Vernissage de Sandra Aubry et Sébastien Bourg "A bitter sweet legacy"

Thursday, June 5, 2014 18:00-21:00 CEST




Description:
05/06 - 26/07
Vernissage jeudi 5 juin - 18h - 21h

Vernissage de Sandra Aubry et Sébastien Bourg "A bitter sweet legacy"
Sandra Aubry & Sébastien Bourg, Parents, 2014, Graphite sur papier Arches, 70x55cm

A bitter sweet legacy se présente comme la combinaison de trois expositions simultanées, liées par une trame narrative commune, chacune ayant une échelle, un rapport dans le temps et à l'espace particulier. A bitter sweet legacy inclut une exposition dans l'exposition avec Pense-bêtes. Collection 1, et fait également écho à une installation qui sera présentée à la galerie Mixed Greens à New York, du 29 mai au 29 août 2014.

Les Yeux des statues sont vides
Par Léa Bismuth

« Ces effigies gardées intactes dans la mémoire, quand on les retrouve, on s'étonne de leur dissemblance d'avec l'être qu'on connaît ; on comprend quel travail de modelage accomplit quotidiennement l'habitude. »
Marcel Proust

Ils ont sculpté le temps pour s'apercevoir que le temps échappe.
Ils se sont refusés à dresser des monuments aux gloires du passé.
Ils ont édifié des statues mensongères afin de construire de nouvelles mémoires.

Qui sont donc ces enfants qui dénient leur héritage ? Et décident de faire table rase d'un passé étouffant ? Ce sont ces enfants qui ne sont tributaires d'aucune règle préalablement admise. Des êtres chanceux qui décident qu'ils peuvent aussi oublier le passé disparu. L'oublier pour précisément le reconquérir, et peut-être le comprendre.

Oublier, pour faire face à la faiblesse et à la mélancolie.
Faire du présent tout puissant un espace de lacune ouvert aux quatre vents.

Partir à la recherche des fantômes qui peuplent les couloirs, les lieux abandonnés, les espaces transitoires, les terrains vagues, les banlieues et les limbes du monde. Ces espaces qui n'ont ni commencement ni fin, relégués à n'être que des territoires du passage, dans lesquels on ne fait pas station, où le sol vacille et qu'il vaut mieux traverser en courant, comme lorsque la nuit, nous pressons le pas, de peur qu'une force inexistante ne nous attrape et ne nous tire vers son néant. Ce sont des lieux où l'on ne peut en aucun cas trouver la quiétude. Des territoires parasites, qui bordent, qui sont alentour. Et jamais au cœur. Des espaces pour mourir.

Pasolini y fait vivre des corps perdus, à la recherche de leurs limites physiques. Dante y décrit les errances infinies du purgatoire. Et les livres d'histoire les évitent soigneusement.

Car, tout n'est-il pas fait pour nous faire oublier que l'errance existe ?

Certains enfants, insoumis, ouvrent une faille dans le continuum du temps et décrivent des lignes d'erre. Ils ouvrent des sillons qui ne se refermeront jamais, espérons-le. Passé, présent et futur ne sont plus qu'une seule et même chose, un seul et même magma informe qui est le milieu ambiant des œuvres latentes et en partance, des livres qui s'écrivent ou des tableaux qui se peignent.

Espace du sommeil.
Monde des puits sans fond et des nappes de nuit. Des soubresauts.

Dans ces territoires nocturnes et somnambules, les yeux des statues sont vides. Leurs visages inexpressifs, n'ont pas même un soupçon d'âme. Nous croisons ces statues dans les musées, aux détours de vitrines, et nous engageons avec elles des dialogues de sourd. Parfois, il arrive dans certains contes, que Galatée se réveille et prenne vie, sous les doigts d'un artiste amant. La chevelure se détend, le marbre s'assouplit prenant la chaleur de la peau, les cils se détachent et la bouche s'entrouvre. Mais, pour le commun des mortels, comment étreindre ces corps absents et ces chevelures sans visage ? Car ce sont eux les vrais spectres, ces corps froids laissés seuls dans les églises et autres basiliques lorsqu'à la nuit tombée les lourdes portes de bois se referment, et les épaisses clés de fer tournent dans les serrures. Là, ils se retrouvent seuls, figés dans le marbre et la pierre, incapables du moindre mouvement, du moindre geste, dans l'attente du lendemain, lorsque des regards pieux ou touristes se porteront à nouveau sur eux.
Dans ces lieux où vivent les présences, il y a souvent des squelettes à l'abandon, frêles silhouettes ajourées qui n'existent encore que par miracle, et qui tomberont bientôt en poussière, ne laissant qu'une simple trace grise sur le sol.
Que reste-t-il après ? Une fois que quelque chose a eu lieu... Des bouts, des parcelles, rien de bien efficace, rien d'utilisable. On tourne autour, autour des morceaux, des traces, des ruines.
Décrire des petits tours autour des tas de pierre. Des circonvolutions maniaques.
Puisque nous n'entrerons pas dans le champ de ruines plein de ronces, nous roderons alentour.
S'asseoir au bord et guetter, les jambes balançant dans le vide. Faire le guet. Peut-être une apparition... Parmi les herbes folles, toute une peuplade d'anarchie sous les pieds.
Ecrire sur le cratère des souvenirs et des ruines. Depuis le souvenir de l'enfance. Le souvenir de l'enfant qui parle. Souvenir d'enfance. Parler pour l'enfant qui était. Par-delà l'enfant se réinventant à travers les lèvres d'un vieillard.
Mais, à quel instant un souvenir devient-il un souvenir ?
Se souvenir.
Je ne me rappellerai pas.
Ils ne se rappelleront de rien.

Léa Bismuth, mai 2014

Avec le soutien de la ville de Paris / Aide à la création
Avec le soutien d'Art Composit
Remerciements à : Arnaud Aimé, Emilie Bouvard, Julie Plumelle, Starcranks, Anne-Laure Andreutti, Arts Factory, Ingrid Weill, Michael Capron, Céline Violet.

Vernissage de Sandra Aubry et Sébastien Bourg "A bitter sweet legacy"

Pense-Bêtes/ Reminder. Collection 1
Collection présentée à la galerie de Roussan, dans le cadre de l'exposition personnelle A bitter sweet legacy, de Sandra Aubry et Sébastien Bourg
Une centaine d'artistes invités à investir les cases d'une casse typographique avec une petite oeuvre sur le thème du pense-bête.
http://pensebetecollections.tumblr.com

Pense-bête. Collections est une série de collections d'oeuvres et de textes sur le thème du pense-bête, en prenant comme espace d'exposition/conservation des casses d'imprimerie.
Les invités témoignent de leur rapport à la mémoire, en produisant un objet ou un signe qui incarne leur stratégie pour mettre l'oubli en échec. Un pense-bête (« toute chose destinée à se rappeler ce qu'on a l'intention de faire»/ Larousse) incarne dans le présent le signe d'un fait futur qui risque de ne pas advenir s'il tombe dans l'oubli avant. Il concilie le souci intellectuel et la réflexion de l'archivage avec le geste simple (idiot ? animal ?) et son expressivité instinctive.
Cette exposition « en tiroir » s'inscrit dans la logique du musée transportable. Objet à posséder et espace à investir, cette collection mobile emprunte la forme de l'archivage et se situe quelque part entre une hiérarchie muséale et une accumulation formelle hasardeuse.
Chaque collection sera suivie d'une édition.
Pour cette première collection, des artistes ont été invités à investir les 130 cases d'un casier avec des petites pièces de quelques centimètres. Les propositions des artistes sont variées : véritable pense-bête fonctionnel, réponse tautologique et conceptuelle liée directement au casier, confidence personnelle et récit intime, proposition incarnant la question de la mémoire dans leur processus créatif, ...
Sandra Aubry & Sébastien Bourg

Liste des artistes participants :
Arnaud Aimé, Markus Akesson, Estèla Alliaud, patrickandrédepuis1966, Joël Andrianomearisoa, Guillaume Aubry, Gilles Balmet, Cécile Beau, Emilie Besnoit, Mélanie Berger, Romain Bernini, Mireille Blanc, Matthieu Blanchard, Maxime Bondu, Filomena Borecka, Sébastien Bourg & Sandra Aubry, Alice-Anne Brassac & Gabriel Jones, Emilie Brout & Maxime Marion, Laure Carnet, Laurence Cathala, Claude Cattelain, Charlotte Charbonnel, Patrick Chénais, Coraline de Chiara, Grégory Cumins, Gael Davrinche, Laurence De Leersnyder, Alain Declercq, Caroline Delieutraz, Jean-François Demeure, Raphaël Denis, Gabriel Desplanque, Luc Doerflinger, Mathieu Dufois, Chloé Dugit-Gros, Vanessa Fanuele, Laurent Fiévet, Raffaella Cutuli Fiévet, Jérémy Flandin, Nikolas Fouré, Etienne de France, Sarah Garbarg, Nicolas Giraud, Nils Guadagnin, François Génot, Agnès Geoffray, Paolo Giardi, Christian Globensky, Sophie Gaucher, Michel Gouéry, Laura Gozlan, Marie-Laure Gucciardi, Milène Guermont, Ann Guillaume, Laura Henno, Lily Hibberd, Marie-Jeanne Hoffner, Colette Hyvrard, Sarah Jérôme, Thomas Klimowski, Carine Klonowski, Petra Kohle & Nicolas Vermot Petit-Outhenin, Stéphanie Lagarde, Jean-Jacques Lebel, Angélique Lecaille, Sandra Lorenzi, Frédérique Lucien, Vincent Mauger, François Mazabraud, Antoine Miserey, Juliette Mogenet, Sébastien Montéro, Simon Nicaise, Eva Nielsen, Bettie Nin, Célia Nkala, Aurore Pallet, Stéfane Perraud, Françoise Pétrovitch, Delphine Renault, Simon Rulquin, Benjamin Sabatier, Lionel Sabatté, Magali Sanheira, Roland Schar, Olivier Sévère, Keen Soulhal, Jeanne Susplugas, Claire Tabouret, Cedric Taling, Eva Taulois, Agnès Thurnauer & Michèle Cohen-Halimi, Virginie Trastour, Thomas Tronel-Gauthier, Claire Trotignon, Morgane Tschiember, Céline Tuloup, Jeanne Tzaut, Pauline Vachon, Miguel Angel Valdivia, Zoé Williams, Marine Wallon, Aline Zalko

Vernissage de Sandra Aubry et Sébastien Bourg "A bitter sweet legacy"
Echec, 2014, 15 x 16 x 17 cm, medium, arbre synthétique, métal
Location:
De Roussan Art Projects (Click here to get informations about De Roussan Art Projects)
Galerie de Roussan
47, rue Chapon
75003 Paris
M° Arts et Métiers, Rambuteau, Etienne Marcel
France
Mail : contact@deroussan-artprojects.com
Internet Site : www.galeriederoussan.com

Open the map in a new tab
Date: Thursday, June 5, 2014
Time: 18:00-21:00 CEST
Duration: 3 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Sandra Aubry, Sébastien Bourg
Number of times displayed: 1943

 



Investigations et photos
Abecedaire Parisien - Agenda - A propos - Contact

Agence Germain Pire tm - Investigation - Photo Hype - Renseignement de la nuit - © 2005-2018 - Tous droits réservés