Vernissage de Shaz (Shadi Alzaqzouq) "Muslim Punk"

Thursday, April 25, 2019 18:00-21:00 CEST




Description:
La galerie La La Lande a pour vocation d'exposer des oeuvres d'art contemporain et promouvoir la réflexion sociétale. Poursuivant cette ligne, elle présente aujourd'hui le travail de l'éclectique artiste Shaz (Shadi Alzaqzouq). Ainsi que ses peintures et dessins, Shaz nous dévoile pour la première fois et d'une manière exclusive, des photographies préparatoires de son travail.

Shadi Alzaqzouq, peintre palestinien installé en France depuis 2007, crève l'écran au moment du Printemps arabe lorsque sa toile After Washing se voit censurée lors d'une exposition, à Dubaï. L'artiste y montre une manifestante masquée brandissant un slip masculin portant, rédigée en langue arabe, la mention "Dégagé !" L'allusion est limpide.

Le thème fétiche de Shadi Alzaqzouq est celui de la bi-appartenance culturelle. Tel portrait de jeune femme est intitulé Hélène Mohamed. La toile Paris Calling montre une femme à genoux sur un sol de terre brut de type terreau, comme si la nature avait repris ses droits face à l'Arc de Triomphe : elle est vêtue dans un style hybride cumulant vêtement arabe traditionnel et mise occidentale, patchwork des plus improbables. Sans compter la figure récurrente du "Muslim Punk", du musulman punk : elle abonde ici au point de singulariser l'univers symbolique de Shadi Alzaqzouq. Curieux personnage que ce musulman punk, endossant deux cultures à la fois, pourtant des plus antagonistes qui soient, celle de l'Islam, et celle du "No Future". L'univers du Muslim Punk est pour le moins inattendu. Évocation, à l'égal, de la spiritualité comme de la vie insouciante et légère, du refus de toute autorité comme de l'acceptation de la condition de croyant. Est ce là une provocation, celle, pour la circonstance, d'un artiste sans cause, d'un égaré 2 victime du clash des civilisations huntingtonien ? Ce n'est pas si simple.

Le perpétuel renversement culturel caractéristique des oeuvres de Shadi Alzaqzouq, à cheval sur plusieurs mondes, intrigue à plusieurs titres. D'une part, tout se passe comme si l'artiste ne revendique plus d'"identité" à part entière, à force d'allers et retours entre deux cultures très antagonistes. D'autre part, l'expression de type "le cul entre deux chaises" qu'il met en scène dans ses tableaux est à l'origine d'une création picturale à la fois mixte (elle relève bel et bien d'un métissage) et apatride (elle n'est au fond de nulle part), peu propice en conséquence à être cataloguée, et instrumentalisée. Enfin, la question de la rébellion, dont l'issue ne sera pas suggérée. Toute rébellion, même nihiliste, vise un objectif, cet objectif serait il la négation culturelle ou totale pure et simple (dans l'esprit du punk, par exemple). Or l'objectif que nous propose Shadi Alzaqzouq a cette caractéristique notoire, l'incertitude. Quel mode de vie, pour finir, faut-il adopter ? S'agit Il donc, en banlieue parisienne, de vivre dans une tente bédouine installée dans le salon d'un pavillon ? On frise l'absurdité.

La peinture contradictoire de Shadi Alzaqzouq, sans militantisme, sans revendication, met le doigt sur ce qui constitue le point limite de toute problématique d'intégration, l'obligation de devoir choisir son camp. Or que se passe t il lorsque l'on n'entend pas expressément le choisir, "son" camp ? L'option proposée par l'artiste, sibylline, n'est pas celle de l'Orient, du Norient (le "NonOrient"), de l'Occident ou du Noccident (le "Non- Occident"). Elle n'est pas non plus tout bonnement celle, alternative, du mix, du mélangisme des civilisations. L'option de Shadi Alzaqzouq, plutôt, serait la juxtaposition terme à terme : on est ceci et ceci aussi et tout autant. Quel point de vue adopté, dès lors ?

Riche de références à la grande peinture celle d'un Caravage, celle du portrait de l'âge classique, portée par l'intention de rendre compte des tensions qui anime la conscience arabe autant qu'occidentale, en témoigne la toile Le Pardon, qui pose la question de la réconciliation entre juifs, arabes et chrétiens, des opposants plus irréductibles que conciliants, l'art de Shadi Alzaqzoup fait évoluer la création plasticienne arabe contemporaine. Il évite notamment les chausse trappes de l'art engagé, qui a fait florès depuis 2011, qui a pour inconvénient, bien souvent, de schématiser, de simplifier, sinon de caricaturer. La peinture ouvre pour l'occasion à une problématique dont l'artiste fourni l'argumentaire sur un mode frontal et ouvert. À chacun, pour le reste, sa libre appréciation.

Paul Ardenne est écrivain et historien de l'art (Art, le présent, 2010; Un Art écologique, 2018).

Vernissage le jeudi 25 avril à partir de 18:00
Exposition du vendredi 26 avril au jeudi 16 mai 2019

Vernissage de Shaz (Shadi Alzaqzouq) "Muslim Punk"
Location:
Galerie La La Lande (Click here to get informations about Galerie La La Lande)
11, rue Lalande
75014 Paris
M° Denfert-Rochereau
France
Mobile : +33 (0)7 68 10 80 25
Mail : contact@lalalande.art
Instagram account : galerielalalande
Internet Site : www.lalalande.art

Open the map in a new tab
Date: Thursday, April 25, 2019
Time: 18:00-21:00 CEST
Duration: 3 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Shadi Alzaqzouq, Shaz
Number of times displayed: 65

 



Investigations et photos
Abecedaire Parisien - Agenda - A propos - Contact

Agence Germain Pire tm - Investigation - Photo Hype - Renseignement de la nuit - © 2005-2018 - Tous droits réservés