Dîner annuel de la Société des Amis du Musée national d'art moderne

Tuesday, February 5, 2013 20:00-23:00 CET




Description:
Allocution de M. Alain Seban, Président du Centre Pompidou, à l'occasion du dîner annuel de la Société des Amis du Musée national d'art moderne

Monsieur le Premier ministre, cher Monsieur Balladur,
Madame la Présidente de la Fondation Claude Pompidou, chère Madame Chirac,
Madame la Première adjointe au maire de Paris, chère Anne Hidalgo,
Monsieur le Président de la Société des amis du musée national d'art moderne, cher Jacques Boissonnas,
Mesdames, Messieurs, chers amis,

Il était une fois... Il paraît que c'est un célèbre auteur français, Charles Perrault, qui aurait inventé en 1694 cette locution devenue depuis, partout dans le monde, la clé universelle du pays des contes. De « Once up on a time » (j'en profite pour saluer la Centre Pompidou Foundation à qui son nouveau président, Steven Guttman, donne un formidable essor) à « Habia una vez » (je salue notre groupe d'amis latino-américains que dynamise l'énergie d'Estrellita Brodsky) en passant par « Mukashi Mukashi » (et bien sûr nos amis du Japon sous la houlette de Takeo Obayashi). Un slogan mondialisé qui parle à tous les enfants, petits et grands. Ce soir nous sommes réunis pour partager une histoire qui n'est pas un conte de fée mais celle d'une institution qui tend comme la célèbre formule à s'ouvrir toujours plus sur le monde.

L'an dernier le Centre Pompidou a attiré et c'est un record, 3,8 millions de visiteurs. Mais on le sait moins, de la Chine au Brésil ils ont aussi été 800 000 à visiter nos expositions à l'étranger, auxquels il faut bien sûr ajouter les 476 000 visiteurs du Centre Pompidou-Metz et les 176 000 visiteurs du Centre Pompidou mobile.

Le Centre Pompidou, comme l'art, se mondialise. En témoignent les acquisitions réalisées grâce à votre générosité, grâce à ce dîner : une pièce monumentale du Brésilien Tunga ; une peinture de l'artiste de Bombay Atul Dodiya. Et parce qu'on ne peut être un musée global sans être fortement connecté à sa scène nationale, un talentueux artiste de la scène française : Anri Sala, exposé au Centre l'an dernier et qui représente cette année la France à la Biennale de Venise ; il est né à Tirana et incarne cette vision ouverte de la scène française qui est bien sûr la nôtre.

Il était une fois... Si j'ai commencé ainsi mon propos ce soir, c'est parce que j'ai en tête un conte de Madame d'Aulnoy publié en 1697 qui s'intitule « La Chatte blanche ». Il paraît que Jean Marais l'avait signalé à Jean Cocteau quand celui-ci écrivait le scénario de « La Belle et la Bête ». Cocteau n'en a retenu qu'une chose : les mains porteuses de flambeaux qui éclairent le chemin des hôtes du château de la Bête. Il a bien fait, c'était une belle idée.

Et pourtant, il y aurait beaucoup à dire de cette histoire d'un vieux roi : « Il était une fois ... un roi qui avait trois fils bien faits et courageux ». Sous prétexte de savoir lequel lui succédera, le roi leur inflige des épreuves toutes plus absurdes les unes que les autres

Celui qui obtient la couronne passe trois ans dans un étrange château habité uniquement par des chats, où il se trouve le mieux du monde. Et parce qu'il y a de la féerie derrière cela, des moyens magiques lui sont donnés à chaque fois pour triompher sans effort des épreuves imposées par le vieux roi. Mais au fond il a fait mieux que vaincre des dragons terrifiants : il a vaincu ses propres préjugés.

J'ai connu un grand ami des chats qui comme le héros du récit de Madame d'Aulnoy a su toute sa vie triompher des préjugés. Une vertu fondamentale. Surtout peut-être dans le monde de l'art. Il s'appelait François Trèves et a été un exceptionnel président de la Société des amis du musée national d'art moderne. Il alliait le sens de l'intérêt général au sens des affaires et à un sens de la dérision qui le conduisait quelquefois à sortir son téléphone pour montrer la dernière photo de son chat lorsque les discussions devenaient trop ennuyeuses.

Il était donc une fois un grand homme qui nous a quittés en octobre dernier et dont je tiens à saluer ce soir la mémoire et la personnalité d'exception. Je remercie Jacques Boissonnas, qui a accepté de prendre la difficile relève, et qui imprime déjà sa propre marque avec la détermination que sa grande et vraie modestie ne saurait dissimuler. J'en profite pour saluer la générosité exceptionnelle dont il fait preuve vis-à-vis du Centre Pompidou, poursuivant ainsi l'engagement de ses parents Eric et Sylvie Boissonnas.

Il était une fois... un grand directeur de musée qui quittera ses fonctions le 27 décembre prochain. J'aurai l'occasion de rendre hommage le moment voulu à Alfred Pacquement, qui aura marqué l'histoire du Centre Pompidou en quasiment 14 années passées à la tête du musée national d'art moderne. Qu'il me suffise de rappeler ce soir qu'avec François Trèves et avec mon prédécesseur Bruno Racine, aujourd'hui président de la Bibliothèque nationale de France, il a imaginé le dîner qui nous réunit et qui, depuis, a fait école.

Nombreux sont ceux qui, d'ores et déjà, se passionnent pour la succession d'Alfred. Elle n'ira pas, comme dans le conte, à celui des prétendants qui nous ramènera le plus joli des petits chiens - c'est la première épreuve imposée aux trois fils du roi - mais elle sera gérée, je m'y engage, avec rigueur et professionnalisme, en permettant aux excellents candidats venus du sein même du Centre Pompidou de se confronter à d'autres, issus des plus vastes horizons internationaux, car c'est un musée global qu'il nous faut imaginer.

Il était une fois 654 personnes réunies ce soir pour enrichir les collections du musée national d'art moderne et leur permettre de relever ce grand et beau défi de la mondialisation.

Je tiens à vous remercier chaleureusement pour la générosité que vous nous témoignez, année après année et quelle que soit la conjoncture. Et peut-être surtout cette année.

Il était une fois... J'en reste là. Bon appétit.

En présence également de Arielle Dombasle, Bernard-henry Lévy, Roselyne Bachelot, David Kessler, Jean Nouvel
Location:
Centre Pompidou (Click here to get informations about Centre Pompidou)
Musée National d'Art Moderne - Beaubourg
Place Georges Pompidou
19, rue Beaubourg
75191 Paris Cedex 04
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France
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Fax : +33 (0)1 44 78 13 03
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Instagram account : centrepompidou
Internet Site : www.centrepompidou.fr

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Date: Tuesday, February 5, 2013
Time: 20:00-23:00 CET
Duration: 3 hours
Category: Art & exhibition opening*
Number of times displayed: 901

 



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