Saturday, November 18, 2017
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18
November 2017
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  Exposition "Femininities - Guy Bourdin"
Location:
Maison Chloé
28, rue de la Baume
5, avenue Percier
75008 Paris
M° Miromesnil
France
Phone : +33 (0)1 44 94 33 33
Internet Site : www.chloe.com/fr/labaume/index
Description:
du 4 juillet au 6 septembre 2017, puis du 18 octobre au 18 novembre
Horaires : 11h30 - 18h30
Visite gratuite sur réservation préalable sur www.chloe.com/bourdin

Chloé dévoile un nouvel espace culturel : la Maison Chloé. Situé à quelques pas de son siège parisien, cet immeuble haussmannien accueillera tout au long de l'année les expressions de différentes féminités, avec un programme d'expositions et d'événements mettant à l'honneur 65 ans de créations et d'histoires, de la fondatrice de la maison, Gaby Aghion, aux filles Chloé d'aujourd'hui. Ces expressions artistiques donneront vie à cette féminité unique célébrée par Chloé et refléteront la mission qui a toujours été celle de la maison : donner aux femmes la liberté d'oser être elles-mêmes.

« Chloé a toujours cru en une féminité naturelle. A la fois chic et désinvolte, une attitude qui place Chloé à l'intersection du savoir-faire de la couture parisienne et du savoir-être de la jeunesse - qui fait de Chloé une marque unique », précise Geoffroy de la Bourdonnaye, Président de Chloé.

A l'occasion de l'inauguration de la Maison Chloé, le 2 juillet 2017, Judith Clark, commissaire d'exposition et scénographe de renom, a créé un parcours singulier. Grâce à une circulation originale conduisant de l'entrée rue de La Baume aux showrooms, ou des salons VIP au patrimoine situé au cinquième étage ; mais aussi au gré d'une sélection riche d'objets, vêtements et photographies retraçant sept décennies de mode, les visiteurs pourront s'immerger dans l'univers de la fille Chloé.

Pour sa première exposition temporaire, la Maison Chloé met à l'honneur Guy Bourdin. Un lien particulier les unit. Le photographe français a en effet créé le plus grand nombre d'éditoriaux de mode mettant en lumière les créations Chloé. Par un jeu de mise en scène habile, Judith Clark oppose deux types de féminité, soulignant le contraste entre les images explosives et controversées de l'un des principaux photographes de mode et les vêtements au chic bohème représentés dans ces mêmes images. Avec ces photographies et ces pièces d'archives inédites, l'exposition offrira un nouveau regard sur l'œuvre de Guy Bourdin.

« J'adore l'idée que dans une salle les gens découvrent des pièces extraites des archives », dit Judith Clark, « puis que ces objets 'débordent' dans la salle à côté et conduisent le visiteur vers une galerie emplie de magnifiques tirages. La robe Chloé se faufile dans l'histoire mais aussi à travers le bâtiment, qui lui-même donne l'impression d'être habité par le regard unique de Guy Bourdin. »

L'exposition trouve son point de départ dans une salle baptisée « Chloé Girls - The Anthology A-Z », une installation permanente conçue à partir des créations iconiques de la maison. L'histoire commence en 1952, lorsque Gaby Aghion fonde une maison dédiée au prêt-à-porter de luxe et invente une attitude qui allie joie de vivre, audace, liberté et élégance.
Cette installation interactive pensée par Judith Clark, associe de manière ludique des objets de la fondatrice aux créations des directeurs artistiques qui ont œuvré chez Chloé : une photo de Gaby sautant au milieu des dunes du désert égyptien est placée non loin du fameux « maillot de bain ananas » signé Stella McCartney. Ailleurs, un motif peint sur les murs de la cuisine de Gaby vient trouver sa place près d'un croquis noir et blanc de Karl Lagerfeld.

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"
01. Guy Bourdin, Paris Vogue 1975, Chloé Autumn-Winter 1975 collection

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"
02. Guy Bourdin, Paris Vogue 1973, Chloé Spring-Summer 1973 collection

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"
Guy Bourdin, Vogue Paris 1979 - Chloé collection printemps-été 1979 ©The Guy Bourdin Estate, 2017 / Courtesy A + C

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"
Guy Bourdin, Vogue Paris 1971, Chloé collection automne-hiver 1971 ©The Guy Bourdin Estate, 2017 / Courtesy A + C

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"
Guy Bourdin, Vogue Paris 1970, Chloé collection printemps-été 1970 ©The Guy Bourdin Estate, 2017 / Courtesy A + C

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"

Exposition "Femininities - Guy Bourdin"
Guy Bourdin, Vogue Paris 1956, Chloé collection printemps-été 1956 ©The Guy Bourdin Estate, 2017 / Courtesy A + C

Exposition de Claire Morgan "Perpetually at the Centre"
Location:
Galerie Karsten Greve
5, rue Debelleyme
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart, Filles du Calvaire
France
Phone : +33 (0)1 42 77 19 37
Fax : +33 (0)1 42 77 05 58
Mail : galerieparis@karstengreve.fr
Internet Site : www.galerie-karsten-greve.com
Description:
14 octobre - 23 décembre 2017

Être un naufragé, c'est être un point au milieu d'un cercle, perpétuellement. [...] Quand vous élevez le regard, vous vous demandez parfois [...] s'il n'y aurait pas quelqu'un d'exactement comme vous qui élève lui aussi le regard, lui aussi coincé dans cette géométrie, lui aussi en train de lutter contre la peur, la rage, la folie, la désespérance et l'apathie.
L'histoire de Pi, Yann Martel

La Galerie Karsten Greve a le plaisir de présenter Perpetually at the Centre, nouvelle exposition de Claire Morgan. Plasticienne d'origine irlandaise, elle est parmi les plus recherchés et talentueux artistes de la scène internationale. Cette exposition dévoile au public les œuvres récentes de l'artiste, spécialement réalisées pour cet espace. Nourrie de préoccupations écologiques et étiques, l'exposition est constituée de quatre nouvelles installations monumentales, où domine la dynamique des corps d'animaux taxidermisés qui semblent être contenus dans des environnements étrangers, mais aussi par de récentes sculptures sous-verre où l'écriture s'ajoute au dramatisme des compositions. Un corpus de délicats dessins permet de découvrir le minutieux travail de conception de l'artiste, en contraste avec le geste ardent et instinctif de la surprenante série de toiles grand format.

Le travail de Claire Morgan explore l'ambivalence de l'être humain dans son rapport avec la nature qui l'entoure. La réflexion autour de la présence de l'homme dans le monde, qui a comme conséquence la progressive destruction de l'environnement naturel, est objectivée par l'artiste dans ses installations, où les animaux taxidermisés semblent s'adapter à un monde de gaspillage consumériste qui tente de les engloutir. Dans la suspension temporelle qui caractérise ces sculptures aériennes, où les corps sont figés dans un mouvement perpétuel, le conflit se joue entre la vie et la mort, entre l'organique et l'artificiel.

Le projet de cette exposition est né de la contemplation du pouvoir de la nature, ainsi que de l'exploration du soi, de l'égo et de la condition mortelle de l'être humain. L'immensité de la mer, des forêts et de la nuit qui se manifestent comme un abîme, ont été l'objet d'une méditation profonde jusqu'à en devenir métaphore de l'existence entière, révélant à l'homme sa vulnérabilité. Cette réflexion n'est pas sans considérer la crise humanitaire en cours en Méditerranée, où la mer peut basculer d'espoir de vie à tombeau pour des milliers de migrants, ou la récente tragédie de la Grenfell Tower où les habitants ont vu leurs appartements se transformer en vision cauchemardesque. Les extrêmes changements climatiques, signaux d'alarme de futures crises humanitaires, font aussi partie des préoccupations qui inspirent l'artiste.

Les animaux naturalisés sont aussi symbole des batailles intimes de l'artiste, ils sont témoins de la prise de conscience de ses propres passions. Le besoin de chacun d'exister est pour Claire Morgan fortement lié à la passion et à la violence, à travers lesquelles s'expriment les nécessités humaines. La lutte fait partie du paysage intérieur de l'homme : qu'elle soit physique ou psychologique, elle engendre des cas de conscience. Ces questionnements guident aussi l'organisation de l'exposition, qui se déroule en suivant des couples d'idées spécifiques: le soi et la violence, le passage du temps et la transcendance, la peur du noir et de se noyer, le feu et la mort.

Le principe même de la taxidermie, que Claire Morgan exécute de sa propre main, repose sur une contradiction, ayant pour objectif de donner une apparence vivante à ce qui est mort. Cette ambivalence est propre à toute son œuvre : dans les dessins comme dans les peintures, des résidus du processus de taxidermie sont utilisés comme matériaux graphiques. Des éléments comme les os ou le sang, ainsi que des corps entiers d'animaux, sont intégrés dans les œuvres et leur donnent alors un caractère symbolique et rituel.

Dans le travail de l'artiste la nature est stupéfiante, parfaite dans son immobilité. L'ambiguë présence vitale de ces animaux taxidermisés contraste avec les fragiles formes géométriques créées par cette « vertueuse assemblagiste » à l'aide de fils de nylon auxquels sont suspendus graines de pissenlit ou fragments de plastique. Le monde de Claire Morgan est un univers où la nature, menacée par la présence envahissante et cynique de l'être humain, résiste dans toute sa beauté. Elle s'incarne dans la perfection d'un scénario géométrique et minimaliste, mais aussi dans la fragilité de structures si légères qu'elles pourraient disparaître par le simple souffle du vent.


Claire Morgan est née en 1980 à Belfast (Irlande) et habite et travaille à Gateshead, Newcastle upon Tyne (Angleterre). Très vite, ses œuvres sont exposées à travers toute l'Europe et son travail a fait l'objet de nombreuses commissions publiques et privées. En 2010, après avoir exposé au Palais de Tokyo, Claire Morgan a inauguré sa première exposition personnelle française à la Galerie Karsten Greve. À cette occasion elle a présenté pour la première fois ses « dessins au sang », œuvres sur papier témoignant du processus de taxidermie. Depuis, son travail a été présenté aussi bien en Europe qu'aux Etats Unis, où elle a participé à des nombreuses expositions collectives. Les installations et les dessins de l'artiste ont intégré des prestigieuses collections internationales publiques et privées, parmi lesquelles figurent le Museum of Old and New Art (MONA) en Australie, la Fondation ALTANA en Allemagne et la Collection Guerlain en France. En 2017 le FRIST Center for Visual Arts à Nashville a organisé sa première exposition personnelle aux États-Unis. La fondation Francès à Senlis, en collaboration avec la Galerie Karsten Greve, dédie à Claire Morgan une exposition personnelle visible jusqu'au 23 décembre 2017.

Vernissage de Claire Morgan "Perpetually at the Centre"
Claire Morgan, Tine To Die, 2017, waxwing (taxidermy), dandelion seeds, nylon, in vitrine, 88 x 51,6 x 51,6 cm

Vernissage de Claire Morgan "Perpetually at the Centre"
To an End, 2017, Pencil and watercolour on paper, 41 x 31 cm

Vernissage de Claire Morgan "Perpetually at the Centre"
Lo (detail), 2017, Tawny owl (taxidermy), polythène, nylon, in vitrine, 98,5 x 71,6 x 71,5 cm

Vernissage de Claire Morgan "Perpetually at the Centre"
Pedestal
2011
Aigrettes de pissenlit, aigrette (taxidermie), nylon, plomb, acrylique
270 x 60 x 60 cm
CM/S 11

Vernissage de Claire Morgan "Perpetually at the Centre"

08:00  
09:00  
10:00 [10:00-13:00] Conférences "Paris le Grand Paris, 1967, 2017, 2067"
Location:
Pavillon de l'Arsenal
21, boulevard Morland
75004 Paris
M° Sully - Morland, Bastille
France
Phone : +33 (0)1 42 76 33 97
Fax : +33 (0)1 42 76 26 32
Mail : infopa@pavillon-arsenal.com
Internet Site : www.pavillon-arsenal.com
Description:
1967-1983 Une nouvelle vision pour Paris
1983-2001 Le retour de la ville
2001-2024 La ville durable, l'ambition olympique
2024-2067 L'avenir métropolitain

Entrée libre sur réservation à : 50ans@apur.org

Conférences à l'occasion des 50 ans de l'Apur, en présence des architectes acteurs de chaque période interpellés par les lauréats des Albums des jeunes architectes, paysagistes et urbanistes.

1967-1983 Une nouvelle vision pour Paris

avec Leonor Coutinho (Apur 1969-1974, Ex secrétaire d'Etat logement et communication du Portugal) et Jean-Louis Subileau (Apur 1970-1982, Grand prix de l'urbanisme 2001)

L'Apur, créé en Juillet 1967, va inventer un outil technique, pluridisciplinaire et transversal : l'agence d'urbanisme pour tous. Il propose une nouvelle vision urbaine qui construit l'avenir à partir de la ville existante et de ses habitants : arrêt des autoroutes urbaines, revalorisation de l'existant, mise en place de bases de données informatisées sur le logement, la population et l'économie, inconnues jusqu'alors.

1983-2001 Le retour de la ville

avec Christiane Blancot (Apur), François Grether (Apur 1970-1992, Grand prix de l'urbanisme 2012) et Nathan Starkman ( Apur 1974-2000, Grand prix de l'urbanisme 1999)

Après cette longue période de rénovation urbaine qui a vu près du quart de Paris rebâti en 30 ans, l'Apur engage un travail de reconquête, stopper la toute-puissance de la voiture dans Paris, reconquérir et embellir les espaces publics, introduire le vélo et aider les bus à circuler, inventer une nouvelle manière de vivre en ville, réutiliser les bâtiments en déshérence.

2001-2024 La ville durable, l'ambition olympique

avec Dominique Alba (Directrice générale de l'Apur) et Patricia Pelloux (Directrice adjointe Apur)

Les années 2000 transforment les cadres réglementaires et introduisent des règles liées à la solidarité et à l'environnement. L'Apur va créer plusieurs observatoires appuyés sur près de 30 ans de bases de données : résorption de l'insalubrité, familles, commerces, petite enfance, le 1er plan climat, la place de la nature, sans oublier Velib'. Dès 2008, l'Apur se déploie à l'échelle de la future Métropole du Grand Paris. Le territoire est étudié au prisme du changement climatique, de la capacité à innover dans ses usages, des nouveaux modes de déplacements et des services rendus possibles par le numérique. L'Apur accompagne les candidatures olympiques dont celle de 2017 sera couronnée de succès.

2024-2067 L'avenir métropolitain

avec Jean-Louis Missika (Adjoint à la maire de Paris, chargé de l'urbanisme, de l'architecture, du projet du Grand Paris, du développement économique et de l'attractivité) et Carlos Moreno (Professeur, Expert et Envoyé spécial Ville Intelligente de la Maire de Paris)

Que produirons-nous, comment nous déplacerons-nous, quels services, qui sauront nous accueillir ?

Entrée libre sur réservation à : 50ans@apur.org


ET AUSSI+

Samedi 18 novembre 2017 de 14h30 à 17h30
4 promenades urbaines parisiennes et métropolitaines

Du bassin de la Villette au pont de Bondy : le canal du XXe au XXIe siècle
De Clichy-Batignolles aux docks de Saint-Ouen : l'exemplarité environnementale des projets urbains
De la gare de Lyon à Charenton : une mutation de la rive droite de la Seine
Du parc André Citroën au parc Georges Brassens : histoire d'une reconquête des friches industrielles

Inscription et détails : http://www.promenades-urbaines.com

11:00
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19:00 [19:00-21:00] Vernissage de Rebecca Digne "Tracer le vide"
Location:
Galerie Escougnou-Cetraro
anciennement Galerie See studio
7, rue Saint-Claude
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart
France
Phone : +33 (0)1 48 87 52 93
Mail : galerie@escougnou-cetraro.fr
Internet Site : www.escougnou-cetraro.fr
Description:
Du 18 novembre au 23 décembre

La première exposition personnelle de Rebecca Digne à la galerie Escougnou-Cetraro présente un ensemble de sculptures et de vidéos qui s'inspirent d'un territoire abstrait, la langue maternelle, un langage relationnel qui au travers des stratégies de mimétisme et d'assimilation favorise un échange premier libre de toute forme de catégorisation sociale et géopolitique. Il s'agit d'une approche sensible du monde, définie comme inconsciente, qui révèle la portée psychologique de la construction identitaire.

C'est dans cet univers de sensations fondatrices pour l'être humain, que l'artiste décide de poser son regard, sa caméra, et de faire appel à un geste - affirmé par un verbe - qui consiste à tenter de tracer les trajectoires qui définissent ces espaces psychiques. Privé de tout repère linguistique, l'homme est contraint de se confier à son « corps mental » pour jeter les bases d'une existence en devenir et se lier, littéralement, au territoire auquel il se heurte. Rebecca Digne comprend ces échanges archétypales comme des tensions opérant en faveur de la formation du soi, qu'elle interprète, à juste titre, comme incessante. Contrastant avec une vision exclusivement évolutionniste, l'artiste vise à explorer la nature cyclique de ces actes, qui se manifestent dans le besoin de bâtir, à chaque étape, une structure précaire à laquelle s'accrocher, conscients de pouvoir/devoir la perdre. Les oscillations permanentes entre construction et perte se confrontent ainsi à un espace abstrait, le vide, qui demeure central dans cette démarche. C'est autour de ce concept que Rebecca Digne pointe son objectif, avec un rendu qui nuance l'apparente insaisissabilité du sujet.

Dans ses œuvres, au travers de déclinaisons formelles nombreuses, une recherche stratifiée lui permet de faire resurgir son expérience biographique, déployée entre les côtes italiennes et les côtes françaises. Les deux pays, dans lesquels l'artiste a grandi, représentent une géographie personnelle nécessaire, une sorte de plateforme indispensable pour son enquête psychologique du vécu et pour son expérimentation intemporelle du vide. Les pièces qui composent cette exposition concourent, dans l'ensemble, à montrer les disséminations de ces tensions, explicitées par l'analyse sculpturale d'une absence liée au déplacement et par l'arpentage filmique des paysages de son enfance. Sur ces derniers s'ancrent des architectures de fortune suggérées par des cordes, une métaphore visuelle qui renvoie directement à l'attachement temporaire et qui répond avec cohérence au vide déstabilisant créé par les sculptures.

A perdere (2017) forme une constellation de figures architecturales abstraites abordant la question du glissement du soi. La sculpture est ainsi interprétée comme une trace, un résidu à collecter pour sa valeur documentaire, une preuve tangible de la perte conjoncturelle de repères. Ces objets momifiées appartiennent à un procédé de moulage ancien, la cire perdue. Dans ce processus, le modèle recouvert de cire et enveloppé par une matière réfractaire est évacué par la chaleur, qui laisse la place au metal. Pour Rebecca Digne, la perte de cette forme originelle est donc une nécessité, et sa transcription matérielle dans le « moulage » montre à quel point la transformation individuelle se joue entre l'intérieur et l'extérieur, dans l'espace creux qui les sépare. Cette archive intime d'architectures mentales fait aussi écho à l'imaginaire des moulages pompéiens, que l'artiste a connu, et résonne avec la célèbre entreprise de l'archéologue Giuseppe Fiorelli, animé, lui aussi, par ce désir vital de préserver les corps en décomposition dans la gangue de dépôts volcaniques (1).

Ce travail sur le temps présent et sur l'affichage momifié des mutations du corps émotionnel rejoint un des grands thèmes traités par Rebecca Digne : le savoir artisanal. Conçues comme des arrêts sur l'image, les sculptures intègrent le discours sur le film comme expérience introduit par Funérailles (2017). Tournée en Super 8, cette vidéo montre les gestes qui accompagnent le procédé de la cire perdue et révèle les états qui précédent la solidification de la matière. L'objet à l'état embryonnaire est ici manipulé dans une substance liquide qui définit sa forme et dévoile, ensuite, son image. Cette apparition de l'empreinte, analysée avec une précision calibrée, permet à l'artiste de faire une comparaison avec l'émulsion de la pellicule filmique. Elargissant les possibilités de la sculpture comme simple relation entre geste et matériau, Rebecca Digne s'attache à articuler de manière constructive le geste sculptural et la temporalité filmique, renvoyant, notamment, au film Hands Scraping (1968) de Richard Serra (2).

Tracer le vide (2017), qui a inspiré le titre de l'exposition, est une vidéo qui alterne des images en couleur (pellicule 16mm) et en noir et blanc (Super 8) par laquelle l'artiste filme des sujets arpentant avec des cordes les côtes qui unissent l'Italie et la France, dans le recherche inépuisable d'attachements. La nature cyclique de ces gestes est ainsi traduite par la résurgence d'images que l'on pourrait qualifier de mentales, et par leur contraste technique, qui brouille les pistes d'une narration linéaire. Les cordes, qui s'accrochent avec une force vibrante à la roche, dessinent des lignes interprétées comme des propositions, des énoncés sur le besoin primordial de créer un lien entre individu et territoire. De par leur structure architecturale, elles bâtissent des fondations temporaires que Rebecca Digne conçoit comme des trajectoires allant occuper et transformer l'espace. L'effet fébrile des cordes en tension contraste désormais avec des nœuds, lieux où les tensions psychiques se rassemblent en se resserrant. Tim Ingold, dans le développement de son analyse anthropologique consacrée à l'action de dessiner dans l'espace, suggère que, même en présence des nœuds, la ligne continue son parcours et avance dans l'enchevêtrement d'autres nœuds, une sorte de métaphore de la vie, présentée comme une prolifération de queues de comètes (3). Ces postulats résonnent avec le travail de l'artiste, qui souligne à plusieurs reprises l'oscillation entre lien et perte, une dynamique qu'elle accepte et qu'elle traverse, avec un geste, simple : tracer.

La pluralité de formes proposées dans cette exposition respecte le caractère à la fois abstrait et tangible du projet de l'artiste. Le film et la sculpture activent ici un dialogue fondé sur un échange permanent, sans priver les œuvres de leur autonomie. L'immersion dans ces images poétiques renvoyant aux notions de perte et d'attachement, à l'expérimentation du vide et de l'ancrage et à l'exploration d'espaces mentaux et physiques montre à quel point Rebecca Digne observe et analyse, avec persévérance, les dimensions visibles et invisibles du processus de transformation du soi.

Alessandro Gallicchio

(1) Giuseppe Fiorelli, à la tête de la surintendance des fouilles à Pompéi entre 1863 et 1875, a radicalement changé la gestion de ce site archéologique en promouvant les moulages des corps des victimes de l'éruption du 79. Voir Giuseppe Fiorelli, Pompeianarum Antiquitatum Historia, Naples, 1860-1864, http://pompei.sns.it/prado_front_end/index.php?page=VB&id=23&book_id=7039 (dernière consultation : 10/10/2017).
(2) Voir Benjamin H. D. Buchloh, Richard Serra Early Work: Sculpture between Labor and Spectacle, Kynaston McShine, Lynne Cooke (dir.), Richard Serra. Sculpture: Forty Years, New York, The Museum of Modern Art, 2007, p. 57.
(3) Voir Tim Ingold, Faire anthropologie, archéologie, art et architecture, Bellevaux, Editions Dehors, 2017, p. 280.

Vernissage de Rebecca Digne "Tracer le vide"

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