Vernissage de l'exposition collective "Rien d'autre en face que le pur espace"

Saturday, April 11, 2015 16:00-21:00 CEST




Description:
Sur une proposition de LĂ©a Bismuth

Avec Mathieu Bonardet, Bertrand Rigaux et Wilson Trouvé

11 avril - 16 mai 2015
Vernissage le samedi 11 avril, 16h - 21h

Chemins qui ne mĂšnent nulle part
entre deux prés
chemins que l'on dirait avec art
de leur but détournés,

chemins qui souvent n'ont
devant eux rien d'autre en face
que le pur espace
et la saison.

Rainer Maria Rilke

A la toute fin de sa vie, Rilke semble avoir trouvĂ© l'apaisement en Suisse, oĂč il achĂšvera ses fameuses ElĂ©gies de Duino et Ă©crira notamment, en français, Les Quatrains Valaisans, dont ces lignes sont tirĂ©es. Ces quelques vers fragiles, vacillants et lĂ©gers, Ă©crits au dĂ©tour d'un sentier, rassemblent trois jeunes artistes dont la prĂ©occupation est justement, comme le poĂšte, celle d'une ligne qui se cherche dans le paysage, ou le blanc de la page.

Mathieu Bonardet a décidé, dans les grands espaces américains, d'aller jusqu'au bout de la ligne : à la recherche de la Spiral Jetty de Robert Smithson, perdu sur les routes américaines, il finira par trouver refuge dans un ranch du Colorado et s'installera dans une grande étendue pour y dérouler une ligne dans l'espace, et, littéralement, déplier la spirale de Smithson. La ligne, mince sillon tremblant tracé à la main, serpente sur une terre s'ouvrant sur le bleu du ciel. Non loin de là, la piÚce sculpturale Faille s'ouvre quant à elle sur le sol, faille sismique ou tellurique, craquelure d'un sol trop chauffé par le soleil, ligne de séparation ou de scission.

Mais, la ligne a aussi beaucoup Ă  faire avec la rencontre. Ne parle-t-on pas de la « croisĂ©e des chemins » ? C'est le cas dans l'Ɠuvre de Bertrand Rigaux : TERRE À TERRE À TERRE, diagramme mathĂ©matique permettant de rĂ©pertorier les formes de petits galets noirs et polis, que l'on voudrait caresser du bout du doigt. Le galet est au coeur des choses, des raisonnements, des formules. Tout aussi poĂ©tique et mathĂ©matique, Les Axiomes se dĂ©ploient sur le mur blanc de la galerie, Ă  l'aide d'un fil et de deux pendules en obsidienne noire : l'artiste nous dit bien qu'un « axiome dĂ©signe une proposition indĂ©montrable qui doit ĂȘtre admise ». Nous serions donc ici face Ă  une Ă©nigme de sens, dans la mesure oĂč l'Ɠuvre atteste de la rencontre de deux pendules qui, habituellement, servent Ă  mesurer ou Ă  dĂ©tecter un Ă©lĂ©ment, mais qui ici « se dĂ©signant l'un l'autre, sont comme neutralisĂ©s, dans une sorte de schĂ©ma qui se boucle sur lui-mĂȘme », explique Bertrand Rigaux. Nous pouvons peut-ĂȘtre trouver un indice textuel dans une autre Ɠuvre : « une seule corde dont les deux cordes se joignent », tel serait le mystĂšre d'une pensĂ©e en mouvement entre Ă©criture poĂ©tique et formule scientifique.

Wilson TrouvĂ© travaille lui aussi Ă  « tendre les lignes de force / jusqu'au point de rupture ». Avec la piĂšce Black Canvas, qu'il rĂ©active in situ, il tend ainsi des cĂąbles en acier le long du mur, en un Ă©tagement rĂ©gulier et horizontal comme une partition. Il procĂšde ensuite par recouvrement, dĂ©posant sur les cĂąbles des filaments de colle thermofusible noire qui semblent ĂȘtre figĂ©s dans leur Ă©coulement. Le dĂ©sĂ©quilibre apparaĂźt frontalement entre la rigiditĂ© de la ligne arrĂȘtĂ©e sur le mur blanc et les coulures noires, beaucoup plus organiques et picturales. La ligne est ici contrainte et territoire d'action potentiel. Tout comme l'architecture du lieu, les angles deviennent de possibles lieux d'interventions : « avec le minimum de signes / tailler les murs / avec le minimum de geste / diluer les contours / e?paissir le regard », Ă©crit-il.

Rien d'autre en face que le pur espace : cette phrase rĂ©sonne dans la rencontre de trois artistes qui ont en partage une ligne investie d'un sens du risque, de la fĂȘlure mĂȘme lorsqu'elle endosse l'apparence rectiligne, de la tangente mĂȘme lorsqu'elle semble tenir sa route, de la souplesse du serpent mĂȘme lorsqu'elle est tendue comme une corde. Reste l'horizon, ouvert sur l'illimitĂ©, ou au contraire point de jointure ou de suture.

LĂ©a Bismuth

Critique d'art et commissaire d'exposition indépendante, Léa Bismuth vit et travaille à Paris.
Expositions à venir en tant que commissaire : Documents 1929-2015, URDLA, Lyon (septembre 2015) ; Les Fragments de l'amour, CAC La Traverse, Alfortville (décembre 2015).
Location:
Galerie Isabelle Gounod (Click here to get informations about Galerie Isabelle Gounod)
13, rue Chapon
75003 Paris
M° Arts et MĂ©tiers, Rambuteau
France
Phone : +33 (0)1 48 04 04 80
Fax : +33 (0)1 48 04 04 80
Mail : info@galerie-gounod.fr
Twitter account : GIsabelleGounod
Instagram account : galerieisabellegounod
Internet Site : www.galerie-gounod.com

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Date: Saturday, April 11, 2015
Time: 16:00-21:00 CEST
Duration: 5 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Léa Bismuth, Mathieu Bonardet, Bertrand Rigaux, Wilson Trouvé
Number of times displayed: 695

 



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