Vernissage de l'exposition collective "La matière des mots"

Thursday, June 5, 2014 18:00-21:00 CEST




Description:
Marco Godinho, Adrian Mc Grath, Antoinette Ohannessian, Triny Prada, Meriç Algün Ringborg, Charles Sandison, Mafalda Santos, Adam Vackar

5 juin - 31 juillet
Vernissage le 5 juin de 18h à 21h

Les philosophes grecs nommaient « matière » les substances susceptibles de subir des modifications, par l'intervention de la nature, de l'art ou d'autres causes. « Dans ce sens, non-seulement ils appelaient l'airain la matière d'une statue, ou les planches la matière d'un vaisseau ; mais les lettres et les syllabes étaient appelées la matière des mots ; les mots, ou termes simples, la matière des propositions, et les propositions elles-mêmes la matière des syllogismes »1.

« γράφειν » en grec, communément traduit par le verbe « écrire », signifie plus précisément « écorcher », « égratigner », « tracer des signes »,
« graver ». La sémantique est identique dans l'étymologie latine. L'essence du mot « écrire » reflète un acte concret qui révèle une interaction avec la matière. Ainsi, la matérialité de l'écriture est intrinsèquement liée à l'action d'écrire.
La matérialité ici renvoie au matériau utilisé par l'artiste, qui conditionne l'acte d'écrire.

L'écriture implique une action, une posture, un geste et un matériau. La matérialité est partie prenante du processus de l'écriture et peut être comprise comme la somme des éléments qui composent le contexte matériel.

La matière des mots présente une sélection d'artistes qui, tout en ayant choisi le médium de l'écriture, ont apporté une attention toute particulière à la force expressive du mot dans son rapport à la matérialité.

« L'écriture est un effort physique »2 né du frottement avec la matière, ce qui n'est plus le cas avec l'écriture sur ordinateur. Adam Vackar a poussé cette réflexion à son paroxysme en entrant des mots de l'ouvrage Le Capital de Karl Marx dans un générateur de poèmes, donnant ainsi naissance à des poèmes néo-dada.
Charles Sandison utilise également des outils informatiques afin d'établir un nouveau vocabulaire, issu d'algorithmes et du langage de programmation. «L'espace physique et les vides entre les mots tiennent lieu de pronoms et de verbes. J'utilise cette articulation entre la signification, les mots et entre les espaces comme un moyen d'échapper au pouvoir autoritaire du langage.»
Marco Godinho choisit de présenter une écriture en mouvement, qui accompagne le visiteur au gré de ses mouvements, par le procédé de l'impression lenticulaire. L'artiste présente quatre corpus de douze phrases relatifs aux interactions des différentes temporalités.
Triny Prada écrit avec la technique du dessin filaire, qui évoque ses souvenirs des tapisseries « mola », entièrement cousues avec du fil.
Mafalda Santos, quant à elle, utilise le tampon, dont les altérations sur le texte participent à la construction d'une narration sur le temps, la perception et la cognition.
La matérialité de l'écriture se traduit, dans l'œuvre d'Antoinette Ohannessian, par l'empreinte d'une matière sur une autre, en l'occurrence du beurre sur du bois, qui laisse apparaître une citation extraite de son quotidien. L'analyse de l'ordinaire inscrit l'artiste dans une démarche phénoménologique.
L'œuvre sonore proposée par Meriç Algün Ringborg interroge l'acte d'écrire et se présente comme une introspection créative de l'auteur. L'écrivain parle de la difficulté d'écrire, des étapes de la rédaction, de la structure des phrases, des règles imposées ou encore du rôle du narrateur. « Je jouais avec l'idée d'écrire un livre. Une œuvre de fiction. Je ne savais pas ce que je faisais. Et je dois dire. La première phrase est extrêmement dure à composer. » La dématérialisation du mot à travers le procédé de lecture orale fait face au résultat concret de la production du livre.
Adrian Mc Grath, quant à lui, revisite la matérialité de l'écriture dans son rapport au papier. L'artiste compose sa feuille, la structure, en traçant les lignes et les marges, puis vient apposer son texte. Celui-ci évoque les relations entre deux êtres et la perception de ce lien en fonction des paradigmes de chacun.

La matière des mots, ou plus largement la matérialité de l'écriture, influence la perception du texte autant qu'elle impacte les modes d'expression de l'artiste.

1 HARRIS, James, Hermès, ou recherches philosophiques sur la grammaire universelle, 1795. Version annotée par François Thurot.
2 BECKER, Howard S., Ecrire les sciences sociales, 1986.

Vernissage "La matière des mots"
Location:
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Date: Thursday, June 5, 2014
Time: 18:00-21:00 CEST
Duration: 3 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Marco Godinho, Adrian Mc Grath, Antoinette Ohannessian, Triny Prada, Meriç Algün Ringborg, Charles Sandison, Mafalda Santos, Adam Vackar
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