Vernissage d'Aline Diépois & Thomas Gizolme "Dust storm may exist"

Thursday, December 10, 2009 18:00-21:00 CET




Description:
du 10 Décembre au 08 Janvier 2010

"Laisser derrière soi un temps, une ville, un monde où chaque chose est à sa place, où l'instant brut, l'inattendu, la bifurcation sont exclus, rabotés, où tous les angles ont été arrondis et les surfaces lissées. Aline et Thomas se rencontrent, et le cours des jours, trop massif, se lézarde. La lumière passe à travers une brèche, une ligne de fuite s'y infiltre, un espace de danger et d'espoir s'entrouvre, l'échappée s'impose comme une survie : ce sera vers le plus évident, le plus primal, vers les mythologies qui ont façonné leurs sensibilités, tapissé leurs rétines et composés leurs bandes sons mentales: vers le Grand Ouest américain. Il s'agit de revenir aux racines du rêve. D'une double façon : dans leurs projets, leurs créations, mais aussi dans la trame intime de leurs existences.

Ce fut à la poussière de l'Ouest américain que s'abreuva la photographie des origines ; car le rêve était à vendre. Il fallait attirer l'argent des décideurs, et la sueur de ces hommes qui croyaient encore à l'idée de bonheur. L'image était la came par laquelle ont les appâtait vers ces étendues dépeuplées : des paysages démesurés, un ailleurs édénique, offerts en noir et blanc. Des visions à tourner la tête, car tel était l'effet à atteindre. Et les têtes n'en finirent jamais de tourner.

Ce jour là, à Paris, le vertige frappe encore, des décennies et des décennies plus tard. Aline et Thomas prennent un billet, avec pour tout viatique la "ballad of a thin man" de Bob Dylan qui leur marche dans la tete, des figures tutélaires en diaporama sous leur crane (Robert Frank, William Eggleston, Sally Mann) et le numéro d'un inconnu, ancien bouquiniste exilé au milieu de nulle part, sensé selon une connaissance commune leur fournir un point de chute et des angles vagabonds où errer. En guise d'adresse, une sorte de jeu de piste surréel, une carte au trésor à peine modernisée. Ils décident de travailler sans jamais rien prévoir, de raviver ce mot dont le sens réel est souvent perdu : instantané. Pas de seconde chance, un résultat immédiat, avancer les brides lâches, en laissant la technique, le contrôle, le cadre, la précision reprendre leurs places de figurants. Redonner sa chance à l'accident. Une chambre master linhof et un Polaroid 600 en poche, ils roulent, au plus près du désir, bousculés par une ambiance, une silhouette, un rien qui bouleverse en sourdine, par un imprévu qui se donne, les polaraoids posés sous le pare-brise, pour que le soleil les révèle et les altère à la fois, et les négatifs accrochés à une cordelette tendue sur la plage arrière. Innocence, pureté ; ces puissances qui s'usent quand on ne s'en sert pas. Ainsi, au gré des méandres de la route, des culs de sacs et des directions impossibles, Ils tentent de retremper leur imaginaire à sa source. Et la source est toujours vive.

Un road strip solaire, au gré des rencontres, des reminiscences, où l'on croise une legende du blues devenue receptionniste, à qui, trop impressionné, l'on tremble de donner ses clefs, un fantome de suicidée hanter une chambre de motel, les musiciens de calexico donner un concert ensorcelé devant dix personnes dans un diner miteux. Ces pages, nouvelles, textes griffonnés, images, traces collectées comme autant de papillons éphémères, laissent aux événements, aux anecdotes, au réel et au songe, la liberté de s'évanouir, de se dissoudre ; elles portent et captent en elles le cœur de ce voyage, et donnent à voir l'essentiel ; ce chemin fait à deux.

Irrigués par une poésie délicate et puissante, à l'élégance tremblée, mélancolique sans pathos, les archétypes reprennent vie, reprennent sens. Le décors se leste d'une âme. Accroché à la dentelle d'un cactus, au liseré allumé d'incandescence froide du contours d'un visage, d'une épaule, d'une fleur déchiquetée du désert, courant le long de cheveux blonds comme des filaments d'ampoules sous un ciel calciné, filtrant à travers des couleurs atomisées par la chaleur, un dialogue se met en place, entre la clarté dont l'obscurité est chargée, et la part d'ombre que la lumière porte en elle.

Dès leur arrivée, de loin en loin, des pancartes, plantées sur les bas-cotés et les talus, se dressaient devant Aline et Thomas : « Dust storm may exist », prévenaient elles. Dans ce livre, de la tempête naît la beauté - et la poussière ne retourne pas tout à fait à la poussière.

Dorothée Janin
Location:
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41, rue d'Artois
75008 Paris
M° George V, Saint-Philippe-du-Roule
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Fax : +33 (0)1 42 89 33 03
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Date: Thursday, December 10, 2009
Time: 18:00-21:00 CET
Duration: 3 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Aline Diépois, Thomas Gizolme
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