Vernissage de Colin Snapp "IRND"

Thursday, June 26, 2014 18:30-21:00 CEST




Description:
27 juin - 26 juillet, 2014
Vernissage jeudi 26 juin 2014 18h30 - 21h

Rencontre avec Colin Snapp à la galerie samedi 28 juin 2014 à 17h dans le cadre d'une conversation avec Joseph Allen Shea

√Ä travers son exposition IRND, Colin Snapp nous propose diverses rencontres avec les m√©canismes de la perception moderne. Lorsqu'on aborde l'Ňďuvre sous l'angle de l'int√©r√™t ind√©fectible de l'artiste pour la capture d'images, deux th√®mes apparaissent imm√©diatement, la nature et la technologie. L'importance de la mani√®re dont la seconde affecte la premi√®re se manifeste lorsqu'on prend en compte l'int√©r√™t de Snapp pour la m√©diation de l'exp√©rience. Nous assistons √† un effondrement du processus pictural au profit d'un inventaire fractionn√© visant √† susciter la perception d'une image. Ce qui est d√©peint, c'est l'exploration par l'artiste de la distanciation r√©tinienne par rapport √† l'exp√©rience, con√ßue non comme un obstacle mais comme une voie d'exploration et un mode de composition. IRND nous confronte √† la question toujours plus pertinente de l'intervention dans la vision moderne.

Si nous devions d√©finir le Land Art comme l'√©mergence d'un lien inextricable entre le paysage et l'art, o√Ļ ce dernier est cr√©√© dans et par la nature, alors le travail de Colin Snapp peut √©galement √™tre consid√©r√© comme du Land Art. L√† o√Ļ il ne rel√®ve plus de cette approche, c'est dans la mesure o√Ļ l'Ňďuvre ne demeure pas dans la nature. Il observe l'√©volution rapide de notre "relation sociale √† la terre"(1) sans intervention directe de sa part. Son souci de documentation se r√©v√®le lorsqu'il d√©clare : "Je me consid√®re comme un Land artist mais actuellement, j'ai l'impression que je peux √™tre plus efficace en t√©moignant de certains signes ou ph√©nom√®nes plut√īt qu'en les cr√©ant"(2). Il parle de "recadrer la nature"(3) et c'est √† travers un processus de montage que les id√©es de Snapp se r√©v√®lent √† nous.

Abstraire des √©l√©ments de l'exp√©rience est une approche r√©currente d√©j√† adopt√©e dans ses Ňďuvres pr√©c√©dentes, Glass Studies et Leica Toll de 2012 ainsi que dans National Charter de 2013. Cette abstraction prend forme dans TC Studies, sa s√©rie en cours d'√©ditions uniques de photographies grand format. Attrayantes et po√©tiques, ces Ňďuvres proposent une version fictionnelle de la vision d'un touriste filmant en vid√©o la nature sauvage. Ayant pour titres les donn√©es temporelles incrust√©es dans l'image, les TC Studies sont des photographies d'√©crans rabattables de cam√©ras vid√©o d'inclinaisons variables. Celles-ci saisissent un instant sp√©cifique inscrit dans le temps, dont la nature √©ph√©m√®re se trouve ainsi gel√©e, enregistr√©e et distanci√©e. La r√©duction ainsi op√©r√©e des multiples facettes du milieu naturel √† une surface plane visible sur un √©cran y superpose un second point de vue. En d√©peignant des niveaux de vision multiples, √† plusieurs degr√©s d'√©loignement de la source d'origine, Snapp fait ressortir notre mode de vie moderne, notre culture des √©crans et de l'auto-m√©diation - notre distanciation par rapport √† l'exp√©rience directe. L'image d'un petit √©cran plat se mue en une macro-texture de verre pixellis√© mesurant 1m80; si le temps de la nature est filtr√© par la technologie, c'est √† Snapp qu'√©choit le pouvoir de lui redonner un √©tat sculptural et organique suscitant un renversement d√©stabilisant.

La série IRND de 2014 formalise clairement les objets qui contribuent à notre distanciation. Nous voyons concrètement les objectifs infrarouge à densité neutre utilisés pour tourner les films, et employés en l'occurrence par l'artiste dans le cadre de son travail vidéo, maintenant encadrés, montés sous verre tels des objets vénérés. Ces lentilles sont utilisées lors du tournage pour filtrer la lumière avant qu'elle ne frappe l'iris de la caméra. En présentant deux vitres entre lesquelles flotte un gel coloré, Snapp nous parle de la distorsion de la vision opérée par la paroi de verre. "L'individu moyen passe chaque jour un temps considérable à regarder à travers des écrans ou des filtres ; qu'il s'agisse d'un pare-brise, d'un écran d'ordinateur ou de lunettes de soleil, tous impactent notre manière de percevoir."4 Les lentilles IRND [= infra-rouge à densité neutre] se sont fendues ou brisées à l'usage, ce qui témoigne de leur contribution à notre désengagement du monde réel.

Tout comme la s√©rie IRND, Deluxe Automatic (2013), pr√©sent√© dans la galerie sur un empilement de moniteurs, propose une m√©ditation sur les outils utilis√©s pour r√©aliser des films. Comme f√©tichis√©e, cette unique lampe de studio √† l'usure authentique se balance d'avant en arri√®re devant le regardeur, se d√©tachant sur un fond monochrome d'une simplicit√© attrayante. Cette pulsation lente et dramatique, quasi-sexualis√©e, ne r√©v√®le rien d'autre que les processus mis en Ňďuvre. Induisant un √©tat hypnotique, l'installation nous fascine, faisant √©cho aux d√©sirs de l'artiste. Etude pleinement aboutie, Deluxe Automatic documente le nonchalant av√®nement √† l'√©tat de sculpture de cet outil de production d'images.

La vidéo Panorama, de 2012 (projetée à intervalles réguliers durant l'exposition) aborde très clairement le thème d'une expérience déconnectée de la nature. Cette vidéo monocanal de 37 minutes observe des touristes investissant et parcourant la nature sauvage bien reconnaissable des parcs nationaux du nord-ouest des Etats-Unis. Des autocars entiers d'amoureux présumés - quoiqu'apparemment très passifs - de la nature se confrontent à des paysages impressionnants en se cantonnant aux chemins et aux points d'observation aménagés. Ces itinéraires tracés visent déjà à empêcher toute immersion des touristes dans la nature, mais ceux-ci, automatiquement et comme obéissant à une consigne tacite, ajoutent une barrière supplémentaire en interposant un écran entre eux et l'objet de leur attention. Ce faisant, ils réduisent, sans même en prendre conscience, un point de vue à 360 degrés aux dix centimètres de largeur d'un écran à cristaux liquides. C'est certes le cas d'une grande part de nos existences modernes, mais c'est dans le milieu naturel que Snapp exacerbe ce phénomène. Manifestement étrangère au paysage, la technologie y révèle l'étendue de son pouvoir.

Nous détournant de l'expérience directe du réel, l'approche documentaire s'est imposée à proportion de notre recours toujours croissant à la technologie comme mode de connaissance du monde qui nous entoure. Il peut sembler évident que nous détacher du présent ne saurait nous être que préjudiciable, et pourtant ce sont les outils mêmes que nous utilisons pour nous connecter qui ont l'effet inverse de nous séparer de ce que nous tentons de comprendre.

1-3. Propos tenus par l'artiste lors d'une conversation téléphonique et dans un courrier électronique.
4. Entretien avec Colin Snapp du 16 octobre 2013 publié etudes-studio.com/

Vernissage de Colin Snapp "IRND"
Colin Snapp
Study #5, 2014
35mm photographie et lens lentille
Location:
Galerie Allen (Click here to get informations about Galerie Allen)
59, rue de Dunkerque
75009 Paris
M° Barb√®s - Rochechouart, Gare du Nord, Poissonni√®re
France
Phone : +33 (0)1 45 26 92 33
Mail : galerieallen@galerieallen.com
Instagram account : galerieallen
Internet Site : www.galerieallen.com

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Date: Thursday, June 26, 2014
Time: 18:30-21:00 CEST
Duration: 2 hours 30 minutes
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Colin Snapp
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