Vernissage de l'installation de Mary-Ann Beall

Thursday, June 24, 2010 19:00-21:00 CEST




Description:
Exposition du 1er juin au 23 septembre 2010
Vernissage le jeudi 24 juin 2010 à 19h

Commissaire : Emmanuelle Gutierres Requenne

dépaysements
Une polysémie du dépaysement

« j'ai tendu des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse »
Arthur Rimbaud

Littré
Dépaysement : action de dépayser. Changement d'habitudes, d'occupations, d'idées.
Dépayser : 1. faire changer de pays, de lieu. 2. faire qu'une personne ne puisse retrouver son chemin. « Les sinuosités de la route le dépaysèrent tellement qu'il ne savait plus où il était ». Faire prendre le change, détourner de la voie. « Il ne manqua pas de se munir de circonspection et d'égards pour dépayser le public, mais le public n'est pas si sot qu'on pense ». Il se dit aussi de choses auxquelles on donne une apparence qui les masque. « Voilà donc ce cher paquet, le voilà ; vous avez très bien fait de le déguiser, et de le dépayser un peu ». 3. Mettre une personne sur un sujet nouveau pour elle, sur des matières auxquelles elle n'est point préparée. 4. Se dépayser, quitter son pays...

Dictionnaire analogique
Dépayser : Voir pays, égarer
Égarer : Égarer. Adirer. Perdre. - Dérouter. Détourner. Dévoyer. Fourvoyer. - Désorienter. Dépayser. Écarter. Tromper. Monter le coup. Mettre dedans. Bluffer.
S'égarer : Être égaré. Être dépaysé. - Errer. Faire fausse route. Perdre son chemin. Ne pas se reconnaître. Être dérouté. Perdre la tramontane. Égarement. - Aller à la dérive. Épave. - Labyrinthe. - Situation inextricable.

PROPOS
par Mary-Ann Beall
Mes œuvres et installations sont à envisager comme une invitation abstraite et sensorielle. Je recherche un dialogue entre l'œuvre inscrite dans l'espace et cet espace lui-même. L'expérience esthétique que l'ensemble propose aux personnes habitant ou traversant cet espace, devient le lieu d'une respiration et d'une rencontre qui leur permet de vivre avec - et dans - l'oeuvre. Mon désir est de solliciter la mémoire sensible du spectateur en lui permettant de s'approprier, ou plutôt d'apprivoiser ce qui le regarde, qui est là, plus autre chose : toujours déjà là, quelque chose d'autre.

Pour l'espace 9 CUBE, j'ai envisagé une installation qui propose une polysémie du dépaysement. Dépaysements : telle la carte postale reçue en témoignage d'amitié - facette joyeuse du dépaysement. Dépaysements : mêlés d'exil, d'espoir, mais aussi de bouleversement et de déchirement - nomadisme forcé.

J'ai ainsi choisi gestes et matériaux pour les significations qu'ils évoquent : Il m'a fallu trouver le geste qui accompagne le sens (marteler le laiton comme battre monnaie) et le matériau (toile à patron, ardoises) pour s'accorder à la matière qui elle-même provoquera des significations multiples : le virevoltant comme emblème du déraciné - desterrado -, de la désertification mais aussi du spéculateur...
Cette installation en rébus*, est une invitation aux dépaysements, pour des visiteurs qui pourront s'inscrire en une mosaïque de points de vue.
*« de rebus quae geruntur » qui signifie : « à propos de ce qui se passe »
En savoir plus : www.mary-ann-beall.com

Jérôme Cantero, citoyen du monde
Heureux comme Ulysse sous un ciel étoilé, « le touriste naïf, retiré de nos horreurs économiques »*, envoie des cartes postales émerveillées. Sur le bleu profond scintillent des étoiles d'or au «doux froufrou»*. Elles dansent sur nos têtes, en silence, suspendues à un fil telles une pluie de parachutes.
Au mur, cernée par un cadre de fer et prise dans le grillage, une improbable carte en relief invite le spectateur à s'émanciper, pour discerner entre ses plis entrelacés, gris, parfois rose saumon ou jaunes, des colonnes de chiffres.
Cette Chose boursouflée, métamorphosée, susurre le chant des sirènes : la bourse ou la vie ?
Des ardoises chiffrées, jonchent le sol telles les restes archéologiques d'une civilisation disparue ou la trace laissée par celui qui ne peut payer sa dette.
Un virevoltant en fil de fer rouillé, rond comme un globe, semble poussé par les vents secs du désert et de l'exil. Certains spéculent et virevoltent, hors sol, au détriment du vivant. D'autres laissent leur peau aux parapets du monde occidental protégé par des murs surmontés de grillages.
* Arthur Rimbaud

Claire Ubac, écrivaine
Mon cher Pierre,
Je t'écris de la nouvelle exposition de Mary-Ann Beall
Toi qui aimes voyager en toute spiritualité, je te regrette bien sous ce ciel digne de la nuit de Bethléem. La clarté des étoiles y fait de l'humour noir, avec le double sens de parachutes dorés.
Ce qui semble être une robe de Cendrillon au retour du bal, somptueux plissé de tissu virant au haillon, n'est finalement que du papier journal ; plus exactement les pages financières ; plus précisément, le naufrage des cours de la Bourse.
Une nostalgique broussaille comme il en roule sans fin dans les déserts, aux branchages en forme de coeur, est un amas de fil de fer barbelé, à y regarder de plus près.
Je voudrais partager avec toi cette beauté, cette poésie, cet humour. Tu me consolerais, si tu étais là, de cette vision d'une cruelle lucidité sur notre monde moderne où l'artiste semble suggérer que nous errons, sans plus de prise que cette broussaille au gré des vents brûlants...!
bon baiser du 9CUBE

J.-Luc Lavrille, poète

DURA LEX SED LEXPLOSION
(EX POSITION)

Ce dépaysage met en scène en pièces
Fait axe céder la langue à une dimension nouvelle qui « détourne mais ne ment »(J.Cantero)
Une nécessité de dire quand l'art s'invite dans la crise
Au nord tes dettes au sud tes pertes : témoins hors de tout spectacle
qui noie le poisson et ses leurres enfin évacué pour l'essentiel : la crise financière

L'artiste en recueille traces marques empreintes chiffres fragments pour nous faire deviner que ce système
spéculatif est autant parlant que parlé :
parachutes mais dorés ardoises mais chiffrées haillons mais d'argent buissons tourbillonnants mais émigrés
la langue étant inscrite dans la matière comme la matière dans la langue
comme autant de facéties de ses infinies facettes
crise sur le gâteau le clone du spectacle une
bourse soufflée dans ses plis comme outre passant son droit de sotie de secours
éphémère ventre mater closet s'essaimant de ce mot d'Elle
accouchant de lui-même
son dactyle au gros cesse
ogresse
que ce corps n'ait lien

Pour quel résultat nous dit Mary-Ann Beall ?
Pour une solitude cynique comme cette carte postale du chien de Goya dans les sables mouvants d'un quasi
monochrome
son cri mue
arrêt sur image arrêt sur vertige
L'émotion est à son comble (comme on peut la vivre au Prado) :
elle met à l'épreuve notre résistance nerveuse à la langue quand on l'ouvre au sens
pour mieux polysémiquer

Donnant volume à un phénomène réel mais impalpable comme le vent
La véritable émotion poétique de ce dépaysage est de ne rien dire d'autre que ce dont on meurt
Sous un vaste déserticulé bleu horizon
cet autre ground zéro du XXIème siècle

Mary-Ann Beall
dépaysements
Une polysémie du dépaysement
Location:
Mairie du 9ème arrondissement (Click here to get informations about Mairie du 9ème arrondissement)
6, rue Drouot
75009 Paris
M° Richelieu - Drouot
France
Phone : +33 (0)1 71 37 75 09
Twitter account : Mairie9Paris
Instagram account : mairie9paris
Internet Site : mairie09.paris.fr

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Date: Thursday, June 24, 2010
Time: 19:00-21:00 CEST
Duration: 2 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Mary-Ann Beall
Number of times displayed: 1874

 



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