Vernissage d'Ernesto Sartori "crepuscoli spiangenti"

Thursday, February 7, 2019 18:00-21:00 CET




Description:
7.02. > 30.03.19

De tous les artistes que nous représentons, Ernesto Sartori est peut-être celui dont nous avons le mieux suivi l'évolution, jusqu'à être au plus près de ses années de formation aux beaux-arts de Nantes. Il est aussi l'artiste qui nous aura le plus surprises, conduisant ces expériences de sculpteur le pinceau à la main pour revisiter la forme d'une autre manière, avec plus de fluidité sans doute. Lors de sa première exposition il y a neuf ans, nous l'avons laissé remplir l'espace de la galerie avec de très grands volumes, qu'il s'amusait à escalader pour accrocher des peintures et dessins à des hauteurs inattendues. Il comptait à ce moment-là s'installer sous ces mêmes volumes pour y dormir et continuait d'ajouter quelques touches aux peintures qu'on avait cru terminées.

On comprend rétrospectivement que ses expérimentations en volume ont été fabriquées pour les besoins de sa peinture. A la manière d'Uccello qui construisait des chevaux en bois pour mieux se représenter la réalité physique de la Bataille de San Romano, on pourrait voir ses installations comme des essais à échelle humaine de compositions picturales qui vont au-delà de la maquette car elles ne disparaissent pas au profit de la peinture. Nous avions imaginé jusqu'à présent, aidées par Ernesto, que les peintures déplaçaient les sculptures dans différents espaces et contextes, le plus souvent imaginaires. Le récit de science-fiction a toujours été pour lui un modèle de compréhension de l'art et de la nécessité d'interroger plusieurs réalités et donc plusieurs médiums en même temps.
Dix ans après, cette interprétation est contredite par une plus grande autonomie de la peinture. Cette dernière s'est épaissie tandis que les volumes ne s'élèvent plus autant du sol et préfèrent s'étaler en « morceaux » plus petits, composés de textiles, d'objets reconnaissables, de fournitures et bouts de matière. Ces installations semblent au service de la peinture, telles des palettes disponibles pour le coloriste subtil qu'il est. Il est beau d'observer ce qu'on pourrait appeler la liberté du peintre : une manière d'exposer son travail sans attendre une quelconque muséification de ses outils (ici, il s'agit d'œuvres-outils) matérialisant tout ce qui vient avant et d'où vient ce que l'on regarde.

Ernesto revisite régulièrement des thèmes classiques, comme celui de la nature-morte ou du paysage, sans les séparer. C'est à ciel ouvert que nous redécouvrons des objets quotidiens. La terre n'a plus qu'à les absorber, mais cela prendra sans doute plus de temps que la vie même de la peinture. Ses peintures et ses installations sont des évènements archéologiques, des situations plus proches de la vie-et de ses ressorts cassés-que d'une image idéale. La peinture n'est pas juste un mensonge. Elle a aussi la franchise de ne pas suspendre le temps ou de l'emmêler. La peinture d'Ernesto nous montre des objets que la terre peut recracher à tout moment, des choses solitaires qui n'ont rien à voir avec les fruits polis des mythes anciens. Ces objets ne flattent rien, ils encombrent. Pourtant, Ernesto les rend drôles et touchants comme le costume de l'arlequin. Il organise et crée des dégradés de couleurs dans ses installations, dissout les objets dans ses peintures, comme ce piano invisible de près et pourtant bien là, une feuille placée sur son couvercle prête à glisser à terre. Alors que nous fixons, l'esprit vague, les choses devant nous, il est parfois possible de voir comme des particules, pluie fine battant de façon irréelle ce qui nous entoure. La peinture est ainsi : chose morte et chose vivante qui crispe nos yeux, rend plus puissante notre vision, tout en participant au déclin et à la naissance des mondes.

Nous ne sommes pas juste désireux de comprendre ce qu'il y a dans la tête de ce peintre inclassable. Nous sommes dans le travail, dans les œuvres, parce qu'elles nous représentent brillamment. Ces sortes de décharges métaphysiques qu'Ernesto adresse à nos corps et nos esprits sont aussi importantes qu'une ligne d'horizon retrouvée.

MA

Ernesto Sartori est né en 1982 à Vicenza (Italie). Son travail a notamment fait l'objet d'expositions à The Community, Paris, au Centre international d'art et du paysage, Vassivière, à l'académie des Beaux-Arts de Bruxelles, au Pavillon Blanc, Colomiers, à l'Espace Madeleine Lambert de Vénissieux, au Centre d'art Passerelle à Brest ou dans les jardins de la Cité de la céramique de Sèvres. Il a également participé à la programmation hors-les-murs du Parc Saint-Léger, Pougues-les-Eaux (cur. Franck Balland).

Vernissage d'Ernesto Sartori "crepuscoli spiangenti"
Portrait of the artist as a great fan of different realities (after Glenn Goulde), by Marcelle Alix
Location:
Galerie Marcelle Alix (Click here to get informations about Galerie Marcelle Alix)
4, rue Jouye-Rouve
75020 Paris
M° Pyrénées, Belleville
France
Phone : +33 (0)9 50 04 16 80
Mail : demain@marcellealix.com
Twitter account : marcellealix
Internet Site : www.marcellealix.com

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Date: Thursday, February 7, 2019
Time: 18:00-21:00 CET
Duration: 3 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Ernesto Sartori
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