Vernissage de Mike Diana & Stu Mead "America's Most Wanted"

Tuesday, May 23, 2017 17:00-21:00 CEST




Description:
Mike Diana & Stu Mead : America's Most Wanted
vernissage le mardi 23 mai 2017 de 17h à 21h
en présence de mike & stu !
exposition du 24 mai au 17 juin 2017

Programmée du 24 mai au 17 juin 2017 par la galerie Arts Factory et les éditions DIVUS, l'exposition "America's Most Wanted" met à l'honneur Mike Diana et Stu Mead, deux artistes parmi les plus subversifs issus de l'underground américain des années 90.

[ certaines oeuvres présentées sont susceptibles
de heurter un public non averti ]


Né en 1969 à New York, Mike Diana déménage à l'âge de 10 ans à Largo, en Floride. Il y reçoit une solide éducation catholique mais, dégoûté par les sermons sur la peur de finir en enfer, il arrête d'aller à l'église vers l'âge de 16 ans. Dès 1987, il publie à l'école de courts récits distribués sous le manteau, dans lesquels il met en scène le massacre sanguinaire des professeurs de son collège. Il lance l'année suivante ses fanzines "HVUYIM", puis "Angel Fuck", avec un ami originaire de New York, vouant lui aussi une sainte haine à la Floride conservatrice. Les publications se font connaître via les réseaux alternatifs et se vendent surtout par voie postale en dehors de l'État. En 1988 il travaille comme concierge dans une école primaire et profite de la photocopieuse pour imprimer ses histoires évoquant pêle-mêle viols d'enfants, mutilations et drogue. Des originaux oubliés seront retrouvés sur place et il sera sans surprise renvoyé.

En 1991, Mike Diana est soupçonné dans l'affaire Gainsville, qui concernait le meurtre parfois accompagné de viol de cinq étudiants. Des scènes de violence dessinées par Diana sont considérées comme proches des circonstances des crimes non-élucidés. Lorsqu'une analyse ADN réalisée par le FBI l'innocente complètement, tout son dossier est transféré à Largo. Michael Flores, policier local, découvre alors horrifié quelques "Boiled Angel" comics. Se faisant passer pour un dessinateur de zines fraîchement débarqué dans le coin, il commande le reste de la production de l'auteur. Mike Diana se retrouve en 1992 convoqué au tribunal pour publication, distribution et publicité de matériel obscène. Il sera le premier artiste de l'histoire à être condamné pour obscénité aux Etats-Unis. Les démêlés judiciaires de Mike Diana ont inspiré à David Johnston une pièce de théâtre intitulée "Busted Jesus Comix". "The Trial of Mike Diana" un film réalisé par Frank Henenlotter est actuellement en cours de production.

Publiée en France dès 1995 par Stéphane Blanquet dans son fanzine "La Monstrueuse" et les éditions le Dernier Cri, l'œuvre pléthorique de Mike Diana a fait l'objet en 2014 d'une imposante monographie intitulée "America Live & Die". Compilé par la maison d'édition anglo-tchèque DIVUS, ce remarquable travail éditorial remet en perspective plus de 25 ans de production graphique en deux volumes. Soit 528 pages de peintures aussi naïves qu'explosives, d'inénarrables comics aux récits amoraux, truffés de personnages répondant à la moindre de leurs impulsions, où la prise de stupéfiants, les propositions sexuelles les plus incongrues, les rencontres les plus étranges sont accueillies avec l'ingénuité de l'enfance et des organes sexuels d'adultes.

Influence majeure pour des artistes comme Johnny Ryan ou Benjamin Marra, le travail de Mike Diana, loin d'être le sujet d'un délire intimiste pervers, doit se lire comme le portrait grimaçant d'une certaine Amérique, celle des petites villes conservatrices où l'on s'ennuie, tiraillées entre individualisme, pression religieuse et étiquette sociale.

source :
l'excellent dossier "vie et mort selon mike diana" de stéphane noël
sur = > www.du9.org/dossier/vie-et-mort-selon-mike-diana/


Stu Mead est né à Waterloo en 1955 dans l'Iowa, il vit et travaille à Berlin depuis 2000. Très tôt influencé par la peinture classique européenne et l'underground américain de Robert Crumb, il suit un cursus d'études artistiques entre les Etats-Unis et l'Angleterre, où il déménage avec ses parents en 1975. De retour à Minneapolis, il est diplômé en 1987 du Collège d'Art et de Design de cette ville, où il va rencontrer Frank Gaard. Figure culte de la scène locale - il a notamment créée le graphzine "Art Police" (1974-1994) - Frank Gaard va encourager Stu Mead à donner libre cours à sa créativité. Ensemble ils vont lancer dès 1991 le sulfureux zine "Man Bag" où sont abordés sans tabou, mais avec un humour souvent débridé, des sujets contre-versés comme la sexualité adolescente, la pédophilie ou une certaine forme de zoophilie domestique.

Souffrant depuis sa naissance de troubles neuro-moteurs, Stu Mead se met régulièrement en scène dans ses tableaux sous les traits d'un voyeur pervers. Sur ses genoux, des jeunes filles écartent les cuisses en souriant d'un air rusé ou ravi, se livrent à leurs animaux de compagnie ou à des peluches lubriques, lèchent sournoisement des glaces arôme fraise. Ce sont des filles mineures, mais fatales. Elles ont le sexe lisse, mais le cerveau de séductrices. Charmeuses, dévergondées, provocatrices, les fausses ingénues de Stu Mead s'inscrivent en droite ligne du mythe de la Lolita ; enfant mi-bénie / mi-maudite de l'"American way of life" des 50's, expression ambivalente d'une culture schizophrène protégeant et sur-exploitant à la fois sa jeunesse.

Entre Balthus et une relecture freudienne des Frères Grimm, la peinture de Stu Mead est exposée - non sans remous - dans le monde entier. De nombreux recueils de ses travaux ont été publiés aux éditions Le Dernier Cri, Timeless, Re :Surgo et DIVUS.


A l'occasion de cette exposition les éditions DIVUS publient :
"man bag" de stu mead et frank gaard - 160 pages format 21 x 15 cm
"r.i.p. " de mike diana - 128 pages format 24 x 16 cm
également disponibles chez le même éditeur :
"america live & die" de mike diana - 528 pages format 28 x 18 cm
"stu mead" - monographie 176 pages format 32 x 24 cm

Vernissage de Mike Diana & Stu Mead "America's Most Wanted"

Un dimanche d'août 1990, la police est appelée sur une scène de crime dans un campus de l'Université de Gainesville (Floride). Deux étudiantes -Christina Powell, 17 ans, et Sonja Larson, 18 ans- ont été tuées au couteau de chasse puis mutilées. Une des victimes a été violée, son cadavre disposé de façon obscène. Durant les 72 heures qui suivent, les cadavres de trois autres étudiants (deux filles et un garçon) sont découverts : tous ont été surpris dans leur sommeil. Leur chambre transformée en décor de grand guignol. Un journaliste raconte : «J'ai fait partie de ceux qui ont été autorisés à voir les photos des scènes de crime. Il m'est devenu impossible de me les ôter dans ma tête. La pire : la photo d'un corps sur le lit et sa tête coupée, les yeux grands ouverts, sur une étagère. C'était cauchemardesque. Les mises en scène étaient clairement pornographiques, les corps placés dans des positions explicites.» La chasse à l'homme commence.

La police est sur les nerfs. L'enquête patine (1). C'est dans le cadre de cette affaire qu'un policier s'intéresse à un fanzine photocopié : Boiled Angel. L'auteur du fanzine s'appelle Mike Diana. Il a 19 ans et s'ennuie. Il déteste l'ambiance puritaine des petites villes américaines, l'hypocrisie, la violence sous-jacente de cette culture traversée par la figure hyper-médiatique des tueurs... Ses dessins ne mettent en scène que faits divers, viols, incestes, éventrements, tortures. Le suspect idéal ? Heureusement pour Mike Diana, le tueur en série a laissé des échantillons d'ADN sur les scènes de crime. Et, de toute évidence, cet ADN n'a rien à voir avec celui du dessinateur de comics. Innocenté, mais pas disculpé pour autant Mike Diana doit subir un procès, car -à défaut de trouver le tueur- la police fait la chasse aux sorcières. Le voilà accusé d'obscénité. Pour ne pas dire de pacte avec le diable.

Mike Diana perd son travail comme agent d'entretien dans une école primaire. Il est condamné à «trois ans de prison avec sursis, 3000 dollars d'amende, 1248 heures de travaux d'intérêt général, l'interdiction d'entrer en contact avec des mineurs de moins de 18 ans, une évaluation psychiatrique (que Mike Diana n'a pu payer, car le médecin a facturé douze heures de travail : deux heures de discussion et dix heures à lire les bandes dessinées de l'auteur, soit au total 1200 dollars) et l'interdiction de posséder ou de produire du "matériel obscène"» (Wikipedia)... Ce qui ne l'empêche pas de continuer, et tant mieux. Puisqu'il est maintenant possible de voir ses œuvres honnies, à la galerie Arts factory (Paris), aux côtés de celles non-moins honnies de Stu Mead. Pour information : la dernière exposition de Stu Mead à la Friche de la Belle-de-Mai, à Marseille, organisée par Pakito Bolino (2) a dû être interrompue et fermée suite aux pressions de la fachosphère : menaces de mort, lobbying sur les réseaux sociaux, pétition, désinformation. C'était en septembre 2015.

Il est heureux que des galeries d'art résiste aux menaces et continuent d'exposer des images, qui sont toujours moins violentes que celles que les défenseurs de l'ordre font peser sur nous. Une image jamais ne tuera. C'est en tout cas ainsi que Mike Diana l'exprime lui-même, lorsque je l'interroge en 1996, deux ans après sa condamnation :

- Dans ton magazine Boiled Angel, il y a des scènes de meurtre, de viol et de cannibalisme. Tu es le premier auteur US de BD condamné pour obscénité. Coupable ou non-coupable ?

- Non-coupable. Je ne parle que de faits divers vus à la télé, comme l'histoire de ce type à New York qui a tué l'enfant de sa copine et a coupé le corps en morceaux pour le donner à manger aux chiens. La seule manière de me débarrasser de ces images atroces, c'est de les dessiner. Je veux choquer les gens pour qu'ils ouvrent les yeux sur la réalité du monde.

- Tu es devenu célèbre grâce à ce procès ?

- Très célèbre, d'une manière inattendue : on m'a pris pour un serial killer. Moi je faisais seulement des dessins dans mon coin depuis 1989, je les photocopiais, je les agrafais et j'envoyais la revue à 300 personnes contre deux dollars pour couvrir les frais d'expédition. Un jour, quelqu'un est tombé sur la couverture de Boiled Angel N°6 : j'avais dessiné un type en pleine érection qui éventre une femme et brandit le foetus en disant «J'adore m'investir dans des comportements anti-sociaux». Il l'a envoyé à la police d'Etat de Floride qui a fait le lien avec de mystérieux meurtres d'étudiants à Gainesville.

- Que fait-on à un garçon de 19 ans suspecté d'être un psychopathe ?

- Une prise de sang ! Tout a commencé en 1990, à Noël : je revenais des courses avec ma mère. Devant la maison, il y avait deux agents qui m'attendaient. Ils m'ont demandé de me soumettre à un test sanguin et ma mère est devenu complètement hystérique. Moi-même, d'être assimilé à un tueur, ça m'a fait cauchemarder pendant des semaines. Le test sanguin m'a innocenté et le meurtrier, Danny Rollings a été arrêté plusieurs mois après. J'ai ensuite lu dans les journaux que 10 000 personnes avaient été suspectées.

- Pourquoi est-ce que la police a continué à te surveiller ?

- Parce que j'ai publié d'autres Boiled Angel. Dans le N°7, j'ai dessiné un prêtre pédophile (c'était alors d'actualité) qui brandit une coupe de «sang du Christ infectée par le sida». J'ai aussi publié une nouvelle de Gérald Schaefer, condamné à perpétuité et soupçonné de deux douzaine de meurtres de femmes. La nouvelle s'intitulait «En attendant l'heure du repas».

- Pourtant, ton procès n'a eu lieu que trois ans après cette publication ?

- C'est que personne ne voulait se ridiculiser ! Un policier de Largo avait commandé sous un faux nom les Boiled Angel N° 7 et 8, mais aucun juge ne voulait lancer de controverse sur la censure. Aux Etats Unis, le premier amendement pose le droit inaliénable à la liberté d'expression. Je suis donc resté tranquille jusqu'à ce qu'un type appelé Stuart Baggish tombe sur mon dossier et lance sa guerre sainte.

- De quoi t'a-t'il accusé ?

- D'être un meurtrier en puissance. Il n'a pas arrêté pendant le procès de me comparer à Danny Rollings et à d'autres serial killers pour effrayer le jury. D'ailleurs, j'étais perdu d'avance : ce jury était composé de trois hommes et trois femmes, moyenne d'âge 40 ans, bons citoyens, bons parents et bons chrétiens. Quand mon avocat leur a demandé s'ils avaient déjà vu du matériel pornographique, un seul s'est levé pour répondre qu'il était tombé une fois sur un exemplaire de Playboy. A Largo, Dans la ville où je vis, une photo de nu c'est le diable ; alors un prêtre qui sodomise un enfant ! D'ailleurs, sur le panneau de bienvenue c'est écrit «Ville de Largo. Tolérance : zéro».

- Le premier amendement ne pose qu'une seule limite à la liberté d'expression : l'obscénité. En d'autres termes, on peut être aussi violent qu'on veut du moment que ça n'excite personne. Tes dessins sont excitants ?

- Non, plutôt horrifiques. Je ne vois personne se branler sur mes images de seins coupés, d'inceste ou de crucifix enfoncé dans le rectum. Pourtant, le jury m'a déclaré coupable de faire de la pornographie. Selon la Cour Suprême, il faut remplir trois conditions pour être condamné : les dessins doivent provoquer de l'émoi sexuel sur un public normal. Je ne pense pas que ce soit le cas. Deuxième critère : les dessins doivent montrer la sexualité de manière franche et ouverte... Bon. Troisièmement, ils ne doivent avoir aucune valeur artistique. Difficile d'orienter un jury sur un débat artistique quand il a sous les yeux des images hyper-violentes.

PS : Les démêlés judiciaires de Mike Diana ont inspiré à David Johnston une pièce de théâtre intitulée «Busted Jesus Comix». «The Trial of Mike Diana» un film réalisé par Frank Henenlotter est actuellement en cours de production.

(1) Le tueur en série ne sera identifié qu'en 1994, puis exécuté en 2006.

(2) Unique en son genre, la maison d'édition Le Dernier Cri (créée par Pakito Bolino) évolue aux antipodes de la narration et de l'illustration conventionnelle, en explorant sans ménagement le champ de l'image sauvage ; un univers souvent déstabilisant, cru, obsessionnel et instinctif. Chaque livre est fait à la main (tirage en sérigraphie). Le Dernier Cri publie Mike Diana dès 1995, avec la volonté constante de donner la parole à tous, en particulier aux parias de la bien-pensance, qu'elle soit de droite ou de gauche.
Location:
Arts Factory / Bastille (Click here to get informations about Arts Factory / Bastille)
27, rue de Charonne
75011 Paris
M° Ledru-Rollin, Bastille
France
Mobile : +33(0)6 22 85 35 86
Mail : artsfactory@free.fr
Twitter account : artsfactory_
Instagram account : galerieartsfactory
Internet Site : www.artsfactory.net

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Date: Tuesday, May 23, 2017
Time: 17:00-21:00 CEST
Duration: 4 hours
Category: Art & exhibition opening*
Keywords / Tags: Mike Diana, Stu Mead
Number of times displayed: 283

 



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