Vernissage de RAPHAËL ZARKA "Les Prismatiques"




Description:
RAPHAËL ZARKA "Les Prismatiques"

1ST FLOOR :
SOCIÉTÉ RÉALISTE "Monotopia"

14.04 - 26.05.2012
vernissage 14.04.2012 6-9PM



Raphaël Zarka, Prismatique (2), 16 pièces de bois (chêne) assemblées, 250 x 130 x 30 cm, oeuvre unique
(vue de l'exposition Le Grand Café, Saint-Nazaire, 2011)

RAPHAËL ZARKA "Les Prismatiques"

Plusieurs questions centrales à la pratique de Raphaël Zarka se rejoignent dans son exposition "Les Prismatiques" : son intérêt pour la géométrie, la transposition d'éléments empruntés au champ de la peinture vers celui de la sculpture, la constitution d'un corpus de formes développé sur le modèle de la collection. Déjà présente dans plusieurs œuvres qu'a réalisées l'artiste ces dernières années, la forme autour de laquelle s'articule l'exposition – un prisme dont la base s'apparente à un triangle rectangle tronqué – est directement reprise d'un petit objet en bois, la clef de châssis, utilisé par les peintres au dos de leurs toiles pour en ajuster la tension. Elle est ici abordée comme un module à partir duquel se déploie, sur le mode la permutation, une série de sculptures et de dessins.

Les modules qui composent les trois sculptures que rassemble l'exposition ont été taillés dans des billes de chêne de taille identique, en opérant chaque fois, selon le même modèle, un unique trait de coupe. Pour chacune des œuvres, 12 ou 16 éléments agencés de différentes manières se combinent pour former une configuration spécifique, comme dans un jeu de construction. On pense notamment au Tangram, ce puzzle ancestral chinois dans lequel de petites pièces géométriques sont juxtaposées pour créer des formes figuratives. Comme dans une série précédente utilisant le même type de pièce de bois, Les Billes de Sharp (2008), se décline également dans les Prismatiques un jeu entre la régularité des traits de coupe et l'aléatoire des lignes structurelles du bois.

Le groupe de dessins à l'encre qui accompagne les sculptures semble avoir ce double statut contradictoire de les préfigurer et de les prolonger, à la fois dessins préparatoires et développement logique de la série. Ils montrent d'autres configurations possibles à partir de la même forme de la clef de châssis et existent comme autant de sculptures potentielles, suggérant que ce qui nous est donné à voir dans l'exposition n'est qu'un fragment d'une suite de permutations beaucoup plus vaste. Réalisés en utilisant un type de perspective et des couleurs qui peuvent rappeler celles des Primitifs italiens, ils semblent renouer avec la conception ancienne du dessin comme designo : dessin autant que dessein, renvoyant autant à l'esquisse qu'à l'idée avant sa matérialisation.

Le troisième composant de l'exposition, une série d'images noir et blanc extraites d'une collection que Raphaël Zarka développe depuis quelques années, pourrait être abordé comme une variation à rebours, au sein d'un champ de références issues de contextes variés, développée à partir des Prismatiques. Ce qui réunit ici la Nécropole des Grotticelli, l'autel qu'installa Goethe à Weimar pour son amie Charlotte von Stein, les « stellations » de Max Bruckner ou le portrait d'Abraham Sharp, c'est la présence dans chacune des images de combinaisons de formes géométriques. Présentées en contrepoint aux Prismatiques, ces constructions éclairent différents aspects des sculptures et des dessins : les questions du prisme, du module, de la série, de la permutation, du socle, etc. Elles témoignent également de la manière dont les formes géométriques constituent pour Raphaël Zarka les manifestations visibles d'un réseau de liens souterrains traversant les espaces et les époques.

Christophe Gallois



1ST FLOOR :
SOCIÉTÉ RÉALISTE "Monotopia"


Société Réaliste, Location Duration, 2012

"En 1989, le typographe américain Robert Slimbach dessina pour Adobe Systems une police à empattement (sérif) qu'il intitula "Utopia". Il faisait probablement référence à l'irruption des technologies numériques et au nouveau territoire que celles-ci offraient aux développements de la typographie. Il entendait peut-être également souligner le lien ombilical qui unit depuis sa fondation le thème utopique à la pratique de l'écriture. Car si l'utopie est bien un lieu, le lieu qui n'est pas, il est un espace de la potentialité, de toutes les éventualités, comme l'écriture elle-même. L'utopie est un territoire de texte, où l'oxymore est naturel et l'évidence impossible.

Un paysage de lettres, Thomas More l'avait voulu ainsi, lui qui maria au frontispice de la première édition imprimée de son Utopia deux objets de contradiction: une carte dessinée de l'île des Utopiens, et une table typographique de leur alphabet géométrique. C'est là que s'écartèle sa recherche, ni la carte du texte, ni le texte de la carte, mais une forme en absence à la reliure des deux. Un temps transversal, toujours passé, présent et futur; une relocalisation permanente, toujours ici et encore là-bas: l'utopie est une course à travers les textes, unifiant les moments et leurs emplacements. A moins que l'écriture ne soit le corps et l'utopie son ombre.

En écho à cette trajectoire menant de More à Slimbach, et en prolongeant ses spéculations sur la reliure du texte et de la carte, Société Réaliste a dessiné en 2012 la police Monotopia. Son protocole de construction est des plus simples: chaque caractère de la police Utopia s'inscrit sur la superposition de tous les autres, casse par casse. Une majuscule s'écrit de toutes les autres majuscules, une minuscule de toutes les autres minuscules, un chiffre de tous les autres chiffres. Comme une kabbale égalitaire, où n'importe quel signe énoncerait encore les autres. Ou une obligation à refuser la distinction entre l'ornement et la forme.

Dans l'exposition à la galerie Michel Rein, Société Réaliste expérimente sa typographie, en présentant les accumulations ornementales de Monotopia, en reproduisant la rythmique des mantras politiques, en mélangeant les directions fondamentales, en recherchant des correspondances entre le chiffre des dates, en s'essayant à définir la forme de n'importe quelle date et de n'importe quel lieu, en inscrivant la commune transversalité du temps et de l'espace, ou encore en se refusant à inscrire le u- privatif de l'Utopie originelle."

Société Réaliste

Société Réaliste est une coopérative parisienne de production artistique, créée en juin 2004 par Ferenc Grof et Jean-Baptiste Naudy, duo dont le travail explore les récits de l'histoire, de l'économie, de l'architecture et de l'art à travers ses signes visuels. Cartographies, typographies, géoglyphes, films, photographies, objets sont quelques-uns des “outils” classiques de la communication institutionnelle que le collectif développe et déconstruit, afin de mener une réflexion autour des politiques de la représentation par le biais d'expositions, de publications et de conférences. En 2011, ils ont bénéficié d'une exposition personnelle au Jeu de Paume, Paris. En parallèle de l'exposition à la Galerie Michel Rein, ils présentent "Empire, State, Building", une exposition personnelle de leurs travaux récents au Musée Ludwig de Budapest.
Location:
Galerie Michel Rein (Click here to get informations about Galerie Michel Rein)
42, rue de Turenne
75003 Paris
M° Chemin Vert, Saint-Paul
France
Phone : +33 (0)1 42 72 68 13
Fax : +33 (0)1 42 72 81 94
Mail : galerie@michelrein.com
Twitter account : michel_rein
Internet Site : www.michelrein.com
Date: Saturday, April 14, 2012
Time: 18:00-21:00 CEST
Duration: 3 hours
Priority: 5-Medium
Access: Public
Category: Art & exhibition opening*
Number of times displayed: 1092



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