Vernissage de l'exposition "Robert Rauschenberg - Night Shades and Phantoms"

Thursday, October 22, 2020 15:00-20:00 CEST




Description:
Vernissage de l'exposition "Robert Rauschenberg - Night Shades and Phantoms"
1. Robert Rauschenberg, Drums (Night Shade), 1991, Tarnish and silkscreen ink on brushed aluminum, 121,9 x 91,2 cm (48 x 35,875 in). Driveway Detour (Night Shade), 1991. Tarnish and silkscreen ink on brushed aluminum. 122,2 x 152,3 cm (48.125 x 60 in). 2. Robert Rauschenberg, Marsh Haven (Phantom), 1991, Silkscreen ink on anodized mirrored aluminum, 152,5 x 123,2 cm (60 x 48,5 in). 3. Robert Rauschenberg, Avenue (Night Shade), 1991, Tarnish and silkscreen ink on brushed aluminum, 211,5 x 121,5 cm (83,25 x 47,875 in). 4. Robert Rauschenberg, Hydro (Night Shade), 1991, Tarnish and silkscreen ink on brushed aluminum, 122 x 213,2 cm (48 x 83,875 in). All images © Robert Rauschenberg Foundation / Licensed by ADAGP, Paris, 2020. Photos of the works: Glenn Steigelman

22 OCTOBRE - 5 DÉCEMBRE 2020

Ce que [Rauschenberg] a inventé avant tout [...], c'est une surface picturale qui accueille le monde à nouveau. - Leo Steinberg, 1972.

Les surfaces tourbillonnent par réflexion, leur aspect argenté, onirique, comme une échappée du subconscient étalée et brossée. Cela équivaut à peindre le temps atmosphérique, la météo Rauschenberg - instinctive, ouverte et assez libre. - David Salle, 2020.

La Galerie Thaddaeus Ropac est heureuse de présenter les Night Shades et Phantoms (1991) de Robert Rauschenberg, deux séries de peintures sur métal créées à partir de photographies sérigraphiées et de coups de pinceaux sur des supports en aluminium, du 22 octobre au 5 décembre dans son espace du Marais. Réalisées au mitan des dix années pendant lesquelles il expérimente avec le métal, ces œuvres se démarquent par leur palette de gris, allant du clair-obscur expressif des Night Shades à la translucidité éthérée des Phantoms. Rauschenberg crée des images oniriques qui apparaissent et disparaissent au gré des jeux de lumière, d'ombres et de reflets sur la surface des œuvres. Jouant avec la perception du spectateur, ces œuvres sont sensibles à leur environnement. Elles brouillent la frontière entre le monde et l'espace pictural, rappelant la célèbre maxime de l'artiste : « La peinture a un rapport avec l'art et avec la vie. Ni l'un ni l'autre ne peuvent être fabriqués. (J'essaie de travailler dans l'intervalle qui les sépare). » Organisée en collaboration avec la Fondation Robert Rauschenberg, l'exposition présente également une sélection de photographies prises par l'artiste ayant servi d'images sources pour les peintures exposées.

L'un des artistes les plus influents du XXe siècle, Rauschenberg a révolutionné l'espace pictural en associant peinture, photographie et sculpture de manière extrêmement inventive. À partir du milieu des années 1980, à la suite d'un séjour au Chili, il délaisse la toile au profit, dans un premier temps, de plaques de cuivres, puis de laiton, de bronze et, dans le cas des Night Shades et des Phantoms, d'aluminium brossé et poli. L'utilisation du métal dans son travail remonte à ses premiers assemblages sculpturaux, constitués d'objets trouvés et notamment de débris industriels, comme ses Elemental Sculptures (1953/59), mais aussi ses Combines (1954-64) et, plus tard, les Gluts (1986-89/1991-94). Dans les Night Shades et les Phantoms, Rauschenberg se sert du métal comme d'un dispositif pictural qui renvoie à la réalité d'un monde industrialisé tout en agissant comme une surface réfléchissante qui capture images, impressions et souvenirs.

Pour réaliser la série des Night Shades, Rauschenberg a sérigraphié des images sur de l'aluminium poli ou brossé, appliquant d'un geste énergique un agent de ternissure appelé Aluma Black. Certaines images ont été assombries par la ternissure, laissant voir des coulures noires expressives ; dans d'autres cas, Rauschenberg a mélangé le vernis avec des pigments qui ont résisté à la ternissure, produisant des effets de matière qui renforcent la qualité picturale des œuvres. Pour les Phantoms, Rauschenberg a expérimenté avec un autre type de métal : l'aluminium anodisé poli. Celui-ci a rejeté l'agent de ternissure, produisant des images spectrales qui apparaissent et disparaissent selon le point de vue du spectateur. Ainsi, les Phantoms ont été créés suite aux premières expérimentations avec les Night Shades, devenant presque leur double fantomatique. Le titre des Phantoms fait allusion aux effets fantasmagoriques produits par la surface réfléchissante, tandis que le terme Night Shades correspond à une plante produisant des baies noires toxiques (belladone en français) ; comme mot composé, le terme est également associé au crépuscule ou à la tombée d'un rideau.

Rauschenberg a utilisé ses propres photographies dans le processus sérigraphique. Celles-ci ont été prises au cours de ses différents déplacements à travers les États-Unis et à l'étranger, entre 1979 et 1991, notamment lors de ses voyages pour le Rauschenberg Oversea Culture Interchange (ROCI) (1984-91), un projet qui avait pour but de faire communiquer différentes cultures à travers des échanges créatifs.

En réunissant des éléments provenant de sources et de lieux variés dans un même espace pictural, Rauschenberg exprime un désir d'interconnectivité. Les éléments sont réunis dans des compositions qui incitent le spectateur à créer ses propres associations entre les images. L'iconographie est extrêmement riche et variée. Des scènes urbaines ainsi que des artefacts historiques et culturels, tels que le mur de Berlin ou un temple malaisien, sont juxtaposées à des images d'arbre, de faune et de flore, et, parfois, combinées à des élans gestuels qui accentuent le sentiment de vitalité et de mouvement. Et pourtant, les images peuvent être difficiles à saisir, leur évanescence et leur superposition rappelant également le caractère fuyant de la mémoire.

Dans le catalogue de l'exposition, l'artiste David Salle écrit : « Rauschenberg a fait en sorte que les formes et les masses s'envahissent et s'affectent mutuellement, dynamisant la surface afin de produire un impact pictural, qui s'inscrit lui-même dans quelque chose de plus grand, de plus profond. C'est quelque chose de difficile à qualifier, mais il imprègne l'expérience visuelle d'un sentiment d'élévation, d'une expérience suspendue, en mouvement. »

Le processus de Rauschenberg, qui consiste à incorporer ses propres photographies d'impressions et d'expériences personnelles passées, suggère également une approche auto-réflexive et rétrospective. Ce n'est peut-être pas une coïncidence si, en 1991, l'année même de la création des Night Shades et des Phantoms, le travail de Rauschenberg fait l'objet d'expositions importantes retraçant l'ensemble de sa carrière, présentées au Whitney Museum of American Art, New York, à la National Gallery of Art, Washington, D.C. et à la Menil Collection, Houston.

Les dernières rétrospectives de son œuvre ont eu lieu à la Tate Modern, Londres (2016), au Museum of Modern Art, New York (2017) et au San Francisco Museum of Modern Art (2017).

L'exposition est accompagnée d'un catalogue richement illustré, avec un texte de l'artiste David Salle et de l'auteure Sarah French.

Vernissage de l'exposition "Robert Rauschenberg - Night Shades and Phantoms"
Robert Rauschenberg. Photograph © 1991 Sidney B. Felsen.

A PROPOS DE L'ARTISTE

Au cours de ses soixante années de carrière, l'artiste américain Robert Rauschenberg (1925-2008) a puisé son inspiration dans des expériences et des collaborations très diverses, gardant toujours un esprit d'expérimentation qui l'a mené à explorer constamment de nouveaux matériaux et des nouvelles techniques. Bien qu'il ait refusé toute affiliation à quelque mouvement que ce soit, il est considéré comme l'un des artistes les plus influents de l'après-guerre depuis l'expressionnisme abstrait.

Rauschenberg assiste aux cours du Kansas City Art Institute et, plus tard, de l'Académie Julian à Paris, mais c'est le Black Mountain College, en Caroline du Nord, où il entre en 1948, en même temps que sa camarade et future épouse, l'artiste Susan Weil, qui constitue l'une des expériences les plus formatrices du jeune artiste. Il y étudie sous la direction du peintre et professeur au Bauhaus Josef Albers et y rencontre le compositeur John Cage et le chorégraphe Merce Cunningham avec lesquels il noue une longue amitié et multiplie les collaborations artistiques. Le trio participe à Theater Piece #1 (1952), une performance multimédia - aujourd'hui considérée comme le premier « Happening » - qui intégrait poésie, musique, danse et film, ainsi que les White Paintings (1951) de Rauschenberg, suspendues au plafond. Cage fait une description mémorable des White Paintings, les comparant à des « aéroports pour les lumières, les ombres et les particules », qui « attrapaient tout ce qui leur tombait dessus », parlant d'elles comme d'une source d'inspiration pour sa propre composition légendaire 4'33" (1952).

Vers la fin de 1953, Rauschenberg commence à intégrer une kyrielle de matériaux et d'objets de récupération dans ses Red Paintings (1953-54), lesquelles allaient évoluer vers sa série pionnière, connue sous le nom de « Combines ». Intégrant toutes sortes d'éléments, du bouc naturalisé au panneau signalétique et au dessus-de-lit, ces œuvres abolissent la frontière entre peinture et sculpture, introduisant une nouvelle relation entre le spectateur et l'œuvre d'art. En 1962, Rauschenberg commence à faire des peintures combinant des traces gestuelles avec des images sérigraphiées tirées de journaux, de magazines et de ses propres photographies. À la suite de sa première rétrospective, organisée par le Jewish Museum, à New York, en 1963, Rauschenberg reçoit le Grand prix de peinture à la Biennale de Venise de 1964.

Au cours des décennies suivantes, l'œuvre de Rauschenberg témoigne de son engagement collaboratif avec des danseurs, des artisans et des ingénieurs du monde entier. Tout en concevant les lumières, les décors et les costumes des productions avant-gardistes de Merce Cunningham, Trisha Brown et Paul Taylor, entre autres, Rauschenberg a chorégraphié ses propres performances, à commencer par Pelican, en 1963. Il co-fonde Experiments in Art and Technology (E.A.T.) avec l'ingénieur Billy Klüver, dont le but était d'associer artistes et ingénieurs dans des projets collaboratifs. Avec Klüver, Rauschenberg réalisa des œuvres comme Oracle (1962-65), intégrant la technologie des transistors radio sans fil, et l'installation lumineuse interactive Soundings (1968).

En 1970, Rauschenberg établit sa résidence permanente sur l'île de Captiva, en Floride, où il réalise plusieurs séries d'œuvres, parmi lesquelles les Cardboards (1971-72), sculptures murales réalisées à partir de cartons usagés, et les chamarrés Jammers (1975-76) réalisés à partir de morceaux de tissu. Son expérimentation avec les techniques d'impression se poursuivit également sur toute une variété de supports, dont les transferts au solvant sur tissus Hoarfrosts (1974-76), les œuvres multimédia Spreads (1975-83) et celles sur métal des années 1980-1990 avec la série des Shiners, Urban Bourbons, Borealis, Night Shades et Phantoms. Outre sa propre pratique artistique, Rauschenberg devient le porte-parole des artistes et de la communauté artistique dans son ensemble. En septembre 1970, il fonde Change, Inc., une organisation à but non lucratif qui venait en aide aux artistes pour leurs dépenses pressantes, et, de 1984 à 1991, il finance sur ses propres fonds le projet Rauschenberg Overseas Culture Interchange (ROCI). À l'occasion de ce vaste programme itinérant, Rauschenberg se rend dans dix pays - Mexique, Chili, Venezuela, Chine, Tibet, Japon, Cuba, URSS, Allemagne et Malaisie - dans le but d'établir un dialogue et une entente interculturelle à travers le processus de création.
Location:
Galerie Thaddaeus Ropac (Click here to get informations about Galerie Thaddaeus Ropac)
7, rue Debelleyme
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart, Filles du Calvaire
France
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Fax : +33 (0)1 42 72 61 66
Mail : galerie@ropac.net
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Date: Thursday, October 22, 2020
Time: 15:00-20:00 CEST
Duration: 5 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Robert Rauschenberg
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