Exposition de Fermin AguAyo - L'incantation au visible




Description:
Exposition du 11 mai au 13 juillet 2012

Ouverture espace rive gauche 53 rue de Seine 75006 Paris de 12h à 17h
suivie du vernissage de l'exposition au 5 & 7 rue de Saintonge 75003 Paris

Exposition du 11 mai au 13 juillet 2012
dans les deux espaces de la galerie rive gauche et droite

Du 11 mai au 13 juillet 2012, la galerie est heureuse de proposer une exposition rétrospective de l'artiste espagnol Fermin AGUAYO intitulée L'incantation au visible qui se déroulera conjointement dans les deux espaces de la galerie rue de Seine et rue de Saintonge dans le Marais.
Cette exposition se propose de retracer l'itinéraire d'un immense peintre, mort prématurément, en 1977, à l'âge de 51 ans, que la galerie n'a eu cesse de promouvoir depuis les années 50. Faisant suite à la rétrospective qui lui a été consacrée au Centro de Arte Reina Sofia à Madrid il y a quelques années, cette exposition est la première en France à rassembler un nombre aussi important de peintures de l'artiste dont certaines seront présentées pour la première fois au public. Les oeuvres exposées dans l'espace historique de la rue de Seine permettront d'aborder les différentes phases de la recherche picturale de l'artiste ; cette recherche est développée en profondeur dans l'exposition qui se poursuit rue de Saintonge, à travers les différentes thématiques de l'oeuvre du peintre, avec un choix de peintures incontournables et quelques rares oeuvres sur papier - depuis les premières oeuvres peintes, au milieu des années 40, jusqu'aux dernières toiles peintes par Aguayo en 1975, deux années avant sa disparition.

Né en 1926 à Sotillo de la Ribera en Vieille Castille, l'enfance de Fermin Aguayo est marquée par le dur apprentissage des horreurs de la guerre civile espagnole - son père et ses deux frères sont assassinés par les franquistes - et sa mère, après s'être enfuie avec lui dans un total dénuement, meurt d'épuisement quelques années plus tard. Grand peintre solitaire, secret et silencieux, autodidacte et à contre-courant, Fermin Aguayo se signale à la fin des années 40 par la création du Grupo Portico de Saragosse. Pionnier d'une abstraction alors peu pratiquée en Espagne, le jeune artiste transpose dans sa peinture, de manière métaphorique et contenue, toute la violence de situations dramatiques vécues dans un climat de guerre civile espagnole.
Résolument exigeant et sans complaisance, il fouille les formes structurelles de la peinture de ses aînés - que ce soit dans ses aspects géométriques, abstraits ou figuratifs - ou encore dans ses recherches plus techniques liées à la ligne, aux courbes ou à la couleur afin de faire corps avec la peinture, de parvenir à en être possédé pour qu'à travers la peinture, l'esprit commence à se révéler dans une présence unique et universelle.

Son départ pour Paris en 1952, voit l'arrivée de peintures composées en plaques plus ou moins épaisses réalisées au couteau, qui dans leur densité, sont les paysages évocateurs de toute l'atmosphère du sol de sa Vieille Castille natale: les croisements judicieux de tons chauds et froids, de variations colorées d'ocres, de sienne et de terres d'ombres savamment orchestrées, nous font pénétrer dans toute la chair de son sol natal comme s'il s'agissait pour l'artiste d'une seconde naissance. Petit à petit, ses sols charnus glissent vers une absence d'épaisseur, et sa peinture revêt une fluidité nouvelle, voire une transparence comme si Aguayo cherchait à déposer un voile sur ces paysages à présent en retrait, placés en lévitation tels des mutations de paysage de nature à paysage intérieur.

Cette mise à distance et en recul par rapport au sujet (en l'occurrence sa terre natale) – une attitude picturale et morale qu'il adopte tout au long de son oeuvre - lui permet de dominer ce qui le possède et l'anime, et d'être si justement décrit par Jean Planque comme un peintre « habité », tant l'intériorité de ses peintures est palpable. Elle lui permet également, grâce à un travail acharné, un retour vers la figuration en inaugurant un nouveau regard sur le réel par une peinture qui se cherche, se dénoue et s'élargit afin de trouver son expression propre, celle qu'il a dans les tréfonds de lui-même et qu'il peindra comme nul autre.
Loin des modèles contemporains offerts par Picasso, Balthus ou Hélion, il l'est plus encore des approches du réel offertes par le Pop Art ou les Nouveaux Réalistes qui lui sont radicalement opposées. Il se pose non pas comme un peintre figuratif et descriptif mais comme un peintre du percevoir et de la présence qui pousse la conscience à son apogée au point d'en convoquer le visible. Faute d'inspirations contemporaines, Aguayo se tourne, dans les années 60, vers ses maîtres vénérés dont il ressent toute la présence de peintre en peinture: Vélazquez en premier lieu, puis Rembrandt, Le Titien, Le Tintoret, Ribera, Goya, Manet et Van Gogh auxquels il s'apparente d'emblée dans son passage de peintre abstrait ayant largement pratiqué les usages de la peinture non-figurative à celui de peintre de la réalité dans le sens d'une présence ressentie en profondeur, d'une transformation de la matière en quelque chose de vivant comme le dira Aguayo lui-même, d'une genèse de la matière.
Avec un sens aigu de l'espace, de la couleur et de la lumière, Fermin Aguayo fait vibrer le plein et vide de ses toiles par une présence mystifiée et universelle : dans ses aplats de tierras rosas qui rappelle ses racines ontologiques, dans ses quartiers de boeuf accrochés à l'étal dans toute l'apesanteur de leur chair, dans ses pigeons battant de l'aile révélant un espace en vibration, dans ses danseuses verticalement suspendues par un espace entre terre et ciel tout comme ses peupliers illuminés ; dans ses baigneuses qui flottent à la fois dans un espace aquatique et céleste ou ses nus, à l'image de son épouse Marguerite, qui se transforment en paysages infinis ; sans oublier ses innombrables portraits de peintre, esquissés à grands traits, qui baignent dans une unité générale comme pour mieux en révéler la densité et la quintessence ; ses multiples nocturnes qui appellent un espace sans pesanteur, ses passants et passeurs qui nous guident dans un espace où la lumière est maître ou ses mains tenant le pinceau comme si l'ange en guidait la composition.
roir. La référence à Vélazquez l'est d'ailleurs assurément, par son sens de la magie de l'espace, par les raffinements et enchantements du coloriste qu'il fut et par l'énergie qu'il déploie dans son sens de la spatialité à convoquer le réel, à informer l'espace d'une présence et à la faire tenir en suspens par une énergie irradiante. Parmi ses oeuvres, quelques rares autoportraits dans la densité d'une pénombre qui ne manquent ni de dignité, ni de saveur comme si l'artiste, après avoir fouillé dans ses tréfonds intérieurs et s'être dépouillé de toute appartenance,
pouvait se projeter à l'extérieur, s'accorder
une présence authentique, surnaturelle
et universelle dans l'apesanteur, l'expansion
et l'intemporalité d'un espace.
Car ces toiles ne racontent rien ; elles exposent
et révèlent les états de conscience
picturaux d'une vérité de l'instant :
leur art est au service d'une connaissance plus approfondie de la vie, et leur dimension une espèce d'entrée de plain-pied dans la réalité profondément ressentie en présence.
Faire corps avec son sujet, transfigurer la nature animée de ces êtres (au sens profond du terme), fouiller la nature humaine comme pour mieux en extraire la connaissance, Aguayo saura le mettre en oeuvre en utilisant le miroir, non comme une réflexion de sa propre image, mais comme l'outil lui permettant une distance capable de révéler dans toute sa densité le souffle de l'esprit et fixer l'énergie d'une conscience. Ainsi l'homme recherché par le peintre appartient à la foule, il est debout, en pleine conscience de sa réalité d'homme, à l'opposé de toute figure morbide ou d'image virtuelle.
Profondément peintre, Aguayo privilégie l'huile à l'acrylique, trouvant celle-ci plus vivante Les personnages entrent et sortent de l'espace de ces toiles dans une sorte de silence et secret, dans la profondeur des imperceptibles vibrations de lumière qui les placent dans la filiation de l'espace magique des Ménines de Vélazquez, de l'autre côté du mi
puisqu'elle sèche lentement et peut donc être souvent reprise. La technique de l'huile, austère, réclame un engagement total de la part de l'artiste, capable après des mois de travail, de gratter ses compositions jusqu'à l'épiderme pour les refaire par coeur, en un jet comme pour mieux en faire vibrer toute la recherche de transparence. « A force d'avoir fait, défait et recommencé, il arrive un moment où le tableau se fait presque tout seul. Une espèce de cheminement qui se réalise. Alors on travaille très vite et on sait que le tableau est là, on le sent. » nous dit Aguayo l'alchimiste.

Pas de couleurs contrastées chez Aguayo comme cela peut l'être dans la peinture de Staël mais des camaïeux de gris, de bleus et bruns intenses tout autant que les résonances d'un rouge ou d'un jaune vif dans une tonalité des plus raffinée et subtile.
Charles Estienne, grand critique et défenseur de l'art abstrait, va préciser au sujet de l'artiste:
« Aguayo, c'est le comble de l'abstraction. Et cependant, c'est la grande figuration (la noble, celle qui n'aurait même pas l'idée de décalquer ou de caricaturer le réel). »

Cette exposition se propose donc de faire redécouvrir - à travers un parcours de peintures incontournables ainsi que quelques oeuvres sur papier jamais exposées à ce jour - toute la vérité et la force d'un artiste qui a su assumer pleinement son destin de peintre, dans la noblesse, retenue et concision de style, ne cherchant ni à plaire ni à convaincre, et qui se situe tout simplement dans la recherche d'une constance de la condition humaine.
Fermin Aguayo pourra provoquer ce jugement chez Dora Vallier, formée à l'approche de la peinture par Christian Zervos : « Aguayo est à la peinture ce que Giacometti a réussi en sculpture. ».
Plus de trente ans après sa disparition prématurée en 1977, à l'âge de 51 ans, cette exposition se veut la réhabilitation d'un immense peintre qui nous prouve combien la peinture est toujours fondamentalement vivante.
Location:
Galerie Jeanne Bucher (Click here to get informations about Galerie Jeanne Bucher)
53, rue de Seine
75006 Paris
M° Odéon, Saint-Germain-des-Prés, Mabillon
France
Phone : +33 (0)1 44 41 69 65
Fax : +33 (0)1 44 41 69 68
Mail : jeannebucher@wanadoo.fr
Twitter account : jaeger_bucher
Internet Site : www.jeanne-bucher.com

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Date: Thursday, May 10, 2012
Time: 17:30-20:00 CEST
Duration: 2 hours 30 minutes
Priority: 5-Medium
Access: Public
Category: Art & exhibition opening*
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