Vernissage de Grégory Chatonsky "L'invention de la destruction"

Wednesday, January 9, 2008 16:00-22:00 CET




Description:
10 Janvier - 1 mars 2008
du mardi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous
Vernissage mercredi 9 Janvier / 16h - 22h

Pourquoi la destruction est-elle au coeur des images produites par les médias ? Que se passe-t-il dans le changement d'état convoqué par la destruction? Cela a-t-il rapport à une transformation des relations entre la forme et la matière ? Que nous arrive-t-il quand la forme devient méconnaissable et que la matière brute semble progressivement se libérer de sa silhouette ? Que nous arrive-t-il à ce moment précis et infime de la dislocation, dans cet entrelacs ? S'agit-il simplement d'un événement négatif ou est-il possible d'envisager la dislocation comme quelque chose de productif ?

À travers cette exposition, Grégory Chatonsky porte un autre regard sur la destruction afin de comprendre selon quelle esthétique elle s'invente pour entrouvrir ce qui met à distance la matière et la forme dans nos activités les plus banales.

Pourquoi la destruction est-elle au cœur des images produites par les médias? Que se passe-t-il dans le changement d'état convoqué par la destruction? Cela a-t-il rapport à une transformation des relations entre la forme et la matière? Autant de questions abordées dans les oeuvres de Grégory Chatonsky.

Si Karlheinz Stockhausen déclarait que les attentats du 11 septembre sont une œuvre d'art, il faut savoir entendre au-delà de la provocation d'un tel propos l'esthétisation croissante de la destruction. Sans doute l'écroulement du World Trade Center est une image qui a modifié de part en part notre imaginaire et qui continue encore aujourd'hui à nous hanter. Nous avions déjà vu ces images, avant que l'évènement ait lieu, dans les films hollywoodiens, images de catastrophes, tours en flamme, corps plongeant dans le vide, nuages de poussière.

Nous avons été habitué à la destruction par les images de la télévision qui paradoxalement nous laissent de plus en plus insensibles et nous éloignent de ce que nous voyons. Nous sommes alors face à des images qui ne sont pas seulement la captation d'un évènement, mais sa mise en scène, sa représentation, comme si l'évènement lui-même avait été orchestré pour n'être qu'une image.
D'autres images de guerre ont depuis circulé, souvent liées au 11 septembre, des corps mutilés, des bâtiments détruits, des pays décimés par la guerre civile. Nous y sommes restés insensibles, étant à proximité des images, des informations, des données. Nous gravitons autour de ce néant. Nous nous méfions à présent de tout.

Que nous arrive-t-il quand la forme devient méconnaissable et que la matière brute semble progressivement se libérer de sa silhouette? Que nous arrive-t-il à ce moment précis et infime de la dislocation, dans cet entrelacs? S'agit-il simplement d'un évènement négatif ou est-il possible d'envisager la dislocation comme quelque chose de productif?

Grégory Chatonsky propose de revisiter cette question par un parcours qui part d'un incident informatique courant: l'effacement d'un disque dur qui entraîne la perte d'une mémoire personnelle dans l'installation sonore «My hard drive is expericing some strange noises» (2006).
Cette mémoire est hantée par les images du cinéma du siècle dernier. Les images projetées dans la salle obscure viennent s'imprimer dans notre imaginaire. Il s'agit de déconstruire la découpe de l'espace et du temps propre à l'enregistrement filmique, de le mettre à plat, afin de revoir, encore et encore, ces images («Readonlymemories», 2003).

À partir de modèles informatiques, Chatonsky produit des photographies, des vidéos, des sculptures stéréolithographiques dans Dislocation II (2006) pour soumettre des meubles à différents états de dislocation. En ralentissant la vitesse de destruction, en modélisant le résultat de celle-ci, en cherchant dans des jeux d'ombre et de lumière, dans la texture d'une poussière artificielle comment fixer le moment même où la forme se défait et n'est plus reconnaissable.
Dans «Dociles» (2006), les fragments d'un corps de femme sont déposés dans un appartement. Ces morceaux sont délicatement positionnés dans un tissu qui modèle le corps de son drapé. La destruction est ici corporelle, là encore, elle n'est plus la marque d'une violence, mais d'un travail de mémoire, d'une séparation qui nous laisse avec la sensation d'une peau, l'effleurement d'une chaleur.

Ce sont d'autres corps encore qui sont disloqués à la surface du réseau. Chacun écrit ses sensations, ses sentiments, ses pensées. La communauté se disperse sur Internet, elle se répand. L'intime devient publique. «Le registre» (2007) 1 est une tentative pour sauvegarder le caractère fugitif du réseau. Un logiciel va chercher des affects sur des blogs qui sont ensuite archivés sur des livres uniques et conservés dans une bibliothèque potentiellement infinie.
Cette passion de l'anonyme qui traverse Internet, vient disloquer notre propre identité. Car tous ces objets détruits, esthétisés dans leur disparition viennent nous troubler. «Just don't know what to do with myself» (2007) est une installation interactive où le visiteur peut enregistrer son empreinte digitale dont l'image se déforme progressivement, se déplace et devient l'origine non d'une identification, mais d'une transformation infinie en détruisant le principe voulant qu'A soit égal à A.
À travers ce parcours, il s'agit de porter un autre regard sur la destruction, de comprendre selon quelle esthétique elle s'invente pour entrouvrir ce qui met à distance la matière et la forme dans nos activités les plus banales.


Grégory Chatonsky

Né à Paris, Grégory Chatonsky vit entre Paris et Montréal. Après des études de philosophie à la Sorbonne et de multimedia aux Beaux-arts de Paris, il apris part à de nombreux projets solos et collectifs en France, Canada, États-Unis, Italie, Australie, Allemagne, Finlande, Espagne. Ses oeuvres ont été acquises par des institutions telles que la Maison européenne de la photographie. Parallèlement, Grégory Chatonsky a fondé en 1994 un collectif d'artistes incident.net pionniers du netart et a réalisé de nombreuses commandes: site Internet du centre Pompidou et de la Villa Médicis, identité visuelle du MAC/VAL, fiction interactive pour Arte. Il a enseigné au Fresnoy ainsi qu'à l'école des arts visuels et médiatiques de l'UQAM.
Location:
Galerie Numeriscausa (Click here to get informations about Galerie Numeriscausa)
53, boulevard Beaumarchais
75003 Paris
M° Chemin Vert, Bréguet - Sabin
France
Mail : contact@numeriscausa.com
Internet Site : www.numeriscausa.com

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Date: Wednesday, January 9, 2008
Time: 16:00-22:00 CET
Duration: 6 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Grégory Chatonsky
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