Inauguration de l'exposition "Paris, 150 ans d'immigration"

Monday, February 8, 2010 12:30 CET




Description:
Parce que Paris est lié depuis des siècles à ces voyageurs, travailleurs, artistes, soldats, sportifs et commerçants venus des quatre coins du monde, qu'un Parisien sur quatre est né à l'Etranger, une exposition retrace l'histoire de cette immigration depuis 150 ans. Elle s'installe à l'air libre autour de l'Hôtel de Ville du 8 février au 12 avril et sera inaugurée le lundi 8 par Bertrand Delanoë. Retrouvez l'histoire et les lieux de l'immigration à Paris, nos photos, nos vidéos, et participez à notre concours pour gagner un coffret de huit livres "Un siècle d'immigration des Suds en France".

L'exposition

17 totems sont exposés autour de la mairie pour retracer ces 150 ans d'immigration, sur le parvis (1860-1920), rue de Rivoli (1920-1978) et rue Lobau (1975-2010), soit deux grands mouvements migratoires, l'un en provenance de toute l'Europe et l'autre en provenance des Suds (ex-empire colonial français, Amérique du Sud, Caraïbes, Chine, Moyen-Orient et Japon).

On estime qu'aujourd'hui un cinquième de la population francilienne est d'origine extra-européenne et qu'un quart des Parisiens est né à l'étranger. Ainsi, quatre-vingt nationalités sont représentées, composant une mosaïque exceptionnelle.

« Le Noir? Un corps qui a le rythme dans la peau et un sourire bon enfant. L'Asiatique? Un homme mystérieux et travailleur derrière sa couleur jaune. L'Arabe? Un brave montré comme fanatique et dangereux en revendication permanente. »

Tous ces clichés, présentés par les historiens Pascal Blanchard et Eric Deroo, ont marqué l'histoire de l'immigration, à Paris comme ailleurs, depuis 150 ans. L'indigène est devenu immigré, et la métropole du second empire colonial mondial s'est transformée en Capitale des libertés. Un nouvel imaginaire collectif s'est crée, que Pascale Boistard, adjointe à l'intégration et aux étrangers non communautaires a décidé de mettre en valeur, sous une forme inédite, dans l'espace public.

1860 - 2010 : Un parcours en 17 étapes

01) Paris, 150 ans d'immigration (1860-2010)
Depuis 150 ans, Paris a vu se croiser et se superposer différents flux de migrants, originaires d'Europe, d'Asie et d'Afrique. Ces immigrés, qu'ils soient travailleurs, réfugiés politiques, artistes, installés de manière provisoire ou durable dans la capitale et sa région, ont marqué l'identité de la ville. C'est l'histoire de cette diversité qui est retracée dans cette exposition.

02) Immigration européenne & révolution industrielle (1860-1900)
Avec la Révolution industrielle se met en place la première vague d'immigration de masse de l'histoire contemporaine. Des travailleurs immigrés européens s'établissent à proximité des industries, à Paris et en banlieue. Ils vont participer pleinement aux mouvements politiques et sociaux de l'époque, aux côtés des ouvriers français.

03) Premières présences, premiers regards sur les suds (1860-1913)
A cette époque, les contacts entre Paris et ses immigrés suivent le rythme géopolitique des colonies françaises. La mode dans la capitale est à l'exotisme, et les visiteurs sont nombreux à se presser dans les expositions coloniales et universelles. Des soldats venus des outre-mers combattent pour la première fois aux côtés des Français, lors de la guerre franco-prussienne et de la Commune de Paris. Différentes formes de contacts entre Français et immigrés, qui se fixent et marquent la ville peu à peu.

04) Expositions universelles et coloniales (1867-1907)
En 1855 a lieu la première Exposition universelle de Paris, initiant une longue série d'événements auxquels assistent avec toujours plus d'intérêt des millions de visiteurs, venus se promener dans les reconstitutions des quartiers des grandes villes de l'empire colonial français, ou admirer les premières exhibitions ethnographiques. En une quarantaine d'années, le théâtre colonial est devenu une réalité dans la vie des Parisiens.

05) Nouvelles générations, nouveaux regards (1900-1920)
A la Belle Epoque, le dynamisme économique industriel entraîne l'arrivée de nouveaux travailleurs immigrés, notamment italiens et espagnols. Paris accueille également des réfugiés politiques arméniens, russes, et juifs d'Europe de l'Est. En parallèle de cette présence, les discours antisémites et xénophobes se développent, particulièrement dans l'entre-deux-guerres.

06) L'appel à l'Empire (1914-1919)
Pour lutter contre l'ennemi allemand, l'armée française enrôle dans ses rangs des soldats de l'empire colonial, dont cent quatre-vingt mille « tirailleurs sénégalais », popularisés par l'imagerie populaire de la marque Banania. Une main-d'œuvre importante issue des colonies participe aussi à l'effort de guerre. Ces immigrés s'installeront après le conflit dans la région et seront employés dans les usines. Une certaine effervescence culturelle et politique règne à Paris ; c'est le début des Années folles, du jazz, du militantisme afro-antillais.

07) Nouvelles immigrations, nouveaux engagements (1920-1931)
L'après-guerre ouvre une nouvelle période d'immigration. Des intellectuels, des étudiants, des militants, africains, antillais ou asiatiques, trouvent à Paris un espace de débat et de rencontre. Cette élite côtoie une population de travailleurs, originaires d'Afrique du Nord notamment. La présence accrue des immigrés à Paris entraîne la mise en place de mesures de surveillance par des services spécialisés, comme le service spécial des affaires nord-africaines, créé en 1925.

08) Militants, réfugiés, intellectuels (1920-1945)
Paris est entre 1920 et 1945 le cœur d'une immigration politique et intellectuelle qui reflète les bouleversements européens. Des étudiants, des militants, des intellectuels jouissent à Paris d'une certaine liberté. Si une atmosphère cosmopolite flotte sur la ville, elle a pour pendant un climat ultra-nationaliste exacerbé par la crise de 1929.

09) Au temps de l'exposition coloniale (1931)
L'année 1931 est à Paris l'année de l'Exposition coloniale, organisée au bois de Vincennes, sous la direction du maréchal Lyautey. L'empire colonial français est à son apogée, promu par un discours colonial moderne repris dans la presse, qui exalte la « grandeur impériale » française. Tous les grands empires sont présents à l'Exposition, sauf l'empire britannique. Trente-trois millions de visiteurs s'émerveillent devant les pavillons des colonies ou la reconstitution du temple d'Angkor. Rares sont les opposants, hormis le Parti communiste et les Surréalistes, à ce colonialisme triomphant.

10) Mutations et années noires (1931-1945)
Au début des années 1930, la population maghrébine en région parisienne est de quatre-vingt dix mille personnes. Stigmatisés, ils vont cependant jouer un rôle décisif dans les grèves Citroën de 1933. Parallèlement, émergent de la diaspora noire de nouvelles figures intellectuelles et sportives : Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Panama Al Brown, Raoul Diagna. En 1944, les Franciliens découvrent la participation des régiments d'Afrique à la Libération du pays.

11) Migrants de l'après-guerre (1945-1975)
Avec les Trente Glorieuses, l'appel à une main-d'œuvre étrangère reprend. Espagnols, Portugais et Algériens arrivent de façon régulière en région parisienne et vont travailler aux grands chantiers des années 60 (boulevard périphérique, aéroport, etc.). Subissant la crise du logement, ils vont se concentrer à partir des années 70 dans les grands ensembles urbains récemment créés, à Montreuil, Clichy-sous-Bois ou encore Argenteuil.

12) Trente glorieuses et conflits coloniaux (1945-1960)
Après la guerre, l'immigration coloniale se fait plus forte pour répondre à l'appel de la reconstruction. Des étudiants affluent. Dans le même temps des milliers de travailleurs indochinois arrivés en 1939 attendent un rapatriement. En banlieue, les bidonvilles se construisent où se rassemblent les travailleurs maghrébins. La lutte pour les indépendances et la fin de l'empire se fait sentir dans la capitale.

13) Nouvelles vagues post-coloniales (1960-1974)
Avec les indépendances, les premiers exilés politiques et opposants arrivent, ainsi que des réfugiés du conflit américano-vietnamien. A l'hiver 1962-63, des milliers d'Africains sont recrutés. Avec ces nouvelles générations migrantes, on passe d'une présence fragmentée à une « intégration » dans la cité qui bouleverse les schémas en place au lendemain de 1945, avec notamment la présence des femmes et des enfants.

14) Réfugiés, militants, travailleurs et familles (1974-1983)
La toponymie de Paris va changer par de nouveaux liens avec l'étranger : l'Institut du monde arabe est projeté dès 1974 ; Beyrouth-sur-Seine, accueille dans le XVe arrondissement les Libanais fuyant les bombardements ; les boat-people redessinent le XIIIe, et, venus d'Afrique subsaharienne, de nouveaux migrants peuplent les foyers Sonacotra où une grève des loyers est décrétée pour dénoncer les conditions dramatiques d'hébergement. En 1983, la Marche pour l'égalité annonce un tournant majeur.

15) Paris, capitale des nouvelles immigrations (1975-1998)
La France des années 1970 est marquée par une période de crise et de chômage, et par la mise en place par le gouvernement de lois restrictives concernant l'immigration. Le contexte social difficile des années 1980 va entraîner en réaction l'essor de nombreuses associations et organisations militantes. La région parisienne, qui reste le pôle central de l'immigration en France, est le symbole d'une grande diversité des cultures, et d'une vie citoyenne, culturelle, politique, particulièrement riches.

16) Visibilités des suds (1983-1998)
Entre la Marche pour l'égalité et la « victoire Black-Blanc-Beur », c'est l'émergence du combat des « sans-papiers » et l'invention des « charters ». Alors qu'une contre-culture se constitue au-delà du périphérique, stigmatisée par les médias et regardée avec inquiétude par les élites, elle s'affirme progressivement avec ses codes, notamment dans un film événement comme La Haine.

17) Ville des cultures, capitale des métissages (1998-2010)
Né d'une prise de conscience, c'est le temps des mémoires et des commémorations ; de l'esclavage, de la colonisation, du 8 mai 1945, de la guerre d'Algérie, de la création de la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration... les premiers pas d'une marche vers la reconnaissance de cette identité multiple de la région-capitale.
Location:
Parvis de l'Hôtel de Ville de Paris (Click here to get informations about Parvis de l'Hôtel de Ville de Paris)
Place de l'Hôtel de Ville
75004 Paris
M° Hôtel de Ville
France

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Date: Monday, February 8, 2010
Time: 12:30 CET
Category: Art & exhibition opening*
Number of times displayed: 2761

 



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