Finissage d'Elodie Guignard et Delphine de Pury

Saturday, February 27, 2010 18:00 CET




Description:
Elodie Guignard "le village de l'aurore"
Delphine de Pury "La rencontre"

du 28 janvier au 27 février
Vernissage le jeudi 28 janvier à partir de 19 heures

Le village de l'aurore
Photographies d'Elodie GUIGNARD

Le village de l'aurore…
Entre la délicatesse du regard d'Elodie Guignard et la générosité du don que font à son objectif les habitants de ce village hindou, il nous est donné de percevoir la matière subtile du lien qui les unit. Comme un rai de lumière oblique révèle les impondérables, la photographie d'Elodie Guignard nous parle de lien, d'entre deux, de rapports. Elle n'est pas ici un reportage. Elle ne nous démontre rien. Elle nous conduit dans des espaces impalpables. Espaces impalpables qui tout à la fois séparent et unissent les êtres dans leur communauté, qui tout à la fois les tiennent à distance et les relient à la nature où ils ont été proprement fondés à vivre, qui tout à la fois réunissent et mettent en tension la photographe et ses modèles…

Les personnes dans leur communauté
Le village voit le jour en 1980, au Bengale indien, afin d'accueillir des familles hindoues chassées du Bangladesh, récemment créé, par la guerre civile. Son fondateur, Gopal, dans le sillage de la non violence du mahatma Gandhi, rêve d'organiser une société nouvelle. Dans chaque œuvre mais plus encore dans l'étonnante unité artistique de leur chorus, Elodie Guignard laisse percevoir sans discours la coexistence, étonnante pour nous, d'une réussite déjà sereine avec une encore immense précarité. Si la guerre est finie, l'altérité face aux villages voisins demeure tendue ; le village subit régulièrement de graves inondations ; et la mort de Gopal vient d'ôter au village sa tutélaire protection. Tout cela n'empêche pas, autour de l'ashram, la diffusion d'une philosophie tolérante, la mise en œuvre patiente d'une agriculture efficace, la contagion des joies et des fêtes partagées. Autre troublant paradoxe, les photographies révèlent des hommes, des femmes, des adultes et des enfants extrêmement présents en tant qu'individus dans une communauté pourtant très constituée.

Des êtres au monde
Dans le droit fil de son œuvre, Elodie Guignard construit ses images indiennes de résonances entre les corps humains et la nature qui les entoure. De l'opulence verte du Bengale, elle met en lumière certains signes. De ses modèles, elle souligne la légèreté d'une main, la détermination dans un regard ou le déséquilibre d'une posture. Entre les uns et les autres des vêtements, des sols, des murs, des animaux familiers intercèdent en accord avec l'esprit et l'économie des lieux ; ils sont le plus souvent extraits par les hommes de la nature locale – coton, teintures, terre, bambou. Dans chaque image, sans démonstration mais avec une précision qui étonne, Elodie Guignard tisse un réseau subtil de correspondances entre couleurs, entre textures, entre formes. Elle peut ici composer sans trop d'artifice dans le contexte réel du village car plus qu'ailleurs, dans ce Bengale très peuplé, la nature est pétrie d'humain et l'humain soigné de nature.

Photographies par initiation
Ces œuvres ne sont pas des clichés volés. Pas même des prises de vue acceptées par autorisation locale. La plupart ont été réalisées avec la complicité active de modèles. Ces modèles, Elodie Guignard les connaît, et elle leur est connue. L'appareil est visible, le projet explicite, le cliché accepté en liberté. Les modèles adoptent l'étrange idée de poser hors du cadre officiel du portrait ; Elodie Guignard les amène à son projet tout en respectant leurs valeurs, leurs pudeurs, leurs lieux. Le geste photographique est ici un échange de dons, accomplissement de rencontres renouvelées, de compréhensions progressives, d'attachement réciproque. Elodie Guignard a pour cela été acceptée, présentée, puis initiée par Gopal. Les images qui nous sont données sont en elles-mêmes un entre-deux-mondes, produites par une double intention de découverte. Découvrir, c'est aussi se découvrir. Se découvrir, c'est aussi se désarmer. « Le village de l'aurore, photographies d'Elodie Guignard » témoigne de la double sensibilité d'une communauté de réfugiés hindous et d'une jeune artiste bretonne. Chacun saura percevoir aussi, dans les images, le moment de rencontre de la puissante détermination qui permet à chacune d'être là.

Yvon Le Caro, géographe, 29 novembre 2008

Elodie Guignard intègre l'Ecole Nationale de la Photographie d'Arles en 2001, et obtient son diplôme en Juin 2004, avec les félicitations du jury.
Elle vit et travaille à Rennes et développe une recherche autour de l'humain, du corps et de la relation au territoire, à la nature.

La rencontre
Delphine de Pury

Au départ il y a eu la rencontre avec l'Inde, ce monde ou empathie, luxe et indigence, fleurs et ordures ne font qu'un ; j'ai aimé et photographié tous ceux qui m'offraient leurs regards, leurs formes et le spectacle de leurs vie quotidienne.
De voyage en voyage, j'ai exploré les petites villes et les villages du Nord et du Sud, et j'ai enregistré les formes et les visages cette vie rurale dont la mondialisation n'a pas -encore- détruit les traditions.

J'ai ainsi constitué une banque d'image de près de 4000 photos.
De retour dans mon atelier, ces photos sont devenues le matériel de base qui stimule mon souvenir et, plus encore, mon imaginaire. Elles m'ont permis de recréer, de réinventer ce monde que j'avais découvert. Autour des ces reflets de l'Inde, je recompose un jeu de formes et de couleurs, contrepoint visuel entre éléments plastiques et photographiques. Mon travail est achevé quand les deux médias, longtemps considérés comme antinomiques, s'unifient, reflétant mon expérience indienne de la non-dualité.

Delphine de Pury, née à Paris, s'est d'abord formée aux arts graphiques puis à New York au cinéma d'animation.
C'est à Amsterdam qu'elle a fait sa carrière professionnelle dans le dessin animé et dans l'animation culturelle. Elle a toujours, en parallèle, pratiqué la peinture. De retour à Paris depuis 2003, elle se consacre maintenant entièrement à son travail de création.
Location:
Galerie-Librairie Impressions (Click here to get informations about Galerie-Librairie Impressions)
17, rue Meslay
75003 Paris
M° Temple, République
France
Phone : +33 (0)1 42 76 00 26
Mail : impressions98@wanadoo.fr

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Date: Saturday, February 27, 2010
Time: 18:00 CET
Category: Art & exhibition opening*
Number of times displayed: 1454

 



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