Vernissage de Vincent Goutal "In absentia"

Thursday, April 1, 2010 19:00-21:00 CEST




Description:
Exposition "In absentia", photographies de Vincent Goutal

Du 2 avril au 12 juin 2010
Vernissage le 1er avril

Texte de Mikhaïl German(1) écrit à l'occasion de l'exposition de Vincent Goutal au State Russian Museum de Saint-Petersbourg en 2001 :

Le sophisme de Man Ray: «la photographie n'était qu'une question de calcul : il s'agissait d'atteindre un but fixé à l'avance» est exact, quoiqu'il ne soit pas dépourvu d'ambiguïté narquoise. «Un but fixé à l'avance» sous-entend un choix judicieux du motif recelant un sens profond, ainsi qu'un point de vue réfléchi, et enfin un choix du sujet s'ajoutant à un choix moral. Cela est d'autant plus vrai que tout paraît avoir déjà été essayé, à partir de l'inflexible intransigeance de la photographie «directe», de la poésie du «style pictoraliste» et du sobre lyrisme des reportages de Cartier-Bresson jusqu'aux dernières expériences d'Olaf Martens qui unissent photoréalisme, pop art et reportage.
À ce tournant du millénaire il est peut-être plus difficile de percer dans la photographie que dans la peinture. Il me paraît que Vincent Goutal s'intéresse plutôt aux nouveaux aspects de la perception éthique du monde, inattendus et essentiels, qu'aux expériences formelles. On voit sur ses photos l'Amérique et la France, des familles, des gens assis devant une télé, des visages. Ses oeuvres se distinguent par les couleurs vives, par la netteté de tous les plans, ainsi que par le rapprochement apparent du détaillé. Le regard de l'artiste, plein de tendresse, est en même temps implacablement véridique, et surtout insolite.
L'artiste montre les gens fixés devant une télé, comme s'il les regardait à travers l'écran qui les a fascinés. Il cherche «le motif dans le motif», des «pauses visuelles» dans le train-train quotidien qui sont saisies dans le défilé rapide des épisodes incohérents bien que le nœud de la signification soit dissimulé, il se reconnaît pourtant infailliblement : derrière le documentaire, derrière une objectivité apparente il y a un choix minutieux de la dominante plastique et significative.
Parfois ce sont les mains des gens dont les visages restent invisibles, les mains qui sont unies par le repas qu'on prend ensemble, par la fatigue, par la parenté. Parfois ce n'est que la lumière palpitante qui remplit une pièce ou un effet mystérieux de l'espace, semblable à ceux des tableaux des maîtres hollandais, qui paraît venu comme par hasard dans une maison banale.
Vincent Goutal ne s'attache pas à montrer ni la souffrance et la misère, ni l'éclat de la richesse et de la gloire. Il cherche à réhabiliter la dignité de la vie en tant que telle.
Les gens sur ses photos ne sont ni héros, ni personnalités.
Son personnage principal est la vie même dans son cours habituel, la vie ordinaire dont l'énigme n'est pas pourtant révélée. Mêmes les portraits déchirants qu'il réalise avec une cruelle franchise sont avant tout des étincelles d'une effrayante vérité dans la grisaille du quotidien monotone.
Le langage artistique de Vincent Goutal est très sobre, voire ascétique. Il utilise les procédés minimalistes, tels que l'uniformité bien réfléchie du format carré, ainsi qu'une incohérence savamment réfléchie du cadrage, ce qui crée cet effet étrange et fascinant d'un flot uniforme de la vie qui passe à travers toutes les photos, à travers même les états d'âme extrêmement intenses. Le résultat est surprenant, créant l'effet d'une vie vibrante et condensée saisie comme en passant dans ses apogées récurrents.
Le cours de la vie quotidienne paraît impliquer le processus même de la prise des photos. Il s'agit pourtant d'une astuce généreuse de l'artiste qui engage le spectateur à pénétrer ce monde apparemment si simple, néanmoins saturé d'art et de sens profond.
Il faut avoir du courage pour abandonner les raffinements et les jeux techniques et plastiques des dernières décennies et regarder de nouveau la vie droit dans les yeux.
Vincent Goutal a su trouver ce courage.

Note de la galerie : Le texte de M. German concerne la série American TV qui était exposée en 2001 au musée de Saint-Petersbourg, mais il convient également à la série Impressions Cubaines, plus récente, qui sera exposée avec la série Transitons.
Location:
Galerie VivoEquidem (Click here to get informations about Galerie VivoEquidem)
113, rue du Cherche-Midi
75006 Paris
M° Duroc, Falguière, Montparnasse - Bienvenüe
France
Phone : +33 (0)9 61 26 92 13
Mail : galerie@vivoequidem.net
Twitter account : Vivoequidem
Instagram account : vivoequidem
Internet Site : www.vivoequidem.net

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Date: Thursday, April 1, 2010
Time: 19:00-21:00 CEST
Duration: 2 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Vincent Goutal
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