Friday, June 19, 2020
Public Access


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Category: All

19
June 2020
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  Exposition "Bêtes de scène"
Location:
Espace Monte-Cristo
Fondation Villa Datris Paris
9, rue Monte-Cristo
75020 Paris
M° Alexandre Dumas
France
Phone : +33 (0)1 48 17 60 60
Mail : montecristo@fondationvilladatris.com
Internet Site : www.fondationvilladatris.com
Description:
Vernissage de l'exposition "Bêtes de scène"

Du 14 mars au 12 juillet 2020
Prolongation de l'exposition du 2 septembre au 20 décembre 2020
Du mercredi au dimanche de 11:00 à 18:30

Entrée libre : gratuit

Commissariat d'exposition et scénographie :
Pauline Ruiz et Jules Fourtine

« L'art ne cesse pas d'être hanté par l'animal. »
Gilles Deleuze et Félix Guattari


Pour la troisième année consécutive, l'Espace Monte-Cristo présente à Paris les nouvelles acquisitions de la Collection Fondation Villa Datris (située à L'Isle-sur-la-Sorgue dans le Luberon).
Bêtes de scène à Paris ! Les animaux dans la sculpture contemporaine revisite dans une nouvelle scénographie l'exposition qui a réuni plus de 51 000 visiteurs à l'Isle-sur-la-Sorgue en 2019.
À travers la sélection de 57 sculptures de 29 artistes français et internationaux, elle pose un regard artistique contemporain sur l'animal : de la beauté sauvage à la bête qui sommeille en nous.


Ils nous surprennent, nous font rire, nous agacent et nous émeuvent. Véritables bêtes de scène toujours prêtes à faire le show, les animaux sont une source inépuisable d'inspiration pour les artistes. Pour s'en convaincre, il suffit de faire un tour à la Fondation Villa Datris, qui présente en ce moment 57 sculptures réalisées par 29 artistes contemporains français et internationaux en hommage à ces drôles de bestioles.

Lapin aux aguets de Françoise Pétrovitch, albatros en néons lumineux du collectif Art Orienté Objet, renard blessé de Pascal Bernier, louve folklorique de Katia Bourdarel ... Les animaux sont représentés ici sous toutes leurs coutures. Certains s'inspirent de la mythologie et des récits fondateurs - Kate MccGwire et son serpent à plume rappelant le Quetzalcoatl mésoaméricain, Evert Lindfors revisitant l'Arche de Noé -, d'autres s'intéressent à la frontière entre animalité et domesticité, comme Sébastien Gouju qui imagine une pieuvre vivant dans une salle de bain !

Laurent Perbos joue la carte de l'originalité et de l'humour en affublant un petit oiseau d'une cagoule de catcheur mexicain tandis que Samuel Rousseau revisite les peintures rupestres préhistoriques. Autant d'initiatives surprenantes qui nous invitent à reconsidérer notre rapport avec les animaux.

Vernissage de l'exposition "Bêtes de scène"
Art orienté objet, Albatros, 2017, Collection Fondation Villa Datris
©Franck Couvreur

Vernissage de l'exposition "Bêtes de scène"
Kate MccGWIRE, Paradox, 2019, Collection Fondation Villa Datris
©JP Bland-détail

Vernissage de l'exposition "Bêtes de scène"
Katia Bourdarel, Je suis une louve, 2012, Collection Fondation Villa Datris
© Bourdarel, Paris 2019 Photo Aeroplastics, Bruxelles

Vernissage de l'exposition "Bêtes de scène"
Laurent Perbos - Inséparables, rouge gorge et canaris 2014
© Galerie Baudoin / Photographie Jacques Penon et Michel Erlich

Vernissage de l'exposition "Bêtes de scène"
Laurent PERBOS, De Marbre et d'or, 2005
© Galerie Baudoin Lebon / Raphaël Chipault

Vernissage de l'exposition "Bêtes de scène"
Laurent Perbos, Sans titre (Lucha Libre), 2017
© Baudoin Lebon / Photographie Laurent Perbos

Vernissage de l'exposition "Bêtes de scène"
Laurent Perbos, The Birds, 2012
© Galerie Baudoin Lebon / Laurent Perbos, détail

Vernissage de l'exposition "Bêtes de scène"
Pascal BERNIER, Accident de chasse (renard), Collection Fondation Villa Datris
©Eric de Ville ©Pascal Bernier_ADAGP, Paris 2019

08:00  
09:00  
10:00  
11:00 [11:00-20:00] Inauguration du nouvel espace - Vernissage de Stefan Rinck
Location:
Semiose galerie-éditions
44, rue Quincampoix
fond de cour
75004 Paris
M° Rambuteau, Etienne Marcel
France
Phone : +33 (0)9 79 26 16 38
Mail : info@semiose.com
Internet Site : www.semiose.com
Description:
Project Room

19 juin - 1 août 2020

Poursuivant l'idée d'un lieu expérimental ouvert à des projets ponctuels, le Project Space de la rue Chapon se transforme en une Project Room à la nouvelle adresse rue Quincampoix.

Placée à l'entrée de la galerie, faisant office de vestibule, la Project Room et ses quelques mètres carrés gratifie les visiteurs d'un accueil préliminaire, avant de découvrir les vastes salles d'exposition de la galerie. Souple et réactive, la programmation dans cet espace se focalise sur une seule œuvre ou un très petit ensemble, signé indifféremment par un artiste invité ou représenté par la galerie.


Les Crocodiles de Stefan Rinck remontent très loin dans le passé, inspirés par des mythes reculés. Animal aussi fascinant que redouté, le crocodile constitue le sujet de nombreuses légendes, que l'on songe à Crocodilopolis, ville de l'Égypte antique vénérant le dieu à tête de crocodile Sobek, ou au cruel empereur romain Héliogabale qui élevait un crocodile comme animal de compagnie. Stylisée par Stefan Rinck en une créature à la verve fantastique, la sculpture résulte d'une patiente technique de taille directe, qui implique une certaine relation à la matière, au geste, à l'outil.

Au travers de ce sujet et de sa traduction en un marbre blanc tiré des entrailles de la terre, Rinck entrelace des récits de diverses origines et suggère une relecture des temps et du monde à l'échelle géologique.

Inauguration du nouvel espace - Vernissage de Stefan Rinck
Photo A. Mole. Courtesy Semiose, Paris

[11:00-20:00] Inauguration du nouvel espace - Vernissage de Szabolcs Bozó "Big Bang"
Location:
Semiose galerie-éditions
44, rue Quincampoix
fond de cour
75004 Paris
M° Rambuteau, Etienne Marcel
France
Phone : +33 (0)9 79 26 16 38
Mail : info@semiose.com
Internet Site : www.semiose.com
Description:
19 juin - 1 août 2020

La galerie Semiose inaugure les 19 et 20 juin avec l'exposition Big Bang de Szabolcs Bozó son nouvel espace au 44 rue Quincampoix, adresse historique qui aura vu se succéder les galeries de Jean Fournier et agnès b.

Inauguration du nouvel espace - Vernissage de Szabolcs Bozó "Big Bang"
Szabolcs Bozó, Back to back, 2020
Acrylique et pastel sur toile, 160 x 130 cm / 63 x 51 1/8 inches
Photo A. Mole. Courtesy Semiose, Paris.

La galerie Semiose inaugure son nouvel espace, rue Quincampoix, avec une exposition personnelle de Szabolcs Bozó, jeune artiste hongrois vivant aujourd'hui à Londres. Une présentation haute en couleurs qui n'en recèle pas moins une certaine ambiguïté.

"À quoi sert l'art, que peut-il, quelle est sa finalité ? Ce sont le genre de questions oiseuses dont on discute en temps normal, mais de la situation d'où j'écris ces mots - à New York, après un peu plus d'une semaine de confinement imposé par la pandémie galopante de COVID-19 -, elles prennent une nouvelle résonance. Au regard du contexte, les peintures diablement originales de Szabolcs Bozó deviennent soudain un antidote au bruit de fond anxiogène du quotidien ; quand ce que l'on peut attendre, ou même exiger, de l'art est simplement une affirmation de notre propre vitalité, une déclaration ardente de persévérance au beau milieu de l'absurdité et de la peur."
- Scott Indrisek

Inauguration du nouvel espace - Vernissage de Szabolcs Bozó "Big Bang"
Szabolcs Bozó, I'm a Dino, 2020
Acrylique et pastel sur toile - 160 x 130 cm
Courtesy Semiose, Paris

L'œuvre de Bozó est tellement de choses. Elle est absurde, maladroite, gaie, précieuse, pressée d'être aimée, si ce n'est carrément d'être cajolée - mais aussi parfaitement sérieuse dans ses ambitions picturales, dans le sens où elle traduit et élève le geste intuitif, presque enfantin. Je ne suis pas surpris que Bozó situe l'origine de son inspiration non pas dans des théories artistiques académiques, mais plutôt dans son expérience personnelle. En termes de style, il fait un clin d'œil à ses années adolescentes, passées à perfectionner sa technique de breakdance : « J'ai toujours aimé voir quelqu'un exécuter une figure particulièrement difficile, et donner l'impression de le faire sans effort et simplement. » Quant à savoir pourquoi il peint des animaux fantastiques plutôt que des êtres humains ? Par le passé, Bozó était barman à Londres, et comme tous les boulots de service, ça impliquait d'être exposé à des demandes capricieuses et des attitudes hostiles. C'était tentant, dans son art, de laisser tout cela derrière - de s'inventer un monde en dehors de celui-ci, un endroit où ce type de mesquineries n'existent tout simplement pas.

Inauguration du nouvel espace - Vernissage de Szabolcs Bozó "Big Bang"
Szabolcs Bozó, Trip to Marylebone, 2020
Acrylique, encre et pastel sur toile - 160 x 130 cm
Photo : A. Mole Courtesy Semiose, Paris

Szabolcs Bozó est un artiste hongrois né en 1992 qui vit et travaille à Londres. Il est régulièrement invité en résidence notamment à la L21 x Camper Foundation à Palma en Espagne en 2018 et à Los Angeles en 2020. Ses œuvres ont été exposées dans des foires d'art à l'instar de ARCO Madrid en 2019. L'exposition que lui consacre la galerie Semiose est la première en France.

Bozó fait partie d'une jeune garde d'artistes qui, par nostalgie ou simple liberté, regardent à nouveau l'esthétique des images dessinées par ou pour, les enfants. Sous cet aspect, il a des sympathies évidentes pour des peintres comme Brian Belott, Leonhard Hurlzmeier, ou peut-être Robert Nava. Mais alors que les autres artistes peuvent s'approprier certains styles à d'autres fins - introduire subrepticement des messages politiques codés ou des ruminations sur la violence de tous les jours - la pratique de Bozó me touche comme plus pure en un certain sens, sans motivations cachées. Canetons, ours, dinosaures, et autres créatures plus ou moins identifiées sourient, remuent et tracent leur chemin en travers du tableau. Ils roulent dans d'étranges véhicules ou, dans certains cas, joignent leurs efforts pour créer de tout nouveaux modes de transport. Que demander de plus, à l'heure actuelle, que des images d'une si joyeuse coopération ?

Inauguration du nouvel espace - Vernissage de Szabolcs Bozó "Big Bang"
Szabolcs Bozó, Ottó, 2020
Acrylique, encre et pastel sur toile - 160 x 130 cm
Photo : A. Mole Courtesy Semiose, Paris

Dans une autre série de peintures de grand format, qui tendent à être plus monochromes, un tourbillon de faces et figures sont enchevêtrées ensemble - une confusion d'yeux, de nez, de sourires. Ces attributs individuels deviennent joyeusement inextricables et il est impossible de distinguer où commence l'une de ces bestioles et où finit l'autre.

Ailleurs, des protagonistes isolés dandinent et se pavanent devant des fonds presque vierges, parfois légèrement ternis d'une tache ou d'une goutte de peinture. Dans l'atelier, Bozó dispose ses toiles au sol, remplissant ses figures comme les personnages d'un « cahier de coloriage géant ». Plutôt que d'appliquer de régulières et solides surfaces de pigment, il opte pour un geste lâche. Ainsi, la peau verte d'un éléphant ou la chair bleu d'un poulpe, deviennent bigarrées, chaque centimètre un jeu abstrait de chance et de motif.

Je ne peux penser à une meilleure compagnie que la joviale ménagerie de cet artiste. En définitive, Bozó trouve la manière de joindre l'intensité de la peinture sérieuse avec une innocence sans prétention et sans filtre : ou quand les dessins rupestres des grottes préhistoriques rencontrent en même temps Joe Bradley et les délicieuses illustrations pour enfants de Roger Hargreaves. Et c'est assez pour faire sourire même le plus grincheux des pingouins.

Scott Indrisek
Scott Indrisek est auteur et vit à Brooklyn. Il a été par le passé rédacteur en chef du magazine Modern Painters et rédacteur adjoint de Artsy. Ses écrits sont apparus ou paraissent dans GQ US, The Believer, Artforum, Garage, Bookforum et dans diverses autres publications. Il est également co-fondateur de Teen Party, un espace d'exposition dans un appartement de Bed-Stuy, Brooklyn, qui a été actif de 2016 à 2019.

Inauguration du nouvel espace - Vernissage de Szabolcs Bozó "Big Bang"


[12:00-20:00] Vernissage de Louis Granet "Monde miracle"
Location:
Gilles Drouault galerie/multiples
Galerie de Multiples, GDM
17, rue Saint-Gilles
75003 Paris
M° Chemin Vert
France
Phone : +33 (0)1 48 87 21 77
Fax : +33 (0)1 48 87 21 77
Mail : contact@galeriedemultiples.com
Internet Site : www.galeriedemultiples.com
Description:
Du 19 juin au 31 juillet

Artiste prolifique, tendu et concentré, Louis Granet, malgré son jeune âge (28 ans) poursuit une carrière internationale intense. Pour la seule année 2020 - dont on connaît les difficultés... - il a exposé à la Neumann Wolfson Art gallery, New-york pour un solo show, à la Zidoun-Bossuyt Gallery au Luxembourg, à la Cuturi Gallery de Singapour, à Untitled Art Fair, San Francisco, Art Dubai Artfair 2020, Scope Art Fair, New-York... et réalisé une peinture murale à la défense dans le cadre de Projet Art Affaires - Quartier de La Défense, commission 2020. Les amateurs d'art ont déjà pu découvrir son travail à Paris et apprécié son style dense et affirmé. Louis Granet a en effet participé à différentes expositions de groupe, à la galerie Triple V, aux Magasins Généraux, à la Monnaie de Paris et ailleurs. Et nous sommes particulièrement fiers de présenter le premier solo show de Louis Granet à Paris.

Vernissage de Louis Granet "Monde miracle"

Louis Granet, Monde Miracle

You can learn a lot of things from the flowers,
For especially in the month of June.
There's a wealth of happiness and romance,
All in the golden afternoon...1

À porter un regard de myope sur l'histoire de l'art (ce si doux regard qui embrasse alentour mais renonce au lointain), nous trouverons une généalogie qui liera Louis Granet à une ascendance récente. Les collages picturaux de James Rosenquist, par exemple, saisissent des objets de la banalité moderne comme autant d'ironiques mythologies barthesiennes2, avant de les réunir dans une narration inquiétante.
L'œuvre de Rosenquist, comme plus tard celle de David Salle, est un hymne au monde moderne mais avec l'idée que cette modernité là, de consommation effrénée et de légèreté désaffectée, peut à tout moment se retourner contre ses contemporains. Un pop-modernisme dont la version cinématographique serait Christine de John Carpenter : la plus belle des rutilantes voitures, symbole de la perfection esthético-technique, ne supporte pas, et enrage jusqu'à la haine et le meurtre, de n'être pas le seul objet de désir.
Ce moment de l'histoire de l'art précède les peintures de Louis Granet et lui ouvre un chemin demeuré vierge. Les héritiers du pop ayant en effet préféré sillonner jusqu'à épuisement la culture de masse et exploiter les produits de l'infantilisation. Ce que contient d'inquiétant la culture mondialisée, et aseptisée jusqu'au morbide, n'est plus perceptible, dans la culture post-pop, que comme lecture au 3 ème degré. Et seulement avec une indulgence, parfois naïve, qui consiste à voir dans la promotion de l'insignifiance, sa dénonciation.
Il y a, à l'inverse, dans les peintures de Louis Granet la claire conscience de la menace et de l'agressivité latente des objets soumis au plaisir et à la consommation.

Mais loin des voitures et des redoutables objets de désirs, le regard du presbyte percevra au loin les décors et les paysages d'où semble éclore l'œuvre de Louis Granet. Et comme figure imposante de mentor disparu, Matisse nous indique ce que les recherches de Louis Granet renseigne de nos décors contemporains.
Les scènes domestiques, avec ses tapis, ses tapisseries, ses papiers peints et ses soiries, abondent dans l'œuvre de Matisse. Ses surcharges de motifs et de couleurs brisent la perspective et troublent la perception. Mais une fois trouvée la bonne focale, rien de plus stable que cet univers qui emprunte au quotidien qui l'entoure les accessoires d'un monde plus serein, plus épanoui, qui reste à créer.
Il n'y a rien de plus important que le décor quand il s'agit de le défaire, de le déchirer à force de le tendre ou, comme ici, de l'applatir en le privant de perspective...
Le décoratif s'ouvre alors à ce qui n'est pas lui-même, ce qui s'épanouit sans être maîtrisé : les émotions, les affects, les désirs.
Quant au motif décoratif, qu'il se répète ou se disloque dans les tentures ou dans les nappes, il est un signe conceptuel à partir duquel la pensée peut tenter de se saisir elle-même.

Louis Granet emprunte à Matisse la surcharge de couleurs et de motifs. Il impose des points de vue qui ne sont pas immédiatement perceptibles, comme il dessine une perspective visible mais qui n'ordonne pas la peinture. Elle apparaît comme un effet de juxtaposition, non comme une direction. Surtout, il recueille et protège l'enseignement précieux : le motif, pour être opérant, ne doit pas être un prétexte mais une fin.
La peinture de Louis Granet ne cherche aucune illusion, ni ne fait référence à aucun «extérieur» réel. Ces cadrages serrés appellent avec force un hors-champs. Mais il s'agit d'un hors-champs mental. Hors-champs qui se déploie et se dévoile peu à peu pour qui suit l'évolution de son travail.
Pas plus que ses prédecesseurs proches ou lointains, Granet ne nous montre le monde tel qu'il est. Prétention qui est d'ailleurs une aporie tragique. Il exagère le monde, à l'aide d'une peinture sous tension. Il réorganise le chaos dans des toiles surchagées. Un monde repus d'objets, de signes et de messages. Au fil du temps, l'artiste envahit et sature ses œuvres de couleurs, de motifs, de symboles. Un trop plein de signifiants dont on ne peut plus espérer une signifiaction. Un monde de couleurs souvent criardes et de détails d'une réalité sur-signifiante. Signifiante jusqu'au non-sens. Et peu importe la langue des mots peints, la signification des symboles, l'usage des objets, tout s'empile dans ce flux initerrompu. Mais quelquefois un objet émerge du flot continu.

Guignol surgit de son théatre, affublé d'un diable grimaçant, et cotoîe un jeu de cartes qui disparaît sous un sac TATI. Les marionnettes reposent impuissantes et silencieuses, s'offrant à toutes les interprétations, tous les souvenirs et tous les fantasmes. Guignol a-t-il pactisé avec le diable, misé son âme à bas prix dans un jeu de cartes aux régles pipées ? Ou bien a t'il triomphé une fois de plus du diable, il y a quelques heures ou quelques minutes, en le bastonnant sans peur des représailles.
Ailleurs c'est une poupée désarticulée qui domine la scène. Elle est posée sur un sac d'objets divers, rebus destinés à la poubelle ou jouets rescapés d'un vide-grenier en attente d'une seconde vie.

Une série de tableaux urbains prend pour sujet les grillages de balisage de chantiers, oranges et souples. Ces filets se déchirent ou flottent dans les paysages du peintre. Toute une série de grilles malmenées par le temps et les intempéries. Un symbole de modernité, révélé et décrit par Rosalind Krauss3, qui se défait mais s'impose comme étude obligée. Et cette grille en glissant, emportée par le vent, laisse paraître la nature, quelques feuilles d'automne éparpillées sur le sol, ou bien côtoie des foulards imprimés de monuments historiques destinés aux touristes.
Les grilles préservent encore une modernité par définition toujours en chantier mais ne peuvent plus l'isoler d'une nature tourmentée ni des turbulences d'un kitch-phœnix.

Il n'y a pas de jugement dans la peinture de Louis Granet, mais une inquiétude. Ses peintures ressemblent au monde contemporain, un monde plein, dense, rapide, s'étendant à chaque instant, et dont on redoute le devenir...
Mais il y a une vraie joie aussi. Et une sérénité, fragile mais apparente. Guignol est apaisé, libéré des contes et des morales de ses marionnetistes, allongé près du diable inanimé, tous deux complices d'un conte de paix. La poupée quant à elle est dans l'attente alanguie d'une nouvelle attention qui lui redonnera vie.

Pour Monde Miracle, Louis Granet a peint une série de tableaux de fleurs. Motif récurrent de sa peinture, mais c'est sa première exposition exclusivement florale.
Il y a dans ces toiles, comme d'habitude, un effet de saturation.
C'est que le cadre est une fois de plus très serré autour de son sujet, comme un gros plan sur différents bouquets. Avec très peu d'espace entre l'objet de la toile et son spectateur.
Le point de vue est en plongée, selon un angle difficile à définir.
Notre regard est happé par les toiles. La variété des fleurs, la multiplicité des formes, des pétales, des feuilles et des tiges, la multitudes des couleurs, des bleus, des verts, des jaunes, des rouges, donnent à chaque toile une richesse insensée.
Pour l'exposition, Louis Granet a réalisé un dyptique. Se déversent de ces deux toiles, des flots de fleurs jaillissant de fonds abstraits de couleurs, avec une joie démesurée et une folie assumée. L'inquiétude générée parfois par la densité est absente de ce dyptique pourtant comblé. Est-ce l'effet des applats de couleurs vives qui en donnant à voir distinctement comme fond la planeïté de la toile, apaise l'œuvre et libère le regard du vertige habituel ? Ou bien le choix des couleurs, claires et lumineuses ? Dans tous les cas, pour dense qu'elle soit, cette dernière œuvre de l'artiste est sans tourment.

Le titre de l'exposition, choisi par l'artiste, ne pouvait pas mieux rendre compte de cette série d'œuvres. C'est un Monde Miracle, un univers offert qui tient autant du prodige que du mystère.
Et la date de cette exposition ne pouvait pas être mieux choisie. Ce que nous venons tous de vivre, de façon forcément un peu confuse, ce que nous venons de traverser et que nous ne comprenons pas encore tout à fait, nous persuade pourtant déjà, que nous avons énormément à apprendre des fleurs...

We can learn a lot of things from the flowers,
For especially in the month of June.

Gilles Drouault

1. Paroles de la Chanson des fleurs dans Alice au pays des merveilles de Walt Disney.
All in the golden afternoon est le titre d'un poème de Lewis Caroll, préface de son livre Alice in Wonderland. Mais dans l'adaptation que fait Disney du livre, les paroles de la chanson All in the golden afternoon, ne reprennent pas, en dehors du titre, les mots du poème.
2. Roland Barthes, Mythologies, Édition du Seuil, 1957
3. Rosalind Krauss, Grilles, in L'originalité de l'avant-garde et autres mythes modernistes, Macula.








[18:00-21:00] Lancement de Graffiti Art Magazine #50
Location:
Fluctuart
2, Port du Gros Caillou
en aval et au pied du Pont des Invalides
75007 Paris
M° Invalides
France
Phone : +33 (0)7 67 02 44 37
Internet Site : www.fluctuart.fr
Description:
Le Grand Jeu est heureux d'accueillir l'équipe de Graffiti Art magazine, l'un des partenaires de Fluctuart pour le lancement du numéro 50 du magazine.

GRAFFITI ART MAGAZINE

Graffiti Art Magazine est aujourd'hui le leader incontesté de la presse dédiée à l'Art Contemporain Urbain.
Reconnu par les artistes et les galeries, Graffiti Art Magazine est le parfait trait d'union entre la création, les amoureux de l'Art Contemporain Urbain et les collectionneurs.
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LE NUMÉRO

Street Art is beautiful !
Ensemble, nous traverserons la crise... Tous, nous sommes impatients de retrouver de la normalité dans nos ateliers, nos galeries, nos festivals, nos créations... Les tumultes récents ont créé de nouveaux élans de solidarité et de créativité. Et si nous avions pu éviter cela, nombre d'œuvres semblent a posteriori prémonitoires. Tels des Cassandres, de nombreux artistes se sont époumonés sans que leurs messages ne soient compris. Nous explorerons les signaux que nous avons ignorés.
Les racines du Street Art plongent dans l'activisme et la contestation, dans l'Underground et la démonstration, dans l'esprit communautaire et les cultures Hip Hop et Punk. Un retour sur les connexions entre Musique et Street Art était nécessaire. Nos péripéties nous amènent aussi à redécouvrir Paris, capitale du Street Art, de ses catacombes à ses murs monumentaux et Wynwood avec son arc-en-ciel de couleurs. Deux destinations où le Street Art prend des modes d'expression différents, mais les ADN sont plus convergents que certains ne le pensent. Les univers proposés par le 1UP Crew, les « géomètres coloristes » JonOne et HoxxoH, les intimistes Sainer et Henrik Uldalen et le réaliste Odeith donnent toute la diversité et leurs lettres de noblesse à l'Art Contemporain Urbain.

Lancement de Graffiti Art Magazine #50

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