné dans un désert des Emirats arabes unis.
Resserrés, centrés sur la matière sèche d'une plaque ou d'une étiquette, mais aussi dilatés, élargis à l'immensité d'un vide, d'un paysage ou d'une page blanche, les cadres de Delphine Kreuter s'ajustent à des modes de perception opposés, comme la preuve en acte de ce qui l'aspire : une chose et son contraire. Souvent, au sein d'une même image, transpire cette tension entre un élan et son évanouissement, entre une aspiration et sa chute. Les jeunes garçons en scooter sur une falaise semblent épris de liberté tout en se heurtant au risque de tomber dans le ravin et de céder au vide ; un manège abandonné dans le désert a l'allure d'un ruban infini, sans issue ; sur une voiture au bout du monde en guerre s'affiche un mot « Love », signe d'une résistance qui ne dit pas son nom ; la dernière phrase du roman de Houellebecq « Soumission », elle aussi au bord du vide, du blanc des pages non écrites, nous plonge dans l'inconnu ; Camille, jeune fille au regard doux et farouche, affiche l'ambivalence de la jeunesse, aussi forte qu'inquiète... L'écriture poétique de Delphine Kreuter abrite en son cœur vibrant cette alliance mystérieuse entre des signes qui se contredisent au moment même où ils s'expriment.

Au cœur de cette cosmogonie du minuscule et de l'ineffable, la mélancolie s'approche de l'élégie de la disparition, la résignation se mêle au goût de la liberté. Delphine Kreuter n'aime rien de plus que cette dialectique secrète entre une promesse et ce qui la contredit. Comme si à la matérialité implacable du réel, dont Jacques Lacan rappelait qu'il est « ce contre quoi on se cogne », la photographe opposait la fantaisie d'un regard indiscipliné, qui ne va que là où on lui dit de ne pas d'aller, qui s'attache aux infimes détails du monde.

Ce que Delphine Kreuter prélève du réel n'a comme consistance que la part d'étonnement qu'elle lui confère et qui contamine les regards de ses spectateurs, étourdis par un mélange de candeur et de poésie, de magie et de pesanteur.
L'absence d'un récit trop évident, fuyant un cadre qui pourrait étouffer son énergie libertaire, s'accommode de la présence, dans le même mouvement, d'un ré-ancrage dans le temps, une volonté de se situer dans l'espace et dans un moment de l'histoire. Le titre de l'exposition « Tête d'une jeune femme, Libre et son contraire », reprenant celui d'une image d'un cartel d'une sculpture à Damas, désigne en creux ce geste d'une identification. Identification d'une femme, comme le disait Michelangelo Antonioni, ou identification d'une part manquante. La part qui manque à la marche souveraine du monde, ou qui manque à l'harmonie des choses de la vie. C'est avec ces manques, avec les marques de l'histoire, mais aussi contre les oublis, que joue Delphine Kreuter, cachant sous l'objectivité implacable de ses images enfantines l'espérance d'un salut malicieux. Elle ne devrait rien avoir à regretter à laisser ainsi son regard affronter le hasard et fuir la nécessité.

Jean-Marie Durand

Vernissage de Delphine Kreuter "Libre et son contraire"
Ready for whateva, Beyrouth. 2010 © Delphine Kreuter

Biographie

Née en 1973 à Lyon, Delphine Kreuter a suivi des études de Lettres modernes. Elle pratique la photographie, et découverte par Alain Gutharc en 1997, elle expose pour la première fois à Berlin et à Paris. La même année, elle remporte le prix Paris Photo. Ses snapshots marquent la photographie française de la fin des années 90, début des années 2000.
Delphine Kreuter a exposé dans de nombreux lieux, en France et à l'étranger ; elle compte des collectionneurs comme Yvon Lambert, Silvio Perlstein ou Christian Lacroix - avec lequel elle collabore à plusieurs reprises. Elle a publié quatre monographies et a plusieurs bourses et résidences à son actif.
Elle réalise de nombreuses vidéos et courts métrages - le premier « Marthe » est sélectionné au Festival de Clermont Ferrand en 1997. Son premier long métrage « 57000 km entre nous » produit par les films du poisson avec Mathieu Amalric et Florence Thomassin sort en 2008, il est sélectionné à de nombreux festivals, comme celui de Tribecca à New York, Hou Hsiao Hsien lui remet le prix spécial du jury à Taïwan. Elle réalise en 2011 « Dubaï Flamingo », produit par Paulo Branco avec Sergi Lopez et Vanessa Paradis, Florence Thomassin, Claire Nebout, la participation d'Isabelle Huppert. Son troisième long métrage est en développement.
Elle retrouve Alain Gutharc après dix ans hors du circuit des expositions, et revient avec « Libre et son contraire », un show de trente-cinq photographies prises au cours de cette période, à travers le monde.

[16:00-20:00] Vernissage de Manuela Marques "en surface"
Location:
Galerie Anne Barrault
51, rue des Archives
75003 Paris
M° Rambuteau, Hôtel de Ville
France
Phone : +33 (0)9 51 70 02 43
Mobile : +33 (0)6 62 28 51 68
Mail : info@galerieannebarrault.com
Internet Site : www.galerieannebarrault.com
Description:
Vernissage de l'exposition de Manuela Marques le samedi 9 mars 2019 de 16h à 20h
À cette occasion, Manuela Marques signera sa nouvelle monographie intitulée "Et le bleu du ciel dans l'ombre" publiée aux éditions Loco.

exposition du 9 mars au 13 avril 2019

La galerie anne barrault est heureuse d'accueillir « EN SURFACE », une nouvelle exposition personnelle de Manuela Marques, avec un ensemble inédit de photographies et une vidéo.
Les images qu'elle présente aujourd'hui sont là pour être vues mais le regardeur a la sensation de ne pas pouvoir y parvenir et de rester en surface.
Ici pas de ligne d'horizon pouvant servir de point d'ancrage.
Ces images représentent des surfaces, des miroirs sans reflets.
Pendant plus d'une année, Manuela Marques a travaillé dans des salles closes du Château de Versailles.
À l'encontre de la galerie des glaces, ici les miroirs reflètent leur propre histoire, rayures, poussières, tout est écrit pour celui qui sait décrypter leurs messages.
En 2017, ce travail a fait l'objet d'une exposition personnelle intitulée « La face cachée du soleil » au Musée Calouste Gulbenkian de Lisbonne.
Comme l'a écrit la critique d'art Rozenn Canevet : « Manuela Marques instaure ainsi une mise en abyme du réel, le composant et le recomposant jusqu'à l'émergence de cette porosité alchimique entre l'exogène et l'endogène. De là, de ces images qui se veulent fixes, on est amené à y circuler, à s'y engouffrer. « Les images sont des gouffres », nous dit Manuela Marques. Mais d'un gouffre, on ne ressort pas, on s'y perd. Or c'est bien à ces impossibles issues que l'on est confronté. Tout,
absolument tout, ne mène qu'à des impasses se jouant de l'intérieur comme de l'extérieur. »
Manuela Marques présente jusqu'au 19 mai 2019 une importante exposition personnelle au Musée de Lodève intitulée « Et le bleu du ciel dans l'ombre ». À cette occasion, une monographie au titre éponyme vient d'être publiée aux éditions Loco.

Vernissage de Manuela Marques "en surface"

Vernissage de Manuela Marques "en surface"
Lac 1, impression pigmentaire sur papier baryté, 125 x 170 cm, 2017

[16:00-20:00] Vernissage de Robert Breer "Order From Chaos That Includes Chaos"
Location:
gb agency
18, rue des Quatre Fils
75003 Paris
M° Rambuteau, Saint-Sébastien - Froissart, Arts et Métiers, Saint-Paul
France
Phone : +33 (0)1 44 78 00 60
Mail : gb@gbagency.fr
Internet Site : www.gbagency.fr
Description:
Exposition du 9 Mars au 4 Mai 2019

gb agency est heureuse de présenter Order from Chaos that Includes Chaos, 6ème exposition de Robert Breer à la galerie consacrée à une proposition implicite de l'artiste à imaginer une société bienveillante faite d'individus libres et contradictoires.
Le titre de l'exposition provient d'un texte intitulé Alphabeta, dans lequel Robert Breer (1926-2011) raconte son rapport au monde, sa vision discontinue de la réalité et sa relation à autrui. Pour Robert Breer, "La vie avance, mais de travers, pas obligatoirement tout droit [...]. C'est une illusion de croire que l'on va quelque part". Son œuvre tout entière inclut l'autre, sollicite chaque degré de notre conscience et de notre inconscience, éprouve nos seuils de perception. Order from Chaos that Includes Chaos met en lumière cette dimension sociale du travail de l'artiste aussi bien dans une approche individuelle que dans sa projection collective à l'intérieur de la société.
Artiste du mouvement, du déplacement et de la transgression, Robert Breer est toujours bien présent aujourd'hui. Humaniste, il pensait que si l'on savait reconnaître l'altérité, le monde pouvait rester harmonieux. Son regard à la fois vigilant, malicieux et doux continue de nous porter à une époque où la peur de l'autre s'intensifie.

Vernissage de Robert Breer "Order From Chaos That Includes Chaos"




[17:00-21:00] Vernissage de Timothée Talard "I hear you howling from afar"
Location:
Galerie ALB Anouk Le Bourdiec
47, rue Chapon
75003 Paris
M° Arts et Métiers, Rambuteau
France
Phone : +33 (0)1 49 96 58 09
Mobile : +33 (0)6 42 28 53 88
Mail : galeriealb@gmail.com
Internet Site : www.galeriealb.com
Description:
VERNISSAGE SAMEDI 09 MARS - 17h à 21h
EXPOSITION DU 09 MARS AU 14 AVRIL 2019
mardi - samedi 11h - 19h

Commissariat de Didier Gourvennec Ogor

"Profondément investi dans l'expérimentation et la matérialité des différents médiums utilisés, cette nouvelle série de peintures de Timothée Talard présentée pour la première fois à la galerie ALB semble être le fruit d'une véritable autopoïèse artistique. Talard en est pourtant bien la genèse. Bien loin des premiers travaux figuratifs de ses débuts et, à l'instar de nombre de ses pairs qui ont pu se lasser de la seule technicité plastique d'un ultra réalisme, avec les années, sa pratique a évolué dans une distorsion continue de la représentation pour offrir au spectateur une création sinon minimale pour le moins abstraite et la possibilité d'une contemplation à l'imaginaire diligent.

De ces nouvelles peintures, l'artiste explique : « En utilisant activement la théorie des couleurs dans la composition des toiles, par exemple en appliquant des couleurs opposées les unes à coté des autres, les œuvres émettent un effet éclatant, les couleurs semblant flotter et vibrer sous les yeux. Cette technique de couleur sur couleur, aux tonalités et aux densités changeantes, désoriente le spectateur de la proximité ou de l'éloignement des œuvres. Ici, une tension bouillonne entre immobilité et mouvement de l'image - pas seulement les vibrations agitées entre les conditions conceptuelles appariées dialectiquement abstraction / représentation, autonomie / dépendance - mais aussi le mouvement d'une image qui, longtemps regardée, semble se transformer devant l'observation du spectateur. »

Les nuances de ses peintures vibrent dans un déluge chromatique aux références libres mais maitrisées. Les modulations étonnent le spectateur par une combinaison d'échelle, de textures riches et de couleurs profondes. Bien davantage qu'à des thématiques matérielles, sociologiques ou politiques et, même évidemment esthétiques, leur inspiration semble se référer aux philosophies de l'onsiologie. Elles symbolisent pour qui veut bien se les approprier des réponses possibles à l'Être, l'essence et la substance. « [Mes] tableaux sont une surcharge d'énergie explosant sur les toiles. Elles impactent le spectateur de loin, tout en les attirant plus profondément pour un regard plus minutieux. Les tableaux semblent au départ être des dégradés traditionnels de peinture. En se rapprochant, le spectateur découvre qu'il s'agit en réalité d'une multitude de taches de couleurs mêlées, tel une plongée dans les pixels de l'image. Les œuvres sont comme des visualisations d'une expérience corporelle immersive concrétisée dans une sorte de minimalisme psychédélique. Elles évoquent une phénoménologie des sens grâce à son application méticuleuse de peinture au pistolet. »

À travers son travail, il négocie sa place dans le continuum des peintres, tout en nous invitant à (re)considérer notre vision de cet art en constante évolution. Des artistes comme Jackson Pollock et Mark Rothko, ainsi que des mouvements révolutionnaires tels que l'expressionnisme abstrait, l'optique, la peinture Colour Field, le Dripping ou d'autres invocations à l'abstraction gestuelle alimentent son travail : «[Ces nouvelles] œuvres empruntent à la fois au pointillisme et à l'expérience cinétique... » Ses compositions abstraites globales sont le reflet d'un artiste qui rend hommage à ses ancêtres, tout en innovant dans sa propre pratique.

Avec la série des lightbox également présentée dans son exposition « I hear you howling from afar » (« Je t'entends hurler de loin »), Timothée Talard renoue avec des sujets plus anciens dans ses aspirations. Ainsi en 2010, alors qu'il était encore étudiant de l'École Supérieure Nationale des Beaux-Arts de Paris, Agnès B l'avait déjà repéré à l'occasion d'un jury. Immédiatement, elle lui programmait une exposition personnelle dans son espace historique de la rue du Jour (« Sommet de l'évolution », 2010). Dans le même temps, l'immense créatrice de mode et collectionneuse éclairée commandait à Talard une série de portraits de mannequins qu'il réalisait en aquarelle, critique et éludant volontairement le seul érotisme des corps en représentation.

Par cette série de lightbox et la symbolique des panneaux publicitaires, ce que Timothée Talard nous renvoie, n'est-ce pas cette propension chez chacun d'entre nous à être partagé entre des attirances liées aux dérives du consumérisme : le culte voué aux marques, les carcans sociaux, les enseignes clignotantes, le shopping libérateur, les codes vestimentaires, le besoin d'accumulation..., et une critique indispensable d'un système élaboré qui nous asservit en tant que citoyen, en tant qu'humain ? Les messages qu'il y tague sont poétiques, comme une remise en cause nécessaire des obligations conditionnées.

Didier Gourvennec Ogor - Février 2019

Vernissage de Timothée Talard "I hear you howling from afar"





[18:00-20:00] Vernissage de Brian Calvin "Fugue"
Location:
Galerie Almine Rech
64, rue de Turenne
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart, Chemin Vert
France
Phone : +33 (0)1 45 83 71 90
Fax : +33 (0)1 45 70 91 30
Mail : contact.paris@alminerech.com
Internet Site : www.alminerech.com
Description:
9 mars - 13 avril 2019
Du mardi au samedi de 11h à 19h

« Plusieurs fois par semaine, les gens me demandent : 'Que peignez-vous ?' Et je leur réponds : 'Des gens'. Je n'ai pas cherché à créer ces personnages emblématiques : ils se sont développés lentement, au fil du temps, jusqu'à être là, tout simplement. Je suis parfois assez partagé sur l'apparence de certains d'entre eux. Ces derniers temps, j'ai l'impression qu'ils changent d'aspect, qu'ils redeviennent plus naturalistes. C'est sûr que les gros yeux, les grosses lèvres, ultra-simplifiés, ça paraît ridicule... mais ce n'était pas intentionnel. Grâce à une forme de dépouillement extrême, l'absence d'observation de personnes réelles et les va-et-vient du pinceau, mes personnages se sont affirmés, et puis j'ai voulu peindre l'univers qu'ils habitent. Je dirais que c'est l'une des raisons pour lesquelles, comme avec Wesley ou William Copley - qui m'ont influencé par la suite - ce que l'on pourrait appeler un style organique s'est développé. J'ignore pourquoi, parce qu'ils n'ont pas l'air naturel. On ne fait rien d'autre que peupler cet univers ; l'innovation et toutes ces choses proviennent de ce système fermé. C'est le contraire de ces artistes qui, tous les deux-trois ans, développent un nouveau style de trait. C'est peut-être passionnant, mais mon cerveau ne marche pas comme ça. Je continue de trouver un nouveau souffle dans la répétition, en tombant dans ce trou sans fin de connexions. » me racontait Brian Calvin il y a quelques années.

Le nouvel ensemble de peintures et de dessins qui composent sa troisième exposition à la galerie Almine Rech, et sa seconde à Paris, s'inscrit assurément dans cette logique. Les noms de John Wesley et William Copley, deux peintres du siècle passé nourris de la fin du surréalisme et des prémices du Pop Art renseignent sur les sources très diverses de cette peinture qu'il est finalement difficile de ranger dans une case. On y ajouterait sans hésitation Piero della Francesca, Matisse, Philip Guston, Balthus, Alice Neel ou Mondrian. À la fois figurative et abstraite, la peinture de Brian Calvin exprime lisiblement l'ambition de n'être ni l'une ni l'autre mais les deux à la fois. En empruntant ses stratégies picturales multiples à l'histoire de l'une et de l'autre, elle renvoie à des courants picturaux résolument variés - en vérité, à toute l'histoire de la peinture ou, à tout le moins, de ses réels inventeurs. La peinture de Calvin est une peinture qui cherche des solutions.

Calvin évoque la peinture de William Copley (1919-1996) : celui-ci fut le père de Claire Copley qui tint entre 1973 et 1977 une galerie à New York où Michael Asher réalisa en 1974 une exposition consistant en la suppression du mur séparant l'espace d'exposition de celui dédié à l'administration, ramenant en quelque sorte le premier plan et l'arrière-plan du commerce de l'art et de son exposition à un niveau de lecture identique. C'est évidemment le fruit du hasard, mais les nouvelles peintures de Brian Calvin procèdent techniquement de la même manière, en nivelant premier et arrière-plan : contrairement à la photographie la peinture n'a pas de problème de focale, par conséquent, la netteté est uniforme. Les préadolescentes au regard perdu dans un vide plus grand qu'elles ont dans ces nouvelles toiles laissé place à des visages de femmes plus matures, cadrés si près qu'il n'y a pas de hors-champs. Leurs nez très manifestement épargnés par la chirurgie esthétique forment des triangles qui structurent ces compositions, de même que les yeux qui sont autant de disques, les doigts des verticales et les ongles de ces doigts de petites surfaces colorées oblongues qui ponctuent l'ensemble. Un visage de profil au premier plan laisse apparaitre un visage de face à l'arrière-plan : les deux se superposent avec une assurance qui renvoie aux Transparences de Picabia autant qu'aux trucages de Georges Méliès - et donne parfois l'illusion du Cubisme analytique de Picasso et Braque. Calvin avait déjà expérimenté le procédé d'un cadrage très rapproché infligé aux visages de deux ou trois personnages - Group Smoke (2010), Heads See (2006), Smoke Breaking (2010) - et plus récemment dans l'exposition que lui consacra l'an passé le Metropolitan Opera de New York à l'occasion de son Così fan tutte, mais radicalise ici le « trompe l'œil » induit par ce cadrage sans situation particulière qu'indiquerait une inscription dans un paysage ou un décor.

Group Thinking (2019), l'une des peintures de l'exposition, procède de la sorte : deux personnages offrent à la composition trois yeux - bleu, vert, marron -, deux nez, trois paires de doigts et autant d'ongles bleu, vert et rose. L'œil, celui du regardeur, cette fois, peine à distinguer ce qui appartient à l'un ou l'autre des personnages et recompose en temps réel différentes possibilités de lecture - y compris celle d'une hydre moderne aux yeux triplement vairons : plus fort que David Bowie ! Il en conclut qu'il n'y a pas de représentation précise mais une composition rigoureuse. De fait, la plupart des nouvelles peintures de Brian Calvin semblent obéir à une composition qui sépare la toile en quatre parties tracées par une ligne verticale et horizontale médianes : considérer simplement la partie supérieure du tableau, ici les trois yeux, et la partie inférieure, découpée avec autant d'aplomb qu'un Barnett Newman par les verticales formées par les doigts, ponctuée par les bouches et leur modelé ; observer enfin la partie droite, puis la partie gauche qui forment chacune un visage.

C'est une dimension passionnante du travail de Brian Calvin : d'un tableau à l'autre les variations sont parfois minimes, comme s'il avait apporté à une peinture achevée quelques modifications mineures ayant des conséquences manifestes. « Pour quelqu'un dont le travail est non-représentationnel, non-figuratif, ou abstrait, ces légers ajustements paraissent très naturels. Chez Mondrian, par exemple. Mais lorsqu'on ajoute une image, ou qu'on l'emploie d'une façon qui attire l'attention, pour une raison ou une autre, le résultat est plus étrange. Il y a une étrangeté quand je procède ainsi, mais je me dis que c'est en fait ce que font aussi plein d'artistes qui ne sont pas dans la représentation » explique Calvin, qui m'avait raconté procéder, avec l'appareil photo d'un smartphone, à une documentation photographique quasi anxieuse de chaque étape d'un tableau. « À chaque étape d'un tableau, si l'on veut avancer, il faut détruire. Aujourd'hui, on peut disposer d'un nombre infini d'instantanés, ce qui me permet parfois, au fil du développement d'un tableau, de me dire "Dois-je le développer dans ce sens ? Ou dans un autre ?" » Ce faisant, Calvin explore plusieurs possibilités d'un « arbre de décision », cette représentation ramifiée des conséquences de choix multiples - comme le Bandersnatch (2018) de Black Mirror - mais en l'espèce il ne s'agit pas de donner au spectateur l'illusion de l'interactivité, mais pour l'artiste de ne pas faire d'une peinture et une seule la seule résolution possible d'un projet formel.

Le grand triptyque de presque cinq mètres de long - une forme qu'à ma connaissance Calvin n'avait encore jamais utilisée, et une dimension pareillement inédite à son œuvre - présenté dans l'exposition radicalise et développe la recherche d'un rythme interne à la surface du tableau : un élément essentiel à la compréhension de cette peinture qui flirte ici avec le format de la peinture abstraite américaine des années 60. Intitulé Fugue (2019), ce triptyque donne aussi son titre à l'exposition et confirme sa dimension rythmique ; une fugue est un genre musical qui exploite le principe de l'imitation et s'appuie sur un nombre constant de voix - chez Calvin, de personnages. Pour l'artiste, il s'agit aussi avec ce tableau hors normes, selon ses propres termes, de « ralentir le rythme de lecture » et l'ensemble de dessins qui complète l'exposition va probablement dans ce sens, avec d'autres moyens. Il a en effet repris depuis quelques années l'exercice du dessin qui avait contribué à structurer sa pratique artistique dans les années 90. Loin d'être des études préparatoires ou des esquisses, et bien qu'ils informent naturellement sa pratique de la peinture, ces dessins au pastel ajoutent aux ambitions de ses peintures - aujourd'hui essentiellement réalisées à l'acrylique - d'autres qualités et d'autres sources : Robert Crumb vient à l'esprit. Leur exécution plus spontanée semble permettre à Calvin de matérialiser d'autres branches encore de son « arbre de décision ».

Eric Troncy

Vernissage de Brian Calvin "Fugue"
Brian Calvin, Untitled, 2018
Encre et crayon de couleur sur papier - 32.4 x 42 cm
Photograph : Hugard & Vanoverschelde photography - Courtesy of the artist & Almine Rech

[18:00-21:00] Vernissage de Keith Farquhar "The real Real Marigold Hotel"
Location:
High Art
1, rue Fromentin
75009 Paris
M° Pigalle, Blanche
France
Phone : +33 (0)9 84 09 67 83
Mail : info@highart.fr
Internet Site : www.highart.fr
Description:
09.03 - 13.04.2019

Vernissage de Keith Farquhar "The real Real Marigold Hotel"

[18:00-20:00] Vernissage de Loïc Le Groumellec "Les Reposoirs de la procession"
Location:
Galerie Karsten Greve
5, rue Debelleyme
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart, Filles du Calvaire
France
Phone : +33 (0)1 42 77 19 37
Fax : +33 (0)1 42 77 05 58
Mail : galerieparis@karstengreve.fr
Internet Site : www.galerie-karsten-greve.com
Description:
9 mars - 11 mai, 2019

La Galerie Karsten Greve a le grand plaisir de présenter la nouvelle exposition du peintre français Loïc Le Groumellec. L'artiste, représenté par la galerie depuis 1989, dévoile à cette occasion une quarantaine d'œuvres inédites de la série Écritures, à laquelle il se consacre depuis 2015. À cette occasion la galerie est ravie de publier son troisième catalogue de l'artiste. Dans les salles de la galerie, les peintures à l'huile et les gouaches sur papier dialoguent avec les Chapelles/Reposoirs, architectures en bois qui accueillent son œuvre à la manière d'un corps sacré, créant une mise en scène imprégnée par la sensation d'une mystérieuse présence ésotérique.

Né en Bretagne en 1957, Loïc Le Groumellec obtient son diplôme à l'école de Beaux-Arts de Rennes en 1980. Sa recherche s'éloigne aussitôt des courants figuratifs très populaires parmi les jeunes peintres français de sa génération, séduits tant par les subcultures triviales comme la bande dessinée - c'est le cas entre autres de Robert Combas - que par les possibles hybridations entre l'iconographie pop et une peinture de style expressionniste - comme c'est le cas pour Jean-Michel Albérola. Le Groumellec au contraire choisit de réduire au maximum ses motifs et sa palette pour revenir aux origines de la création picturale. Il découvre les sites archéologiques bretons du Néolithique et reste fasciné par la simplicité formelle de leurs constructions et par l'énigme de leur fonction. Tout particulièrement les menhirs alignés du site de Carnac et les indéchiffrables incisions du cairn de l'île de Gavrinis, dans le Golfe du Morbihan, deviennent la source principale de son imaginaire. En 1983 le CAPC de Bordeaux lui achète deux tableaux que l'on considère comme le commencement et la somme de toutes ses futures recherches : une peinture de la série des Mégalithes et une deuxième de la série des Écritures, qu'il ne reprendra systématiquement qu'à partir de 2015. Les Mégalithes occuperont la quasi-totalité de la production de l'artiste pendant trente ans. Il s'agit de peintures à la laque peuplées de formes noires, élémentaires et silencieuses qui s'étalent sur un fond opalescent par lequel elles semblent être piégées. Dans ces peintures toute tridimensionnalité est bannie et l'observateur se trouve face à des formes stoïques, énigmatiques, qui s'érigent muettes devant lui.

Plus qu'une inspiration directe, les mégalithes sont pour Le Groumellec ce qu'étaient les bouteilles pour Giorgio Morandi : des prétextes issus du monde réel pour questionner le sens ultime de la peinture. Cela explique également la persistance du motif tant dans l'œuvre du maître italien que dans celle de l'artiste français. Faire et refaire le même tableau, qui n'est pourtant jamais le même, sonder toutes les possibilités et les variations infinitésimales pour arriver à l'essence de la forme. La quête d'un minimalisme sensible - où l'on peut encore profiter des imprévus du travail manuel - ainsi que d'une répétition qui n'est jamais totalement systématique, met en relation le travail de Le Groumellec avec les empreintes de pinceau réitérées de Niele Toroni, artiste auquel il fait souvent référence. L'idée de la trace revient dans la série des Écritures : sur un fond brun, qui vibre de lumière grâce aux couches de peinture diluée qui se superposent sur la toile, se profilent d'énigmatiques arches concentriques. Ces signes, provenant toujours de l'imaginaire breton, font écho aux gravures murales de la chambre funéraire mégalithique de Gavrinis, dont les archéologues ne sont pas encore parvenus à déchiffrer la nature : décor ou langage ? Ils restent donc pour nous une écriture sans code, pure forme sans signification. Toute l'œuvre de Le Groumellec porte ainsi sur le rapport de la création avec l'absence. Son imaginaire de référence est fait d'énigmes et de vides : le menhir est une construction primitive dont nous ne connaissons pas la fonction et les signes gravés du cairn breton sont les traces d'un langage qui a perdu son code, renonçant à tout pouvoir de communication.

Un grand mystère anime ainsi les œuvres de Loïc Le Groumellec. L'insondable présence des figures massives dans la série des Mégalithes ainsi que l'énergie hypnotique des nouvelles Écritures leur confèrent une grande spiritualité, qui se fait encore plus tangible dans les Chapelles/Reposoirs disséminées dans les salles de la galerie. Comme les édicules éphémères, généralement construits par les paysans, qui abritent les statues des saints à chaque étape de la Troménie de Saint Ronan (procession religieuse parmi les plus anciennes de France qui a lieu une fois par an à Locronan, en Bretagne), ces structures en bois encadrent et protègent les Écritures. L'attention aux éléments du folklore, et la volonté de les revaloriser dans leur aspect abstrait, idéal, rapproche la démarche de Le Groumellec à celle de Constantin Brancusi qui lui également utilisait les symboles de son folklore roumain dans sa recherche artistique et Brancusi est une des références majeures pour Le Groumellec. Il revient donc ici à la forme concave archétypique de la grotte ou de la cabane, qui est généralement associée au désir de préservation de ce qui est précieux et qui renvoie à une idée du sacré et de spiritualité partagée par les cultures du monde entier. Dans l'œuvre de Le Groumellec, la chapelle/reposoir sacralise non pas le tableau en tant qu'objet, mais la peinture comme symbole de la création artistique. Ces réceptacles, avec leur référence au pèlerinage, deviennent métaphores du chemin que l'artiste entreprend dans sa recherche de l'essence ultime de l'art.

Vernissage de Loïc Le Groumellec "Les Reposoirs de la procession"

Vernissage de Loïc Le Groumellec "Les Reposoirs de la procession"
Ecriture, 2018, Oil on canvas, 211 x 453 cm. Photo: David Bordes

[18:00-21:00] Vernissage de Thierry Lagalla
Location:
Galerie Thomas Bernard-Cortex Athletico
13, rue des Arquebusiers
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart
France
Phone : +33 (0)1 75 50 42 65
Mail : info@cortexathletico.com
Internet Site : www.cortexathletico.com
Description:
Lorsque les peintres arrivèrent sur place, il était malheureusement trop tard

du 9 mars au 20 avril

Vernissage de Thierry Lagalla
Le sous moi, 2017
Acrylique sur toile
55 x 46 cm

Pourquoi l'œuvre d'art doit-elle être signifiante ? Pourquoi doit-elle produire ce que notre désir en attend, c'est à dire du sens ? Pourquoi en est-il spontanément ainsi ? Parce que nous voulons nous voir, nous aspirons à nous « reconnaître ». Puisque c'est par et « pour nous » qu'est la peinture, elle ne saurait excéder « notre » désir, elle doit donc signifier et représenter. « Pas d'art sans représentation » disait Aristote, « pas d'art sans re-re-re-représentation » répond Thierry Lagalla !

Et, « Lorsque les peintres arrivèrent sur place, il était malheureusement trop tard. »

Deux tranches de pain trop grillées, brûlées, parfaitement cramées nous accueillent. Elles sont faites de résine, peintes à l'huile, d'un brun Van Dyck, magnifiques ambassadrices picturales de cette œuvre néo-classique facétieuse, sous-réaliste à l'heuristique continue. Une création qui vient usiner, affleurer le réel pour en extraire le plus fin des copeaux. Rien à voir, à faire avec le minimalisme, si répandu, qui laisse supposer que par économie d'expression une pureté, un absolu est à portée d'œuvre. Non, ça Thierry Lagalla, ça le fait sourire.

C'est ce même sourire qu'il doit arborer lorsqu'il crée à l'ombre des pâquerettes, comme il aime si bien le dire. Là, où il nous donne à voir une création à forte teneur en litote, un de monde réel créé par l'esprit qui envahit le monde des choses, une sorte de nectar claudiquant dont l'absorption transforme tout instant en un instant. La finalité absente ou au repos permet, à cette oeuvre, de porter jusqu'au bout son ingénuité et de laisser apparaître avec frivolité et grande joie la chose en soi.

Cette création réticulée qui vous attrapera, à coup sûr, par l'une ou l'autre de ses mailles ; par glissement, retournement, écho ou par ordinaire, finira pour vous faire tomber, ou plus exactement chuter dans son ivresse artistique.

Regardons, et ce n'est qu'un exemple, le cas d'une fameuse Asperge, dont le remboursement pictural créa la prodigieuse nature morte peinte par Edouard Manet. « Ce n'est pas une nature morte comme les autres", écrit Georges Bataille, "morte, elle est en même temps enjouée ». Au pied de la lettre , Lagalla s'active, maintenant l'humour natif de cette asperge entre deux socles, accompagné d'un vif encouragement : « Allez ! Issa ! Come On ! » Mais que doit-on soutenir ? L'asperge, la nature morte, le twist ? Quoiqu'il en soit, par sa forme et l'entremêlé de sa création, nous voilà, enjoué !

La peinture de Lagalla apparaît ! Elle s'affirme en renonçant aux injonctions de toute poétique. En et par elle, le visible se délivre d'être signe. Elle manifeste là sa différence radicale avec toute autre image. L'artiste y active la puissance souveraine de la forme, et celle-ci œuvre alors en nous comme activité du penser.

Pas besoin de beaucoup d'imagination pour se figurer l'artiste sautillant, jouant avec sérieux, faisant œuvre de toutes choses. C'est certainement cela qui lui fait pointer son nez dans l'abstraction avec son Nez au Géo, s'auto-auto portraitiser dans Le sous-moi, peindre, la fleur à l'oreille, la Vanité à point. De la manière vache, il y en a, lorsqu'il apostrophe la peinture avec Ò lo pintre ! Où, dans un jeu rapide et nerveux, il maintient, avec audace, la convivialité entre le superbe et le grotesque.

Dans un trompe-l'œil, permanent, et plus si affinités, nommé fuck-similé par l'artiste, il ne cesse par mimétisme de se confondre. L'original est une copie comme les autres, quel plaisir de le constater lorsqu'il grave dans le faux marbre, peint par ses soins, un MERCI et transforme ainsi l'ex-voto en ante-voto, remerciement fait, par avance, à la nature de nous avoir produit mortels et par là-même humain, voir artiste.

Enfin, imaginons Lagalla dans la nature, posant son chevalet devant le sujet et peindre, avec une tendre application, l'Usine à gaz. Allez, retirons-nous avec discrétion, laissons-le finir, préparons-nous à l'arrivée des peintres et nous allons bien voir ce que nous allons voir.

G.B.
février 2019

Vernissage de Thierry Lagalla

[18:00-20:00] Vernissage de l'exposition "EMBODIED LANDSCAPE"
Location:
Galerie Karsten Greve
5, rue Debelleyme
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart, Filles du Calvaire
France
Phone : +33 (0)1 42 77 19 37
Fax : +33 (0)1 42 77 05 58
Mail : galerieparis@karstengreve.fr
Internet Site : www.galerie-karsten-greve.com
Description:
9 mars - 11 mai, 2019

"Gideon Rubin, Georgia Russell,
Sergio Vega, Lawrence Carroll,
Ma Jun, Thomas Brummett
and Raúl Illaramendi"

[18:00-21:00] Vernissage de l'exposition "L'abstraction en peinture"
Location:
Galerie Libre Est L'Art
52, rue Notre Dame de Nazareth
75003 Paris
M° Temple, République
France
Mobile : +33 (0)6 50 53 34 40
Mail : galerie.libre_est_lart@yahoo.com
Internet Site : www.galerie-libre-est-lart.com
Description:
Vernissage de l'exposition "L'abstraction en peinture"

[18:30-21:00] Vernissage de Yamina Haouachi
Location:
Centre Culturel Algérien
171, rue de la Croix-Nivert
75015 Paris
M° Boucicault
France
Phone : +33 (0)1 45 54 95 31
Fax : +33 (0)1 44 26 30 90
Mail : contact@cca-paris.com
Internet Site : www.cca-paris.com
Description:
"L'Algérie antique et éternelle dans les veines"
exposition de peintures et œuvres en Mosaïque de Yamina Haouachi

Vernissage samedi 09 mars 2019 à 18h30
Ouverte du 09 au 30 mars 2019

L'artiste Yamina Haouachi a grandi à Marseille, mais elle porte son Algérie natale dans les veines. Le Centre Culturel Algérien met à l'honneur ses œuvres, fruit de plus de vingt années de travail dans les techniques les plus diverses : mosaïque, peinture à l'huile, aquarelle et gravure. Un hommage public enfin rendu à cette artiste discrète et passionnée, qui renoue par l'art avec la terre de ses ancêtres. Tout a commencé par les tapis berbères... Il y a vingt-cinq ans, Yamina, qui est née dans les Aurès dans une famille qui avait des terres et des moutons, décide de retrouver les gestes des femmes de son pays natal : dans son appartement, elle installe un grand métier à tisser et se met à tisser des tapis de laine aux motifs berbères. La passion de la couleur et de la création est déjà là, qui s'épanouira plus tard en peinture... « A onze ans je suis retournée en Algérie, et là-bas toutes les femmes de ma famille tissent. Une de mes tantes m'a assise à côté d'elle, et m'a montré les gestes... », raconte l'artiste au contact chaleureux et au regard pétillant.

Mais ce retour aux origines, Yamina l'avait déjà initié alors que, étudiante d'une vingtaine d'années, diplômée en géologie de l'Université d'Aix-Marseille par passion de la Nature, elle avait décidé de poursuivre ses études... en étudiant l'arabe. Elle était alors partie en Egypte, où l'Université d'Aix offrait un programme intensif d'apprentissage de l'arabe. Le programme durait deux ans, mais Yamina restera au Caire... dix ans, heureuse dans cet Orient retrouvé, et elle en reviendra totalement bilingue. Après les tapis, Yamina cette passionnée de géologie et de pierres décide de se mettre à la mosaïque : en taillant patiemment en petites tesselles, le marbre, le granite ou le basalte, elle retrouve les gestes des artisans qui ont créé les superbes mosaïques de Tipasa ou de Cherchel, à l'époque où l'Algérie était romaine...Les œuvres en mosaïque, qui portent toutes les nuances d'ivoire, de gris, mais aussi, étonnamment, de verts, de bleus, de jaunes ou de rouges, donnent bientôt lieu à des œuvres plus colorées tels que portraits et fleurs, pour culminer en une spectaculaire « Vénus noire », de grand format, fruit de deux années de travail, hommage à la terre-mère d'Afrique... Yamina, passionnée d'histoire de l'art, et dont la bibliothèque personnelle compte des volumes précieux parfois épuisés, chinés dans les librairies spécialisées, se met ensuite à explorer d'autres techniques, comme l'aquarelle, la peinture à l'huile et la gravure, allant jusqu'à installer une presse à graver dans son atelier... « Pour exprimer les sensations fortes que m'offre la Nature, j'avais besoin de plus de couleurs, de nuances et d'intensité », explique l'artiste, dont le passe-temps favori sont les grandes balades dans la Nature. Cette passion pour la Nature, d'où lui vient-elle ? Emue, Yamina raconte : « Mon père était un paysan et un berger, mais il était poète quand, petite fille, il me parlait des collines des Aurès, de la terre et de ses moutons. Il me parlait aussi de son cheval : il avait un beau cheval, qu'il adorait... Il avait tout laissé en Algérie... Et moi petite fille à Marseille, le jeudi j'aimais partir gambader dans les collines alentour, il y avait encore des champs cultivés, et il me semblait vivre les mêmes impressions... ». Ce père disparu, qui a transmis à sa fille l'amour de la Nature et de la contemplation, Yamina l'a immortalisé en peinture pour l'éternité, avec son visage calme, où effleure comme un souffle de tristesse.../Nadia Khouri-Dagher, journaliste/écrivain

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