Vernissage naturiste de l'exposition "Louis de Funès"

Sunday, September 13, 2020 10:00-12:00 CEST




Description:
Cruchot se fâcherait tout rouge : on a assisté au vernissage naturiste de l'exposition Louis de Funès

Le temple de la cinéphilie parisienne s'est ouvert le dimanche 13 septembre, le temps d'une matinée, à une visite nue de l'exposition Louis de Funès.

Il aurait dû grimacer, sauter sur place, avoir une attaque, faire une de ses fameuses mimiques éberluées. Et bien non : pour la première fois de sa vie, le maréchal des logis chef Cruchot, gendarme à Saint-Tropez, a vu passer en toute quiétude des troupes de gens tout nus. Le dimanche 13 septembre, la cinémathèque française organisait avec la complicité de l'ANP (association naturiste de Paris) une visite nue de l'exposition Louis de Funès. Après une première balade organisée pour la presse avec le commissaire de l'exposition Alain Kruger déguisé en gendarme et quelques responsables et militants de l'ANP, deux autres créneaux étaient réservés à ceux, nombreux, qui ne souhaitent pas être sous le feu des objectifs. Parmi eux, votre serviteur, dont la conscience professionnelle ne se laisse pas arrêter par une chute de chemise.

Le vestiaire, c'est la superbe salle Henri Langlois, peu habituée à ce rôle. Si le personnel de la cinémathèque est en uniforme, les responsables de l'opération, deux militantes aguerries de l'ANP, sont déjà nues. Chacun dépose ses vêtements dans des sacs poubelle numérotés et rangés sur la scène. Pas de regards en coin, pas de plaisanterie : c'est presque clinique. Autour de moi, on se salue, on se parle des vacances, on se reconnaît. La grande majorité de ceux qui sont là sont des membres de l'ANP, déjà adeptes des lieux naturistes de Paris, la piscine Roger le Gall (XIIe arrondissement) ou la zone du bois de Vincennes où ils sont tolérés.

NUS ET MASQUÉS : NOUVELLES CONVIVIALITÉS
"On est un peu entre nous. Il n'y aura pas de conversion cette fois-ci" sourit Jacques Freeman, fondateur d'une association qui organise régulièrement en Essonne des "randonnées nues". La majorité d'hommes seuls est écrasante : une quinzaine de femmes sur 140 participants, pas d'enfants ni de famille. Pas non plus de virus : chacun est masqué, ajoutant à l'insolite du moment. Seul un Belge a franchi les frontières et déjoué les mesures sanitaires pour venir. Il sourit malicieusement (du moins le devine-t-on derrière son masque) mais ne dira pas quel trajet il a fait exactement. Des Allemands ou des Hollandais qui s'étaient portés volontaires ont dû renoncer.

Les groupes s'égrènent le long des salles de l'exposition, commentant des scènes fameuses, répétant des répliques légendaires. Un quinquagénaire grisonnant s'essaie à imiter Bourvil disant de sa voiture en miettes "Elle va moins bien marcher maintenant...". Le contact est facile. La nudité s'oublie très vite et les commentaires s'échangent, bon enfant. On cherche en vain la moindre gêne, le moindre regard déplacé.

Pas d'intellectualisation excessive non plus, d'analyse du sentiment de dépouillement devant l'œuvre : main dans la main, un couple rit devant la scène pourtant archi-connue de la rencontre avec Bourvil dans "Le corniaud", les plus audacieux se mettent à danser la danse de Rabbi Jacob. Deux ou trois téléphones portables, introduits malgré une interdiction pourtant clairement assénée, filment la 2 CV en miettes du "Corniaud" ou du costume de Rabbi Jacob. La vraie nudité, à notre époque, ne serait-elle en fait plus dans l'abandon de ces pénibles engins que dans celle des vêtements ?

DES HABITUÉS ADEPTES DU NATURISME URBAIN
Dans les groupes, se retrouvent des habitués de l'exercice, déjà tenté au parc "Aventure Land" ou à l'exposition du palais de Tokyo. "Le palais de Tokyo, c'était unique, commente un habitué. Les gens s'étaient inscrits sur Facebook. Beaucoup étaient des jeunes, des étudiants qui s'étaient dit : "Même pas cap", et n'étaient pas habitués à la nudité. Il y avait autant de filles que de garçons. Du coup, tout le monde était content, fier même, d'avoir sauté le pas sans problèmes" . Ici, où tout le monde se connaît, on gagne en familiarité mais on perd sans doute un peu en émotion.

Avec des séances de bowling nu, une pièce de théâtre nue au "Palais des glaces" (sur scène et dans la salle), l'ouverture (éphémère : ce fut un échec) d'un restaurant naturiste, le naturisme urbain grignote petit à petit des droits. Il y a pourtant encore des bastilles à abattre. Ainsi la "cyclonue", randonnée en vélo dans le plus simple appareil, événement qui a lieu depuis des années dans toute l'Europe, à Londres, Brighton, Athènes ou Madrid et qui était prévu entre Bercy et Nation à la suite de la visite de l'exposition, a été une nouvelle fois interdit par la préfecture.

Mais Laurent Luft, le président de l'ANP, ravi de la matinée, a déjà une idée en tête : refaire la même chose au musée d'Orsay, récemment ridiculisé par la bêtise d'un vigile ayant refusé l'entrée à une femme trop décolletée à son goût.

Vernissage de l'exposition "Louis de Funès"
Location:
La Cinémathèque Française (Click here to get informations about La Cinémathèque Française)
Musée du Cinéma
51, rue de Bercy
75012 Paris
M° Bercy
France
Phone : +33 (0)1 71 19 33 33
Mail : contact@cinematheque.fr
Twitter account : cinemathequefr
Instagram account : cinemathequefr
Internet Site : www.cinemathequefrancaise.com

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Date: Sunday, September 13, 2020
Time: 10:00-12:00 CEST
Duration: 2 hours
Category: Art & exhibition opening*, Film*
Keywords / Tags: Louis de Funès
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