Remise du Prix littéraire Comte de Monte-Cristo 2014

Tuesday, June 3, 2014 19:30-23:00 CEST




Description:
Mardi soir, dans l'enceinte de l'institut des Lettres et des Manuscrits, le jury présidé par Gérard Lhéritier a remis quatre prix pour des livres témoignant d'une injustice. Une soirée émouvante.

Mardi 3 juin, 20h, Institut des Lettres et des Manuscrits, c'est le jour de remise du prix Comte de Monte-Cristo. Depuis 2005, cette distinction récompense les livres qui témoignent d'une erreur judiciaire, d'une injustice et plus largement d'un combat pour la vérité. Dans l'une des somptueuses salles de l'institut, le jury, presque au grand complet, est présent. Quatre femmes, sept hommes, journalistes, avocats ou écrivains dont la tâche été, cette année, difficile, car selon Dominique Rizet «c'est la première fois qu'[ils ont] eu autant de livres émouvants et concernants.»

Patrice Zehr, ancien rédacteur en chef de RMC inaugure la cérémonie, avant de céder sa place à Gérard Lhéritier le président du jury et fondateur de l'Institut des Lettres et des Manuscrits. Lhéritier cite Camus. Son discours est bref mais sincère, il égrène les sept livres nommés, les sept histoires, les sept destins que la justice a piétinés. Le président a «le sentiment que l'action de Monte-Cristo est utile, et que si ce prix ne peut donner aucune leçon, la justice accepte petit à petit de se remettre en cause». Lui-même a été victime de «l'acharnement d'un magistrat et d'un flic ripoux», en 1996.

Le sourire ne quitte pas le visage de Karine Duchochois, journaliste pour France info - et elle-même victime d'une erreur judiciaire dans l'affaire d'Outreau -, qui remet les prix aux lauréats. Le premier livre a être récompensé est celui de Régine Salvat, Une histoire à tenir debout, publié en 2011. Le coup de cœur de notre consœur Valérie Sasportas, membre du jury, qui déclare: «Il s'agit d'un vrai livre littéraire». Biologiste, Régine raconte le combat de son fils, Rémy, atteint d'une maladie mitochondriale, dont le hasard a voulu que cette affection rare soit l'objet d'étude de sa mère.

À l'été 2008, conscient que sa maladie sera toujours plus forte que lui, Rémy Salvat adresse une lettre au président Nicolas Sarkozy, lui demandant sa «grâce». Quelques jours après la réponse maladroite du Président, le jeune homme se suicide, à l'aube de ses 24 ans. Depuis, le débat sur l'euthanasie avance, lentement. Le dossier «fin de vie» est pourtant l'une des promesses de campagne du président François Hollande.

Émue, Régine Salvat s'avance pour recevoir son prix. Elle exprime sa gratitude envers les membres du jury mais, sous le coup de l'émotion, en oublie le discours qu'elle avait écrit. Plus tard, autour d'un verre de jus de fruit, Régine explique: «Ce prix honore mon fils et distingue les combats que Rémy a menés. Il m'avait demandé de témoigner, j'ai mis des années à tenir cette promesse, mais maintenant c'est fait.» Régine Salvat espère qu'une loi sur l'euthanasie verra bientôt le jour, mais elle «n'y croit plus vraiment». Ce prix spécial du jury est néanmoins la preuve que «son sacré loustic n'est pas mort pour rien».

Le deuxième prix spécial est remis à Meriem Ben Mohamed (pseudonyme) pour son livre Coupable d'avoir été violée. Très touchée, la jeune femme exprime quelques remerciements mais s'enfuit aussi vite qu'elle est venue. En aparté, timide, elle confesse: «Je suis très émue, c'est bien que les autres aient ressenti ma douleur et mon injustice». Un soir de septembre 2012, cette jeune tunisienne est violée par deux policiers et son compagnon est passé à tabac. Elle porte plainte aussitôt, mais l'affaire se retourne contre elle, les policiers portent plainte et la victime devient coupable.

Viens le tour du 1er prix, remis ex æquo à Marc Machin pour Seul contre tous! et Loïc Sécher et Éric Dupond-Moretti pour Le Calvaire et le Pardon. Marc et Loïc ont eu le même combat. Ils ont dû prouver leur innocence alors que la justice les avait désignés coupables. Ils sont émus et la colère pointe encore dans leur voix. «J'ai souffert. 2555 jours de prison. Mais aujourd'hui je pense à mon frère, Nelson Mandela, décédé l'an dernier, qui lui a fait 27 ans de prison. Paix à son âme» déclare Loïc. Me Dupond-Moretti, son avocat, tout en retenue confesse «ce n'est que justice, elle arrive tardivement, mais ce n'est que justice» et avoue que cette affaire est «l'une de ses plus belles». Marc, quant à lui, n'a jamais obtenu d'excuses publiques de la part de l'État et, aujourd'hui résigné, il avoue «Maintenant, je n'attends plus rien, je vis».
Location:
Institut des lettres et manuscrits (Click here to get informations about Institut des lettres et manuscrits)
Hôtel de la Salle
2, rue Gaston-Gallimard
21, rue de l’Université
75007 Paris
M° Rue du Bac
France

Open the map in a new tab
Date: Tuesday, June 3, 2014
Time: 19:30-23:00 CEST
Duration: 3 hours 30 minutes
Category: Literature*
Keywords / Tags: Prix littéraire Comte de Monte-Cristo
Number of times displayed: 747

 



Investigations et photos
Abecedaire Parisien - Agenda - A propos - Contact

Agence Germain Pire tm - Investigation - Photo Hype - Renseignement de la nuit - © 2005-2021 - Tous droits réservés

WebAnalytics