Vernissage de Nancy Barwell "Les Marcheurs d'Avila"

Thursday, September 17, 2009 18:00-21:00 CEST




Description:
Fusain sur Canson

Exposition du 17 septembre au 20 octobre 2009

Les Marcheurs d'Avila

Les Marcheurs d'Avila sont nés d'une rencontre avec cette petite ville provinciale espagnole à l'heure de midi, par un matin d'hiver au soleil voilé. Des promeneurs marchent par groupes et parlent entre eux. Leurs ombres portées sont ténues. L'ensemble architectural intrigue. Un ensemble de photos assemblées en panoramique donne une illusion de perspective. Retravaillées à l'ordinateur puis déplacées, fragmentées, recouvertes de calques ou de peinture, rephotographiées, elles m'ont permis de déconstruire puis de reconstruire des espaces nouveaux. Les lignes de fuite, les ogives, les colonnes animent des constructions imaginaires mettant en scène des passants qui se faufilent comme des ombres éphémères ou des silhouettes creuses, et cette recherche d'un « visible » au-delà du « vu » est inspirée directement par la matière photographiée. Certains objets plastiques tels que lanterne, pli, ou inscription viennent découper l'espace et enrichir l'aspect énigmatique de ces compositions. La rupture de forme et d'espace, les valeurs enchaînées multiplient les facettes et les temps successifs du mouvement de la marche. Ailleurs une masse humaine bourgeonnante et compacte se glisse dans les replis mystérieux de la composition. Toutes ces formes se répondent dans un espace réinventé, qui cherche à entraîner l'esprit dans la mobilité de l'œil. Comme le premier mot d'un vers ou l'ébauche d'un premier geste, ces dérives du corps, cette marche intérieure, ces associations libres, ces pensées en acte engendrent le surgissement de la figure complète et dans le même temps cette rupture des rapports, cette déconstruction de l'espace architectural déplace la perception, engendre le trouble et induit une équivoque du regard entre ce qui se donne à voir et ce qui se voit. Si, sur certaines zones de l'image, le spectateur peut se projeter dans la vraisemblance d'un compagnonnage avec les marcheurs, en d'autres points il ne le peut plus, restant lui-même en suspens, voire écarté de la scène, livré à la perplexité de l'interrogation entre ce qu'il voit être vrai, et ce qu'il sait ne pas être vrai.

Préoccupée par les questions de l'origine, du territoire, de la mémoire et de la perte, j'utilise dans mon travail plastique la figure du Marcheur comme paradigme de l'humain qui avance, non tant vers une destination que vers un destin. Aussi, dans un jeu de déconstruction et de reconstruction de mes images-source, j'utilise également pour ses qualités plastiques l'ombre qui accompagne chaque silhouette. Le fusain employé à l'origine est lui-même un médium fragile comme l'ombre d'un rêve : poussière méditative et nostalgique du temps qui passe, il s'effrite et ne laisse que quelques traces dans la mémoire du papier et sur les doigts. Sa fragilité même m'a incité à rechercher un mode de présentation moins fragile. Mais ce qui, à chaque pas, disparaît et se recrée, autant que l'équilibre du corps dans l'acte de marcher, c'est aussi l'équilibre du songe tel qu'il avance dans l'incertitude du sommeil ; et les différentes opérations plastiques préexistantes au résultat final présentent de grandes similitudes avec les opérations mentales du rêve telles que déplacement, juxtaposition ou substitution. Telle est l'autre facette de mon travail, la « réflexion » à laquelle m'ont conduit mes propres dessins et qui me renvoie par le rêve à l'ombre préexistante de la peinture, à la découverte miroitante de l'intime où la vibration de chaque trait engendre un espace privé, en équilibre sur du vide. Ainsi le modèle que me donne la narration du rêve lorsqu'elle joue avec l'espace et le temps, avec l'incohérence des images, avec l'absurdité des liaisons entre les représentations, avec la dissolution des relations logiques et le déplacement d'accent, transforme et unifie entre elles mes images-source, matrices de l'œuvre. Toutes ces opérations intermédiaires donnent épaisseur et consistance au processus plastique et pourraient être présentées comme œuvres à part entière, en tant que séquence. Ou bien laissées de côté ; car si la marche, les ombres, l'intention gestuelle et l'élan intérieur de création sont là nouées ensemble, et animées d'un mouvement qui engendre dans sa continuité l'œuvre plastique, toutefois, à un certain point de développement ou de maturité de l'œuvre, celle-ci s'échappe et trouve tout à coup son autonomie. Elle reste alors, et les étapes intermédiaires s'évaporent comme au réveil ; elle reste, à la fois porteuse de sa genèse et ne laissant subsister que son propre mystère.

Nancy Barwell

Vernissage de Nancy Barwell "Les Marcheurs d'Avila"
Location:
Galerie Lina Davidov (Click here to get informations about Galerie Lina Davidov)
210, boulevard Saint-Germain
75007 Paris
M° Saint-Germain-des-Prés, Rue du Bac
France
Mail : galerie@linadavidov.com
Internet Site : www.linadavidov.com

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Date: Thursday, September 17, 2009
Time: 18:00-21:00 CEST
Duration: 3 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Nancy Barwell
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