BLANCHE-NEIGE, LE BANQUET

Sunday, July 25, 2010 20:00-22:00 CEST




Description:
13h30 - Lindaboie
15h - Thierry Mouillé - La Fondation mouvante, "Attraction 2010"
16h - Laurent Friquet "Make a room Make a room ! Dixit Monsieur Personnage"
16h30 - Tsuneko Taniuchi Anniversaire de mariages
17h30 - Réunion des tous les artistes invités
20h - Pascal Lièvre Défilé Philosophique

FINAL

Le Banquet (extrait du texte de Florian Gaité)

En plein cœur du Centre Pompidou, un groupe de « Blanche-Neige » dresse la table d'un improbable banquet et convie son public à troubler les règles ordinaires de la réception, tant domestique qu'esthétique. La subversion de l'espace culturel fait de l'événement un moment de transgression au cours duquel les codes habituels se répandent en confettis. Icônes appropriables par tout un chacun, les « Blanche-Neige » malléables font d'emblée signe vers une consommation généralisée des images et de la culture. Au sein du musée, conservatoire des représentations collectives, s'envisagent toutes sortes de variations sur un même thème : la création incessante d'une mémoire fédérative, qui se partage comme un moment de réjouissances. Entre fête des fous et party mondaine dégrippée, le banquet revitalise les mécanismes de la convivialité en se jouant des lieux institutionnels de célébration.

Chaque manifestation surgit alors dans ce terrain vague pour former un cortège absurde qui parade allègrement, dessinant un espace de liberté soustrait aux lois de la convention hospitalière. La pantomime des « Blanche-Neige », ni danse chorégraphiée, ni théâtre improvisé, les fait évoluer sur une scène ouverte et mouvante, où l'imprévu rythme la cadence. Ce langage apparemment insensé des corps, cette gestuelle qui fait vivre la différence à même la répétition, dérange les automatismes et ravive les potentialités créatrices du groupe. Dans cet espace de non-droit, dont les repères désorientent plus qu'ils ne conduisent, le masque fait office d'identité éphémère.

Le déguisement, qui délaye les formes reconnaissables, récrée en même temps qu'il inquiète : comment se distribuent les rôles ? A quel jeu prend-on part ? ... Cour des miracles ou palais des illusions, cette architecture semble transformer tous ses éléments pour produire un spectacle-performance qui prend forme dans le présent du Playtime, du temps avec lequel on joue. Si la temporalité s'y épuise presque, ce n'est que pour mieux laisser la vitalité s'exalter, pour faire du flux du hasard et des rencontres incongrues un mode d'existence viable ici et maintenant. Le débordement dionysiaque, comme une énergie vive caractérise l'expérience de ce chaos Dans ce qui s'annonce comme une véritable mascarade, les « Blanche-Neige », en hôtesses ambigües et dissonantes, battent la mesure pour que d'autres la perdent.

Penseurs, noceurs, idolâtres du corps créent autour de Catherine Baÿ la forme inédite d'un théâtre des civilités perverties. On boit, on mange, on discute, on joue au sein d'une communauté mobile qui fait elle-même se déplacer les champs formels et catégoriels de la perception. Catherine Baÿ orchestre la progression des quinze « Blanche-Neige » qui, durant une semaine, vivent un étrange quotidien. Elles se déplacent, se nourrissent, donnent à manger ou font de la gymnastique. Elles évoluent avec absurde jusqu'à produire un système de signes alternatif, un rituel insolite qui stupéfait le public.

Tsuneko Taniuchi joue la cérémonie quasi-parodique d'un mariage aux deux cent fiancé(e)s pour une seule femme, en confrontant l'unicité symbolique du rite au renouvellement de ses expériences singulières. Le cérémoniel alimentaire chavire lui aussi. Lindaboie, d'abord, introduit l'ivresse comme l'expression d'une sagesse énigmatique et propose par sa dégustation de dévoiler le reflet d'une personnalité révélée par ses goûts en matière de vin.

Carole Douillard, en charge des victuailles, pousse quant à elle la logique de l'hospitalité jusqu'à sa plus extrême manifestation : le désir cannibale et le sacrifice de sa propre chair, au travers de membres modelés à partir de nourriture. A l'image du Journaliste qui campe sa tente et intervient de façon imprévue et spontanée, le lieu oscille entre présence et absence, perturbé par les diverses manifestations aléatoires d'un monde en bribes. Un territoire de hasard où les paris d'Azzedine Saleck mènent la danse, où le jeu fédère et où l'irrationnel décrit cette non-histoire. Un territoire des singularités aussi où Le Grand Bizarre affirme autonomie, originalité et possibilité plastique.

Dans la même veine, Christophe Hefti fait d'airs aux pianos l'occasion d'une transformation animale de soi et d'un mélange des genres musicaux intrigant, entre mélancolie et enthousiasme pop. Dans un conte tout aussi inquiétant, le cavalier sans tête de Laurent Friquet accumule les masques et fragmente la pensée, déroutant la notion d'identité et brouillant les repères de la référence cultivée. Ce travail de déconstruction de la parole est poursuivi par Robert Kluijver qui commente et illustre de façon obsessionnelle la cène présentée, s'exprimant en plusieurs langues jusqu'à les mélanger, faisant de son dialecte une cacophonie du sens.

Explorateur du chaos, Thierry Mouillé juxtapose les topographies, mêlant cartographie virtuelle et déchets géographiques, en procédant à des découpes de photos de lieux en lien avec les « Blanche-Neige ». Ce geste de déterritorialisation caractérise également les performances de Pascal Lièvre qui installe la philosophie au cœur d'une salle de gym ou sur un podium de défilé. En sensualisant le discours, il explore les résonances d'une pensée soumise à l'épreuve du collectif. Léa Zitrone finit d'ancrer le banquet dans son actualité, en proposant d'animer une émission radio. Le live insiste sur l'expérience du direct, considéré comme un signe du vivant.

Enfin, Pauline Colonna d'Istria et Florian Gaité organisent une table ronde performée qui réfléchit les modalités de fonctionnement de la pensée chaotique, tant à l'œuvre dans le projet du banquet que dans le jeu aux multiples rebondissements qui dirige ce débat.
Location:
Centre Pompidou (Click here to get informations about Centre Pompidou)
Musée National d'Art Moderne - Beaubourg
Place Georges Pompidou
19, rue Beaubourg
75191 Paris Cedex 04
M° Rambuteau, Hôtel de Ville, Châtelet
France
Phone : +33 (0)1 44 78 12 33
Fax : +33 (0)1 44 78 13 03
Twitter account : centrepompidou
Instagram account : centrepompidou
Internet Site : www.centrepompidou.fr

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Date: Sunday, July 25, 2010
Time: 20:00-22:00 CEST
Duration: 2 hours
Category: Events*
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