Vernissage de Jagna Ciuchta "SPIN-OFF"

Saturday, September 20, 2014 18:00-21:00 CEST




Description:
SPIN-OFF
Une exposition de Jagna Ciuchta

VERNISSAGE : samedi 20 septembre 2014, à partir de 18h
Ouvert mercredi 24 - samedi 27 septembre 2014 et dimanche-mardi sur rdv

D'AUTRES FONDS

Impertinent, le protocole : demander à son tour à d'autres artistes d'exposer successivement, à sa place, pour une courte durée, dans l'espace mis à sa disposition. La proposition de Jagna Ciuchta aux cimaises-ouvertes-en-aout : d'autres plutôt et plus nombreux qu'une seule.
Une cascade d'artistes en l'espace, sans autre contrainte que laisser la place au prochain prochain.
Plusieurs donc, auxquels l'artiste invitée d'origine et hôtesse du partage en les lieux, spécifiait que leur travail se prêterait aussi à la production du sien ; sans savoir encore exactement comment, seulement quand. C'est à dire à la fin qu'on ne connaît pas, contrairement à l'habitude en l'espèce du projet artistique.

Jagna Ciuchta organisait alors les vernissages des autres, la documentation photographique de leurs pièces exposées et la communication d'un projet de résidence de deux mois, à la fois commun, personnel et rien de tout cela, sous un intitulé générique : «Spin-off ».
À cet intitulé était accolé le titre de la proposition/exposition de chacun des artistes ou groupes d'artistes invités, avec sur le carton en ligne, deux images superposées : l'une choisie par Jagna Ciuchta, l'autre par l'exposant. Un format rectangle - un format rond.
Qui dessinent un trou dans l'image de l'un ou une tache sur l'image de l'autre.
Ou bien un manque dans l'image des deux.
Une image autour ou une image dedans. Une assiette devant l'écran.
Tout ça dans l'ambiguïté sélective du calque Photoshop.

« Spin-off » désignerait ici une série télévisée dite « dérivée », c'est à dire qui emploie un même personnage dans des contextes différents, une série parallèle, dans le temps ou l'espace.
Ici, un même artiste dans des artistes différents peut-être, ou le contraire.
Ici un artiste, optimal et plusieurs.
Autour de cette ambiguïté se déploierait en ingénieuse corolle une critique de la tyrannie de l'industrie culturelle, comme de l'image à projeter de soi, ainsi qu'un désir d'autorité (authorship), autrement manifesté.

Ça, grossièrement, c'est pour le symptôme qui pourra occuper les tenants d'une sociologie réputationnelle promise au riche avenir de percées ontologiques ; quand l'avenir est à l'aura qui a eu de l'avenir.
On peut tout aussi bien parler d'autre chose, par crainte d'employer le même langage dont on sentira ici, qu'il pend à la narine du cerveau francophone.

Chacune des propositions qui se sont succédé dans l'espace pendant ces deux mois peut être doublement lue : à la lumière de l'invitation faite et au regard du travail personnel de l'invité, sous l'éclairage au néon, puis documentée en ligne, plus tard. Ce qui fait plutôt quadruplement lues ; on lit beaucoup.
Se sont ainsi succédé les propositions de Colombe Marcasiano (qui invite à son tour Nicolas Lafont), France Valliccioni, David Ancelin, Giuliana Zefferi (qui invite Sylvain Azam et Antonia Carrara à se joindre à elle), Marlena Kudlicka et enfin Jagna Ciuchta.

Un long parcours : soixante jours semblables à deux mois, durant lesquels Jagna Ciuchta aura travaillé comme un peintre extrême-oriental du 18ème siècle ; comme lui voyageant, rêvant et s'humidifiant des beautés du monde vécu.
Car toutes ces propositions, elle les aura éprouvées dans leurs étapes, construisant en pensée la sienne : un dernier épisode présenté aujourd'hui.
Un environnement-composition qui condense peinture, photographie, sculpture, installation, film et flambée de pop-up. Le tour de force d'une proposition réalisée en deux dimensions en photographie et peinture et dont la forme finale était suspendue à la fin de l'avant-dernier épisode et dernière invitation.
Un travail disposant donc, ce qui est contraire au principe même de la résidence de deux mois, d'un délai de réalisation réduit à quelques jours.
Lieux, objets, paysages, peinture de paysages, pièces de musées vides de pièces de musées, salles d'expositions vidées des exposés, architectures, détails, aperçus de deux années de travail. Aplaties les formes sur et sous la peinture. La troisième dimension des objets précédemment là, ici contrainte au minimum qu'est la couche. Fine couche, sous une bûche allongée par exemple, ou bien sur un ciel et des planchers lointains. Sous une lune, des liens.
Un travail de peinture, comme en retrait, empêché, nuageux, fuchsia et noir.
Une vue, une vision d'ensemble. Un raccourci, des souvenirs, d'autres fonds.
Des temps différents, des époques différentes, des photos de vacances, un bar à pute, des ligatures, une peinture de paysage, des travaux précédents, un plongeon.
Ici et là, des fragments d'objets appartenant aux expositions successives des épisodes précédents. Nulle vue générale. À l'espace de Glassbox, Jagna Ciuchta substitue d'autres lieux et importe ses invités sur fond de MAM Paris, de Wiels Bruxelles, Artists Space New York, à tenir sur la vacance en photo. Des palais abandonnés, écrans encollés en lieux et fonds d'accueil.
Le portrait de l'artiste en paysage composé d'autres, se reflétant sur deux jambes, selfie discret en résidence, dans la montagne, rue Moret, à Paris, sous l'œil aveugle d'un canard.

Jagna Ciuchta aura travaillé comme le peintre chinois ou japonais du conte :

choisi par l'empereur, un peintre doit réaliser le portrait de l'impératrice en deux mois.
Arrivé pour prendre la commande, aussitôt reparti là où bon lui semble.
La date du rendu approchant, voici le peintre contraint à rendre un portrait aux soldats de l'empereur.
Ce n'est qu'en l'ultime jour pourtant qu'il sort de sa manche une délicate petite framboise récoltée au cours d'une promenade. Il la frotte au support papier blanc au fort grammage d'époque ; fait de même avec un petit morceau de bois charbonneux et d'autres matériaux attentivement choisis au bord de l'autoroute.
Puis, en quelques traits bien sentis, le voilà qui esquisse le visage de l'impératrice, vivant de réalisme à la bouche en framboise.
Définitif. Et l'empereur de s'esbaudir.

La framboise, c'est les artistes ?

F.V.
Location:
Glassbox (Click here to get informations about Glassbox)
4, rue Moret
75011 Paris
M° Ménilmontant,Parmentier, Rue Saint-Maur
France
Mobile : +33 (0)6 77 80 77 57
Mail : glassbox.smart@gmail.com
Twitter account : GLASSBOXARS
Instagram account : glassbox_paris
Internet Site : www.glassbox.fr

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Date: Saturday, September 20, 2014
Time: 18:00-21:00 CEST
Duration: 3 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Jagna Ciuchta
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