Vernissage de Kasper Sonne "On Destruction and Decoration"

Saturday, January 11, 2014 18:00-21:00 CET




Description:
Du 11/01/2014 au 01/03/2014

Commissaire invité : Benjamin Bianciotto

La destruction fut ma Béatrice 1
Cette destruction, Kasper Sonne ne l'a pas poursuivie amoureusement jusqu'à accéder à un paradis fantasmé. Il a plutôt cherché à en faire son alliée, à la maîtriser pour mieux la contraindre, rationnellement, froidement, méticuleusement. Elle n'est pas la source d'un chaos, mais l'accession à une pureté formelle, sobre et grandiloquente.
Pourtant, lors de ces rêveries, le promeneur était loin d'être solitaire. A ses côtés, on devine nombre de fantômes et d'esprits éclairants, au premier rang desquels on aperçoit Yves Klein. Ensemble, ils partagent l'amour du feu (Peintures de feu vs. Borderline (New Territory)), la tension du monochrome, ou encore la pratique des arts martiaux (judo vs. Wing Chun). Tout comme il y a du Steven Parrino dans la volonté de mettre à mal la peinture dans un geste radical, du Andy Warhol dans les Toxic Paintings qui fleurent bon les Oxidation Paintings, ou la rencontre impromptue de Daniel Buren et de Carl André dans son Floor Piece.
Or, la grande force du travail de Kasper Sonne réside précisément dans sa capacité à refuser les entraves, à lutter contre les champs de résistance. Il a bien compris que le plus bel hommage que l'on pouvait rendre à un héritage était de le refuser. C'est également la seule manière de s'en affranchir et de créer son propre chemin ; de tirer les leçons du cinquième évangile.

«Quatorze exemples authentiques du triomphe de la musique décorative 2»
Si au-delà il y a, il se situe au-delà de la rigueur conceptuelle, dans ce purgatoire longtemps écarté de l'esthétique. Les œuvres de Kasper Sonne réconcilient en effet le corps à l'esprit, ouvrent la destruction à la beauté, affinent l'art délicat de l'alchimie moderne.
Semant des traces diverses (produits chimiques, empreintes de corps, brûlures), s'amusant de l'invisible, celui qui vous freine dans votre progression inattentive, contrôlant le hasard et les éléments, il nous guide, sulfureuse Béatrice, vers le Beau. Sensation troublante alors d'être à la fois charmé par la précision réflexive et emporté par l'élégance de la création.
Qu'on ne s'y trompe pas cependant. Son travail ne partage pas l'enthousiasme mystique du Romantisme ou du Symbolisme, il est définitivement ancré dans la violence de la pensée de Frank Stella. L'art est un jeu dangereux, mais infiniment attirant. De quoi assurer ses pas sur un tapis antidérapant et vouloir se jeter, empli d'espoir, dans le vide. Non pour détruire, mais pour le plaisir de se jeter dans le décor.

1) Cette citation fort à propos faite au sujet du travail de Kasper Sonne, et extraite d'une lettre de Stéphane Mallarmé à Eugène Lefébure en mai 1867 me fut soufflée par M. Jean de Loisy. Qu'il en soit ici vivement remercié.
2) Titre d'un album de Cinema Strange, Trisol, 2006.
Location:
Galerie Olivier Robert (Click here to get informations about Galerie Olivier Robert)
5, rue des Haudriettes
75003 Paris
M° Rambuteau, Arts et Métiers
France
Mail : info@galerieolivierrobert.com
Internet Site : www.galerieolivierrobert.com

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Date: Saturday, January 11, 2014
Time: 18:00-21:00 CET
Duration: 3 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Kasper Sonne
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