Vernissage de Robert Houle "Paris / Ojibwa"

Tuesday, April 13, 2010 18:30-21:00 CEST




Description:
Une installation de Robert Houle

du 14 avril au 10 septembre 2010

13 avril 2010
Conférence autour du projet de l'installation / 17h
Interventions, en anglais,
de Robert Houle,
Mick Gidley / University of Leeds et
Donald Smith / University of Calgary
Accès limité en fonction des places disponibles
RSVP 01 44 43 21 49

Vernissage / 18h30

Le Centre culturel canadien présente une installation de Robert Houle qui propose un voyage métaphorique dans le Paris de 1845. Rencontre de deux cultures, celles du Vieux Continent et du Nouveau Monde, Paris/Ojibwa évoque un événement exotique ayant frappé l'imaginaire des Parisiens au 19e siècle et inspiré peintres et poètes, parmi lesquels Delacroix et Baudelaire.
Conçue à l'occasion d'une résidence de production à la Cité des Arts de Paris en 2006, cette création est un hommage à la mémoire d'une troupe de danseurs indigènes autant qu'une réflexion sur le thème, crucial ici, de la disparition. Le titre de l'œuvre fait allusion au contact entre les Parisiens et un groupe d'Autochtones du Canada conduits par un homme remarquable, Maungwudaus (Grand Héros).
D'avril à décembre 1845, les Parisiens ont vu d'authentiques Ojibways déambuler dans leurs rues. Artistes ambulants perçus comme une curiosité, ceux-ci, aussi appelés Mississaugas ou Chippewas, venaient d'une région alors connue sous le nom de Canada-Ouest.
À l'invitation du peintre George Catlin, Maungwudaus, sa famille et ses compagnons avaient quitté Londres pour remplacer les Iowas qui formaient les tableaux vivants accompagnant une exposition de peintures conçue à Paris par Catlin. Frappés par une épidémie de variole, les Iowas, autre tribu autochtone, s'apprêtaient à rentrer au bercail. Voici un compte rendu de Catlin qui décrit l'arrivée des remplaçants à Paris :
« Aux prises avec une location déjà négociée pour la salle Valentino et une exposition toujours en cours, je cherchais un peu de réconfort auprès de ma famille lorsque j'ai eu vent de la venue d'un groupe de onze Autochtones ojibways provenant de la région du lac Huron, dans le Haut-Canada. Ils avaient été emmenés à Londres par un Canadien, mais se trouvaient depuis sous la gouverne d'un jeune Londonien. Après avoir entendu parler du grand succès des Iowas à Paris et de leur départ précipité, ils avaient facilement été convaincus d'y venir. À leur arrivée, j'ai conclu la même entente avec eux qu'avec le groupe précédent, convenant avec le jeune homme qui s'occupait d'eux de les intégrer à mon exposition et de partager les dépenses et les profits, comme je le faisais précédemment. »
À Saint-Cloud, le groupe de Maungwudaus (alias George Henry) a diverti Louis-Philippe, sa reine, Amélie, ainsi que le roi et la reine de Belgique. Le monarque français avait passé plus de trois ans de son exil pendant les guerres napoléoniennes dans la république récemment constituée des États-Unis d'Amérique (entre 1796 et 1800). En voyageant de la Louisiane au Maine, il est entré en contact avec des Anishnabes (Ojibways) et des Haudenosaunees (Iroquois) dans les États de la Nouvelle-Angleterre et dans les Appalaches.
Paris/Ojibwa est une salle vide conçue au moyen d'un processus de déconstruction, sans contraintes de tons apocalyptiques, un langage de manifeste qui respecte néanmoins les formes classiques, ou du moins tente de le faire. En ce qui a trait à l'apparence et à la signification de l'installation, c'est l'histoire du peuple anishnabe, qui parle de guérir du regard affamé de la disparition imminente. C'est la voix de la persévérance, qui revendique l'héritage sacré d'une étuve qui symbolise l'univers et permet aux participants de créer un lien avec le passé, la terre et le monde spirituel. Les personnages peints, soit un chaman, un guerrier, un danseur et un guérisseur, incarnent des icônes monochromes dont les racines autochtones s'intègrent au paysage de chaque tableau. Ensemble, les tableaux constituent un retour au bercail poétique, symbolique et transatlantique grâce à la magie de l'art, l'aspect spirituel de la mémoire.
Robert Houle, Toronto, mars 2010

Robert Houle
Né à Saint-Boniface, au Manitoba, Robert Houle vit et travaille actuellement à Toronto. C'est un artiste anishnabe contemporain qui a joué un rôle significatif dans le maintien et la définition de l'identité des Premières nations au Canada. Il s'inspire des conventions artistiques occidentales pour aborder les aspects toujours présents de la colonisation européenne et les séquelles postcoloniales. Misant sur l'objectivité du modernisme et la subjectivité du postmodernisme, il intègre l'histoire autochtone à son travail par la remise en question de documents textuels et photographiques provenant de la société dominante. Il a étudié l'histoire de l'art à l'Université du Manitoba, l'éducation artistique à l'Université McGill ainsi que la peinture et le dessin à la Salzburg International Summer Academy of Fine Arts.
Robert Houle expose ses œuvres depuis le début des années 1970. Sa plus récente exposition, Robert Houle : Troubling Abstractions, a été organisée conjointement par le McMaster Museum of Art et la Galerie Robert McLaughlin. Parmi ses nombreuses expositions solo, on compte Lost Tribes, au Hood College dans le Maryland, Sovereignty over Subjectivity, au Musée des beaux-arts de Winnipeg, Palisade, à la Galerie d'art de l'Université Carleton à Ottawa, et Anishnabe Walker Court, une intervention au Musée des beaux-arts de l'Ontario à Toronto. Il a également participé à plusieurs expositions collectives d'importance à l'échelle internationale, y compris Recent Generations : Native American Art from 1950 to 1987, au Heard Museum à Phoenix, Traveling Theory, au Musée national de Jordanie à Amman, Notions of Conflict, au Stedelijk Museum à Amsterdam, Real Fictions : Four Canadian Artists, au Museum of Contemporary Art à Sydney en Australie, Tout le temps/Every Time, à la Biennale de Montréal 2000 et Nous venons en paix... - Histoires des Amériques, au Musée d'art contemporain de Montréal.
De 1977 à 1981, il a été le conservateur de l'art autochtone contemporain au Musée canadien des civilisations, en plus d'avoir organisé, seul ou avec d'autres organismes un grand nombre d'expositions.
En tant qu'auteur, Robert Houle a écrit de nombreux essais et monographies sur l'art autochtone ainsi que sur des artistes contemporains autochtones ou amérindiens. Il a également enseigné les études autochtones à l'École d'art et de design de l'Ontario à Toronto. Le rôle déterminant qu'a joué Robert Houle comme artiste, conservateur, enseignant et théoricien de la culture lui a valu le prix Janet Braide Memorial, en 1993, en reconnaissance du travail remarquable qu'il a accompli en histoire de l'art canadien, le prix Toronto Arts pour sa contribution aux arts visuels en 2001 ainsi que la bourse de recherche Eiteljorg en 2003. De plus, il a été admis à l'Académie royale des arts du Canada et, tout récemment, au Programme de résidences internationales en arts visuels à Paris du Conseil des Arts du Canada.
Actuellement, il donne des conférences sur l'abstraction autochtone et travaille sur un ensemble de portraits inspirés de ses recherches en vue de monter l'exposition du Centre culturel canadien. Il poursuit aussi son travail sur des dessins inspirés de son séjour forcé au pensionnat de sa réserve, Sandy Bay, lorsqu'il était enfant.
Location:
Centre Culturel Canadien (Click here to get informations about Centre Culturel Canadien)
130, rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
M° Saint-Philippe-du-Roule, Miromesnil
France
Phone : +33 (0)1 44 43 21 90
Fax : +33 (0)1 44 43 21 99
Mail : info@canada-culture.org
Twitter account : cc_canadien
Internet Site : www.canada-culture.org

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Date: Tuesday, April 13, 2010
Time: 18:30-21:00 CEST
Duration: 2 hours 30 minutes
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Robert Houle
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