Vernissage de Marthe Wéry

Thursday, June 1, 2006 16:00-20:00 CEST




Description:
jusqu'au 29 juillet
du mardi au samedi de 10h30 à 13h et de 14h30 et de 19h

Réouverture de la galerie avec une exposition de Marthe Wéry.

Née à Bruxelles, Marthe Wéry compléta sa formation artistique à Paris. Au début des années 1960, sa peinture relève d'une abstraction sensible puis, à la fin de la décennie, elle s'oriente vers une abstraction géométrique. A partir de 1972, son travail s'épure. Ses tableaux, parcourus de lignes verticales ou horizontales, aspirent à manifester une unité ouverte de la surface.

La quête picturale de Marthe Wéry emprunte un temps la voie du travail sur papier. Ses « dessins lignés » - feuilles blanches entièrement remplies de lignes droites, parallèles, tracées au feutre noir - s'inscrivent dans le droit fil des compositions all over initiées par les artistes américains comme Strzeminsky, dont elle avait découvert l'œuvre à New-York en 1969. Invitée à la Documenta VI (Cassel, 1977), l'artiste y présenta un ensemble de ces dessins qui éliminent toute forme.

Représentant son pays lors de la Biennale de Venise en 1982, Marthe Wéry réalisa pour le pavillon belge une série de tableaux rouges qui marquent son retour définitif à la peinture et manifestent les caractéristiques essentielles de son art : un dialogue fécond avec la tradition du monochrome, le travail par série et, surtout, une confrontation de la peinture avec le lieu où elle apparaît. Posées sur le sol, adossées aux mur, les toiles rythmaient l'espace. Depuis lors, Marthe Wéry a développé cette intrication de la peinture et de l'installation qui rompt avec l'autonomie du tableau. Posées sur des cales ou des tréteaux, disposées le long des murs, accrochées à des hauteurs variables, déployées dans l'espace du spectateur, ses peintures créent des « environnements » picturaux. Cette hybridation bouleverse les catégories. Elle rend surtout perceptible la nécessité pour l'artiste, après avoir congédié la forme, de faire « vivre la surface ».

Passionnée par l'architecture, Marthe Wéry s'attachait moins aux problématiques du monochrome qu'à celles de la « couleur seule » - à ses qualités perceptuelles et physiques. A partir de 1995, ses tableaux sont constitués de nappes de peinture liquide, couches superposées répandues sur toute la surface, et qui y jouent librement, inscrivant ainsi des traces inattendues. Issues de la tension superficielle de la matière, elles génèrent une vitalité du plan du tableau. L'artiste souhaitait « penser en peinture ». Cette ambition la conduisit à nouer un dialogue pictural avec les grands anciens, de Pontormo à Piet Mondrian, Kasimir Malevitch ou Barnett Newman, comme avec ses contemporains, tels Bernard Frize ou Susanna Fritscher avec lesquels elle confronta ses investigations. Par passion des échanges, pendant près de trente ans elle fut aussi enseignante dans diverses écoles d'art (Bruxelles, Lyon, Nîmes).

Elle laisse une œuvre rigoureuse dont la vitalité radieuse contribue à renouveler les charmes de la peinture.

On peut clairement avoir des désirs, mais on doit toujours faire face à sa nature. J'ai appris que la mienne devait prendre en compte la sensualité, et pour la garantir, un temps de travail très lent. Je peins à plat en fines couches transparentes superposées. Tant de choses se passent dans cette lenteur et j'aimerais le faire vivre au spectateur. Je me suis ainsi rendu compte que la fascination pour le côté matériel et physique de la couleur était inscrite dans mon tempérament ; ce qui m'éloigne de la rigueur des Américains par exemple. En fait, on n'échappe pas à l'autoportrait dans la peinture. Il se fait pas à pas, naturellement. J'ai l'impression de « laisser venir »... Chaque exposition est un peu l'état de moi-même à ce moment là. Comme un corps en morceau que je tente de reconstituer à coup d'ambiguïtés, de reconnaissances et de libérations progressives.

Propos de Marthe Wéry recueillis par Guy Gilsoul pour le Vif/L'Express, 13 - 19 mars 1987


L'artiste belge Marthe Wéry, disparue en 2005, abandonna très tôt toute référence figurative pour produire des œuvres abstraites où le monochrome et la répétition dominent sous forme de damiers et de trames lignées.

La quête picturale de Marthe Wéry emprunte un temps la voie du travail sur papier. Ses « dessins lignés » - feuilles blanches entièrement remplies de lignes droites, parallèles, tracées au feutre noir - s'inscrivent dans le droit fil des compositions all over initiées par les artistes américains comme Strzeminsky, dont elle avait découvert l'œuvre à New-York en 1969. Invitée à la Documenta VI (Cassel, 1977), l'artiste y présenta un ensemble de ces dessins qui éliminent toute forme.

Représentant son pays lors de la Biennale de Venise en 1982, Marthe Wéry réalisa pour le pavillon belge une série de tableaux rouges qui marquent son retour définitif à la peinture et manifestent les caractéristiques essentielles de son art : un dialogue fécond avec la tradition du monochrome, le travail par série et, surtout, une confrontation de la peinture avec le lieu où elle apparaît.

Posées sur le sol, adossées aux mur, les toiles rythmaient l'espace. Depuis lors, Marthe Wéry a développé cette intrication de la peinture et de l'installation qui rompt avec l'autonomie du tableau. Posées sur des cales ou des tréteaux, disposées le long des murs, accrochées à des hauteurs variables, déployées dans l'espace du spectateur, ses peintures créent des « environnements » picturaux. Cette hybridation bouleverse les catégories. Elle rend surtout perceptible la nécessité pour l'artiste, après avoir congédié la forme, de faire « vivre la surface ».

Passionnée par l'architecture, Marthe Wéry s'attachait moins aux problématiques du monochrome qu'à celles de la « couleur seule » - à ses qualités perceptuelles et physiques. A partir de 1995, ses tableaux sont constitués de nappes de peinture liquide, couches superposées répandues sur toute la surface, et qui y jouent librement, inscrivant ainsi des traces inattendues. Issues de la tension superficielle de la matière, elles génèrent une vitalité du plan du tableau.

L'artiste souhaitait « penser en peinture ». Cette ambition la conduisit à nouer un dialogue pictural avec les grands anciens, de Pontormo à Piet Mondrian, Kasimir Malevitch ou Barnett Newman, comme avec ses contemporains, tels Bernard Frize ou Susanna Fritscher avec lesquels elle confronta ses investigations. Par passion des échanges, pendant près de trente ans elle fut aussi enseignante dans diverses écoles d'art (Bruxelles, Lyon, Nîmes).

Elle laisse une œuvre rigoureuse dont la vitalité radieuse contribue à renouveler les charmes de la peinture.

L'Artiste
Marthe Wéry est née en 1930 à Bruxelles. Elle est décédée le 8 février 2005.
Location:
Galerie Cent8 - Serge Le Borgne (Click here to get informations about Galerie Cent8 - Serge Le Borgne)
108, rue Vieille du Temple
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart, Filles du Calvaire, Saint-Paul
France
Mail : info@sergeleborgne.com
Internet Site : www.sergeleborgne.com

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Date: Thursday, June 1, 2006
Time: 16:00-20:00 CEST
Duration: 4 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Marthe Wéry
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