Vernissage de l'exposition collective "Infinite Fold"

Saturday, February 13, 2010 18:30-20:30 CET




Description:
avec Davide Balula, Walead Beshty, Isabelle Cornaro, Marie-Jeanne Hoffner, Diogo Pimentão, Clément Rodzielski, Pamela Rosenkranz, Simon Schubert, Oscar Tuazon

13 FEVRIER - 13 MARS 2010
Vernissage en présence des artistes, samedi 13 février de 18h à 20h30

La galerie Thaddaeus Ropac a le plaisir d'annoncer une exposition collective dans l'espace de dessin, Infinite Fold, qui se penche sur le geste de pliage au travers des œuvres sur papier de neuf artistes invités.

Histoire d'un pli

Dans ses souvenirs d'études au Bauhaus, Hannes Beckmann[1] rapporte cette anecdote qui prend les contours d'une parabole. Un jour, Josef Albers franchit la porte de la salle de cours avec des journaux sous le bras. Il s'empressa de les distribuer aux élèves : il fallait en faire quelque chose en respectant le matériau et en tenant compte de ses spécificités. Il obtint alors des figurines de toutes sortes : des bateaux, des animaux, des avions - un bric-à-brac peu satisfaisant. Ceci à l'exception d'un jeune architecte hongrois qui avait simplement plié la feuille dans le sens de la longueur puis l'avait posée sur ses deux bords. Josef Albers expliqua alors que là, le matériau avait été complètement assimilé et que « le geste du pliage était naturel, justement, pour le papier, puisque cela rendait rigide un matériau si peu résistant et sans tenue...Maintenant que le journal était debout, il était devenu visuellement actif des deux côtés...[2] »

Une histoire a toujours plusieurs perspectives ; celle de l'étudiant hongrois est certainement la plus romanesque. Pourtant, son geste distant et presque facile permit au papier, en lui étant fidèle, de devenir un espace modulable. Et si l'imagination était la capacité de déplier et replier une image à outrance - une sorte de pli infini[3]?

Le pliage (souvent associé au découpage et au collage) est une technique rudimentaire et magique à la fois ; une réminiscence de l'école.

Espaces déployés

En déployant plusieurs surfaces à partir d'une seule, le pli induit donc mentalement l'opération inverse, celle de déplier. En prenant en photographie le dos d'une carte géographique ouverte de l'Australie - qui porte la marque de ses plis - Marie-Jeanne Hoffner crée un no man's land projectif (Map Australia, 2009) : une fois l'écriture de l'espace cachée, seules demeurent les marques désirantes de sa manipulation. En revanche, dans ses images vintage de paysages montagneux, Clément Rodzielski, affecte le corps même de l'image dont il multiplie les « couches », comme dans une imitation volontairement rudimentaire du scanning et du traitement informatique d'un document. Il appose des replis faits par lui aux marques des plis « naturels » de l'image, si bien qu'ils usent la feuille et la recouvrent d'une grille blanche.

La performance de Diogo Pimentão se construit également sur plusieurs étapes autour de l'espace contenu dans la feuille. Il déplie un énorme cube en papier qu'il a soigneusement secoué en produisant une musique rythmée. Ce cube est rempli de bouts de graphite anciens qui empâtent la surface exposée tout en produisant des formes géométriques régulières. Plier et déplier des surfaces qu'il remplit à force de gestes précis et répétés, sans hiérarchie entre l'envers et l'endroit, la surface et le volume, est d'ailleurs un procédé qui pourrait définir presque l'ensemble de son travail. Walead Beshty révèle l'image en la dépliant et creuse la chair lisse de la photographie. En revisitant Man Ray et la rayographie, une technique qui permet à la lumière d'agir directement sur la surface sensible, l'artiste laisse la lumière travailler sur les faces exposées de feuilles pliées. Ainsi des espaces vides côtoient des formes presque géométriques de couleurs inexplicables.

Entre plan et volume, l'image

Chez Isabelle Cornaro, une succession d'images photographiques recréent le pliage sur deux feuilles, l'une en papier, l'autre en carton. Elle montre consécutivement les deux feuilles pliées au milieu, puis au milieu du milieu, etc. Au bout du processus, les deux sont volumétriques, formant une colonne couchée et une autre debout. Davide Balula (qui est le seul, dans l'exposition, à ne pas directement agir sur le papier) montre Untitled (de la série Walls Meet Walls) (2009), une série d'images de recoins et d'angles prises avec un téléphone portable. Ces images abstraites et quasi monochromes donnent à voir des espaces que nous balayons habituellement du regard. Elles soulignent les replis de notre perception en leur apportant une consistance d'espace mental soudain activé.

Simon Schubert, comme les deux artistes mentionnés, travaille la surface vierge à laquelle il ne soumet que le pli. À l'aide d'une technique de plissage personnelle qu'il mit longtemps à perfectionner, Simon Schubert produit des images d'espaces architecturaux intérieurs. Dessins fantômes, évanescents, ils se donnent toutefois à voir par l'entrelacement du volume et de la lumière.

L'envers de la trace, le volume

Oscar Tuazon n'a « jamais eu aucun intérêt pour les images ». Il présente des photographies pliées presque abstraites, endurcies par de la résine polyester. Il y applique ses problématiques de sculpteur - comment faire tenir debout, comment associer, rendre une forme existante.

La série Drang und zwang (2009) de Pamela Rosenkranz se réfère à une toile de Sigmar Polke[4], dont le titre suggère que des « pouvoirs supérieurs » l'ont dicté à faire un triangle noir sur un coin de la toile. Ayant scanné puis déplié l'image obtenue, l'artiste se détache aussi de la virtuosité d'une image artistique pour se pencher sur la fascination de la forme, apparemment sans intentionnalité.

Qu'il soit processus d'Ă©laboration d'une ligne, d'une surface ou d'un volume, le pli s'Ă©ternise dans un mouvement de retournement constant et d'exploration, Ă  l'infini, de l'espace et de ses lignes.

Extrait du texte Infinite Fold de Joana Neves

Un livret sera imprimé à l'occasion de l'exposition, comprenant le texte intégral de Joana Neves, ainsi que les images des œuvres de chaque artiste.


Clément Rodzielski
Untitled, 2008
Location:
Galerie Thaddaeus Ropac (Click here to get informations about Galerie Thaddaeus Ropac)
7, rue Debelleyme
75003 Paris
M° Saint-SĂ©bastien - Froissart, Filles du Calvaire
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Internet Site : www.ropac.net

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Date: Saturday, February 13, 2010
Time: 18:30-20:30 CET
Duration: 2 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Davide Balula, Walead Beshty, Isabelle Cornaro, Marie-Jeanne Hoffner, Diogo Pimentão, Clément Rodzielski, Pamela Rosenkranz, Simon Schubert, Oscar Tuazon
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