Ouverture de la rétrospective Annett Wolf

Wednesday, January 13, 2016 20:00 CET




Description:
20h00 - 21h45 (104 min)
Ouverture de la rétrospective, séance présentée par Annett Wolf

Jerry Lewis
Annett Wolf
Danemark / 1972 / 42 min / Numérique / VOSTF
Sur le plateau de son film maudit et jamais sorti en salles, The Day the clown Cried, Jerry Lewis donne sa vision de la comédie, du drame, de la mise en scène, et montre à un acteur comment mourir au ralenti.

Le Monde de Jacques Brel
Annett Wolf
Danemark / 1972 / 50 min / Numérique
Brel dévoile sa conception de l'existence, de la chanson, de la poésie, de l'homme moderne. Sur les traces de ses paysages flamands, Annett Wolf construit des poèmes visuels autour de quelques unes de ses chansons-clé (Ne me quitte pas, Amsterdam, le Plat Pays).


DU 13 AU 29 JANVIER 2016

UNE CINÉASTE À LA TÉLÉVISION

Annett Wolf est une inconnue qui n'a filmé que des gens célèbres. Sa vie, peuplée de résistants, de toreros, et de pilotes de formule 1, est un roman initiatique à la limite de l'imaginaire. Si 150 films n'étaient là pour le prouver, qui croirait que cette documentariste a filmé les plus grands jazzmen, réalisé, en 1967, le premier film en couleurs de la télévision danoise avec le mime Marceau, consacré des portraits à Brel, Hitchcock, Cassavetes, Brassens, Ingmar Bergman ou Jack Lemmon, filmé, sur le tournage d'un film mythique et inédit, Jerry Lewis dans un camp de concentration, capté les dernières images d'Elvis Presley, imposé le making-of comme genre à part entière à Hollywood, enregistrant les tournages de films tels que les Dents de la mer n°2, Dracula, Missing, Star Trek, et filmant les débuts de Sylvester Stallone, Frank Langella et Eddie Murphy, ou encore les derniers feux de Fred Astaire, James Stewart, Douglas Fairbanks Jr.... pour finalement tout plaquer 10 ans plus tard, et monter avec 23 voyous de Los Angeles, Crossfire, une pièce de théâtre qui a permis une trêve de 15 ans dans la guerre des gangs, mais également porté un coup d'arrêt à sa carrière.

Intégrant les équipes de la télévision danoise en 1961, elle fait ses premières armes en filmant les jazzmen américains de passage à Copenhague (Bud Powell, Dexter Gordon, Dave Brubeck, Coleman Hawkins, Eartha Kitt...), avant de développer une écriture cinématographique qui doit autant à l'âge d'or hollywoodien qu'à ses contemporains des Nouvelles Vagues. Jeune fille, elle aimait ouvrir le capot des bolides pour en démonter les moteurs. Devenue cinéaste, elle réalise des films muets pour comprendre la technique de Chaplin et Dreyer. Ecumant les plateaux de tournage à travers l'Europe (Blake Edwards et Peter Sellers à Nice, Peter Ustinov à Genève...), elle a surtout développé un art de l'entretien où elle a su sonder, avec bienveillance, mais en profondeur, des êtres humains dissimulés sous la façade du professionnalisme. Sans ostentation, ses portraits dissimulent secrètement une forme d'autoportrait, comme en atteste la cohérence des propos exprimés dans ses films par des personnalités si différentes.
Résidant fréquemment à Paris dans les années 70, elle réalise des portraits de Brel et de Barbara, ainsi qu'un triptyque sur la chanson française pour lequel tous les grands lui ont ouvert leurs portes (Mireille, Gainsbourg, Brassens, Reggiani, Montand, Moustaki, Gréco, Francis Lai, mais aussi Michel Simon, Michel Piccoli et tant d'autres).
En 1976, avec deux VHS pour tout bagage, elle part en mission à Los Angeles et interroge les rapports de l'art et du marché dans un triptyque sur l'industrie hollywoodienne (du cinéma indépendant à la Blaxploitation), filmant au passage Cassavetes, Steven Spielberg, Norman Jewison, Robert Evans, avant de s'installer aux Etats-Unis comme productrice indépendante, développant pendant plus de dix ans un travail fructueux pour les grands studios.

En 1988, alors que la guerre des gangs fait rage à Los Angeles entre les Bloods et les Crips et occasionne chaque année des centaines de morts, elle fait équipe avec le publiciste Harry Webber, ancien attaché de presse du mythique label Motown. Portés par la candidature du révérend Jackson à l'investiture démocrate pour la Présidentielle, ils se rendent dans les cités HLM les plus dangereuses de la ville et réussissent à convaincre les Bloods de jouer leur vie sur scène. Les grands studios ont très mal pris cet acte d'engagement politique et artistique de celle qu'ils surnomment désormais « Gangsta Wolf »

A 79 ans, la témérité d'Annett Wolf reste intacte, alors qu'elle s'apprête à affronter l'image de sa propre mortalité dans long métrage qu'elle tournera sur les rives désertes de l'Arctique.

Au bon endroit, au bon moment. Une artiste historienne du temps présent, sans nostalgie. Tel pourrait être le résumé d'une vie et d'une œuvre méconnue qui, entre initiation et mémoire des évènements, éclaire d'un jour nouveau un fragment significatif de l'histoire de l'art occidental du 20è siècle.

Grâce à cette rétrospective, le nom d'Annett Wolf recevra enfin la reconnaissance qu'il mérite.

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Location:
La Cinémathèque Française (Click here to get informations about La Cinémathèque Française)
Musée du Cinéma
51, rue de Bercy
75012 Paris
M° Bercy
France
Phone : +33 (0)1 71 19 33 33
Mail : contact@cinematheque.fr
Twitter account : cinemathequefr
Instagram account : cinemathequefr
Internet Site : www.cinemathequefrancaise.com

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Date: Wednesday, January 13, 2016
Time: 20:00 CET
Category: Film*
Keywords / Tags: Annett Wolf
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