Vernissage de l'exposition "Le Goût de Marie Leszczynska"

Monday, April 15, 2019 19:00-21:00 CEST




Description:
Du 16 avril au 21 juillet 2019

Le Goût de Marie Leszczynska
Une reine méconnue

Marie Leszczyńska, reine discrète et méconnue, est pourtant celle qui a régné le plus longtemps à Versailles (plus de 42 ans). Durant cette période, elle a fortement influencé l'aménagement du château de Versailles par la création d'appartements privés, ainsi que la vie artistique de son époque par ses nombreuses commandes aux artistes et aux Manufactures. À la cinquantaine d'œuvres, peintures et objets d'art, réunie aujourd'hui, provenant essentiellement des collections du château de Versailles, s'ajoutent plusieurs acquisitions récentes et de première importance pour Versailles.

L'appartement de la Dauphine, qui réouvre à l'occasion de cette exposition, n'est toutefois pas présenté dans son état d'aménagement historique. Il sera remeublé en 2020 après la restauration de l'appartement contigu du Dauphin.

Marie Leszczyńska, une reine polonaise

Rien ne prédispose Marie Leszczyńska à devenir reine de France. Fille de Stanislas Leszczyński, roi déchu de Pologne contraint de céder son trône à l'électeur de Saxe Auguste II, elle s'est établie avec sa famille à Wissembourg (Alsace) en 1719. Sa gloire passée autorise son père à envisager pour elle une union avec un grand personnage. Mais après plusieurs déconvenues, l'histoire prend un autre tour. C'est non pas une alliance de sang royal qui attend la jeune femme, mais une union avec le roi lui-même.

En effet, en 1723, la disparition du Régent fait craindre la consécration de la branche cadette d'Orléans : si Louis XV venait à disparaître sans descendance, l'héritier du trône de France deviendrait le fils du défunt Régent. Or, à ce moment-là Louis XV, jeune roi de treize ans, est fiancé à l'infante d'Espagne, seulement âgée de sept ans. L'alliance est rompue au risque d'un incident diplomatique.

Durant tout son règne, Marie Leszczyńska se plie aux impératifs du cérémonial, s'appliquant à toujours mener une vie exemplaire dénuée d'intrigues. Dans son cadre privé, elle mène une existence simple avec sa famille et un cercle d'amis intimes qui partagent ses goûts. Elle se retire plusieurs heures par jour dans son appartement intérieur pour méditer, prier, effectuer des travaux d'aiguille sur un métier, ou peindre. Selon madame Campan qui l'a connue dans sa jeunesse,
Marie Leszczyńska « avait de la finesse dans l'esprit ».

Après quarante-deux ans passés à Versailles, Marie Leszczyńska est la souveraine à avoir le plus longtemps partagé la vie de la cour versaillaise.

Les partis pris artistiques de la reine

Tout au long de son règne, Marie Leszczyńska exprime son goût personnel, aussi bien en ce qui concerne l'aménagement de ses appartements officiels et privés, que lors des nombreuses commandes qu'elle passe directement aux artistes. La Reine aime s'entourer d'œuvres d'art et notamment des portraits de sa famille.

Ainsi, les peintres les plus talentueux, tels Alexis-Simon Belle, Jean-Marc Nattier, ou encore Pierre Gobert, sont appelés pour exécuter des portraits des dix enfants royaux, nés entre 1727 et 1737.

En ce qui concerne l'aménagement même du Château, Marie Leszczyńska souhaite, dès 1725, mettre sa chambre au goût du jour : des boiseries, exécutées par Vassé, prennent place au-dessus de la cheminée dont on renouvelle le marbre par le choix d'un sarrancolin. Quant aux virtuoses Verbeckt, Dugoulon et Le Goupil, ils sculptent le décor entre les fenêtres. Les dessus-de-porte, toujours en place aujourd'hui, sont commandés pour la Reine en 1734 : par Jean-François de Troy, La Gloire des princes s'empare des Enfants de France, figurant le Dauphin et ses deux sœurs aînées, et par Charles-Joseph Natoire, La Jeunesse et la Vertu présentent les deux princesses de la France. En 1735, le plafond est repeint : Apollon au milieu des Heures par Gilbert de Sève disparaît au profit d'un décor géométrique orné des chiffres entrelacés du couple royal. Au même moment, la Direction des Bâtiments du Roi, sur ordre de Louis XV, demande à François Boucher d'orner les voussures de quatre grisailles représentant des Vertus : La Prudence, La Piété, La Charité, La Libéralité. Mais Marie Leszczyńska doit attendre près de trente ans pour qu'en 1764 la dorure, si fanée, soit restaurée sous la direction de François Vernet.

Au château de Versailles où elle mène une vie réglée par l'étiquette, Marie Leszczyńska aspire à vivre, ne serait-ce que quelques heures par jour, en simple particulière. Chaque après-midi, elle se retire en son appartement privé pour lire, méditer, y recevoir son cercle le plus intime. Aussi la souveraine joue-t-elle un rôle essentiel dans la distribution des espaces situés à l'arrière de son Grand Appartement. Elle est la première à les occuper et à en revoir la distribution.

Commissariat
Gwenola Firmin, Conservateur en chef au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Marie-Laure de Rochebrune, Conservateur en chef au musée National des châteaux de Versailles et de Trianon
Assistées de Vincent Bastien, Docteur en histoire de l'art

Vernissage de l'exposition "Le Goût de Marie Leszczynska"
Marie Leszczyńska (1703-1768), reine de France
Alexis-Simon Belle (1674-1734)
1725. Huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
© Château de Versailles (dist. RMN - Grand Palais) / Christophe Fouin

Vernissage de l'exposition "Le Goût de Marie Leszczynska"
Stanislas Ier Leszczinski, roi de Pologne
Jean-Baptiste Van Loo (1684-1745)
1727, Huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
© RMN-GP (Château de Versailles) / Gérard Blot
Fièrement campé dans son armure d'apparat barrée du cordon de l'ordre du Saint-Esprit, épée et casque empanaché aux côtés, Stanislas Leszczyński pose en 1727 devant le chevalet de Jean-Baptiste Van Loo.
Exilé à Chambord, il prétend alors au trône de Pologne qu'il a occupé de 1704 à 1709. Il ne le retrouve qu'en 1733, à la mort de son rival, Auguste II de Saxe, mais pour trois années seulement.
L'invasion russe l'oblige en effet à se réfugier à Dantzig, puis il doit en 1736 s'incliner devant Auguste III de Saxe (1670-1733), élu au trône de Pologne. Un compromis est tout de même trouvé en 1737. Le roi déchu renonce
définitivement à la Pologne et reçoit en dédommagement les duchés de Bar et de Lorraine ; c'est ainsi qu'il s'établit en 1738 à Nancy et au château de Lunéville.

Vernissage de l'exposition "Le Goût de Marie Leszczynska"
Louis XV (1710-1774), roi de France
Anonyme, XVIIIe siècle
Vers 1728
Huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
© RMN-GP (Château de Versailles) / Gérard Blot
Le Roi, dont la longue chevelure tombe en boucles sur les épaules, arbore le collier de l'ordre du Saint-Esprit. Vêtu du manteau fleurdelisé doublé d'hermine, il se tient debout sur une estrade, près d'une table où sont rassemblés les insignes de son pouvoir : main de justice, couronne et sceptre de Charlemagne. Le grand rideau rouge et or ainsi que le décor architectural grandiose situent la scène dans un intérieur palatial. À l'époque de ce portrait, Louis XV, sincèrement épris de Marie Leszczyńska, avait déjà donné trois princesses à la France.

Vernissage de l'exposition "Le Goût de Marie Leszczynska"
Marie Leszczyńska (1703-1768), reine de France, et le dauphin Louis Ferdinand (1729-1765)
Alexis-Simon Belle (1674-1734)
Vers 1730,
Huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
© Château de Versailles, Dist. RMN / Christophe Fouin
Le 4 septembre 1729, Marie Leszczyńska, déjà mère de trois filles, met au monde le Dauphin tant espéré. La continuité dynastique est assurée. Aussi cette naissance est-elle accueillie dans la liesse populaire.
L'année suivante, Alexis-Simon Belle reçoit commande d'une effigie de l'héritier du trône. L'œuvre est placée dans la chambre de l'Appartement des Bains de la reine, le 2 décembre 1730. Ce tableau enthousiasme tant qu'on demande à l'artiste d'en intégrer le modèle dans un portrait d'apparat plus large représentant la reine et son enfant.
Le tout jeune Louis pose ici la main dans celle de sa mère. La reine porte une tenue enrichie d'une parure de grand corps, constellée de diamants et assortie à l'aigrette sertie de brillants qui orne sa coiffure.

Vernissage de l'exposition "Le Goût de Marie Leszczynska"
Les cinq sens / Une jeune bouquetière (L'odorat)
Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) 1749, Huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. © RMN-GP (Château de Versailles) / Franck Raux
La série des Cinq Sens est commandée à Jean-Baptiste Oudry pour le petit cabinet de la Reine, pièce étroite et sans fenêtre servant de passage entre le cabinet intérieur de la Reine et la salle à manger du Roi, dite du « Grand Couvert ». Les œuvres, livrées en 1749, sont encastrées dans une boiserie, au-dessus d'un bas lambris.
Chaque tableau, à l'origine cintré par le haut, décrit une campagne idéale, sorte d'Arcadie naïve dans laquelle se déroule une petite scène champêtre. Ces toiles s'inspirent de la campagne d'Île-de-France, mais également de la peinture de paysage dans l'Italie du XVIIe siècle et de celle des Écoles du Nord.
Dans Le Toucher, deux fermières traient une vache tandis qu'un paysan tire un âne par la bride, tout en le menaçant de son bâton. L'Ouïe est représentée par un joueur de musette au son de laquelle dansent deux villageois. Une lanterne magique symbolise La Vue. Une villageoise, qui tient un enfant par la main, regarde dans la boîte aux illusions, alors qu'une autre paie son tour.
La préparation d'un déjeuner de poisson et de vin fait référence au Goût. Quant à La Cueillette des fleurs, elle évoque L'Odorat.

Vernissage de l'exposition "Le Goût de Marie Leszczynska"
Une Ferme, d'après Jean-Baptiste Oudry
Marie Leszczyńska (1703-1768)
1753, Huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
© RMN-GP (Château de Versailles) / © Gérard Blot
Marie Leszczyńska copie ici un tableau de JeanBaptiste Oudry, l'un de ses artistes préférés. L'œuvre originale avait été dictée au peintre par le dauphin Louis Ferdinand. Le titre actuel de la toile remonte au XIXe siècle ; au XVIIIe, elle est désignée comme L'Agriculture ou La France. Elle montre une nature idéalisée, généreuse et cultivée, en accord avec les idées du cercle moralisant auquel appartenait le Dauphin. La souveraine peint probablement ce tableau avec l'aide d'Étienne Jeaurat, peintre du Cabinet du roi ; ce dernier guide en effet son pinceau pendant une quinzaine d'années.
Après avoir signé et daté le tableau de 1753, Marie Leszczyńska l'offre à Louis XV à l'occasion des étrennes de 1754. Le monarque l'accroche dans le petit cabinet attenant à sa chambre.

Vernissage de l'exposition "Le Goût de Marie Leszczynska"
Vase à rocailles à décor de rubans roses et de bouquets de fleurs peints au naturel
Manufacture royale de porcelaine de Sèvres 1757-1758, Porcelaine tendre
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
© Château de Versailles, Dist. RMN / © Christophe Fouin Ce vase à rocailles d'une extrême rareté, entré récemment dans les collections du château de Versailles, était à l'origine accompagné d'un pendant qui n'est plus connu aujourd'hui. Ils sont achetés par Louis XV en décembre 1758, lors des ventes de la manufacture royale de porcelaine de Sèvres qui se déroulent pour la première fois au château. Cette exposition-vente, initiée sous le règne de Louis XV et dont la pratique perdura jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, permettait à la Manufacture de venir présenter ses dernières productions. À cette occasion, les appartements intérieurs du roi étaient exceptionnellement ouverts à tous.
De forme balustre, ce vase repose sur une base polylobée, dotée de coquilles en relief d'un esprit rocaille affirmé et rehaussée sur le pourtour extérieur de peignés d'or. La panse est ornée d'un savant décor de rubans roses, bordés d'un filet d'or, noués entre eux, disposés très habilement sur plusieurs registres de tailles décroissantes. Entre les rubans s'inscrivent des bouquets de fleurs, également de tailles décroissantes, peints au naturel. La partie supérieure très échancrée se termine par deux volutes en forme d'oreilles. À l'intérieur du vase, on distingue des bouquets de fleurs peints à l'or d'un grand raffinement.
Lors des ventes à Versailles de décembre 1758, plusieurs membres de la famille royale achètent des pièces à fond rose. Celui-ci, créé par Sèvres l'année précédente, constitue la grande nouveauté de l'année.
Ce vase et son pendant ont très probablement été offerts par Louis XV à la Reine, peut-être à l'occasion des étrennes. En effet, l'inventaire après décès de Marie Leszczyńska, dressé en juin 1768, mentionne dans le Grand Cabinet, à Versailles: « deux urnes en mosaïque couleur de rose porcelaine de France », description qui correspond en tous points au vase à rocailles. Cet objet apporte un éclairage nouveau sur les collections de porcelaine de Sèvres de la Reine, encore bien mal connues aujourd'hui.

Vernissage de l'exposition "Le Goût de Marie Leszczynska"
Tableau du Cabinet des Chinois
Marie Leszczyńska (1703-1768), Henri-Philippe-Bon Coqueret (1735-1807), Jean-Martial Frédou (1710-1795), Jean-Philippe de La Roche (vers 1710-1767), Jean-Louis Prévost (actif de 1740 à 1762), sous la direction d'Étienne Jeaurat (1699-1789)
1761, Huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
© Château de Versailles, Dist. RMN / Christophe Fouin

Vernissage de l'exposition "Le Goût de Marie Leszczynska"
Tableau du Cabinet des Chinois
Marie Leszczyńska (1703-1768), Henri-Philippe-Bon Coqueret (1735-1807), Jean-Martial Frédou (1710-1795), Jean-Philippe de La Roche (vers 1710-1767), Jean-Louis Prévost (actif de 1740 à 1762), sous la direction d'Étienne Jeaurat (1699-1789)
1761, Huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
© Château de Versailles, Dist. RMN / Christophe Fouin

Vernissage de l'exposition "Le Goût de Marie Leszczynska"
Pièces du nécessaire offert en 1737 à la reine Marie Leszczyńska par Auguste III (1696-1763), roi de Pologne et Électeur de Saxe
Manufacture de porcelaine de Meissen, Saxe
1737, Porcelaine dure
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
© Château de Versailles, Dist. RMN / Christophe Fouin
En décembre 1737, le comte Maurice de Saxe (1696-1750) offre à Marie Leszczyńska un somptueux nécessaire à thé et à chocolat en porcelaine de la part de Frédéric Auguste II (1696-1763), électeur de Saxe depuis la mort de son père en 1733, devenu roi de Pologne, sous le nom d'Auguste III. Par ce geste, ce dernier souhaite apaiser les tensions diplomatiques suscitées par la guerre de succession de Pologne et, en particulier, par la mise à l'écart définitive du trône de Pologne de Stanislas Leszczyński.
L'ensemble, très important, comprend à l'origine cinquante-six pièces, toutes ornées des armes de France et de Pologne couronnées, d'un abondant décor peint en miniature et de riches rehauts d'or. Depuis 2014, treize pièces de ce présent, dispersé à la Révolution, sont revenues à Versailles. Elles illustrent la qualité et le luxe des pièces de porcelaine, adressées aux différents princes et grands seigneurs européens par la cour de Saxe. Elles permettent aussi d'évoquer les enjeux diplomatiques, politiques et économiques dissimulés derrière la fabrication de l'or blanc saxon et l'envoi de ces cadeaux.
La France doit à son tour suivre l'exemple saxon à partir de 1758, lorsque Louis XV juge que les productions de la Manufacture royale de porcelaine de Sèvres peuvent figurer parmi les cadeaux diplomatiques de la cour de France. Il en fait une arme diplomatique remarquée

Vernissage de l'exposition "Le Goût de Marie Leszczynska"
La Mort de Saint François-Xavier
Charles-Antoine Coypel (1694-1752)
1749, Huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
© Château de Versailles, Dist. RMN / Christophe Fouin
Exécutée en 1749, cette toile s'ajoute à deux tableaux livrés par le même peintre en 1747, Sainte Landrade instruisant les jeunes personnes qui s'étaient mises sous sa conduite et Sainte Piame retirée avec sa mère dans un village de Haute-Égypte. L'œuvre, commandée par le Dauphin qui partageait avec sa mère un goût certain pour la peinture de Charles-Antoine Coypel, fut installée dans l'oratoire de Marie Josèphe de Saxe, situé derrière la chambre de cette dernière.
Après un séjour en Inde, François-Xavier, fondateur avec Ignace de Loyola et cinq autres compagnons de la Compagnie de Jésus, prit la direction de la Chine. Mais c'est au large de Canton, dans l'île de Sancian, qu'il s'éteignit en 1552, avant même d'avoir atteint le continent chinois et sans avoir eu le temps d'évangéliser le pays. La vision que Charles-Antoine Coypel donne de la mort du missionnaire est particulièrement appropriée à un tableau de dévotion privée. Tout est fait pour émouvoir: le teint plombé, un crucifix entre les mains, le jésuite expire, entouré d'anges.

Vernissage de l'exposition "Le Goût de Marie Leszczynska"
Marie Leszczyńska, reine de France
Jean-Marc Nattier (1685-1766)
1748, Huile sur toile
© Photo RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot
Le tableau est commandé par la reine elle-même en 1748, en même temps que deux copies (l'une pour le comte de Maurepas et l'autre pour le comte de Pâris-Duvernay). La reine demande expressément à être représentée non pas en tenue d'apparat, mais en « habit de ville ».
Vêtue d'une robe rouge brodée d'hermine et rehaussée par des manchettes en dentelle, Marie Leszczynska est assise dans un fauteuil dont le tissu brodé de fleurs de lis rappelle discrètement le statut du modèle. La reine porte un bonnet de dentelle blanche retenu par une mantille de dentelle noire, symbole d'une félicité domestique étrangère à un portrait d'apparat. L'artiste semble reprendre par cet accessoire et la couleur de la robe des éléments qu'il avait déjà exploités dans le portrait d'Ulrika Lovisa Sparre, comtesse Tessin en 1741 (musée du Louvre). Les regalia habituels, éléments indispensables au portrait d'une reine, ne sont pas présents. Seule la draperie bleue tendue derrière la reine confère une majesté certaine à l'arrière-plan, rythmé par des pilastres doriques ; d'autres objets discrets, tels les bijoux (boucles d'oreilles, collier en pierres précieuses orné d'une miniature représentant saint Jean Népomucène, le saint favori de la reine), apportent de l'élégance et de la grâce au modèle. Marie Leszczynska semble être tirée de sa lecture des évangiles par l'arrivée d'un de ses proches ; le sourire qu'elle esquisse à son approche détermine une certaine intimité et laisse apparaître le portrait d'une femme charmante.
Dernier tableau pour lequel Marie Leszczynska accepte de poser et qui est présenté au Salon de 1748, l'œuvre reçut des critiques enthousiastes tant pour la ressemblance du portrait que pour la « noble simplicité » qui émane de la figure.
Cette toile livre un visage plus humain et plus intime de la royauté, qui correspond profondément à la personnalité de la reine et à son mode de vie. Ayant respecté toute sa vie le protocole de la cour, le roi lui accorde plus de libertés à partir de la fin des années 1740. C'est donc une scène du quotidien que Nattier choisit de représenter dans ce tableau. En effet, il tranche radicalement avec les portraits officiels réalisés par Louis Tocqué en 1740 (musée du Louvre) et Carle Van Loo en 1747 (musée national des châteaux de Versailles et du Trianon). Le portrait au pastel de la reine par Maurice Quentin de la Tour (musée du Louvre), présenté au même Salon, obtient lui aussi un franc succès pour les mêmes raisons.
Le nombre important des copies issues de l'atelier de Nattier, du vivant de la reine mais également de manière posthume, démontre sans ambiguïté le pouvoir de séduction du tableau ainsi que la popularité indéfectible de cette reine. Diffusé par la gravure dès 1755, le portrait perd sa fonction intime pour atteindre un statut iconique en tant que dernier portrait de Marie Leszczynska.
Location:
Château de Versailles (Click here to get informations about Château de Versailles)
Place d'Armes
78000 Versailles
M° Gares SNCF de Versailles
France
Phone : +33 (0)1 30 83 78 00
Mail : direction.public@chateauversailles.fr
Twitter account : CVersailles
Instagram account : chateauversailles
Internet Site : www.chateauversailles.fr

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Date: Monday, April 15, 2019
Time: 19:00-21:00 CEST
Duration: 2 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Marie Leszczynska, Marie Leszczyńska
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