Vernissage de l'exposition "(dé)végétaliser"

Saturday, March 23, 2019 15:00-20:00 CET




Description:
Espaces A & B
du 23 mars au 18 mai 2019

(dé)végétaliser
- L'Atelier de l'Imaginaire
- Christophe Dalecki
- Laurence De Leersnyder
- Nicolas Giraud-Loge
- Danielle Gutman Hopenblum
- Max Lanci
- Le NeoConsortium
- Frédéric Oudrix
- Aliénor Vallet

Cette exposition est la première d'un diptyque consacré à mettre en lumière la façon dont certains plasticiens traitent du végétal, non pas dans une approche purement représentative et figurative, mais dans une démarche de déconstruction et de reconstruction, dans la continuité de la pensée de Heidegger et de Derrida, transposée du domaine de la littérature à celui des arts plastiques. La distinction opérée par Spinoza, dans son Éthique, entre nature naturée (natura naturata) et nature naturante (natura naturans) est aussi très présente dans les réflexions des plasticiens retenus et dans le choix que nous avons opéré dans leurs travaux.

Pour ce premier volet, nous nous plaçons plutôt du côté de la déconstruction des végétaux d'une natura naturata, transposée de la métaphysique à la nature environnante, alors que le second, (re)végétaliser, sera dominé par la reconstruction d'une nature devenant naturante.

Pour (dé)végétaliser, nous avons ainsi sélectionné des plasticiens et des collectifs qui, chacun à sa façon, s'intéressent à la dénaturation du végétal. Les quelques membres du groupe adultes de l'Atelier de l'Imaginaire exposés ici se sont intéressés à la croissance végétale en milieu urbain. Les membres du collectif Le NeoConsortium rationalisent et industrialisent le végétal. Christophe Dalecki, dans un long processus de va-et-vient, passe et repasse du végétal à la matière plastique et à l'habitat. Laurence De Leersnyder dévitalise des plantes en les fossilisant. Aliénor Vallet se pose en témoin de l'élimination de la végétation dans les espaces urbains. Max Lanci détourne des éléments végétaux ou d'origine végétale - épines de rose, bois, charbon - pour réaliser des constructions qui appartiennent à un registre autre. Nicolas Giraud-Loge cultive l'ambiguïté et la fusion entre végétal mort (bois) et métal. Danielle Gutman Hopenblum fait du paysage végétal un élément constitutif de machines aussi inutiles que vaines. Frédéric Oudrix idéalise le végétal tout en dévoyant son essence. * * *
Les membres du groupe des adultes de l'Atelier de l'Imaginaire de l'Écomusée du Val-de-Bièvre - Fresnes, animé par la photographe Évelyne Coutas, ont travaillé, en 2018, sur le thème de la germination en milieu urbain. Ils présentent ici les résultats photographiques d'une enquête minutieuse sur le terrain, montrant comment le végétal résiste difficilement à l'urbanisation de l'environnement. Les travaux exposés peuvent se lire à double sens : la lente asphyxie des végétaux dans un milieu devenu hostile, mais aussi, a contrario, leur force de résistance, leur résilience et leurs mutations en réaction à ce milieu.

Christophe Dalecki a longtemps hanté les quincailleries, les magasins de bricolage et les supermarchés, ne s'intéressant qu'aux objets en matière plastique de couleur verte. Il les assemblait sans recours à d'autres substances, pour réaliser des installations qui copiaient, non sans ironie, la nature. Il pouvait nous offrir d'imposantes végétations avec des plantes que l'on imaginait carnivores, foisonnantes, proliférantes, effrayantes, ou, à l'opposé, de petites compositions pleines de tendresse ou des calembours visuels. Plus récemment, partant de panneaux publicitaires en matière plastique alvéolaire, il enchaîne plusieurs étapes : découpage, assemblage pour constituer des petites maisons, construction de décors, photographie... Il met ainsi en scène un perpétuel va-et-vient entre le végétal, l'humain et l'habitat, dans lequel chacun de ces éléments, dans un jeu incessant de permutations et de transferts, perd tour à tour sa nature et son identité et en emprunte d'autres.

Les travaux de Laurence de Leersnyder, qu'ils soient monumentaux in situ ou de dimensions plus modestes, ont toujours un rapport très étroit avec la terre, le végétal et la nature. Par exemple, lors d'une récente résidence à L'H du Siège, à Valenciennes, elle avait organisé son travail autour de la houille et du long processus géologique de sa genèse par fossilisation de végétaux. Pour l'exposition (dé)végétaliser, elle poursuit sa réflexion sur la minéralisation des végétaux en nous proposant une série de faux fossiles, obtenus non pas par une transformation géologique millénaire mais par l'inclusion manuelle de végétaux dans des plaques d'argile.

Les sculptures de Nicolas Giraud-Loge sont paradoxales en ce qu'elles sont tout aussi dessins dans l'espace que volumes, à la fois lignes et matières. Elles sont réalisées en acier, aluminium, bois naturel, contreplaqué, carton, élastomère, basalte, résine, PVC, vinyle, fil de polyuréthane, film polyéthylène, mousse, auxquels se mêlent des objets de récupération divers ou des éléments industriels détournés de leur usage, comme des pièces en grès sanitaire ou des vaubans, ces barrières métalliques servant à contenir la foule lors de manifestations... Il introduit ainsi une confusion entre les différents matériaux, métallisant le végétal et végétalisant le métal. Ces structures mixtes sont souvent complexes, parfois rhizomiques ou fractales, évoquant, non sans un certain humour, des processus naturels de croissance végétale et de déhiscence. Nicolas Giraud-Loge est d'ailleurs actif dans un projet de l'INRA (Institut National de Recherche Agronomique) visant à modéliser les interactions entre des champignons et les racines de certaines plantes.

Danielle Gutman Hopenblum a reçu une formation d'ingénieure avant de se consacrer aux arts plastiques. Les traces de sa formation initiale restent très présentes dans bon nombre de ses œuvres, tant individuelles qu'au sein du NeoConsortium dont elle est cofondatrice. Elle travaille simultanément sur plusieurs séries qui semblent indépendantes les unes des autres mais partagent cependant la caractéristique, selon son propos, d'être « le tissage d'une représentation picturale classique et d'une représentation symbolique, schématique. » Dans son œuvre Décorama, 2019, le paysage végétal est réifié, dénaturé, dé-végétalisé, au point de ne devenir qu'un élément d'un dispositif industriel improbable, dont le fonctionnement et la finalité restent obscurs et dérisoires.

Max Lanci utilise, depuis toujours, des matériaux d'origine végétale. Il les choisit dans un état dans lequel ils ont déjà perdu leur caractère vivant, que ce soit par fossilisation (charbon), par traitement industriel (bois scié, chanvre ou coton transformé en cordelettes), par mort naturelle (branchages tombés au sol) ou bien encore par cueillette ou prélèvement (épines de rosiers). Comme pour s'assurer que ces éléments autrefois vivants n'ont aucune velléité de recouvrer la vie, il les englobe de paraffine, ce qui les rend définitivement inactifs, puis les intègre dans des constructions qui appartiennent à un univers souvent éloigné de celui du végétal. Humour, dérision, provocation sont souvent au rendez-vous, dans une volonté d'exorciser le poids et les contraintes de la vie.

Le collectif Le NeoConsortium est composé d'artistes plasticiens, de graphistes, de designers et d'ingénieurs. Dans le registre d'une dérision amère, habillée par une démarche de même nature que celle des multinationales qui veulent mettre sur le marché un nouveau produit de consommation de masse, il s'élève contre la réification du vivant et contre l'emprise de l'industriel sur la nature. Sous le couvert de travaux scientifiques de Gregor Mendel, père fondateur de la génétique, on y découvrira des produits de l'hybridation improbable de petits pois et de lapins, des agrumes cubifiés, probablement pour en optimiser le stockage, ou des souris devenues prismatiques dans un environnement de laine de verre.

Après avoir été céramiste, Frédéric Oudrix, pratique aujourd'hui la peinture à la gouache. Il s'exprime, avec une imprécision volontaire et préméditée, au moyen des paumes de ses mains et de ses doigts, sur de grandes feuilles de papier qu'il découpe ensuite et réassemble pour créer des végétations improbables et foisonnantes, dans lesquelles les vides jouent un rôle primordial. Suspendues devant des murs, ses compositions se comportent comme les frondaisons d'arbres - plus mentaux que réels - dont le bruissement des feuilles s'efface au profit de projections visuelles mouvantes sur les parois qui les accueillent. Le processus de déconstruction d'une végétation idéalisée se matérialise donc, chez lui, par un transfert et une saturation des sens, par une inversion des facultés perceptives.

Les vidéos d'Aliénor Vallet présentées constituent une trilogie intitulée Paysages stériles : stérilisation du végétal. Elle met en évidence la destruction de la nature fragilisée au profit du béton et de bâtiments impersonnels. Dans Horizon Vert Azur, 2013, un arbre exclu d'un projet d'aménagement urbain de Coulée verte est dépecé et abattu dans l'indifférence. Dans Chronique du 6ème bief, 2013, un campement de Roms à proximité d'une zone en travaux est évacué par la police, déserté et détruit. Dans Caged rats, 2018, des reclus d'un ensemble immobilier déshumanisé sont volontairement condamnés à l'épuisante et vaine auto-exploitation.

Vernissage de l'exposition "(dé)végétaliser"
Location:
Espace d'art Chaillioux Fresnes 94‏ (Click here to get informations about Espace d'art Chaillioux Fresnes 94‏)
7, rue Louise Bourgeois
94260 Fresnes
M° RER C Gare de Chemin D'Antony
France
Mobile : +33 (0)6 89 91 47 00
Mail : contact@art-fresnes94.fr
Twitter account : EACFresnes94
Instagram account : espacedartchailliouxfresnes
Internet Site : www.art-fresnes94.fr

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Date: Saturday, March 23, 2019
Time: 15:00-20:00 CET
Duration: 5 hours
Category: Art & exhibition opening*
Number of times displayed: 49

 



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