Exposition collective "les cellules blanches, nues et le sommeil électrique"

Saturday, April 13, 2019 17:00-21:00 CEST




Description:
«les cellules blanches, nues et le sommeil électrique»
Sébastien Rémy

Du 13 avril au 8 juin
Ouvert du mardi au samedi de 14h à 18h.
Nocturnes les soirs de représentation au Théâtre Brétigny. Fermé les 1er, 8 et 30 mai

Avec Raphaël Brunel, Alexis Guillier, Maud Jacquin, Luc Kheradmand, Emile Ouroumov, Elsa Polverel et Anne-Lou Vicente

Commissaire: Céline Poulin, assistée de Camille Martin

La semaine dernière je suis allée visiter Sébastien Rémy à l'hôpital psychiatrique d'Etampes. Véronique Bathily l'a accueilli en résidence pour son projet «les cellules blanches, nues et le sommeil électrique». Je me souviens de notre première visite de l'institution: Emilie [1] s'était réjouie de retrouver Sébastien qu'elle voyait pourtant pour la première fois. C'est quelque chose chez lui qu'elle a dû percevoir intuitivement: cette empathie envers les lieux qui donne l'impression qu'il les a toujours connus. D'ailleurs, c'est vrai qu'il s'intéresse particulièrement aux fantômes.

Quand j'arrive il discute avec quelqu'un, peut-être un des électriciens qui œuvrent sur le bâtiment. Dans ce pavillon en restauration, il faut emprunter plusieurs couloirs ouverts sur des salles vides avant d'arriver à l'espace de travail de Sébastien Rémy. Y est reconstituée une chambre standard, seule pièce occupée dans le lieu désert, l'artiste en numérise les éléments. Il était important pour nous de se baser sur du mobilier existant afin de sortir de la représentation iconique des lieux thérapeutiques véhiculée par la fiction. Le lit, l'armoire ressemblent à ceux des internats de lycée. Il s'agit ici comme ailleurs de vivre quelque part, à la fois avec et sans les autres. La communication complexe avec l'altérité imprègne profondément plusieurs œuvres de l'artiste, comme «Tant que je vous parle ce n'est pas une frontière». De Lee Lozano, une des premières artistes à composer des "conversation pieces" et étrangement connue pour avoir cessé de parler aux femmes, aux personnages du réalisateur Wim Wenders incapables d'échanger une parole, «Tant que je vous parle ce n'est pas une frontière» met en abîme des histoires imprimées sur plexiglas [...].

Mais tout n'a pas commencé là. Je rencontre Sébastien Rémy en 2010, au détour d'une cimaise à Bourges. Tout juste sorti de l'école des beaux-arts de Cergy, il présente au Pavillon d'Auron plusieurs projets, dont «Diogène le chien: correspondances 2000-2009» qui incarne la parole du penseur défunt. Nous commençons une discussion qui ne s'interrompra plus. Nos modes de travail et nos obsessions se rejoignent, entre autres celles de la construction d'un récit polyphonique et de la modulation narrative par l'agencement des images. La question du monteur lyrique [2] m'occupe déjà et Sébastien Rémy en deviendra une figure centrale [...].

Bonimenteur, médiateur, conférencier, médium... qu'il incarne ces formes d'oralité, qu'il les fasse jouer par d'autres ou qu'un dispositif les prenne en charge, l'énonciation est nécessairement présente dans chaque travail de l'artiste. «les cellules blanches, nues et le sommeil électrique» sera ainsi parcourue de son verbe et des paroles de tous les auteurs qui font naître avec lui un espace. L'exposition, je m'en rends compte aujourd'hui, agence des occurrences récentes de projets qui ont ponctué la collaboration que j'entretiens depuis bientôt 10 ans avec Sébastien Rémy. Dans cette discussion, il a inclus de nombreux autres [...]. De voix, celle du bâtiment lui-même semble se matérialiser dans l'exposition. Sans cesse modifiée, transformée et habitée d'individus multiples, l'architecture du CAC Brétigny s'exprime ici dans chacune des œuvres de l'artiste, se représentant dans son usage quotidien, s'abimant dans la ressemblance avec d'autres espaces blancs et vides, laissant apercevoir son impermanence et les peurs qui peut-être en découlent.

Céline Poulin

[1] Les noms des patients ont été changés
[2] Voir Céline Poulin, «Petra Genetrix and the Figure of the Lyrical Assembler», in «Porosity Valley, Portable Holes», Ayoung Kim, Ed. Ilmin Museum of Art, 2019.

Cette exposition a été réalisée en partenariat avec l'Établissement Public de Santé Barthélémy Durand site d'Étampes, la Classe préparatoire Arts Visuels de Grand Paris Sud et la Drac Île-de-France (co-productrices de «sans titres (loss)» 2018), ainsi qu'avec la participation de La Galerie, centre d'art contemporain de Noisy-le-Sec. Le projet «Tant que je vous parle ce n'est pas une frontière» a bénéficié du soutien de la Fondation des Artistes.


Vernissage Samedi 13 avril à partir de 17h
Navette gratuite en partenariat avec le Centre d'Art Contemporain Chanot. Rendez-vous à 15h30 au 104 avenue de France, 75013 Paris (métro Bibliothèque François Mitterrand). 16h30: vernissage de l'exposition «take (a)back the economy» au Centre d'Art Contemporain Chanot à Clamart. 17h30: départ pour le CAC Brétigny.
Réservation indispensable: reservation@cacbretigny.com

Vernissage de l'exposition "les cellules blanches, nues et le sommeil électrique"
Location:
CAC Brétigny (Click here to get informations about CAC Brétigny)
Centre d'art contemporain de Brétigny
Espace Jules Verne
rue Henri Douard
91220 Brétigny-Sur-Orge
M° RER C Brétigny-Sur-Orge
France
Phone : +33 (0)1 60 85 20 76
Fax : +33 (0)1 60 85 20 90
Mail : info@cacbretigny.com
Twitter account : cacbretigny
Internet Site : www.cacbretigny.com

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Date: Saturday, April 13, 2019
Time: 17:00-21:00 CEST
Duration: 4 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Raphaël Brunel, Alexis Guillier, Maud Jacquin, Luc Kheradmand, Emile Ouroumov, Elsa Polverel, Anne-Lou Vicente, Céline Poulin, Camille Martin, Sébastien Rémy
Number of times displayed: 30

 



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