Vernissage de l'exposition "Guillaumin, l'impressionniste"

Thursday, September 17, 2009 18:00-21:00 CEST




Description:
Galerie Pierre Lévy
79, rue Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris tél: 01 47 42 10 11

peintures de la période 1872 à 1898

du 18 septembre au 25 novembre 09
du lundi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 19h

Armand Guillaumin fut l'un des premiers et des plus fidèles participants du groupe impressionniste.

Né le 16 février à Paris dans une famille ouvrière récemment émigrée de Moulins dans le Bourbonnais, où enfant il passa ses vacances, il commença à travailler dans le magasin de son oncle en 1857 à 15 ans tout en étudiant le dessin le soir.

En 1860 il fut embauché sur la ligne de chemin de fer Paris-Orléans, continuant à pratiquer le dessin pendant ses loisirs, avant de suivre les cours de l'Académie Charles Suisse où il fit la connaissance de Cézanne et Pissaro, avec lesquels il restera toute sa vie en étroite amitié.

Ne pouvant vivre de sa peinture, en 1868 après deux années sans travail, il obtint un emploi dans les Ponts et Chaussées, travaillant la nuit afin de pouvoir peindre pendant la journée.

Au début des années 70, il travailla avec Pissarro à Pontoise, un village de cultivateurs à peine touché par l'industrialisation où celui-ci s'était établi, partageant avec lui l'amour du paysage et reprenant sa facture et sa composition picturale soigneusement ordonnée.

Ils rendent alors souvent visite à Auvers à Paul Gachet, médecin pratiquant à Paris dans un quartier ouvrier, socialiste, libre-penseur, et habitué du Café Guerbois. Cézanne s'installa à Pontoise en 1872 pour mieux suivre les instructions de son mentor, Pissarro, puis en 1873 à Auvers où le Dr Gachet mit à sa disposition un logement. Cézanne fit un portrait de Guillaumin intitulé "Guillaumin au Pendu", Cézanne, à cette époque, signant ainsi fréquemment ses œuvres

De son travail avec Pissarro, Guillaumin devait développer un art du paysage, avec des perspectives ouvertes par des chemins tournants, pouvant aussi parfois y faire intervenir une vision de l'industrie teintée d'un certain romantisme.

Guillaumin fit partie de la première exposition du groupe des impressionnistes en 1874 et devait exposer à la plupart des suivantes, ainsi qu'au salon des Refusés

Vers la fin de la décennie 1880 il devint un ami de Van Gogh, et certaines de ses toiles furent vendues par Théo Van Gogh.

Dans les années 1890, sa peinture devait devenir plus subjective, et il commença à utiliser des couleurs très expressives, anticipant bientôt les fauves.

En 1891 il gagna à la Loterie Nationale, ce qui lui permit dès lors de se concentrer sur sa peinture et de se déplacer régulièrement entre Agay, Crozant et Saint-Palais-sur-Mer, ainsi que d'effectuer un voyage en Hollande en 1903-04

Guillaumin dont la vie fut longue puisqu'il mourut en 1927 à l'âge de 86 ans fut le dernier survivant du groupe des Impressionnistes, dont il fut un des plus fidèle et loyal membre.

Demandez à quiconque : "Qui est Armand Guillaumin ?", il vous répondra surement: "Le peintre de la Creuse et du Midi". Or, ce fut aussi et surtout un peintre impressionniste parmi les plus grands.

C'est à Paris, au 10 rue de Rivoli, que naît Jean-Baptiste Armand Guillaumin, le 16 février 1841. Son père, Jean-Joseph Guillaumin, est tailleur, il a quitté Moulin en 1839 pour s'installer à Paris dans le quartier des grands tailleurs où il possède un atelier spécialisé dans les vêtements de chasse. Sa mère, Françoise-Félicité Legay, dont la famille est originaire du Puy de Dôme eut trois autres enfants : Charles, Maurice et Marie. En 1847, la crise oblige la famille Guillaumin à revenir dans l'Allier, à Moulin. A l'école, il y rencontre Eugène Meunier (surnommé Murer) qui restera un ami fidèle et l'aidera tout au long de sa vie. En 1857, Guillaumin retourne à Paris pour gagner de l'argent et étudier à l'Ecole municipale d'art (Ecole des Petits Carreaux) avec comme professeur Louis-Denis Caillouette. Il y reçoit une médaille de bronze. Toute la journée, il travaille au magasin de textile de son oncle les "Mille et une nuits", ne lui laissant que le soir pour étudier, peindre, dessiner et aussi s'adonner à une de ses activités favorites : la lecture de ses contemporains tels Balzac, Stendhal, Hugo, Lamartine et Baudelaire, qui appellent à un humanisme nouveau. En 1860, il quitte les tissus pour la Compagnie des Chemins de Fer, qui lui laisse plus de temps et surtout des billets pour peindre le dimanche aux alentours de Paris. Son style est ici très proche des naturalistes romantiques aux tons sombres.

Ses débuts

En 1861, Guillaumin prend des cours à l'Académie Suisse. Là, il lie une grande amitié avec Pissarro qui lui fait connaître nombres d'artistes contemporains (Manet, Degas, Bazille, Renoir, Sisley...). De même, Guillaumin rencontre Cézanne, qui dit de lui : "Guillaumin est un artiste de grand avenir et un bon garçon que j'aime beaucoup". En 1863, le Salon Officiel ayant refusé plus de 4000 œuvres, Napoléon III autorise l'organisation d'un "Salon des Refusés". Guillaumin y participe avec ses nouveaux amis : Pissarro, Cézanne, Manet. Mais, en raison de l'échec de ce 1er salon, Guillaumin refuse d'y participer l'année suivante, démontrant son caractère volontaire et son honnêteté intellectuelle, incapable de faire des concessions, au détriment de ses propres intérêts. En 1865, Cézanne introduit Guillaumin aux Jeudis de Zola, où il y fait la connaissance des amis de Bazille. Ils assistent tous aux réunions organisées par Manet dans les anciens ateliers de Gleyre. Guillaumin est alors un des pionniers des nouvelles théories artistiques défendues par Manet, les 1ere œuvres que nous connaissons datent de cette année. En 1866, Guillaumin décide de quitter son travail pour se consacrer uniquement à la peinture. Mais, il ne vend presqu'aucune œuvre, il rejoint alors Pissarro et Renoir dans le travail de peinture sur stores. C'est à cette période que Guillaumin peint le portrait de "Pissarro dans son atelier". Cette période est très enrichissante pour son apprentissage; il étudie le Traité de peintures de L.de Vinci et le Livre de Valenciennes sur la perspective. Il peint beaucoup au Louvre ainsi que la faune et la flore du Jardin des Plantes. Guillaumin ne peut vivre plus longtemps ainsi, sans autre ressources que sa peinture. La misère le guette, il reprend un poste au Service de l'Hygiène et doit contrôler les voiries 3 nuits par semaine. Il loue alors l'ancien Atelier de Daubigny (13, quai d'Anjou). De là, il peint les péniches et les quais. Ce quai est très apprécié des artistes puisque Daumier habite au 9 et Baudelaire au 17. Durant ces années Guillaumin suit Manet et ses amis au Café de Gleyre (Pissarro, Cézanne, Monet, Renoir, Sisley, Basille, Degas, Fantin-Latour, C. Guys, Nadar...) où les discussions sont houleuses sur les nouvelles conceptions plastiques entre les artistes et les littéraires comme Zola ou T. Duret.

Durant la Commune, en 1870, les incendies dévastent l'atelier de Guillaumin, et nombre de ses œuvres sont détruites. Après la guerre, en 1872, les relations des artistes de la Nouvelle Ecole se consolident, Cézanne, Pissarro et Guillaumin sont très soudés. Ils voyagent et peignent ensemble. A Auvers-sur-Oise, ils rencontrent le Dr. Gachet qui deviendra un ami et collectionneur. Celui-ci implante une presse à graver dans son atelier en 1873, le trio s'initie donc à la gravure à l'eau-forte sur la presse de l'atelier. Guillaumin apprécie beaucoup cette technique, et réalise plus de 20 gravures, sa 1ere plaque est dédicacée au Dr. Gachet. De même, Cézanne tirera à Auvers 5 gravures, dont une prend comme sujet une œuvre de Guillaumin "Esquisse sur la Seine à Bercy" et dont une seconde représente Guillaumin les bras croisés intitulé "Guillaumin au pendu". Guillaumin trouve auprès du Dr. un appui moral et matériel, leur relation est de plus en plus étroite, ils travaillent ensemble puisque Guillaumin peint des natures mortes que Gachet lui prépare. En même temps, Guillaumin se met aussi au pastel où il excelle, d'après ses amis peintres.

Texte du catalogue à paraître pour l'exposition:

Les Expositions Impressionnistes

En 1874 Pissarro crée "La Société Anonyme des Artistes, Peintres, Sculpteurs et Graveurs" dont les membres sont Monet, Renoir, Sisley, Cézanne, Degas, Morisot, Béliard et Guillaumin. En avril, la 1ere exposition a lieu dans l'ancien atelier de Nadar, Guillaumin y présente 3 œuvres ("Le soir", "Paysage temps pluvieux", "Soleil couchant à Ivry"). Cette 1ere exposition fut un échec commercial mais marqua le baptême du groupe puisque "Impression Soleil levant" de Monet donna le nom d'Impressionniste à ces artistes indépendants. Le groupe trouve un sentiment de solidarité dans cet idéal commun qu'est la représentation de la vérité à travers une nouvelle sensibilité. La situation de Guillaumin s'améliore, il a de nouveaux acheteurs, outre le Dr. Gachet et Murer, Le Père Tanguy (marchand de couleur et collectionneur) et le Père Martin (marchand de tableaux) achètent ses œuvres. A cette époque Cézanne s'installe rue d'Anjou dans l'atelier de Guillaumin. Les deux amis peignent ensemble les bords de Seine et Auvers en compagnie du Dr. Gachet, notamment une nature morte (fleurs sur nappe bleue) que le Dr. achètera aux 2 artistes. En 1876, le groupe organise une 2° Exposition où Manet, Cézanne et Guillaumin refusent d'exposer car Degas prend position contre eux. A la 3° Exposition du Groupe, en 1877, Guillaumin, Cézanne et Pissarro présentent leurs œuvres, avec, entre autres, Caillebotte, Renoir, Monet, Sisley, Morisot, Degas. Guillaumin y présente 12 toiles, parmi lesquelles beaucoup de paysages peints en compagnie de Cézanne dans la banlieue parisienne.

Murer publie un livre sur les artistes, il y consacre un chapitre entier à son fidèle ami Guillaumin, une pochade très élogieuse. En 1879, Guillaumin ne participe pas à la 4° Exposition des Impressionnistes comme Cézanne, Sisley et Renoir. Cette année, il augmente ses revenus en réalisant des portraits, comme Manet.

En 1880, lors de la 5° Exposition de Groupe, Guillaumin présente 22 œuvres parmi celles de Edgar Degas, Camille Pissarro, Berthe Morisot, Gustave Caillebotte, Rouart et Armand Guillaumin, Lebourg, Mary Cassatt, Jean-Louis Forain, Paul Gauguin. Mais en 1881, le fossé se creuse entre les artistes autour de Degas et ceux autour de Pissarro. La célèbre lettre de Gustave Caillebotte à Pissarro est très révélatrice : "Que vont devenir nos exposition ? ...nous devons continuer uniquement dans un sens artistique...je demande qu'une exposition soit faite avec tous ceux qui ont apporté un intérêt réel dans la question c'est-à-dire vous, Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley, Morisot, Mary Cassatt, Paul Cézanne, Armand Guillaumin...c'est tout puisque Degas refuse une exposition bien faite...il a apporté la désorganisation entre nous...". Cette 6° Exposition aura quand même lieu, au 35 boulevard des Capucines, Guillaumin y présente 15 œuvres (N°40 à 55 du Catalogue Raisonné Serret-Fabiani) dont "Le Pont Marie Quai Sully", acheté par Gauguin. Joris-Karl Huysmans, parle de Guillaumin comme d'un "coloriste féroce". Guillaumin recherche dans la nature pureté et vérité, comme tout bon naturaliste. Son mode de vie et ses contacts professionnels le mettent en rapport avec les dures réalités sociales de l'époque. Ceci explique qu'il sera plus dur, plus réaliste dans sa peinture. Malgré de lourdes tensions entre les artistes, une 7° Exposition a lieu, organisé par Durand-Ruel. Guillaumin présente 26 œuvres. La critique s'intéresse de plus en plus à l'Impressionnisme, et le public commence à acheter ses œuvres d'art.

En 1883, Paul Signac rencontre Guillaumin qu'il admire. Une longue amitié naîtra entre les deux hommes. Un an plus tard, Guillaumin présente Seurat et Signac à Pissarro, intéressé par leur nouvelle façon de peindre. Guillaumin ne suivra pas cette voie, car il y a pour lui trop de théorie et pas assez de spontanéité et d'émotion picturale. Pissarro reste le chef de groupe, mais Guillaumin a aussi beaucoup d'influence sur eux. Ainsi, lors de la création du Salon des Indépendants par Dubois-Pillet avec Signac, Seurat, Redon, Guillaumin est invité à exposer. Il y présente des pastels qui sont fort appréciés de la critique. La Vie Moderne écrit : "M. Guillaumin, l'impressionniste bien connu, nous offre une série d'aquarelles et de pastels enlevés avec une maestria remarquable. L'impressionnisme est un genre discutable mais M. Guillaumin a du talent". En 1885, Cézanne loue un atelier au 15 rue d'Anjou, tous les deux travaillent beaucoup ensemble et se copient mutuellement. 1886 marque la dernière exposition du Groupe préparé par Eugene Manet avec Guillaumin, Degas, Pissarro, B. Morisot et Rouart. Guillaumin y expose 21 œuvres, et essaye d'y inclure les néo-impressionnistes Seurat et Signac. Mais, E. Manet s'y oppose farouchement. Fénéon flatte Guillaumin en le traitant de "beau peintre de l'Impressionnisme". Puis, Durand-Ruel fait une exposition Impressionniste à New York, y sont représentés : Monet, Pissarro, Renoir, Degas, Sisley, Morisot, Seurat, Signac et Guillaumin (7 tableaux). Il utilise des couleurs plus denses et un dessin plus rigoureux. Il met fin aux touches de pinceaux et s'attache plus à un travail consciencieux. Déjà, Durant-Ruel reproche à Guillaumin de faire du "fauvisme avant la lettre".

La Consécration

1887 est une année importante puisque, outre son mariage avec Marie-Joséphine Charreton une agrégée de Français professeur au lycée Fénelon, Guillaumin intéresse de plus en plus. Ainsi, de nombreux marchands lui achètent ses œuvres tels Russell, le Père Thomas, qui a une galerie boulevard Malesherbes, Clauzet, un marchand renommé avec qui il signe un contrat et Portier, marchand et courtier. Dans la galerie de ce dernier Guillaumin intéresse de nombreux collectionneurs tels le Dr Goigeon, l'américain Havemeyer, le japonais Hayaschi qui emporta dans son pays cinquante tableaux de Guillaumin, Depeaux, le Comte Doria et son ami Hazard, d'Orrouy qui eut cent Corot et cent Guillaumin, G. Murat, Louis Majorelle, F. Feydeau et son ami Lucien Sauphar. Portier lui achète beaucoup d'œuvres mais surtout le présente à Vincent et Théo Van Gogh. Une forte amitié se lie entre Guillaumin et les Van Gogh. Ils se voient beaucoup pendant les deux années qui suivent. En 1888, Théo Van Gogh organise une exposition des œuvres de Pissarro, Gauguin et Guillaumin dans la Galerie Bounod & Valadon. Vincent Van Gogh reste très admiratif de Guillaumin, ils travaillent beaucoup ensemble, surtout sur la technique du pastel. Vincent pousse son frère à acheter des toiles de Guillaumin. Cette année marque aussi la 1ere expo particulière de Guillaumin, dans les locaux de la "Revue Indépendante". On y note un très bon article du critique Fénéon. Cette année, sa première fille naît, il l'appellera Madeleine. A partir de cette date, Guillaumin réalise beaucoup de pastels et d'esquisse de sa famille. En 1889, Guillaumin est en étroite relation avec Gauguin et son groupe. Emile Bernard lui fait faire la connaissance d'Albert Aurier, le nouveau critique du groupe des symbolistes et de Schuffenecker. Pour les Van Gogh, Gauguin, Guillaumin et Bernard restent des artistes qui partagent les mêmes idées artistiques. Guillaumin reçoit l'invitation de se joindre aux amis de Gauguin pour présenter ses œuvres au café Volpini en vue de l'Exposition Universelle. Mais comme ni Pissarro ni Seurat ne sont invités, il refuse. Gauguin n'acceptera jamais ce refus. En 1890, Guillaumin participe au Salon des Indépendants avec 10 œuvres. Sa renommée grandit, il devient un artiste incontournable, mais il est très affecté par le suicide de son ami Vincent Van Gogh chez le Dr. Gachet. 1891 est marqué par deux événements importants : la naissance de son 1er fils (Armand) et sa grande chance à la loterie. En effet, Guillaumin gagne la somme de 100.000 FF au tirage d'une obligation à lots du Crédit Foncier. Avec simplement les intérêts du capital (vers 5.000 FF/an) il était garanti d'une totale sécurité financière ; ce qui lui permettra de demander sa retraite anticipée et de quitter son emploi de la Ville de Paris pour se consacrer entièrement à la peinture. Guillaumin est enfin libre ; il va pouvoir voyager, sa première réaction fut "Chic, je vais pouvoir peindre la mer! ". Ses couches colorées et cassées commencent à se fondre, Guillaumin simplifie de plus en plus ses formes et ses couleurs dans un style personnel évoluant vers le synthétisme. La majorité du talent de Guillaumin est constituée par sa vision très personnelle de la couleur, il est alors très vite qualifié avec mépris de "fauviste". Puis, en 1891, Guillaumin expose à Bruxelles avec les artistes du groupe des XX (avec Pissarro, Sisley, Seurat, Signac et Van Gogh). Guillaumin fait aussi la connaissance de Personnaz, un riche commerçant qui deviendra un excellent client et laissera à sa mort aux Musées français d'importants tableaux de Guillaumin. En 1893 est marquée par la naissance de sa fille Marguerite. En automne il découvre pour la 1ere fois le village de Crozant. Comme les autres impressionnistes Guillaumin est fasciné par le jeu de la lumière sur l'eau. A partir de cette date, il adoptera un nouveau rythme de vie; de l'hiver au printemps il partira à Agay puis quand arrivera l'été il s'installera à Crozant, enfin jusqu'à l'automne il séjournera à Saint-Palais, sans oublier de passer à Paris pour y présenter ses nouvelles créations. En 1894, Durand-Ruel organise une exposition de Guillaumin à Paris, il y présente 64 huiles et 41 pastels, et vend 54 de ses huiles. En 1895 apparaît un nouveau marchand : Ambroise Vollard, qui achètera beaucoup d'œuvres de Guillaumin et publiera deux "Albums des Peintres-graveurs" avec de nombreuses œuvres de Guillaumin, Pissarro, Lautrec, Cézanne. Dans le livre de stock d'Ambroise Vollard, il est amusant de noter que le marchand achetait au même prix une œuvre de Guillaumin, de Cézanne, de Monet ou de Renoir pour la somme de 100 francs. Vollard acheta plus de vingt œuvres de Guillaumin. En 1896, son fils André naît. Il va à Moret-sur-Loing, auprès de Sisley qui y termine ses jours. En 1898, Durand-Ruel organise une exposition sur Pissarro où Guillaumin est invité, comme le représentant des impressionnistes classiques, le continuateur des naturalistes. Sa peinture est classée non plus seulement chez les collectionneurs avertis mais aussi par le public. En 1900, Guillaumin apporte une participation importante dans l' "Exposition Centenaire de l'art français" organisée par Roger Marx. Puis en 1901, Guillaumin est lié par contrat à Bernheim-Jeune qui lui organise de belles expositions. Il rencontre Othon Friesz à Crozant, celui-ci découvre avec Guillaumin les magnifiques paysages colorés du Limousin et remarque, dans les œuvres de Guillaumin la recherches de l'utilisation des tons purs. L'idée fera son chemin et O. Friesz deviendra par la suite un des fondateurs du fauvisme. Conseillé par Monet, Guillaumin part quelques mois en Hollande, en 1904. Il reviendra avec de nombreux paysages aux moulins. Théodore Duret publie en 1906 la 2°Ed.de "L'histoire des peintres impressionnistes" où il consacre un chapitre entier à Guillaumin. Entre temps, il est nommé Président du Département de la peinture au nouveau Salon d'Automne : c'est une consécration. Il restera président jusqu'en 1908 et fera passer le nombre des membres de 150 à 275. En 1907 et 1909, il exposera à la Galerie Druet, Faubourg Saint-Honoré près de la Place Beauvau, et remporta de vifs succès. Puis, en 1911, Blot organise une grande exposition sur Guillaumin avec 54 œuvres (préface du catalogue par T. Duret) prêtées par des grands collectionneurs. Il est sacré Chevalier de la Légion d'Honneur. En 1913, il réalise une grande exposition à la Galerie Montaigne, qui continuera en Belgique et en Allemagne.

Les dix dernières années sont rendues célèbres par ses "Gelées Blanches" à Crozant où il réussit à capter l'aspect éphémère de la lumière de l'aube, entre le paysage engourdi de l'hiver et les premières lueurs du printemps. Ses gelées blanches sont très demandées par les marchands, elles correspondent à l'éclaircissement de sa palette depuis les années 1890, et marquent une sorte d'aboutissement. De nombreux collectionneurs de Limoges (Alluaud, Bernardaud, Albis, Haviland...) achètent ses tableaux. Durant la guerre Guillaumin reste à Crozant où il peint des natures mortes quand il fait mauvais, mais revient toujours à ses sujets de prédilection dès qu'il le peut (Le Barrage de Genetin, La Roche de l'Echo, Le Pont Charraud, et le Puy Barriou). La palette de Guillaumin change, elle devient plus tendre, les tonalités générales de ses compositions s'éclaircissent, il y a plus d'effets de brume. La finesse de ses couleurs se rapproche parfois de la gouache. Il apprend que ses amis ont entrepris de le faire Officier de la Légion d'Honneur. Mais, il refuse. Guillaumin reçoit un très grand compliment de la part de Louis Vauxcelles qui critique ceux qui ne voient pas en Guillaumin ou en Sisley des maîtres dignes de Monet. De même, André Fontainas fait à Guillaumin l'honneur de lui dire qu'il est l'un des créateurs de l'art moderne. Il accepte de participer au Salon Officiel de 1926. Il reçoit la consécration suprême : une rétrospective au Salon d'Automne. L'exposition réunit 112 de ses œuvres. De même Benezit lui organise une belle exposition dans sa galerie. 1923 marque la date de la fin de son activité créatrice. Le 26 juillet 1927 Guillaumin meurt à 87 ans paisiblement au Château de Grignon, dans le Val de Marne. Dans sa monographie Edouard de Courrières écrira "dans le domaine de la peinture, Guillaumin habite une sphère supérieure".

Il était le dernier impressionniste vivant.
Location:
Carré Rive Droite (Click here to get informations about Carré Rive Droite)
Quartier de l'Elysée
75008 Paris
M° Miromesnil, Saint-Philippe-du-Roule, Champs-Elysées - Clemenceau
France
Mail : contact@francoisleage.com
Internet Site : www.art-rivedroite.com

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Date: Thursday, September 17, 2009
Time: 18:00-21:00 CEST
Duration: 3 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Guillaumin
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