Vernissage de Jocelyne Hermann-Salley & Cyrille

Saturday, November 6, 2010 17:00-20:00 CET




Description:
du 11 au 20 novembre 2010
vernissage le samedi 6 novembre à 17 heures

JOCELYNE HERMANN-SALLEY
peintre

CYRILLE
sculptures

Il me sera difficile de masquer mon plaisir d'accueillir aujourd'hui en notre espace Mompezat, Jocelyne Hermann-Salley et Cyrille qui sont je peux l'avouer des amis artistes venant de Champagne et dont j'apprécie particulièrement les œuvres tant picturales que sculpturales. Jocelyne et Cyrille sont dans l'évolution d'une mouvance complémentaire portant, au risque de vous surprendre, au-delà du visible immédiat, afin de mieux se situer au cœur des interrogations essentielles et des sources de l'ineffable. Tout gravite autour de la symbolique et de la perspective sacrale, en totale opposition avec le monde temporel.

L'une Jocelyne, par l'expression graphique proche d'un geste calligraphique indéfinie rehaussé par une composition abstraite. L'autre Cyrille par une figuration parfois énigmatique où le concret masque l'informel tout en invitant au regard dédoublé.


Jocelyne Hermann-Salley : (peinture)

Jocelyne, revendique cette nécessité d'expression de basculer vers une ligne abstraite, après avoir des années durant produit des œuvres figuratives paysagés, florales, académiques dans une technique attrayante, très professionnelle, mais soumise à une grande conformité traditionnelle. Certes de la bonne peinture, mais sans originalité créative particulière. Puis soudain, après avoir traversé des périodes d'incertitudes, de doutes, de remise en question, tout bascule vers l'abstraction, afin de pouvoir s'exprimer dans un langage différent. Son discours pictural converge progressivement vers une écriture céleste caressant l'invisible.

Chez Jocelyne le graphisme n'est qu'une vibration émotive, sensible et subtile remplie de nuances traitées en dégradé et en tons rompus, sur des fonds clairs laissant vierge la part du rêve. L'orientation est pour elle de tenter resurgir du visible pour atteindre une proximité en résonance avec le cosmique. Désir impérieux d'un dialogue universel. Rien n'est vraiment simple dans le détachement de la matière.

Il nous faut percevoir dans l'œuvre de Jocelyne les feux d'une fragmentation colorée.

« Plaçons nous devant les œuvres de Jocelyne, ne cherchons pas à nous rattacher à une vision existante, mais laissons nous pénétrer par la délicatesse de la composition, écoutons l'appel d'une note bleue, le frémissement d'un fil d'or, l'étonnement d'un point de fuite carmin, ce sont là des travaux d'orfèvre où quelques fragments d'étoffes se font le nid d'un petit vitrail fragmenté. Si notre créatrice met beaucoup de poésie dans son travail, il s'en dégage aussi un rythme et de la musicalité. Peut-être est-ce sa manière à elle de tenter de nous transmettre un message codé qui recélerait son désir d'amour et de paix. C'est juste à ce croisement que son art se teinte d'une signification sacrée, pour peu il deviendrait liturgique ! Dans cet esprit évolue le travail de Jocelyne. Pour elle, l'œuvre se doit d'être un signe essentiel, un point d'orgue dominant, s'élevant vers une espèce de fulgurance pénétrante et silencieuse. Oui c'est bien dans cet espace de liberté créative que notre amie concrétise sa nécessité de communication. »


Cyrille : (sculpture)

Tournons nous vers notre ami sculpteur, qui, bien que beaucoup plus imprégné par la matière en apparence dans le principe même de son art, rejoint Jocelyne vers son désir de vision au-delà du visible, nourrit de ce besoin de côtoyer un espace spirituel restituant à l'art un sens sacré !

Cyrille est au sens noble du terme un homme de la terre, avec toute la force que cela peut lui transmettre sur le plan tellurique, il est imprégné du sang et de la sève de la germination. Chez lui tout part de la matière, car il n'a de cesse de transformer la terre, le fer, le bronze avec une passion égale et une volonté créative indéniable ! Il part de l'élément humain pour mieux évoquer l'intériorité. L'art est à plus juste raison la sculpture implique un long travail solitaire, une sorte de défit à soi même dans le silence de l'atelier. Cyrille à absolument besoin de ce recul, de ce face à face avec le fruit de sa création. Chaque fragment de glaise, chaque volume, chaque ligne anatomique remplacent le langage par l'expression esthétique ou symbolique. Philosophiquement, pour Cyrille le corps peut-être une prison dont il faut absolument se libérer afin de mieux se situer autant que puisse ce faire entre l'esprit encore proche de la matière et l'âme appartenant au monde de l'éther. C'est ainsi qu'il se projette par le truchement de ses créations, dans l'espace et au-delà du temps. Mais avant de parvenir au passage de la matière vers l'intemporalité suggérée, il est nécessaire de posséder un solide métier, car l'art de la sculpture c'est déjà un savoir-faire, un geste d'artisan qui prolonge la pensée par l'intelligence de la main, c'est le don de la subtilité créative qui peut donner naissance à l'œuvre d'art. C'est le mystère de l'instant merveilleux ou l'artisan devient artiste ! Cyrille est un artiste des plus raffiné, il suffit simplement de nous attarder sur quelques unes de ses réalisations, pour comprendre les nuances de son talent. La ligne est délicate, fine, ciselée, l'approche anatomique est précise, faisant preuve d'une longue et attentive observation. Cyrille aujourd'hui poursuit sa formation dans l'atelier du remarquable sculpteur péruvien, Juan Carlos Carillo, qui d'ailleurs présenta certains de ses travaux en notre espace Mompezat, il pourrait parfaitement quitter cet atelier pour travailler seul, car l'élève n'a plus vraiment besoin du maître, mais le besoin de l'ambiance de l'atelier à toujours ses raisons humaines et confraternelles. Chez Cyrille le regard porte bien au-delà du sujet traité, c'est un cri révélateur qui peut éveiller la conscience, en nous faisant basculer de l'instinct primate au plus sensible raffinement de la beauté. A l'origine ce fût comme un long cri, mais ce cri doit nous conduire vers une conscience épurée. Quant à la vision du « paradis » elle n'est sans doute pas ce que quelques millénaires d'histoires religieuses nous ont raconté, le passage implique certains risques, la chute peut devenir fatale. La vie est un grand saut dans le vide et le but bien incertain ! L'homme peut retomber dans la cage des illusions, des désenchantements. Quant à ce désir de l'inaccessible c'est lui aussi une déchirure, c'est une main tendue vers l'espérance absolue, sorte d'incantation, souffle litanique. Il est nécessaire pour mieux pénétrer une œuvre de Cyrille, de la percevoir à partir dans monde en filigrane.

Simplement faire dire à la matière, à ses volumes, à son linéaire, ce que l'on ne peut exprimer par le Verbe.

Michel Bénard
Lauréat de l'Académie française
Chevalier dans l'Ordre des Arts & des Lettres
Location:
Espace Culturel Mompezat (Click here to get informations about Espace Culturel Mompezat)
Société des Poètes Français
16, rue Monsieur le Prince
75006 Paris
M° Odéon, RER B Luxembourg
France
Phone : +33 (0)1 40 46 99 82
Fax : +33 (0)1 40 46 99 11
Mail : stepoetesfrancais@orange.fr
Internet Site : stepoetfrancais.eklablog.com

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Date: Saturday, November 6, 2010
Time: 17:00-20:00 CET
Duration: 3 hours
Category: Art & exhibition opening*
Number of times displayed: 2288

 



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